‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 87 sur 174 · janvier · texte numérisé non relu

janvier

Livourne, d'où , selon les projets de Mack , elle devait venir rejoindre son armée dans les États romains. Le grand -duc n'avait pas autorisé le passage sur son territoire, mais les Napolitains et les Anglais étaient encore à Livourne. C'était pour forcer ou obtenir leur rembarquement que le général Serrurier s'était mis en mouvement. Par une proclamation , il avait annoncé qu'il ne faisait point la guerre au grand-duc de Toscane , et que si, repoussant toute influence étrangère, il éloignait les Anglais et les Napolitains , il pouvait rester tranquille dans ses États.

Le grand-duc se hâta d'obéir à Tinjonction du général français. Il se rendit garant d'un payement de quinze cent mille francs pour les dépenses du rembarquement, et les vaisseaux anglais quittèrent livourne, ramenant les Napolitains à Naples qui, à ce moment 9 n'était pas encore occupé par l'armée française. Serrurier, se conformant aux ordres du général Joubert, quitta le territoire toscan et se retira à Lucques.

Mais telle n'était point l'intention du Directoire : un message porté le 1 4 mars aux conseils législatifs proposa une déclaration de guerre contre l'empereur et contre le grand-duc de Toscane; « car les déterminations de la cour de Vienne entraînent celles de la cour de Toscane, et il n'est pas permis au Directoire de séparer l'une de l'autre. »

Le grand-duc qui avait toujours été en paix avec la république française, même lorsqu'elle était en guerre avec l'Autriche, qui avait depuis l'invasion d'Italie obéi docilement à toutes les volontés et les exigences des généraux et des agents du Directoire, n'essaya aucune résistance. Il n'avait point d'armée ; toute défense

eût été inutile et aurait rendu la situation de ses sujets plus désastreuse; il leur adressa la proclamation suivante * : — « Au moment de Tentrée des troupes françaises à Florence, nous regardons comme une preuve de fidélité, d attachement et d'affection de la part de nos fidèles sujets, si, en secondant nos paternelles intentions, ils conservent la plus parfaite tranquillité, et respectent la troupe française et tous les individus qui la composent, en s'abstenant de tout acte qui pourrait donner lieu à quelque plainte que ce soit. Cotte conduite sage leur assurera de nouveaux droits à notre bienveillance. »

En même temps, le général Scherer, qui avait remplacé Joubert dans le commandement de l'armée d'Italie, publia une proclamation où il donnait pour motif à l'occupation de la Toscane, la nécessité de prévenir les ennemis de la République qui comptaient s'assurer de Livourne. — « Le grand-duc n'ayant pris aucune mesure pour s'opposer à leurs projets , la République avait dû assurer sa défense et l'indépendance de ses alliés. » — Du reste il promettait au peuple toscan protection, paix, justice et sûreté.

Dès le lendemain, le grand-duc et sa famille quittèrent Florence sous l'escorte d'un détachement français pour se rendre à Vienne.

Livourne fut aussi occupé; ainsi tout se passa tranquillement dans cette invasion. I^ commissaire du Directoire était M. Reinhardl, homme sage et honorable. n ne fît aucune révolution, ne donna point de constitution et conserva les employés de l'ancien gouvernement.

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