LIVRE III. LA FÂMILLB
bolition générale de lapatria potestas en 1792. — Au xvii* e, Lamoignon réclamait formellemeot pour la France en- I TabolitioD de la puissance paternelle au sens romain : mandait que la majorité de vingt-cinq ans emportât émanci- )n^
i loi du 28 août 1792 réalisa le vœu de Lamoignon, en dé- Qt que les majeurs cesseraient d'être soumis à la puissance ruelle. Un peu plus tard» les lois des 20 septembre 1792 et mvier 1793 fixèrent Tâge de la majorité civile à vingt et ns.
Limoges, deux mois avant cette loi fondamentale du 28 1792, à la date du 12 juin, un père émancipait encore son âgé de près jde cinquante ans. Cette émancipation, conçue ; un esprit tout romain, est très probablement la dernière ait eu lieu en France. Le procès-verbal qui nous en a été ervé nous fait connaître les vieux rites de l'émancipation, 'enfant en puissance est Pierre Chapoulaud fils, âgé de quae-sept ans, curé de Bazoches en Gàtinais. Il est émancipé j la maison de Pierre Chapoulaud père, imprimeur à Limoau domicile duquel, vu l'état d'infirmité de ce dernier, s'est sporté un juge du tribunal du district, a Le fils se met âges, les mains jointes et prie son père de l'émanciper, afin I puisse traiter dans ses affaires comme une personne libre (dépendante. Le vieillard déclare consentir à ce que son fils désormais affranchi de l'autorité paternelle; en signe de laie émancipation, le père a relevé son fils et lui a disjoint nains*. »
es lors, Pierre Chapoulaud cessa d'être soumis à la puisse paternelle : il devint sui juris.
ans cette scène limousine viennent se refléter, à la veille du oùt, les mœurs de la Rome antique. Certes, il y a là quelque »e de saint! Mais le vieil arbre romain de la puissance pater- B est vermoulu. La royauté domestique et la royauté poli-
AmoigDOD, Arrêtiez^ 1702, 1 ^ partie, p. 7 ; 2« partie, p. 5. «. Guibert, La famille /tmoimne, pp. 23, 24 (opuacule d'un très grand iotérdt). rocbez Gouazé, Etude sur la tiiualion sociale dan$ le ressort du présidial de Paaux xvu^et xvtti« siècles, Foix, 1897, pp. 5, 6.