‹ Histoire du dogme de la divinité de Jésus-ChristChapitre 24 sur 34 · LE DIX-NEUVIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

Ce n'est pas seulement dans l'ordre religieux que l'on pfeut reprocher au xviii'' siècle d'avoir beaucoup construit sur le sable. Son malheur, dans la première ivresse de Témahcipalion, fut de ne pas comprendre que les abus cl les efrebrs qu'il fallait corriger reposaient sur des assises plus profondes que le caprice ou l'intérêt de ceux qui les voulaient maintenir. Il lui sembla que, ces derniers une fois réduits à Timpuissance ou supprimés, le bien et le vrai trioitiphetaient d*einbîéc. Il fut égaré par ce qu'on peut appeler son nominalisnie en histoire, ses explications toujours fondées sur l'accident et l'occasion, et en matière religieuse on doit dire que, si l'on excepte les idées de tolérance qu'il répandit partout, même chez les intolérants, la mo lification grave qu'il introduisît dans l'état religieux des peuples catholiques, et Tesprit de défiance qu'il conimuniquà aux croyants eux-mêmes à Teiidroit du surnaturel, il laissa les choses k peu près telles qu'il les avait trouvées et compromit gravement la cause elle-même de Témancipation.

Une réaction, en effet, était inévitable, iille devait être à la fois philosophique et religieuse et venir au-devant des be-

soins méconnus ou comprimés. £n philosophie le déisme ne pouvait tenir (ête plus longtemps aux objections de la raison. £n religion tout le monde était las d'optimisme et de déclamations creuses. Le déisme reléguait Dieu si loin du monde et de l'humanité, que la piété s'essouflajt à tâcher de le rejoindre dans les hauteurs glacées du ciel et finissait par y renoncer. Pourtant le XYiii* siècle avait aussi son bon droit, sa puissance légitime et jusqu'à un certain point invincible.

De là le double caractère, au point de vue religieux, du xix^ siècle, qui se partage entre les essais de réprislination des institutions et des principes que le XYiii® siècle se flattait d'avoir à jamais déracinés, et les efforts de ceux qui entendent compléter son œuvre, en profitant de ce qu'elle a eu de salutaire, tout en se préservant de ses erreurs.

De là, dans notre siècle, deux théologies, lune qui s'attache à réhabiliter les anciennes doctrines et à les maintenir autant que possible, l'autre qui veut être à l'ancienne ce que les sciences eipérimentales de nos jours sont aux anciens systèmes à priori^ c'est-à-dire une science d'observation, dans la mesure où les choses religieuses peuvent en être l'objet, * et, par conséquent, en harmonie avec les sciences voisines dont les résultats acquis sont de nature à l'éclairer.

Dès la fin du xyiii'' siècle, la philosophie était devenue plus sérieuse, plus profonde, et depuis lors, partout où elle s'est déployée avec autorité, il est bien rare qu'elle se soit montrée, en face du christianisme et de l'Église, animée de cette mauvaise humeur qui caractérise la majorité de ses représentants de l'époque antérieure. C'est avec Kant que la nouvelle philosophie commence. Kant a, du xviii'' siècle, l'esprit sceptique et défiant, mais il l'applique au XYiii* siècle comme à tous les autres. L'argumentation déiste est soumise par ce puissant penseur à une critique impitoyable qui n'en laisse presque rien subsister. Mais aussi il met fin à ce parlage

libertin qui dépare tant de productions soi-disant philosophiques du même siècle. Ce n'est plus en chatouillant la sensualité que Ton cherche à faire passer les hardiesses de la pensée. L'utilitarisme, la jouissance doivent faire place à Vimpératif catégorique^ la morale rigide revendique ses droits, et c'est sur le terrain moral, soigneusement purifié de toute plante vénéneuse, que Kant rétablit les vérités religieuses qu'il croit inaccessibles par les autres méthodes. La Trinité elle-même est interprétée comme un symbole de vérité morale. Le Dieu de Kant est triplement qualifié comme législateur, gouverneur et juge, en rapport avec le triple fait qu'il y a en nous un bon principe, que ce bon principe peut dominer le mauvais et qu'il réalise eu fait cette domination virtuelle. Le christianisme est divin^ non comme révélation surnaturelle, mais comme morale supérieure. Il en est de même du Christ personnel.

