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LES ASSISES DE JERUSALEM

de saint Louis sous les murs de Damiette, lors de la première croisade de ce prince*. Fait prisonnier à la Massoure, Jean d'Ibelin fut transféré à Damiette dans la galère même qui portait Joinville. Remis en liberté avec saint Louis, il opina dans le conseil pour que les croisés n'abandonnassent point la Terre Sainte. En 1253, il reçut saint Louis à JafTa, et ce prince Bt réparer le château et les murs de cette ville, dont Jean d'Ibelin était comte*. Ibelin vivait encore en 1268*.

L'ouvrage de Jean d'Ibeiin est intitulé : Le livre des Assises et des bons usages dou roiaume de Jérusalem. Il est un peu postérieur à celui de Philippe de Novare, ami de Jean d'Ibeiin. L'ouvrage de Philippe de Novare a été utilisé par Jean d'Ibeiin*.

Le droit public, ou, comme nous dirions aujourd'hui, le droit constitutionnel, y joue un rôle intéressant (fonctions du sénéchal, du connétable*, du maréchal, divisions ecclésiastiques et judiciaires, services dus au roi par les barons, les Eglises, les [173] bourgeois, etc.). La procédure y est surtout traitée avec de grands développements. Les artifices, les ruses des plaideurs y sont exposées d'une manière souvent très-piquante, très amusante.

Cet ouvrage a joui en Orient d'un crédit considérable. Il y a plus : à partir de l'année 1369, le livre de Jean d'Ibeiin devint, à Chypre, le code ofGciel. Un exemplaire, considéré comme authentique et officiel, fut renfermé dans un coffre et déposé dans

1 Voici en quels termes B^exprime Joinville : c A noBtre main gauche aborda le comte de Jaffa qui était cousin germain du comte de Mootbéliard et du lignage de Joinville. Ce fut celui qui aborda le plus noblement ; car sa galère aborda toute peinte dedans la mer et dehors d'écussons à ses armes, lesquelles armes sont d*or à ane croix de gueules pâtée. Il avait bien trois cents rameurs dans sa galère, et ' ponr chaque rameur il y avait une targe à ses armes, et à chaque targe il y avait OD pennon à ses armes en or appliqué. » Cf. Monnier, Godefroy de Bouillon^ Paris, 1874, pp. 2, 3: Joinville, rapproché du français moderne, édit. N. de Wailly, 1874, pp. 87, 89. Voyez un acte de 1237 où Jean d'Ibeiin figure comme témoin, dans Paoli, Codice diplomatico, p. 118.

« Hitt. lUtér., t. XXi, p. 449.

> Jordan, Lei registres de Clément IV, p. 341, n» 866.

^ Beognot, Assises, t. !•', pp. l, li.

s Voyez notamment, ch. 257 (Beugnot, Assises, t. I", pp. 409, 410).

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