‹ Histoire du droit dans les Pyrénées (comté de Bigorre)Chapitre 38 sur 142 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1. Domicile. Recttpi'e cempre. Entrade et geyxide. émigration. — II. Bâtardise.

m. Puissance paternelle.

DOMICILE. RBCVPRS CSMPBE, ENTRADB ET GEYXIDS, iHIGRATION.

La fëodalité avait donné au domicile un caractère particulier et n'accordait pas facilement la liberté d'en changer.

Le noble avait son domicile au chef-lieu de son fief. Le for de Béarn (.xix, lo) explique que l'exploit doit être porté à la maison noble, quoique le possesseur de cette maison en habite une autre. Celui qui a plusieurs manoirs nobles doit être assigné dans celui où il a sa résidence réelle.

Le bourgeois, comme nous l'avons vu, devenait voisin par l'accomplissement de certaines conditions.

(cLe serf a son domicile, disent les anciens auteurs, où il se « couche et où il se lève. ^

On n'était pas libre de changer de domicile sans l'autorisation du seigneur féodal. On ne pouvait entrer dans une seigneurie, ni en sortir, sans payer un tribut.

Le fils de celui qui tenait un casai du château ou du monastère ne pouvait, pour quelque cause que ce fût, s'éloigner du toit paternel sans payer une somme d'argent, fixée à l'arbitraire du seigneur et nommée droit de recupre cempre. Ce droit est ainsi défini dans le cartulaire de Saint-Savin : c^Si filius vel filia domini utilis seu possessoris casalis exeunt î^dictum casale perpétua quavis ratione vel causa... solvcre

LOIS CIVILKS. 157

tccerlam pecuniam ad libitum ipsius doinini abbatis, oi hoc '^deverium appellatur recupre cempre.7)

Les chartes locales citent souvent le droit d^entrade et de geyxide, ou droit d'entrée et de sortie. Ce droit était dû par celui qui entrait pour la première fois dans une maison de la seigneurie, ou qui la quittait pour toujours. Il était dû lorsqu'une fille se mariait hors de son village, ou qu'une étrangère épousait un homme du lieu; lorsqu'un étranger épousait une héritière, ou qu'un cadet allait se marier hors de la seigneurie.

Ceux qui allaient recevoir les ordres n'étaient pas dispensés de payer ce droit de geyxide, quoiqu'ils n'eussent abandonné leur seigneur que pour se consacrer à Dieu.

Lorsque la cessation des invasions et le rétablissement de la paix eurent rendu le secours d'une puissante épée moins nécessaire; lorsque les villes, en obtenant de nombreux privilèges, furent devenues un lieu d'asile et de liberté, les populations rurales, sur lesquelles le joug féodal pesait trop lourdement, auraient été tentées d'émigrer. Les ordonnances royales et les coutumes locales mirent obstacle à ces émigrations. En Bigorre, notamment dans le Lavedan, nul ne pouvait quitter une seigneurie pour aller s'établir ailleurs sans payer 3o sous morlàas par chaque homme ou femme désertant le pays natal.

Page 1