LBS ORIGINES DE LA FAMILLE
donc un état de choses profondément différent? Implique-t-il cette promiscuité des sexes dont nous parlions à Tinstant? Nullement, répondent les plus récents critiques. Supposez^ en effet, (et cette supposition n'est point gratuite) que, dans des tribus vivant sous le régime de Texogamie, il soit de règle que les Biles qui se marient restent chez leurs parents, tandis que les maris quittent leur tribu et viennent habiter chez les parents de leurs femmes : vous aurez Texplication toute simple de la parenté par les femmes. Les enfants, issus de ces unions, vivent avec les parents de leur mère et ne connaissent que ces parents maternels. Les parents du père qui vivent dans une autre tribu leur sont inconnus. 11 n'y a entre eux ni relations, ni communauté de gensj ni lien successoral. Au contraire, dans les pays où le système de Tagnation a triomphé, la femme quittait sa maison ou sa gens et allait vivre avec les parents de son mari. De là le système contraire de la parenté par le gros sang. Mais, dans les deux cas, Funion est régulière et ressemble aux unions modernes.
C'est ainsi que l'hypothèse d'unions régulières même dans les temps primitifs tend à se substituer à l'hypothèse du régime de la promiscuité. Cependant d''excelleots esprits n'osent généraliser et s'en tiennent à ces sages observations du sagace M. Barth : [387] « C'est un procédé souvent peu sûr, de prétendre expliquer d'une seule façon les institutions etles coutumes qui, comme les fleuves, ont d'ordinaire plusieurs sources; d'admettre que, partout, les mêmes faits ont eu les mêmes causes et les mêmes conséquences ; de repousser toute existence de courants contraires au sein des sociétés primitives, au nom de la simplicité peut-être fictive de ces sociétés ; de placer partout en tête d^une certaine série de faits la forme que logiquement nous avons reconnue pour type*. »
< A. Barlh, dans Uélutine^ t. VI, janvier-février i892, coll. 11. J*ait dit de mon côté daos Mémoire sur la tanistry, Paris, 1891, p. 44 : « Des causes différeoles peaveot produire des efTels très voisins et presque identiques, m C'est une observation qu*il ne faut pas perdre de vue dans les études sociologiques et ethnogrsphiques . Chez les Germains décrits par Tacite et dans la loi Salique elle-même^ quelques traits font songer à la parenté par les femmes : a Sororum flliis idem apud avunculum qui ad patrem honor. Quidam sanctiorem arcUoremque hune nezuro sanguinis arbitraotur et in aceipiendis obsidibus magis ezigunt, tanquamet animum flrmiup et