Acte prodigieusement audapie^x, s'il était vrai
* M. de Ségur, avant l'âge, avait été comblé par lui. L'ayant pris près de lui, il lui avilit confié 4es imssions^honorKblen^cnt déticaies, eelle, par
.exempie, de recef^oir la capitulation d'Ulm. Au bulletin de Sonio Sierra, il s'obstina à nommer Ségur, alors absent, et à taire les jeunes Polonais et
JKcptbriii)» qui forcèrent le passage.
]Ntipoléon aimait cette race de parfaits courtisans, connue par les succès
tonoadaiiks qu'ent le Ségur ^mbasiade^r en Russie près de Catherine Ségur, mioistre de la guerre, fit pour plaire à la reine sa célèbre ordonnance qui exigeait que tout ^cier fût de noblesse andenne, prouvât quatre quartiers. Cela éloigna alors du service tous les officiers de fortune, entre autres ifasséna. Nos yieilles gloires, les Fabert, les Ghevert, eussent été de même écartées.
comme M. de Ségur le dit, qu'on le fil à Tinsu du czar!
Ce qui au reste est démenti par Alexandre, qui dit: «Tai brûlé Moscou, et j'aurais brûlé Pétersbourg si Napoléon en eût approché *. »
M. de Ségur, gendre de Rostopchin, alors réfugié à Paris, et comme exilé par la haine des Russes, a certainement pour but principal la réhabilitation, l'exaltation de son beau-père. Rostopchin, que nous avons tous va à Paris, ainsi que sa dévote épouse, tâchait de s'étourdir et prenait grande part aux amusements de la vie parisienne, mais n'osait pas retourner en Russie. Le livre de Ségur et son succès étaient certes très-propres à aplanir les voies, à faciliter son
retour, à laver sa mémoire.
Ce fut le but principal de l'auteur, dans ce brillant écrit.
Les grandes villes centrales appartiennent-elles uniquement au pays dont on les dit les capitales? On ne peut dire cela, et moins encore en Orient, à Kasan, à Damas, entrepôts pour les caravanes et tout le commerce d'Asie. Ce sont de grands asiles communs des nations. L'immense et riche Moscou avait ce caractère. Les Persans, les Tarlares se croyaient là chez eux. Sa forteresse, le solide Kremlin et ses murailles
^ Voy. Mudame de Choîscul.
colossales donnaient aux commerçants nomades beaucoup de confiance, une idée rassurante de solidité. On disait proverbialement: « Se sentir sûr comme au Kremlin. »
Moscou était une ville double ou triple. Outre ce Kremlin immobile, plein d'églises, d'édifices publics, il y avait une Moscou de cent mille âmes (les sei* gneurs et leurs serfs) qui s'en allait Tété; puis, la Moscou marchande (de deux, trois cait mille âmes), qui y restaient toujours pour recevoir les caravanes, les acheteurs. Cela était ainsi depuis des siècles, depuis que les invasions tartares avaient cessé.
La Moscou fixe, orientale, des gros marchands, et la petite plèbe des jardiniers qui cultivaient dans ^enceinte même à l'abri des remparts et qui n'en bougeaient pas, c'était (on peut le dire) la ville. Les seigneurs et leurs domestiques ne faisaient qu'y paraître, se voir l'hiver, et faire leur sourde opposition à Pétersbourg ; ils retournaient l'été à leur véritable demeure, leurs splendides châteaux.
M. de Maistre, dans sa Correspondance, examine cette question bizarre: « Que ferait-on si le czar ordonnait de brûler la capitale? » comme les Anglo- Portugais viennent de brûler chez eux tant de bourgades, pour arrêter l'armée de Masséna. Il ne répond pas à la question.
Un Hollandais, nommé Schmidt, vint proposer un ballon incendiaire pour foudroyer et brûler lesFran-
390 OCCtÎPAÎIÔN DE" Rome; liË LI^ÉSNNIf, dTè ffÂtJSlW'.
çais. Après la bataille delà MostoWà, pour* lîssa^ef (ïe^ tout, Kostopchin, nommé récemment gouvernetir de* Hbscou, accueillit Schmidt, et poMt liri faciliter ses opérations, l'établit au château de Repnin, ennemi violent des Français, et leur prisomiicfr d'Ato^t^riïtz. A la Moscou marchande, fort effrafyée, et si eaicom»' brée, qu'elle ne pouvait pas fuir; mais mt)urit' là, oii faisait croire qu'oft lïvfôrait! encore uti^ baftaiïle pottï>' ïa sauver.
bailleurs l'a ville entière avait foi à Aïexartïdrfe. Tout récemment, il y était venu, et iï avait reçU de cé boil peuple des preuves d'amour inconcevables. C'étaient de vrais enfants, et ils avaient le cœui* teïîdré et naïf de l'enfant pour un père chéri. Non-seulement, ils donnèrent pour la guerre tout ce qu'ils purent, d; raêmte au delà, mais iïs voulurent touch'ef, embrasser les'
, pieds de leur czar. Il avait été reçu dans un vaste' jardin. Ils ébranlaient les grilles pour' atpprocher. Iï fallut les jeter par terre. On se précipita. Le souvfe-
" rain, le peuple, se confondirent comme daiïs uiî tendre embrassement.