LIVRE I. LE DROIT ROMAIN EN FRANCE
[18] VI' et VII* siècles. — On en trouve quelques traces : 1** dans une lettre de saint Grégoire le Grand de Tannée 599 et dans une autre lettre du même pape de Tannée 603 ; 2^* peut-être dans les ouvrages du célèbre Isidore de Séville, mort en 636 ; 3* peutêtre dans une formule de Marculf*.
IX* siècle. — L'influence du recueil de Julien est facilement saisissable dans le Capitulaire de Benoît Lévite^.
x" siècle. — Un manuscrit du x* siècle contient la Somme dite de Pérouse, abrégé des huit premiers livres du Gode. Niebuhr y voit un livre de pratique, composé du vu* au ix' siècle, d'après « une Somme plus ancienne et bien rédigée. » Tel est aussi le jugement d'Heimbach*. Un autre manuscrit du ix* ou du X* siècle contient un epitome des Institutes. Cet epiiome date peut-être lui-même du vu* siècle*.
XI* siècle. — L'influence du Code de Justinien est sensible dans un recueil lombard très important, composé au milieu du xi® siècle, le Liber Papiensis, Ce recueil a été compilé et glosé par un certain Walcausus, qui, en 1055, était judex palatiL Cette glose remarquable sent l'école et Tenseignement. Non seulement Walcausus ou Gualcausus a mêlé au droit lombard un peu de droit romain; mais il au-
> Rivier, Inirod, hitt. au droit romain^ \J^ édit., p. 465 ; Theiner, DUqvisiliùnes criticx, p. 235 ; Savigny, HUt, du droit romain au moyen ûge^ trad. Gueaou2, t. II, p. 60, note 80 a, p. 107 ; Bœckiog, Pandekt., 1853, t. I«r, p. 101, note 27 ; DesjardiDs, De Valién, et de la pretcript. des biens de VElaty p. 83. Voyez quelques pages remarquables sur le droit romaio dans Marculf, chez Tardir, Histoire des sources du droit français. Origines romaines, pp. 172-177. Il me parait douteux que ropioion de Savigoy touchant riuflueDce du droit de Justinien sur certaine formule de Marcuir soit justifiée. Il est également douteux qu'Isidore de Séviile ait connu quelque chose des recueils de Justinien : il a pu consulter certaines sources utilisées d'autre part par Justiaien. Voyez sur cette question : Bremer, De Domitii Ulpiani institutionibus, Boonae» pp. 20, 21 ; Toigt, Ueber die Quellen von Isidor's Origines, V, 4, dans Voigt, Jus naturale, t. I»', 1856, p. 576 et suiv.; Max Conrat (Cohn), Geschichte der Quel^ len und Literatur des rômischen RechU im frûheren Mittelalter, t. l^^, Leipzig, 1889, pp. 150-153.
2 Lire ici Max Conrat (Cohn), I, pp. 299 et suiv., 284, 293.
i Flach, Eludes critiques, p. 72 (je lui emprunte quelques expressions).
^ Max Conrat (Cohn), Geschichte, I, 2« partie, pp. 166-168.