De la majorité
Première période. — Les majorités primitives.
Idée générale de la majorité. — J'appelle majeur celui qui a [509] atteint l'âge de la capacité.
La majorité, à Rome, ne brisait pas les liens de la puissance paternelle et probablement elle ne les brisait pas en Germanie sans l'addition d'une autre circonstance dépendant de la volonté du majeur*.
Je ne suppose donc pas la puissance du père détruite par la majorité de l'enfant; mais je rappelle dès à présentie fait nouveau qui doit peu à peu transformer tout le droit de la famille. Ce fait peut être énoncé en ces termes très simples : l'âge seul, la majorité seule, indépendamment de toute autre circonstance,
ineâita^ t. Il, 1885, p. 154). Cf. Pothier sar coutume d'Orléaos, tit. IX, j§ 1, n» 3, édit. d6l776, t. I•^ p. 418; L. H. von Salis, Beiirag tur Geschichie der vàlerl. GewûU nach altfr. R$eht., p. 152 et suiv.
*■ « Laysfto ma mober Margarido donna et maistressa de la persona de nos enfans et de DOS bens, tant qu'ela vioura, sans faire invenlari. Vol que, quand nos enfans saran grans et qae non continuguesson istar eme ela, siegue dama et maistressa » (testament d*on paysan provençal de Tan 1541, cité par C. de Ribbe, Les familles et la société en France avant la Hévolulion, t. H, 4* édition, p. 137; cf. pp. 134-136).
s Joly, Les procès de Mirabeau en Provence, p. 26. Cet usage de la bénédiction quotidienne par la môre existe encore dans quelques familles belges.
3 Les textes sont obscurs; ici et plus loin jMnterprète.