LES ANTRUSTIONS
tement cet état primitif.ll n'y a chez eux, au point de vue juridique, que des libres et des esclaves ou demi-esclaves. Les libres [248] ne connaissent encore parmi eux aucune distinction héréditaire ^
Les antrustions chez les Francs, — Les antrustions des temps mérovingiens ne constituent point un corps de noblesse, car Tantrustionat n'est pas une fonction héréditaire ; c'est une qualité personnelle. Les antrustions forment l'entourage du roi à la cour et dans les assemblées. Cet entourage, souvent appelé trustisregia ou trustis dominica^ se compose, semble-t-il, d'hommes riches et puissants, appelés, je le répète, antrustions, toujours prêts à défendre le roi à la guerre et remplissant auprès de sa personne des ofGces très divers. Les antrustions sont évidemment les successeurs de ces compagnons dévoués des rois germains que Tacite appelle comités. Ils forment la scola du palais mérovingien et sont appelés dans certains textes scolares bellalores. Ils correspondent aux gardes des empereurs romains dits protectores; et leur nom est le même : irustis, en effet, signifie « aide, » « protection. » Leur chef est le maire du palais.
Un homme libre, pour devenir antrustion, devait prendre des engagements spéciaux et prêter un serment particulier. L'antrustion du roi avait droit à un triple wergeld *.
i Cependant, il est peut-être permis d'apercevoir déjà une noblesse dans le petit texte local du ix« siôcle, appelé à tort loi des Francs Gbamaves (art. 2-6, 17-21). Uhomo francut de ce texte semblerait correspondre au nobilis des Frisons. Il est distinct de Vingenuut. Cf. Froidevaux, Etudes tur la Lex dicta Francorum Chamavonim, p. 78 et suiv. — Dans certains textes du moyen ftge nobiles semble un terme yague, pris encore au sens romain, nullement spécial à une classe particulière; dans le texte qu*on va lire, il désigne en bloc les fiit7i(«< et les burgenset : « Item statnerunt siquidem prédicti principes ut exorquia nobilium^ videlicet et magnatum tam mUitùm quam burgentium^ omni tempore in principum poteslatem deveniant » {Usatici Barchin,^ art. 69, dans Giraud, Essai sur l'hist. du droit français^ t. Il, p. 478).
> Marcalf, T, 18 (Zeumer, Form., p. 55). Voyez ^ur les antrustions : Oeloche, La trustis et l'antrustion royal sous les deux premières races, Paris, 1873; Tboni^sen, L'organisation, le droit pénal et la procédure pénale de la loi Salique^ Bruxelles, 1882, pp. 119, 120; Tardif, Etudes sur les institutions politiques et administratives de la France^ Période mérovingienne y I, p. 47; Brunner, Die antrustionen und der Hausmeier, dans Forschungen, Stuttgart, 1894, pp. 75-79 ; Vacandard, La scola du palais mérovingien; Encore un mot sur la scola, dans Revue des Questions historiques, t. LXI, 1897, pp. 490-502 ; t. LXII, 1897, pp. 546-552; Vacandard, Vie desainl Ouen, pp. 29-31; Guilhiermoz, Essai sur forigine de la noblesse en France au moyen âge, Paris, 1902, pp. 61-79, 90-99 eKpassim, Dans mon Drcit public, I^r, p. 231, il est