‹ Histoire du droit civil françaisChapitre 393 sur 648 · LIVRE lU. LK FAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE lU. LK FAMILLE

Tentatives de réaction en faveur de la patria potestas. — Peu habitués à mesurer la force irrésistible des phénomèues historiques, nous cherchons quelquefois avec une inexpérience enfantine à défaire Tœuvre du temps et à refaire artificiellemeot le passé. La disparition de \dL patria potestas u^apas manqué de provoquer ces regrets et de susciter ces tentatives. Decesessais stériles de réaction je ne dirai qu'un mot.

On se préoccupa sous la Restauration de fortifier la puissance paternelle. Tel est l'esprit du livre de Chrestien de Poly, publié [829] en 1820*. Telle est la pensée d'un projet de loi déposé en 1817 par Dubruel % député de l'Aveyron.

Benoît-Champy formait des vœux semblables*.

Enfin Le Play a suscité depuis une quarantaine d^années un courant d'opinion très digne d*attention; mais Le Play qui prétendait souvent s'appuyer sur l'histoire ne semble pas l'avoir suffisamment approfondie*. L'école qu'il a fondée est toujours active et prospère. Il serait peut-être exact de dire qu'au point de vue scientifique, elle est en progrès depuis la mort du maître.

Bibliographie — Ayrault (Pierre), De la puissance paternelle, A René AyrauU son fils, soy disant jésuite, Paris, 1598. — Siruvius, De patria illu»trium potestate, dans Jurisprudentia heroica. Pars V, Jenœ, 1737, in-4o.

qui, ea 1896, a modiflé ou complôlé Ua art. 151 à 153, 155 du Code civil. Il est trè» regrettable que les vues de M. i'abbé Lemire D'aieot pas été adoptées. Pour la bibliographie des projets antérieurs à 1896, voir rapport de M. Bertrand, Chambre di»» dépotés, séance du 17 juillet 1894, Documentt parUm., anneie n« 841; Revue polUvque et parlementaire du 10 novembre 1896, et, ci-dessus, p. 410, note 2, in fine.

< Chrestien de Poly, Etsaitur la puitsance paternelle, Paris, 1820, 2 vol.

2 Cf. Bernard, Hist. de Caulorilé paterneVe en France, p. 324.

> !bid.^ p. 353, note i. On a fait grand état d'un passage du Recveil de Fenet où je lis : Napoléon voulait « que le projet de loi prit l'enfant à sa naissance, pourvût à son éducation, le préparât à une profession, régl&t comment et à quelles conditiooa il pourrait se marier, voyager, choisir un état. » Que voulait au juste Napoléon ? Je ne sais. Tout cela est trop concis. On peut, ce semble, entrevoir ici une pensée de despostime et un vœu ayant pour objet de substituer en partie au père TEtat-ProTidence. Cf. Oscar de Vallée, dans Becue Wolowski, année 1852, t. II, p. 238; Fenet, Recueil, t. X, p. 484.

^ Je sois bien loin de considérer comme inutile et vaine toute la pensée de Le Play : je songe ici surtout à la liberté de tester, à laquelle Le Play attachait une importance démesurée. Quant au respect du Décalogoe, autre partie de son programme, les hommes réfléchis qui n'acceptent pas un pareil vœu, sont plus rares qu'on ne le suppose.

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