Les lites {leti ou liti
Les liti se rencontrent chez les Francs, les Mamans, les Frisons, les Saxons. Leur origine est douteuse et fort embarrassante, Ce sont peut-être ces esclaves-fermiers dont parle Tacite, dans le ch. 25 de là Germanie : « Les autres esclaves
A GraDdmaison et SaimoD, Le livre det $erft de Marmoutier, p. 35. Si ud collibert et ane colltberte se sont unis par le mariage, leurs enfants sont partagés eotre les deux maîtres (Glasson, Hitl. du droit et des intt. de VAnglet,, t. H, p. 249).
sDa Caoge, Glotsarium, Niort, 1884, t. II, p. 408, 2" col., texte de 1408; mais c*est uoe formule aocleone. ^
s GlassoD, Hitt. du droit et des inttit. de r Angleterre, t. Il, pp. 249, 250. Bourassé, Cartvl. de Cormery, p. 40. Cf. Dopré, Etude et docum, sur le servage dant le Blésoii, p. 8.
^ La valear étymologique du mot litus est peut-être lithuaoien. Beaucoup d'esclaves des Germains auraient été des Lithuaniens; et ces Lithuaniens auraient donné leur nom à toute une classe d'hommes (communication de mon savant confrère^ M. d'Arbois de Jubainville). On sait que le mot esclave est, lui aussi, un nom de peuple : Tesclave, c'est le Slave.
LES LITB8.
De soDt pas classés, comme chez nous, dit-il, et attachés aiix différents emplois du service domestique. Chacun a son habitation, ses pénates, qu'il régit à son gré. Le maître leur impose, comme à des fermiers, une certaine redevance en blé, en bétail, en vêtements : là se borne leur servitude. »
Les lites des lois barbares ont un maître, un dominus : en les affranchissant per denarium^ à la requête de leur maître, le roi en fait des ingénus^ Le wergeld du lite est de 100 s. dans la loi Salique (la moitié du wergeld de l'homme libre).
Les aldiones des lois lombardes occupent une situation très analogue à celle des liii.
La situation du lite est très voisine de celle du colon avec lequel, dès le ix"* ou le x* siècle, il se confond souvent*. J'ai montré, d'autre part, les mots colonus et colliberttis pris abso- [309] lument dans le même sens. Voilà donc trois catégories de personnes, en tous temps très voisines, qui tendent sensiblement à se confondre au moment où va s'ouvrir le moyen âge.
Le mote lite ou lide a persisté longtemps dans plusieurs régions. Les lassi saxons du x* siècle ne sont pas autre chose que les lites. Nous retrouvons les laten dans le Miroir de Saxe*. Encore aujourd'hui, en Flandre, certains colons ou fermiers s'appellent luyden^ lœien^.
L'étude des lites est, comme on le voit, très facile et très simple quand on se restreint, comme je l'ai fait jusqu'ici, aux lites des lois barbares. Mais, avant les lois barbares, au temps de l'empire romain, un bon ùombre de documents d'origine romaine nous parlent de lœti. Ces te/» de l'empire romain se présentent surtout dans les textes sous un aspect militaire : ce sont des Barbares germains auxquels les empereurs avaient concédé des terres en échange de services militaires*. Faut-il
* Loi Salîqac, til. xxvi, 1-3. Ltx Frix., lit. xi, § 2.
^ c FaregaoB, Wiclericus, Wioevoldas sunt lidif qooniam de colona suDt nati » (Gaérard, Polypt, d'irminon, t. II, p. 143, ligne 13).
* Sachtenspiegel, III, 44, § 3 ; 45, § 7 (édit. Sachsse, pp. 254, 257).
^ Cf. Scbuite, BisL du droit et des instit. de l'Allemagne^ trad. FourDier, p. 277; ThonisieD, L'organU, judic. delà loi Salique, 2« édit., p. 143, note 2. Sur liU et iea formes parallèles, voyez Hessels et Kero, Lex Salica, col. 440.
> Voyes DotammeDt la NotUia dignitatum^ édit. BÔcking, t. II, pp. 119-122. Je remarqae aussi un pr»fectus Ltetorum Lingonentium (p. 120).