LIVRE II. LES PERSONNES
magistrat à vendre l'esclave, avec la clause que jamais ce dernier ne devra retomber sous la puissance de son ancien maître^ Si les Romains ont des esclaves, les Germains, eux aussi, ont des esclaves ; mais chez ces derniers, au moins chez les Germains étudiés par Tacite, l'esclavage paraît moins dur que chez les Romains. Dans le monde franc, la loi Salique ne laisse pas entrevoir cet adoucissement.
Les deux esclavages. — Après les invasions, l'esclave, appelé servus, garda son nom, mais améliora sa position peu à peu, en sorte qu'à la fin le mot servus ou serf perdit son sens primitif, le sens d'esclave. On en vint à opposer ces deux mots : servage, esclavage.
Esclavage est le mot nouveau qui désigne la chose ancienne, l'antique et complète servitude. C'est qu'en effet l'esclavage s'est reformé au moyen âge, principalement par des achats d'hommes d'origine slave. Ces slaves, ces esclaves, les commerçants chrétiens les vendaient* souvent aux mahométans : on trouve, d'ailleurs, çà et là, au moyen âge, dans l'a chrétienté elle-même, des esclaves servant des maîtres chrétiens *.
Ainsi deux couches superposées pour ainsi dire :
1® La servitude ancienne ou premier esclavage, qui aboutit au servage.
2° La nouvelle servitude ou second esclavage, que l'érudition moderne est en mesure de rattacher à la servitude ancienne.
' Digeste, I, vi, De his qui, 1, § 2 et 2. Joignez Code de Thôodoae, IX, xii, Dé tmend. servorum (conslit. de l'an 326).
s Mas Latrie, ffût. de Chypre, t. II, p. 127; p. 458, note 1.
> Voyez, ci-après, p. 329, la quatrième section du présent chapitre, intitulée : Second eiclavage.
LBS ESCLAVES.
PREMIÈRE SECTION
Premier esclavage.