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LIVRE IV. LES BIENS ET LES CONTRATS

leiqued exemples feront saisir ma pensée, le grande maison cherche un cuisinier. Elle s'en attachera su lui faisant certains avantages. Elle lui donnera, par iple, des gages annuels, plus une habitation et une terre : itation, la terre et les gages {sive in annona sive in deis) constituent, réunis, le feodum de coquina^ fief de la ne*. Les exemples de ce genre abondent. Heurs, le bienfait que reçoit le détenteur du fief sera tout lement le droit de toucher vingt sous de rente, quarante [*s de blé, etc. : le droit aux vingt sous, aux quarante sede blé, tel est ce fief*. Un Accurse, avocat du roi d'Anrre en cour de Rome, touche annuellement quarante marcs a cassette du roi pour son fief annuel '. Heurs encore, une terre est baillée en bénéfice, plus tard îf, moyennant une rente annuelle payée par le détenteur du fice ou du fief*. C'est tout simplement un bail perpétuel lé fief.

beneficium^ concession en apparence toute gracieuse faite compagnon d'armes, me voici arrivé au beneficium ou concession intéressée et lucrative, faite à un cultivateur, lontinuant à descendre l'échelle des bénéficiaires, nous s rencontrer d'autres concessions gratuites d'un genre bien *ent. Cette chaîne des bénéfices nous aura ainsi conduit extrême à l'autre.

i plus que jamais, si j'examine l'essence des choses, je ate que les extrêmes se touchent.

lérard, Cartul. de Sainl-Pèrê de Chartres^ t. II, p. 277. Voyex un fwéium m a sarcinis, dans Briockmeier, Glossarium diplomatie, t. !«', p. 796; un

batelier, dans Beyer, Urkundenbuch zur Geschichte Cobienz und Trier,

p. 161, note 4.

•ngnoD, Livre des vastaux, p. 165, n» 2229; p. 169, n^» 2275, 2276, 2217.

>d, Cartulaire de Saint-Père, t. II, p. 464, no 71.

fnne, Antiqux consU regni Anglise, Londini, 1672, p. 421.

pit. d'Anségise, liv. !•', art. 157, édit. Baluze, L I", col. 731, 732. GapH.

, art. 5, dans Pertz, Leges, t. \*', p. 350 ; dans Boretius et Kranse, Cap., L II,

Lex Visig,, X, i. De divisionibus et terris ad placitum datis, 11, apud Walter,

juris Germ,, t. !«', p. 618; apud Zeumer, Leges Visig., pp. 386, 387. Doco-

u 12 décembre 1372, dans Champollion-Figeac, Lettres de rois, reines et autres

lages, t. [I, pp. 184, 185.

LES FIBFS.

J'arrive, en effet, au dernier des possesseurs de fief, à ce fieffé (on disait au moyen âge fievé) ou feodatus^ qui, lui, n'esl plus autre chose qu'un pauvre misérable. On lui a constitué par pitié, promisericordia^, une petite rente. Je pourrais appeler ce fief le iief-aumône. Les comptes royaux nous fournissent, à ce sujet, de précieux renseignements : ils ont ouvert jusqu'à la fin de l'ancien régime un chapitre intitulé Fiefs et aumônes, consacré aux rentes de charité, de piété, de bienfaisance ^

Et maintenant, ai-je besoin de dire que le fief n'a en soi rien [6*M de noble, rien qui répugne à la roture? Les fiefs, d'ailleurs, peuvent être acquis, non seulement par des roturiers, mais même par des serfs*. Toutefois la première catégorie de fiefs dont j'ai parlé au début, diffère évidemment beaucoup de celle dont j'ai parlé en seconde ligne. Un guerrier reçoit une terre qui n'est chargée d'aucune redevance. Quant à lui, il est tenu plus strictement que jamais au service militaire : en cas de défaillance, il perdrait immédiatement son bénéfice ^ Voilà certes une position bien différente de celle du cultivateur qui reçoit une terre

1 Guérard, CarttUaire de Saini-Père de Chartres, t. II, pp. 384, 371. Cf. t. I*', •p. xxir.

2 Ord,y t. I«', p. 664, note. Charte de la commuDe de BeaumoDt, de 1223, dans Tealet, LayeUee du Tréior, t. Il, p. 21. A. de boislisle. Le budget et la population, de la France tout Philippe de Valois, Paris, 1875, p. 6. Isambert, Hecueil général, t. VI, p. 627. Vestige et instruction des finances, à la suite du Grand stille et prothO" colU de la chancellerie de France, Paria, 1532, fol. ccxlvii. Ord. de 1669, tit. 20, art. 2, 6t. Jacquetou, Documents relatifs à l'administration financière en France de Charles VIU à François i«^ Paris, 1891, pp. 210, 211. Décret des 12-23 octobre 1790» dans Galiaset, 1, 175. L'examen de quelques comptes rojauz maouscrita me porte à croire que, plus d'une fois, Teipression classique /U^ et aumosnes y a été remplacée par les mots Dons, Aumosnes. Les comptes de Tbôtel (1421-1422) (Archives nat., -KK 33, fol. 14 r» et 26 vo) contiennent des chapitres intitulés, l'un Dons, l'autre Aumosnes, qui me paraissent répondre au chapitre Fiez et aumosnes des comptes de Jeanne de Navarre (Archives nat., KK 3^, fol. 32 et 68 v»).

' Voyec ici : un acte d'affranchissement de l'an 1299 (Molinier, Etude sur Vadmin, de saint Louis et d'Alf, de Poitiers, Toulouse, p. 93, tirage à part extrait du t. VII de V Histoire de Languedoc); un autre acte d'affranchissement cité par M. Fournier, Revue hist., t. XXI, p. 18; enfin le jurisconsulte Col ombi cité par Tailliar, Notice de manuscrits concernant la législ, du moyen âge, p. 87.

^ Gapitttlaire de 805, art. 6, dans Boretius, Capitularia regum Francorum, t. !•', p. 123. Les obligations militaires des béné Aciers sont particulièrement rigoureuses : ▼oyez capit. de 807, art. l«r {ibid,, p. 134) ; capiL de 811, art. 5 (Pertz, Leget, t. !«', p. 173 ; Boretius, t. l«r, p. 167).

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