Ere nouvelle. — Emancipation
Les prodromes. La Constituante. — La philosophie bruyante et, pour ainsi dire, officielle du xviii* siècle ne prit pas en main
* Quelques observations concernant les juifs en général^ 1806, p. 35. Cf. on édit de Frédéric II du 17 avril 1750, Ut. V, § 3 (Roenne et Simon, Die frùheren tind gegentoàrtigen Verkàltnisse derJuden, BreBlau, 1843, p. 246). Je dois rindication de ce dernier document à l'obligeance de mon Mvant collègue, M. Isidore Loeb.
^ Revue des études juives^ oct.-déc, 1882, p. 316.
» Ord. du 17 sept. 1394, dans Ord., t. VII, pp. 675-677. Isambert, t. XVI, pp. 675-
^ Mesure spéciale à relerer : les juifs furent expulsés de la Provence en 1484 (Théodore Reinach, Histoire des IsraélileSf p. 462}.
* Préfecture de police, Collection Lamoignon, t. XXV, p. 302 (d'après la table). Iféanmoios, en 1761, le lieutenant général de police considère toujours qu'en prio-
LBS JUIFS*
la cause des juifs; mais il s*opérait néaumoins en leur faveur, parmi les classes éclairées, un travail d*opinion souterrain qui produisit ses premiers fruits en Angleterre où ils se trouvèrent pendant un an (1753) en mesure de conquérir par la naturalisation tous les droits civils et politiques. En Toscane, le grand-duc usa à leur égard de procédés plus doux et « d'une politique plus saine '; » bannis delà Sicile depuis 1492, ils y furent rappelés pour cinquante ans en 1740 '. L'empereur Joseph II prit, de son côté, plusieurs mesures favorables. La dernière en date et la plus importante est Tacte du 19 mai 1788 pour les juifs de Galicie '.
Louis XVI suivit ce courant général, lorsqu'on 17849 il affranchit les juifs du péage corporel et de divers droits analogues auxquels ils étaient assujettis^; nous voyons ici dispa- [360] raître un des débris de cette servitude civile' des juifs, si nettement formulée, au xiif siècle, par saint Thomas.
Cette tendance de Topinion se manifeste encore chez nous par
cipe, les jdfs sont baaoiB de France, depuis 1394 (D***, Meotenant général de police, Codé de la policé, Paris, 1761, t. !•', p. 17).
1 Mirabeau, Sur Motet Mendeltsohn, tur la réforme politique det juift el en par» iiculier tur la révolution tentée en leur fateur en 1753 dont la Grande-Bretagne^ Londres, 1787, pp. 80, 92 et suir.
s Oioranni, L'Ebraismo dilla 5»ci/ûi, p. 241. Je dois cette indication à M. Isidore Loeb.
> Hermann Meynert, Kaiter Jotef II, Wien, 1862, pp. 123-134. Joseph II obligea tous les jaifs à prendre des noms héréditaires. Ce prince fut, à l'égard des juifs, comme à d'autres points de vue, animé d'excellentes intentions ; mais, roulant le bien, il décréta plus d*one fois des mesures qui toumèren| en réalité k l'oppression et à la tyrannie.
^ Isambert, t. XXVII, p. 360. U est vrai que, la même année, Louis XVI prend, à l'égard des juifs d'Alsace, une décision qui, certes, ne sent pas le progrès des idées. Voyez ci-dessus, p. 338.
> Encore en 1715, on avait vu le roi de France ou plutôt le régent, voulant faire un don au duc de Brancas et à la comtesse de Fontaine, imposer une redevance annuelle de 40 livrer sur chaque famille juive établie dans la ville et généralité de Metz et gratifier, pour trente ans, de cette redevance le duc et la comtesse ci-<lessus cités [Encycl. mélhod., Jurisprudence, t. V, p. 337). Ce don fut renouvelé; car, en 1790, les Israélites déclarent que les juifs de Metz sont assignés par le duc de Brancas, duc de Lauraguais, en paiement de 20.000 livres, droit cédé par le roi à la maison de Brancas (Mavidal et Laurent, Archives parlementairet, \'* série, t. XU, pp. 732, 733).