‹ Histoire du droit civil françaisChapitre 282 sur 648 · LIVRE II. LE» PERSONNES · texte numérisé non relu

LIVRE II. LE» PERSONNES

odieuses, fit expresse défense atout juif ou juive, résidant en Alsace, « de contracter à l^avenir aucun mariage, sans permission formelle du roi. » La même défense avait été faite aux juifs de Prusse dès Tannée 1722^ De nos jours enfin, le Code civil autrichien récemment abrogé, interdisait encore aux juifs le mariage, à moins d'une permission de lautorité politique : sauf dans les Etats italiens, cette permisssion n'était accordée que rarement, et les enfants Israélites de parents mariés religieusement sans Tautorisation du pouvoir civil passaient aux yeux de la loi pour illégitimes'.

Les deux dernières dates d'expulsion des juifs sont 1394 sous [359] Charles VI, et 1615 sous Louis XIII ^. Ces mesures n'avaient pas été formellement abrogées au xviii* siècle. Mais, outre que la loi d'expulsion ne s'appliquait pas aux pays non encoreannexés en 1615^, d'autres décisions, jointes au changement des idées. et des mœurs, avaient singulièrement modifié la situation; ainsi, les juifs espagnols, portugais, avignonais, avaient été régulièrement reçus en France et y avaient une bonne situation.

On sentit parfois très vivement Tutilité de ces juifs, légalement bannis. C'est ainsi, par exemple, qu'en 1714, un arrêt du Conseil, pris en considération de la disette, déchargea de tous droits les juifs qui entreraient dans Paris. On faisait ce jour-là plus que leur ouvf ir les portes ; on les appelait ^

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