LKS ACTES DE L ETAT CIVIL
tout dans les campagnes ; mais peu à peu Targent se substitua f46i] à la chose, et la dette à Toffrande.
Cet abus se généralisa et s'érigea en coutume. Les curés en vinrent à tenir des registres ou des livres de compte où s'inscrivaient les prétendus droits qu'on n'acquittait pas sur-le-champ. Sur ces livres de compte sont consignés les mariages et les enterrements, non pas les baptêmes. Peut-être les honoraires <les baptêmes étaient-ils laissés entièrement à la générosité des parrain et marraine et se payaient-ils comptant. Peut-être la Kîérémonie du baptême, plus simple et plus conforme au véritable esprit chrétien que l'orgueilleux mariage ou le pompeux enterrement, échappait-elle souvent a toute fiscalité. Le baptême a conservé de nos jours quelque chose de ce caractère antique.
Ainsi les registres de mariages et de sépultures tirent leur origine d'une contravention aux règles de la discipline ecclésiastique : ils ont pour but de sauvegarder les intérêts temporels des <;urés.
Passons aux faits.
(Test dans le diocèse de Cambrai et en Bourgogne que nous trouvons, soit les plus anciennes traces d'écritures de ce genre, soit les plus anciennes mentions de ces écritures.
Dans le premier quart du xiv* siècle, les curés du diocèse de Cambrai ont mission de relever tous les décès et d'en envoyer la liste au doyen avec les noms des exécuteurs testamentaires. Il s'agit évidemment d'assurer la perception des legs pieux. Je ne vois encore là aucune contravention aux lois de l'Eglise K
Cette contravention se révèle quelques années plus tard, en Bourgogne. De 133S à 1330, un curé de Givry (Saône-et-Loire) prenait note des mariages et des décès. Des écritures du même ^enre sont mentionnées dans un document de 1378, et nous possédons une série de notes de cette nature des premières
i Si je oe me trompe, oo se préoccupe, à Cambrai, d'assurer la perception des legs pieux laissés par chaque défunt (additions aux statuts synodaux de Cambrai de 1311, dans Martène et Durand, Vel, script, ampl, collecHo, t. Vil, Parisiis, 1733, ç. 1335; cf. p. 1338).