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répondit que les troupes impériales n'étaient entrées que pour assurer la tranquillité de la république des Grisons contre tout désordre intérieur et nullement dans des vues hostiles. Aucune mesure ne fut prise contre les individus qui, sous la protection de l'agent français , avaient pris part aux séditions ou aux projets révolutionnaires.
L'empereur n'avait pris cette énergique détermination qu'après en avoir prévu les conséquences possibles. Tout avait été disposé en Italie et en Allemagne ; les armées autrichiennes étaient en mesure pour une reprise des hostilités.
Le Directoire ne témoigna aucun ressentiment; le général Schauenbourg commandant de Tarmée d*Helvétie mit à l'ordre du jour que l'entrée des Autrichiens dans les Grisons ne troublait en rien la bonne intelligence entre la République et l'empereur.
Ceci se passait à la fin d'octobre 1798. Naples n'avait pas encore déclaré la guerre ; il n'était point question d'occuper le Piémont et la Toscane et le gouvernement français, bien qu'il eût établi la conscription militaire et appelé deux cent mille hommes sous les armes; bien que, dans ses messages au Corps législatif, il parlât un langage menaçant et injurieux pour les puissances européennes, aurait voulu maintenir la paix. S'il avait su tenir une conduite sage et dominer l'opinion révolutionnaire qui le poussait aveuglément à la guerre, il ne lui eût pas été impossible de l'éviter. Le cabinet de Vienne était encoi^ indécis, et parmi les conseillers de l'empereur, plusieurs croyaient encore que la rupture pouvait être évitée. L'influence du comte de Cobenzel^ même après qu'il eût reçu une mission pour Saint-Pétersbourg, n'avait pas entièrement cessé; ses amis, legé-
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néral Bellegarde> le comte de CoUoredo, croyaient encore que l'Autriche et la France devaient s'accorder mutuellement des agrandissements de territoire aux dépens des États conquis ou trop faibles pour résister aux deux grandes puissances. Mais le départ du général Bonaparte, et le tour qu'avaient pris les négociations deRastadt^ ne laissaient plus la possibilité de dis- > poser des États allemands ; la publicité donnée par la presse mettait obstacle à des prétentions que les plénipotentiaires français n'avaient point admises et que l'Autriche n'avait pas même avouées. Ainsi, on ne pouvait plus compter sur la portion de la Bavière qu'on s'était flatté de réunir aux États de l'empereur.
Si le gouvernement français eût voulu agir d'après le principe qui avait dicté les articles secrets et les espérances données par le traité de Campo Formio; s'il fût demeuré constant que l'Autriche serait indemnisée des provinces belgiques et des territoires de la rive gauche du Rhin , le cabinet de Vienne aurait demandé que ces indemnités fussent prises eu Italie ; que la ligne du Mincio fût substituée à la ligne de l' Adige , que les légations et même tous les États pontificaux devinssent des possessions autri* chiennes. Ainsi la guerre eût été évitée.
Plus la situation du Directoire devenait difficile par la dispersion de ses armées employées à soumettre la Suisse et à maintenir une république romaine ou reléguées en Egypte avec le vainqueur de l'Italie , plus le cabinet de Vienne supposait que la guerre épouvanterait le gouvernement du Luxembourg et l'amènerait à des concessions. C'était une grande erreur : il eût fallu pour conserver la paix par de pareilles concessions avoir une autorité bien affermie, une volonté
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décidée» et l'appui de Topinion nationale. Or, il en était tout autrement : le Directoire s'était livré à un parti passionné, aveugle*, incompatible avec une politique raisonnable 5 qui ne comprenait rien que la tyrannie à Tintérieur et la révolution chez les puissauces étrangères. Imposer silence à ce parti, le contraindre à respecter les pouvoirs publics et Tordre social était la chose impossible.
En même temps le mécontentement était général; l'administration désordonnée; les finances en désarroi; tout prenait de plus en plus Taspect d*un état révolutionnaire et d'un gouvernement précaire menacé d'une ruine prochaine. Ainsi les seules négociations ouvertes, celles du congrès de Rastadt ne faisaient aucun progrès et les plénipotentiaires français se montraient de moins en moins conciliants.
Le Directoire, en renonçant à la possession des for* teresses de la rive droite qui défendaient le passageMu fleuve , exigeait leur démolition : le siège ou plutôt le blocus d'Ehrenbreistein , en face de Coblentz , conti*» nuait. La Prusse » TAu triche, tout le congrès récla«* maient contre cette violation de l'armistice. La question relative aux îles du Rhin ne recevait non plus aucune solution : la France persistait à en demander quelques-unes qui avaient toujours dépendu de la rive droite. Les plénipotentiaires du Directoire ne cédaient pas non plus sur l'article de la dette publique des provinces cédées à la France et ne voulaient point la reconnaître et la garantir. Ils remirent' deux notes relatives à ces difficultés en exprimant le désir d'obte-