Tout cela était parfaitement à sa place dans le système kantien, mais devait fleurir et mourir avec lui. On peut même déjh reprocher au philosophe de Kœnigsberg la faute, si fréquente après lui en Allemagne, de Mordre les formules traditionnelles pour leur faire dire des choses complètement étrangères aux intentions qui les ont dictées. IMaisle respect d'un tel homme pour ces reliques d'un autre âge montre combien la sympathie des penseurs sérieux revenait à ces dogmes dont on se mo(|uait tant naguère. Du reste la philosophie de Kant fut également goûtée des rationalistes et des supra- naturalistes qui se disputaient l'empire des âmes en Allemagne, et ne servit nulle part à restaurer la foi traditionnelle. Le Christ, modèle des hommes par sa sainteté, telle fui la doctrine commune de toute la théologie se rattachant à Kant. Sur une telle base il était impossible d'édifier, soit la génération céleste, éternelle du Christ, soit sa préexistence, soit même sa conception miraculeuse.

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Cependant ia réaction contre le xviii® siècle grandissait On ne croyait pas aux vieux dogmes, mais on commençait à les trouver poétiques^ riches de sens, symboles populaires de ia vérité supérieure. Ce point de vue esthétique fut représenté surtout par le savant De >Velte, dont le goût, le tact exquis transfigura ce que le vieux rationalisme avait si souvent de plat cl de mesquin. Le dogme de Tlncarnation, par exemple, n'était autre chose que l'expression symbolique de la sublimité religieuse de Jésus. C'est ce que nous voulons bien, et même notre étude actuelle commence parfaire pleinement droit à ce sentiment générateur du dogme, mais il faut reconnaître alors que celui qui saisit ainsi la vérité sous le symbole ne peut plus considérer l'orthodoxie que comme la religion des ignorants.

Mais telle était la puissance de la réaction en faveur du passé, que les plus hardis philosophes aimèrent à s'affubler d'un manteau orthodoxe qui leur allait à faire peur. Schelling, en déroulant son principe favori de l'identité de l'idéal et du réel, trouva que l'idéalité pure se connaît elle-même en devenant éternellement réalité, mais qu'en même temps elle n'est absolue dans la réalité qu'en ressaisissant la conscience de son idéalité. Voilà les trois moments dans lesquels Scheliing reconnaît le Père, le Fils et le Saint-Ëspiit du symbole Quicvmque (1) ! — De la même manière, Hegel dira que

(1) Dans les dernières années de sa vie, ScheUing a, comme on sait, développé une nouvelle philosophie de l'absolu qui, selon ses promesses, devait se rapprocher encore plus de l'orthodoxie. Toutefois, pour ce qui concerne la Trinité, ce rapprochement semble n'avoir consisté que dans la substitution des drei Potenzen aux trois moments de la première manière, et le gain que l'orthodoxie a pu faire à ce changement est très-obscur. Ce fruit suprême de la pensée du vieux philosophe, trop désireux de faire sa cour aux puissances établies, a été considéré généralement comme un fruit sec, incapable de se perpétuer.

i'ik DÉCADENCE COtïTINy^ DU DOGME.

Dieu ^8( Tesprit 4opt l'acUîité pure e3t Iç savoir. Or le savoir divin suppose uu objet su, c'est la génération éternelle du Fils par lo Père (autrement dit, le devenir universel). ^^^ s'il se distingue d'abord de cet objet, l'esprit le reconnaît ensuite comme identique «ivec lui-même. Et c'e^t ainsi que la Trinité se trouve en dernière analyse la formule panlhéistique de l'antitbôse éternelle et une préfiguration de ri)égélia|ûsn)§, Atbanase, Augustin, l'euasiez-vous jamais cru I

