MARENGO. — U JUIN 1800. — LA BATAILLE PERDUE ET GAGNÉE
L'effet désiré fut produit. On sut à Paris par de triomphants bulletins que Bonaparte était entré à Milan. Et Ton ne douta pas qu'il ne fût déjà vainqueur. La parole du 18 brumaire semblait être exacte. On crut le voir descendant les Alpes avec ses dieux : la Guerre et la Fortune. On le vit en un instant traversant, domptant l'Italie.
Dans la réalité, il n'en avait que la place qu'occupait son armée, pas même Milan entièrement, car le château tenait encore. Ni Mantoue, ni aucune des grandes forteresses n'étaient sorties de la main de l'Autriche. Si Mêlas eût réuni ses forces, que son gouvernement maladroitement éparpillait en garnisons, il aurait eu cent mille hommes contre cinquante