MARIAGE
Nous réunirons dans le même chapitre les actes de mariage et ce qui concerne le mariage lui-même.
Le mariage était considéré comme un sacrement. Le christianisme a toujours proclamé la sainteté et l'indissolubilité de l'union de deux existences qui se communiquent tout leur être suivant les belles expressions de Tertullien : rDmo in carne ^unn^j ubi et una caro, unus spiritus. »
Nul n'ignore la définition de la loi romaine : c^Le mariage «est l'union de l'homme el de la femme, le sort commun de ^ toute la vie, la communication du droit divin et du droit ^humain.» Cette définition, si justement admirée, est de Modestin, mais Modestin est venu après Tertullien.
Les formalités et les cérémonies qui ont précédé, acconi-
' Glanairps^ t. I, p. 11 3.
=* \Itillh. xu, 5.
LOIS CIVILKS. Ml
pagué el suivi cet acte important ont varié selon les temps et les lieux.
n ANC AILLES.
Les fiançailles, chez les peuples anciens, devançaient souvent le mariage. En Grèce, le jeune homme contractait des fiançailles en offrant à la future un présent, j^^s, d'où dérive le mot arrhes. Jadis en France le fiancé donnait aussi des arrhes nuptiales. Grégoire de Tours rapporte la réclamation d'un homme qui demandait au juge que la fille à laquelle il avait donné des arrhes lui fât livrée ou qu'elle lui payât i,fioo sous. Il est fait mention du même usage dans les Etablissements de saint Louia'.
Les fiançailles étaient fort usitées dans nos montagnes. Nous verrons plus loin jusqu'à quel point l'idée de la conservation de la maison était portée dans les familles. La fille héritière devait épouser un cadet; on consultait moins les goûts des jeunes gens que les convenances de fortune : aussi n'était* il pas rare de voir des parents disposer de leurs enfants et les fiancer en bas âge.
Cela est si vrai que la promesse même de fiançailles était constatée par acte public et devançait de plusieurs années cette cérémonie, qui précédait celle du mariage. On lit dans un contrat du 19 septembre i5â5, retenu à Argelès par Dominique de Furcata, que Jean de Pée Sala et Catherine de Vinhali promettent de se fiancer dans six ans et d'entendre la messe nuptiale dans le délai de onze ans : « Prometen se fer- «maran d'assi à sieys ans prumer bienente per palaure de (^ futur, et audiran missa nuptiau d'assi à unze ans.??
C CXSIV.
Aujourd'hui ic mariage civil passe dans nos campagnes en quelque sorte pour des fiançailles; c'est un simple préliminaire pour les époux, qui, pendant des mois entiers et même des années, ne se regardent que comme des fiancés , jusqu'au moment où le mariage religieux fait entrer la femme dans la maison conjugale.