L'idée vraie, l'idée féconde, c'était de substituer le monde au Fils comme objet éterpel de l'activité et de Taipour du Dieu-Père; mais par cela même la Trinité ecclésiastique volait en mille pièces, ]$t c'est ce qu'on ne voulait pas rç|s connaître. A la dislance où pous sommes déjà du puissaqt mouvement qui emportait l'Allemagne pendant le premier quart de notre siècle, dans ce temps où, bouillant de jeunesse et de hardiesse, mais brouillée ^ mor(; avec la révolution, elle se rattachait aux vieilles insiitiitions avec autapt d'ardeur qu'elle se lançait dans les plus audacieuses nouveautés, nous avons quelque peine à nous figurer que de pareils jeux d'esprit aient pu passer pour sérieux daqs l'estiiiiie de toute une génération. Abstraction faite de la valeur philosophique des systèipes, il est en tout cas évident qu'ils npus mènent à cent lieues de l'orthodoxie ecclésiastique . Gel^ p'pippêcha pa^ la droite hégéliepp§ d'emboucher la trompette ^ t4)i|S 1^^ carrefours pour faire savoir à tous présents et à venir qu'elle était bel et bien trinitaire au sens le plui^ orthodoxe, e( qu'elle méprisait souverainement du haut de son orihodoxie retapée toutes les hérésies passées, actuelles et futures. Marheinecke^ Weisse, Gœschel, etc., s'en donnèrent à cœur joie, à la grande jubilation de la réaction politico-religieuse qui voyait enfin » Sagesse du monde, la fière païenne, se soumettre humble- » ment au baptême et faire sa confession de foi chrétienne. >' Les rêves trop doux durent peu. Strauss, d'un coup de fouet

magistralement appliqué, chassa Tessaim des illusions et découvrit, aiix yeux des fidèles ahuris, le serpent plein de vie et de venin que la droite hégélienne offrait à Tinnocence tout efnmajllotlé de bandelettes orthodoxes. L'impitoyable anatomje qu'il fit de ces essais manques de reconstruction spéculative du ^Q^tne trinitaire est une des parties les mieux réussies de so|i livre intitulé Die christliche Glauhenslehre.

La doctrine (]e Tlncarnation avait subi un traitement analogue. Selon Fichte, le Verbe devient chair en tout homme qui a conscience de son unité avec Dieu et se dépouille devant Dieu de toute prétentiqn égoïste ou individuelle. Selon Schelling, Tincarnation de Dieu est éternelle et se montre dans la tendance de la nature à réaliser l'absolu par et dans l'humanité. Selon Hegel, l'Église enseigne sous forme populaire ce qqe la philosophie enseigne sous forme scientifique, savoir, que le devenir du monde est l'incarnation continue de Pieu et qiie re§prit bijpaain, complètement développé, cesse de regarder Di^^ çomqe U|| êfre étranger, exiérieqr. ?1 y a sans doute m tout cela )uio vérité théologique pl^i» ou moins sentie, celle que le Christ ne peut être et n'est autre que rhomme religieux à son plus haut point de religiosité pure. Mais qui n'aperçoit au fond de toutes ces théories l'humanité de Jésus dans le sens unitaire, si du moins on veut les appliquer à l'histoire réelle, et Strauss n'était-il pas dans la logique di) système lorsqu'il déclarait que, d'après les principes héjgéliens, le Christ parfait devait êire, non pas un hoïpme, un exemplaire quelconque de l'espèce, mais l'humjaniié (]^ns la tPt^Hfé de son développemenf: histoi iqpe ?

La réaction orthodoxe ne renonça nullement pour cela ^ phejrcher dans les arsenaux de la nouvelle philosophie les moyens de fourbir son armure ébréchée. Seulement, de moins en moins retenue parla discipline philosophique, elle serra tou-

jours de plus près Tancienne dogmatique ju$qu*à ce qu'elle eut trouvé des organes plus courageux encore qui répétèrent sans sourciller le symbole Quicumque du premier jusqu*au dernier mot. Les pouvoirs politiques furent presque partout enchantés de ce retour aux vieilles doctrines, qui promettait des jours dorésaux princes absolus, et ce qu'il y avait d*inGniment respectable dans les premières manifestations de la réaction orthodoxe s*insurgeant au nom de la piété bafouée et des cœurs altérés de Dieu, disparut à mesure que, dans TÉglise comme dans rÉlat, Tune des conditions requises pour arriver anx honneurs et aux places lucratives, fut de professer ostensiblement Torlhodoxie (1). Ce que valent de pareilles réactions, la

