Le mariage in facie Ëcclesise
Jusqu'au concile de Trente la présence du prêtre n'est pas nécessaire pour l'existence du mariage, — Si cette promesse échangée : Je vous prends à époux; Je vous prends à épouse, constitue à elle seule un mariage, c'est donc que le mariage est un contrat purement consensuel, existant par le seul effet de la volonté des parties, indépendamment de toute forme déterminée. Telle est, en effets la doctrine de l'Eglise. La bénédiction nuptiale que, dès l'origine, les mariés chrétiens demandèrent à l'Eglise n'était pas, aux yeux de l'Eglise, une condition essentielle à la validité du sacrement. Celle-ci obligeait les
^ a Ledit citoyen et ladite citoyenne ont, de l'avis et agrément de
lean dits père et mère, autres parents et amis soussignés, promis de s*unir en
mariage à la première réquisition de Tun d'eui » (contrat de mariage par devant
M« Gervaize, notaire à Tours, du 2 pluviôse an V). On remarquera cette clause curieuse qui mentionne Tavis et agrément des parents et amis autres que le père et la mère; cVst un trait germanique : le plus ancien témoignage à ce suget se trouve dans Tacite et on peut suivre dans les contrats de mariage cette notion devenue de pur style au moins jusqu'à Tan V. Encore aujourd'hui, à l'église, l'époux, en mettant la pièce de mariage dans la main de son épouse, prononce ou plutôt devrait prononcer ces paroles que le prêtre lai suggère : o Recevez ce signe des conventions matrimoniales faites eiilr« pot parenit d Ut miens » (Manvelpour la célébration du sacrement de mariage selon le rituel romain àCusage du diocèse de Paris, Paris, 1874, p. 18).
s Double contrat de mariage Dunaud du 8 novembre 1838 (Etude Dunaud à Vollore, Puy-de-Dôme).