‹ Histoire du dix-neuvième siècle;Chapitre 83 sur 88 · WATERLOO. 4M · texte numérisé non relu

WATERLOO. 4M

L'Empereur avait dit des représentants dans son bavardage indiscret : « Une victoire, et je les faiii' taire. Deux victoires, je les chasse. » Il avait dit cela, le jour de son départ pour Waterloo *.

Il revenait vaincu, pour la troisième fois, ayant perdu la France, et demandant qu'elle lui confiât encore son salut.

Chose impudente, absurde, lô^sqoe les alliés avaient dit, dès le 14 mars, qu'il était Tobstacle unique à la paix, qu'on ne faisait la guerre qu'à luiy non à la France.

On crut plutôt ceux-ci. La conduite d'Alexandre en 1814 avait été véritablement magnanime et de nature à inspirer confiance. Il avait soutenu contre les ennemis acharnés de la France qu'elle devait rester grande en Europe, et insisté contre les émî» grés pour qu'elle eût une Charte qui semblait garantir le repos intérieur .>

De Bonaparte, en remontant jusqu'au 18 bru*maire, on n'avait rien que des parjures, et les entreprises hasardées du plus imprudent des joueurs.

Il arrivait vaincu, condamné par l'Europe, offrant à la France, quoi? de lui faire partager l'ana thème prononcé sur lui et confirmé par sa défaite.

Ce vaincu et ce condamné venait dire : « Croyezmoi encore, et je vous sauverai. »

< Lamaitine. luinnôme encooTient,. Reêtauralion,. U ÎV, p.. 3SI$»

456 UESTAURATION. — LES BOURBONS.

Il semble qu'à ce moment tous les débris de Waterloo qui arrivaient par miracle, délaissés de lui, sans qu'il eût pris le moindre souci de leur sort, eussent dû protester contre lui. Mais ces soldats restaient bonapartistes, chose bizarre, et il se trouva avoir bientôt une masse militaire contre TÂssemblée.

Oui, il y eut courage à Lafayette de proposer le décret suivant qui fut adopté : c< La Chambre reste en permanence. Qui tenterait de la dissoudre, sera jugé pour trahison. On convoquera la garde nationale. Les ministres sont mandés dans l'Assemblée. »

Par ce décret, la Chambre allait prendre le gouvernement, Tôtait à Bonaparte ; elle lui défaisait son 18 brumaire.

Que ferait-il ? Déjà cerné des armées de l'Europe, ruiné et par Waterloo et par les proclamations des alliés qui promettaient la paix, il lui restait un seul genre, non de salut, mais de suicide : d'employer ces soldats qui revenaient toujours obéissants, à une entreprise exécrable qu'il avait rêvée l'autre année, et qui n'eût abouti qu'à faire brûler Paris.

Se révolter contre la Chambre, autrement dit contre la France! Heureusement il n'eut pas alors le courage de ce grand crime, qu'il eût essayé plus tôt sans le refus de ses généraux, Ney, Oudinot, Lefebvre, etc.

En 1815, il n'avait plus l'audace d'une entreprise aussi désespérée. Sa poltronnerie de Provence, sa

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