PRÉFACE. IX
rance ecclésiastique, qui ailleurs a précédé la féodalité, lui a succédé en Espagne, puisque Tlnquisiiion y a régné depuis le xvi'' siècle jusqu'au xix%
Ici il faut bien distinguer la réalité de l'apparence. Cette prétendue prépondérance ne fut pas, comme au temps des Mérovingiens, de Gharlemagne et de ses successeurs, un effet en quelque sorte naturel de la supériorité intellectuelle et morale du sacerdoce sur les autres classes de la société. On ne l'obtint, pour ainsi dire , qu'artificiellement. On l'appuya sur des institutions créées à priori pour faire régner dans le royaume l'unité que les Chrétiens avaient préparée par la proscription des Juifs et la soumission des Mores. Aussi cette pseudo-théocratie ne tint pas réellement la tête de la société. Elle se surbordonna au pouvoir temporel qui la fit servir d'instrument à l'établisse^icjit d'une autorité despotique. Et ce qu'il y a de curieux, c'est que l'Inquisition, à ce point de vue, a presque trouvé grâce devant les historiens et les publicistes soi-disant libéraux de l'Espagne. Ces écrivains aiment tant la centralisation qu'ils savent gré, même aux bûchers du Saint-Office, d'avoir contribué à son triomphe.
La fausse théocratie du xvi'' siècle n'a donc été dans la péninsule qu'un moyen du pouvoir absolu, qui, à dater de cette époque, a tendu à prévaloir partout en Europe. Ailleurs , la royauté a cherché âes auxiliaires dans les corps judiciaires et dans le d.oit romain. Les monarques d'Espagne, sans