VIII PRÉFACE
aux progrès des autres peuples et à Timmense mouvement des Croisades. Elle manqua, pour ainsi dire, cette grande occasion de se rapprocher des autres nations chrétiennes et de mêler son sang avec le leur, en combattant pour une cause commune.
Les Catholiques espagnols, qui travaillaient par d'héroïques efforts à délivrer leur patrie, croyaient faire une œuvre aussi méritoire que ceux qui allaient au-delà des mers délivrer le tombeau de Jésus-Christ. Et pourtant, leur foi et leur piété, qui n'en étaient pas moins ferventes, semblaient moins désintéressées > par cela même qu'elles se mélangeaient dans une certaine mesure avec un patriotisme tout local et plus borné dans son obj^t que le sentiment chrétien des Croisés.
Quoi qu*il en soit, la décentralisation provinciale et la prépondérance aristocratique se produisirent en Espagne avec non moins de relief qu'en Allemagne et en France, mais avec des formes un peu différentes. Quand on voit cette phase de son histoire se développer tout aussi fortement qu'ailleurs, malgré la diversité des circonstances politiques, on n'en est que plus fortemeiSt amené à reconnaître une loi supérieure, à laquelle les peuples, aux mêmes époques relatives , obéissent toujours, à moins de rester stalionnaires sur la route de la civilisation.
Mais on insiste^ et on soutient que la prépondé-