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la valonté du Directoire, pour occuper tous les terri- j toires de Tltalie méridionale et moyenne, il fallait envahir et soumettre le grand-duché de Toscane et | même TÉtat de Lucques.
Cette petite république existait depuis plus de trois cents ans sous un gouvernement aristocratique; la suprême autorité appartenait à un sénat de cent cinquante patriciens ; la conduite de l'État était confite à un gonfalonier et à un conseil de neuf anciens, renouvelés à de courts intervalles.
Sous ce régime d'une liberté, qui n'était point démocratique, Lucques et son étroit territoire avaieol constamment joui du repos et delà prospérité. Aucuu canton de l'Italie n'avait peut-être une population plus nombreuse proportionnellement à sa surface, et en même temps dotée de plus de bien-être.
Dès la première campagne d'Italie , la république de Lucques eut à payer une forte contribution, encore qu'elle ne fût pas en guerre avec la France. Bientôt le voisinage de la république cisalpine et la propagande révolutionnaire, dont elle était le centre, devint une cause d'inquiétude pour le gouvernement de Lucques. Un complot démocratique fut réprimé; néanmoins la sécurité était impossible.
Le général Bonaparte, qui , à ce moment, ne protégeait point lesprit démocratique, écrivit* au gouvernement de Lucques pour l'assurer de sa protection; mais le travail révolutionnaire ne continua pas moins à exciter les esprits contre l'aristocratie. Lorsque après le traité de Campo Formio, la république cisalpine fut définitivement constituée, Lucques ne fut pas compris