CHARLES DU MOULIN
Quant aux rapports du pape et du roi, même attitude. L'auto- [208] rilé de Rome, ses lois, ses ordres, n'ont aucune force en France par eux-mômes : il leur faut Tassentiment du roi.
Contre les théologiens du Moulin soutient la légitimité du prêt à intérêt*; contre Rome il lance les plus violentes attaques à l'occasion des Petites dales^ (1532).
Un peu plus tard, en 1364, il publie le Conseil sur le fait du concile de Trente. C'est une consultation en cent articles, dans laquelle il examine les décrets du concile et conclut qu'il y aurait danger pour les Libertés du royaume à recevoir ces décrets. Que dis-je, danger? Voici en quels termes du Moulin traite ceux qui veulent accepter le concile : ceux-là oublient les antiques traditions de l'Eglise nationale ; ils insultent la majesté royale ; ils blasphèment Dieu lui-même.
Le Commentaire sur Cédit des petites dates avait valu, en 4552, à du Moulin des poursuites judiciaires. Il avait plaidé à Châlons devant le Conseil privé et obtenu un arrêt de surséance. Sur ces entrefaites, la populace pillait sa demeure et l'obligeait à chercher son salut dans l'exil. Il se réfugia en Suisse et prit une part active à toutes les discussions théologiques- qui agitaient si vivement les esprits. Il resta cinq ans à l'étranger et enseigna un moment à Strasbourg.
La sortie de notre ardent juriste contre le concile de Trente donne lieu à de nouvelles poursuites : le Parlement est saisi et du Moulin emprisonné. — La protection de Jeanne de Navarre et de Renée de France le rendit à la liberté. Il mourut deux ans après (1566).
3. Le droit coutumier. Projet de codification. — J'arrive à la partie de l'œuvre de du Moulin qui nous intéresse plus particulièrement : je veux parler du rôle de du Moulin au regard de la législation coutumière. Il a commenté presque toutes les coutumes : il les a commentées à sa manière, c'est-à-
1 Traciatut eontracluum et vturarvm redUuumqtie pecunia comiitulorum {Opéra, 1681. L II, p. 1).
s Cf. Durand de MaillaDe, Diet, de droit canon, 1776, t. II, p. 204; t. V, p.207. Aubépio, dans Heoue crit, de légUl.y t. III, IV.