‹ Histoire du droit civil françaisChapitre 37 sur 648 · LIVRE I. SOURCES DU DROIT CANONIQUE · texte numérisé non relu

LIVRE I. SOURCES DU DROIT CANONIQUE

L'illustre Hincmar de Reims éleva, au ix* siècle, des doutes sur Torigine apostolique des Canons.

A partir du xvi* siècle, on est tombé généralement d'accord pour reconnaître que ces Canons n'étaient point authentiques. Un des derniers défenseurs de l'authenticité est le jésuite Torrès (en latin Turrianus) (étude publiée à Venise, en 1363*).

f4SJ Bibliographie. — Drey, Neue Untersuchungen ûber die Constit. und Ca-

non, der Apost.y 1832. —• Veilzen, Constitutiones apostoHcx^ 1853. — D. Pilra, Juris ecclesiastici Grxcorum kistoria et monumentaj t. I*', 1864, in-fol. — Hefele, Histoire des conciles, trad. franc., t. !•', à la fin du vol. — Bickell, Geschickte des Kirckenrechts, t. !•', 1843, pp. 88-92; 107-132. — Funk, Doctrina duodecim apostolorum^ Canones apostolorum ecclesiastici, TubingfiB, 1887. — Funk, Die apostolichen Constitutionen^ Rottenburg, 1891 (joignez abbé Duchesne, dans Bulletin critique du l«r mars 1892). — Funk, Dos achte Buch der apostolischen Constitutionen und die verwandten Schriften auf ihr Verhàltniss neu untersucht, 1893. — Funk, Trente chapitres des Constitutions apostoliques^ dans Compte rendu du troisième congrès scientifique,., des catholiques, sept. 1894, Deuxième section. Sciences religieuses, Bruxelles, 1895, pp. 199-209. — Jacquier, La doctrine des douze apôtres et ses enseignements, Paris, 1891. — P. Minasi, La dottrina dei dodici apostoli, Roma, 1891. — Friedberg, Lehrbuch, 1889, p. 95. — Tardif, Histoire des sources du droit canonique, pp. 46-56. — P. Savi, La dottrina dei dodici apostoli, dans Studi e documenti, t. XIII, 1892, pp. 209-244; l. XIV, 1893, pp. 3-48. — Harnack et Erwin Preuschen, Geschichte der altchristlichen Litteratur bis Eusebius, Leipzig, 1893, t. I*, pp. 86-91, 5l5-5i8, 542, 543, 605-645 — Schlecht, Doctrina XII apostolorum, Fribourg-en-Brisgau, 190i. — Nau (abbé), La didascalie traduite du syriaque, Paris, 1902. — Margaret Dunlop Gibsin, cité ci-dessus, p. 42. — Le texte latin des Canons apostoliques figure en appendice dans la plupart des éditions anciennes du Corpus juris canonici,

i Hefele, Hist. det condlet, trad Delarc, t. î", pp. 609-61 1. Nalurellement, les décrets des coDciles,le8décrétale8 des papes circulèrent de bonne heare et furent réunis en diverses coUeclioDS. Nous dirons tout à l'heure un mot des diverses collections de ce genre. Il faut, avant tout, nous débarrasser d*une collection qui est encore citée quelquefois comme ayant un caractère officiel, mais qui, en tant que collection, n^est pas plus officielle que les autres. C'est à Justel que remonte cette erreur. Juste! a cru qu'une collection grecqu-^ de canons conciliaires avaiteu un caractère offlciel et que ce carac^ tère officiel de la collection avait été sanctionné par le concile de Chalcédoine ; il s'est imaginé être en mesure de restituer cette espèce de code officiel, et il Ta publié, en 1610, sous le titre de Codex canonum Ecclesiss universsB. Ballrrini a prouvé que Justel s'était fait illusion (Ballerini, dans Galland, De vetuttis canonum colleclionibus, Veneliis, 1778, p. 99. Cf.Wdller, Lehrbuch de» Kirchenrechit, 1871, p. 157, note 6).

COLLECTIONS LATINBS.

DEUXIÈME SECTION

Très anciennes collections latines.

Versio Isidoriana ou Hispana. — Les premières collections [46] de conciles sont dues aux Grecs. Cela est tout naturel, car la plupart des plus anciens conciles sont des conciles grecs.

De bonne heure, les Latins traduisirent ces collections grecques. L'une de ces traductions latines est connue sous le nom de versio Isidoriana ou Hispana. Ce titre est une simple étiquette à laquelle il ne faut attacher aucune idée d'origine. Le nom d' Isidoriana a été donné à cette version parce qu'elle a été (bien plus tard) accueillie dans une collection espagnole^ attribuée à Isidore de Séville, appelée Colleclio Isidoriana, et dans la partie authentique de Pseudo-Isidore. Elle a beaucoup circulé en Espagne, et on Ta crue longtemps d'origine espagnole. Il n'en est rien : Maassen a établi qu'elle est, pour la presque totalité, d'origine italienne.

Versio prisca. — On a baptisé du nom de prisca (désignation a laquelle il ne faut pas attacher non plus une valeur interne et réelle, mais qu'on prendra simplement comme étiquette) une autre traduction latine de collection grecque, imprimée pour la première fois par Justel, Biblioth,^ t. I", p. 275-304, puis par les Ballerini dans les OEuvres de saint Léon, t. III, p. 473, et enfin par Mansi, t. VI, col. iOOS. Cette versio prisca est d'origine italienne : la traduction latine des canons de Nicée qui s'y trouve, ne peut pas être antérieure à 419. Les canons du concile de Chalcédoine et de celui de Constantin ople qui y figurent, sont de la seconde moitié du v* siècle *.

\J Isidoriana et la prisca ne contiennent pas autre chose que des canons conciliaires; aucune décrétale de pape.

Denys le Petit. — A côté de VIsidoriana et de la prisca, d'autres collections latines surgirent de bonne heure en Italie.

1 Wdlter, Lehrbuch det Kirchenr»chts, p. 159.

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