ABDICATION DU ROI CHARLES -EMMANUEL
lement contre la réunion , mais contre Fautorité de la commission qui ]fi, proposait.
Au milieu de ce mouvement de lopinion, dans un pays qui , récemment, avait été troublé par des insurrections et des prises d'armes, on pouvait s'attendre à quelque tumulte populaire. La sédition éclata dans la province d'Acqui ; c'était plutôt une fureur contre les Français qu'une manifestation contre la réunion. Le bruit s'était répandu que les Autrichiens entraient en Italie y que partout les populations étaient soulevées. L'arbre de la liberté fut coupé; le commissaire du gouvernement fut chassé ; un détachement trop faible fut dispersé par les rebelles et le commandant fut tué. L'évêque d'Acqui, qui avait essayé de les calmer, courut le risque d être massacré. Un médecin se mit à la tête de l'insurrection. La citadelle d'Acqui fut surprise; cette foule insensée se croyait maîtresse de tout le Piémont et ne doutait pas de l'expulsion de l'armée . française ; les prêtres qui cherchaient à arrêter ce mouvement, étaient massacrés par des hommes, qui avaient pris les armes pour défendre la religion.
Une bande de huit mille se présenta devant Alexandrie. La garnison piémontaise et française sortit et trouva peu de résistance , dispersa les rebelles et s'empara de leur chef*. Pendant ce temps -là, un affreux désordre désolait la ville d'Acqui. Les séditieux publiaient que leurs amis s'étaient emparés d'Alexandrie. Les cloches sonnaient dans toutes les églises; on chantait le Te Deum ; on criait : « Vive le roi ! » On pillait les maisons des gens qui passaient pour