‹ Histoire du dix-neuvième siècle;Chapitre 65 sur 88 · RUSSIE · texte numérisé non relu

RUSSIE

pas avisé à se procurer des chevaux (chose si facile en Pologne, en Ukraine), devait mourir, et rester là comme un paralytique avec son invincible infanterie, qu'entouraient les Cosaques.

En brûlant Moscou, au contraire, on risquait de le délivrer, de lui faire prendre avant l'hiver la seule résolution raisonnable, celle de faire une prompte retraite.

Alexandre, un pur Allemand avec une éducation française, ne comprit pas, aima peu la Russie. L'admirable richesse de cœur de cette race, de ce génie tout spontané, si vaillant à la Moskowa, si touchant dans l'accueil que Moscou venait de lui faire à lui-même, le trouva peu sensible.

li partagea la panique insensée de» grands seigneurs qui (d'après de Maistre et les fous de l'émigration) croyaient que Bonaparte était la Révolution et qu'il l'apportait dans ses malles, qu'enfin les Russes étaient tout prêts à le comprendre, à commencer une immense jacquerie. Comme si l'opposition religieuse ne faisait pas une séparation, un fossé, entre eux et l'armée mécréante.

Pour assurer cette séparation, on adopta l'affreuse résolution, en faisant croire sans doute à Alexandre que le fléau n'atteindrait guère, dans cette saison, que les marchands, la plupart étrangers, et que les quartiers pauvres, qu'enfin la ville proprement russe; qui n'est qu'en bois, serait bientôt refaite. Cétait

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