(1) Il va sans dire que ces jugements généraux laissent toujours place aux convictions sincères que nul, à moins de raisons péremptoires, n*a le droit de contester aux autres, même à ceux qui profitent le plus de leur manière de voir. Il faut comprendre qu*un temps de transition comme le nôtre est aussi nécessairement et avec les meilleures intentions un temps de transaction. Rien n'est plus fait pour confirmer ce jugement qu'une singulière théorie de l'incarnation qui a fait son petit chemin depuis quelques années, el qui a l'avantage d'être tout à la fois orthodoxe et unitaire. Se rattachant à l'idée luthérienne de V exinanition du Verbe incarné, cette théorie enseigne que le Fils, en naissant homme, s'était complètement dépouillé de tous ses attributs divins et même de sa conscience d'être divin, de sorte qu'il n'eut d'abord, et même à la veille de commencer son ministère, qu'une conscience d'homme. C'est peu à peu qu'il ressaisit, sans abandonner cette conscience humaine, celle de sa nature divine. Ainsi s'expliquent les passages des évangiles que Tunitarisme invoque et dont l'orthodoxie ne sait que faire, ceux aussi^ surtout dans le quatrième évangile, que l'unilarisme n'explique pas. — En d'autres termes, Jésus crut pendant une trentaine d'années n'être qu'un homme. Le jour vint où il découvrit qu'il se trompait du tout au tout sur son propre compte, qu'il se connaissait fort mal et qu'en réalité il était un Dieu. Ou tout nous trompe, ou de pareilles fantaisies sont aux dogmes ce que le radotage est à la vie humaine, un signe d'irrémédia'»le sénilité.

postérité le sait toujours. Le canon de Sadowa a tellement changé la condition politique et religieuse de rAllemagne, qu'il faut maintenant attendre ce que réserve à la réaction orthodoxe Tère nouvelle qui s'ouvre pour la patrie de la Réforme. Il n*est pas besoin de la connaître de près pour affirmer que si les gouvernements étaient ou sont encore épris de l'orthodoxie, le peuple allemand en grande majorité ne Test plus. Dans nos pays français, les choses prirent une tournure analogue, mais moins philosophique et plus prompte. Il n'était pas besoin, comme en Allemagne, de réhabiliter l'un après l'autre les dogmes principaux de l'orthodoxie. Il s'agissait surtout de ramener les sympathies à l'Église se disant infaillible. Une fois l'autorité de l'Église acceptée, tout le reste suit. Le romantisme et le scepticisme contribuèrent également à la réaction religieuse, le premier par son engouement pour le moyen âge, le second en creusant encore plus avant que la philosophie du siècle dernier l'excavation laissée dans les âmes par le départ de la foi catholique. Croire tout ou rien, tel fut le dilemme terroriste de la réaction religieuse. Sauf dans les courts moments où l'esprit vrai de la révolution reprit son ascendant légitime, le gouvernement pensa que la sagesse était de s'allier au mouvement clérical. La seconde moitié du xix** siècle récolte les fruits semés dans cette intention pendant la première moitié, et il est bien difficile de faire le partage exact des éléments artificiels qui entrent dans la composition du néo-catholicisme et des éléments légitimes, provenant du besoin religieux des âmes que le déisme pur ne saurait satisfaire. Qui sait si, chez plus d'un, il ne s'en trouve pas des deux genres à la fois ? Ce qui est certain, c'est que la réaction catholique n'a rien fait ni rien produit en regard du dogme dont nous achevons l'histoire qui soit de nature à faire croire que sa décadence continue est sérieusement arrêtée.

