‹ Histoire du droit civil françaisChapitre 293 sur 648 · OBSERVATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Le droite les mœurs. — La longue liste des incapacités et des ÏDégalités juridiques qui, dans notre ancienne société, distinguaient les personnes, est épuisée.

Le lecteur se doit garder ici de vues superficielles et fausses. D'aussi grandes modifications juridiques peuvent éblouir et facilement donner naissance à de regrettables illusions. Je voudrais^ s'il est possible, les prévenir.

Le droit positif se borne souvent à consacrer des situations de fait créées par les intérêts et les passions des hommes, par leurs opinions et leurs mœurs. La plupart des inégalités juridiques sont donc nées d^elles-mêmes en des milieux qui les favorisaient : Tesprit des contemporains n'en a pas souffert autant que le nôtre.

Pour nous qui embrassons difficilement ces ensembles et qui ne pouvons que péniblement et imparfaitement les faire revivre sous nos yeux, nous risquons sans cesse de nous attacher à un détail qui nous choque, sans apercevoir les lignes générales du monument auquel il se rattache. Nous verrons, par exemple, avec horreur, au moyen âge, des serfs donnés ou vendus; et nous ne nous apercevrons peut-être pas qu'à la même époque des hommes hbres et même des gentilshommes sont donnés, échangés, vendus en des termes identiques*. Ces transferts concernent la plupart du temps les services attachés à la terre et à la famille qui habite cette terre plutôt que Thomme lui-même, puisqu'on cède des bourgeois ou des chevaliers^ De

1 Lire à ce point de vue : Perreciot, De l'état civil des personnes et de la condition des terres; Dapré, Etudes et documents sur le servage dans le Blésois, p. il.

s En Dauphioé, au xvi* siècle, ud arrêt de notoriété fixe à dix livres le prix d'aa bomme qui n'est soumis, d'ailleurs, à aucune servitude réelle ou personnelle

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