LTVRE I. LE DROIT ROMAIN EN FRANCE
Irnerius, mort certainement après 1125, probablement avant 1130. On le considère comme le chef du mouvement nouveau, auquel nous arrivons*. Il avait eu pour prédécesseur, à Bologne, à la fin du xi* siècle, ce Pepo, dont j'ai déjà parlé.
Irnerius, ai-je dit : — on a conjecturé que ce nom, consacré, pourrait bien n'être autre chose que l'interprétation fautive du sigle par lequel les glossateurs auraient désigné un maître appelé, de son vrai nom, Guarnerius*. Guarnerius ou Irnerius est l'auteur de gloses qui ont été recueillies par MM. Pescatore et Besta ' : il est probablement aussi l'auteur d'une Stimma et de Questiones publiées par M. Fitting*. Enfin, un formulaire d'origine bolonaise, qui paraît dériver d'un formulaire rédigé par Irnerius, a été publié en Italie par M. Palmieri'.
Vacarius, un peu postérieur à Irnerius, enseignait le droit romain à Oxford. Il est mort, semble-t-il, après 1170*.
A partir de cette époque, le flot des romanistes va montant [22J tous les jours. L'école ne les contient plus. C'est une marée qui déborde, qui se déverse par couches facilement reconnaissables sur le vieux droit national, sur le droit coutumier. Nous retrouverons plus loin ces influences romaines. Je m'attache ici à Tœuvre des savants, des jurisconsultes, et je cite rapidement quelques noms célèbres.
Placentin [Placentinus)^ originaire de Plaisance, enseigna
1 Cf. Conrad^on Lickienau, Abl von Ursperg als der àllette beilimmte Zevge ûbir die Wiederherttellung des rômischen Rechts durch Wernerius (Irnerius) y dans Hugo, CiviUstisches Magazin, t. VI, Berlin, 1837, p. 34 et suiv., 388, 557-573; Gaadenzi^ Apptinti per servire alla storia délia Università di Bologna e dei suoi maestria dan^ CUniversitàt t III, p. 162.
s Pescatore, Krit. Studieny Greifswald, 1896, pp. 59, 65, 66.
3 Pescatore, Die Glossendes Irnerius. ^ 1888. Besta, L'opéra d'irnerio, 1896.
^ Filting, Questiones de jurU subsUlitalibus des Irnerius, Berlin, 1894. Fittiog, Summa Codids des Irnerius, Berlin, 1894. Joignez : Hlondel, dans Nouv. revue hist, de droit, t. XVHI, 1894, pp. 759-764; Ksmein, dans Le moyen âge, février 1895; Fitting, Die Summa Codids und die Quesi. des Irnerius, Zur Abwehr, Weimar, 1896. Une ^ partie de la thèse de M. Fitting m'a para tout d'abord très contestable [Revue critique d'hist. etdeliitér., 29 avril 1895); la réplique est très forte et ▼raiment saisissante.
s Palmieri, Appunli e documenti per la storia dei glossatori, /, /{ Formularium tobellionum di Imerio, Bologna, 1893.
« Voyez Wenck, Magister Vacarius, primus juris Romani in Anglia professor, Leipzig, 1820. Cf. Stôlzel, dans Zeitsckrifi fur Recktsgeschichte, VI, 1865, p. 234 etsuiv.
LE DROIT DE JUSTlisiEN APRÈS JUSTINIB
à Manloue et à Bologne, puis vint, vers H60, profe pellier, où il mourut en li92. On le considère comme le fondateur de l'école de Montpellier : « doctor que jamays legi en Montpellier *.»
Azo, mort au plus tôt vers 1230, enseigna à Bol( être à Montpellier*. Les Gloses et les Sommes des le Code, dues à cet illustre glossateur, ont joui d'une rite et peuvent encore être consultées avec fruit.
Chî non ha Azzo Non vada a palazzo, disait-on autrefois.
Au moyen âge, la Somme du Code a été trad çais; c'est la Somme Acé^. En Angleterre, Bract< pleines mains dans les œuvres de ce jurisconsult(
François Accurse, professeur à Bologne, est mo] ville vers 1260. Le grand titre de gloire d'Accurse, c Glossa ordinaria, de tout le droit de Justinien; ce i jours une œuvre originale : le jurisconsulte y com vent les travaux de ses prédécesseurs. Accurse, à magistrale, compare quelquefois divers manusci leçons pour essayer de retrouver le texte original dans la bonne voie, dans la voie de la critique et d des manuscrits '.
1 Germain, Etude hisl. sur VécoU de droit de Montpellier, Montpe ayee la Dole 2. Cf. Pierre de Toartoulon, Placentin, l, Paris, 18! ▼rages de PlaceoUn, dont la carrière est très remplie et très Ion lises par on professeur de droit caDoniqae de Paris, qui eoseig 1180, et qui fit usage du droit de Justinien. Cf. Gross, Incerti a% ciariw, p. 36.
s Savigny ne croit pas qu'Azo ait enseigné à Montpellier {Gei RechU im Mittelalter, t. V, Heidelberg, 1829, p. 4, avec la note i mémoire cité, p. 8.
s Ernest Langlois, La Somme Acé, dans Mélanges d'arckéol. et (f
^ Cf. Maitland, Select, passages from the workt of Bracton ùnd Ât^ in-fol. \Puhlicatims of the SeldenlSociety, 8).
> Savigny, Geschichte des rôm. Rechts, t. V, p. 253 et suiv. U y i de, plusieurs jurisconsultes du nom d'Accurse : ce qui jette une g Cf. Chevalier, Répert, des sources kist. du moyen âge, Paris, 18 dans Nouvelle revue hist.f mars-avril 1883, p. 205.