Nous n'avons pas h nous étendre sur les tendances irréligieuses qui poursuiyeai il leur façon le xviir siècle et auiLquelles la réapparition de la vieille tyrannie religieuse, n'ayant rien appris ni rien oublié, a valu toute une floraison d'^uloiune, En Allemagne, i\l. Feuerbach a cru voir l'essence d^U religion dans le culte que Tbomme se rend k lui-même devant le miroir idéalisant de son esprit, et comme un athée allemand est toujours mystique par quelque côté, il a ramené la Trinité à l'idéal de la famille composée du pèrct du fils et de la 7f(ère (il est d*avis qu'on anrait du mettre Marie à la place du Saint-Esprit), Ce qui est étrange, c'est qu'on ain^e tou* jours à se regarder dans un miroir qui vous embellit, quand même on sait que ce miroir vous flatte, et que, si l'on adopte la théorie de M. Feuerbach, on cesse immédiatement de s'adorer soi-même. £n d'autres termes, la religion s'évanouit dès qu'elle n'a plus d'objet réel, et une saine philosophie, {ielun nous, doit conclure de la réalité de la religion dans l'âme ^ celle de son objet nécessaire. En France, nous ne sommes pas encore tous sortis des ingénieuses divinations de l'école de Dupuis, qui assignent une même origine au christianisme et au paganisme et font du Christ un soleil, des apôtres nue constellation. Le matérialisme passionné de plusieurs savants et le positivisme, parfois fanatique, de quelques autres, prouvent que l'homme, à défaut de Dieu, a besoin d'une idole. Pinsieurs ne veulent adorer que l'idéal abstrait, ce qui signifie qu'ils adorent la divinité tout en méconnaissant Dieu. Il y a en hollandais une expression proverbiale d'une grande justesse : Natur boven de Leer^ la nature est au-dessus de la doctrine. C'est pour cela que toutes ces tendances sont destinées à déchoir, comme tout ce qui est contraire à la constitution naturelle de l'homme ; nous les citons pour ne rien omettre, évi-^ demment elles n'ont rien à fournir àl'histoire qui nous occupe.

(ùe qui, à notre point de vue, est beaucoup plus significatif,

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c'est la constitution lente, mais continue^ de ce qu'on peut appeler le christianisme moderne ou le théisme chrétien, (\u\ s'afiBrme et se répand avec une puissance croissante, profilant de tous les travaux sérieux de la science, attirant à lui les sympathies des déistes vraiment religieux él se recrutant (|riOlidiennement au sein des orthodoxies du passé. Le grand esprit que Ton peut considérer au siècle dernier comme l'initiateur et le prophète de ce christianisme moderne, ne fut pas un théologien de profession. Ce fut lui pourtant, Ce ftlt | Lessing qui, le premier, distingua nettement la foi de Jésus- i Christ, parlant lui-même de lui-même dans les évangiles, de l la foi en Jésus- Christ divi nisé par Tfalise. Le premier andsi i il comprit qu'il y avait un christianisme de l'esprit, émancipé de la letlre aussi hien que du cl^er^é.. Ce christianisme est foncièrement et nécessairement unitaire, hien que LessiUg ait aussi soumis la Trinité à une dialecti(iue spéculative aboutissant à ceci que la pensée de Dieu étant néccssaireilneiU créatrice, le Fils engendré du Père représente la création dans sa perfection virtuelle. C'est là une idée féconde et qut resté. Son esprit lucide fut toutefois oublié quelque temps au profil d'un autre esprit non moins pénétrant que lé sieii, mais plus attiré vers les formes du passé. Schleiermacher, avec son sentiment religieux si pur et sa dialectique subtile, élabora une doctrine chrétienne où le mysticisme et Ift ralionahsme se donnaient la main. Le Christ, c'est dans sa théolo^ gie rhomino sans péché, dont la naissance miraculeuse, la résurrection et l'ascension taconlent symboliquement la gloire divine, qui a répandu et répand toujours dans l'humanité, par l'intermédiaire de la société de ses fidèîtes. Cet esprit qui délivre du péché et unit à Dieu. Malheureusemoût Schleiermacher, en pleine réaction contrôla sécheresse du rationalisme et du déisme, se montra d'une cotnplaisancc excessive pour les vieux dogmes, il n'en acceptait par un seul dans sa vfaic

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