‹ Histoire du droit dans les Pyrénées (comté de Bigorre)Chapitre 41 sur 142 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

I. Des Bicn.«. Etat des lerros. Hotmettr, — IL Alleu. — ■ IIL Rénëfices. — IV. Terres tributaires. — V. Casai. — VI. Gapcasa). — VII. Terres nobles et terres roturières. Châteaux. ' — VIH. Liberté de la propriété. • — IX. Distinction des biens.

ues BIENS. — irkt des terres. — honnkcr.

L'égalité, au moyen âge, nVxistait pas plus pour les terres (]ue pour les personnes. L'état des personnes était si intimement lié à l'état des (erres qu*on ne saurait séparer l'étude de l'un de l'étude de l'autre. M. Guizol a dit avec raison que le régime féodal a été précisément le résultat de cette combinaison de l'état des personnes avec l'état des terres; que l'état des personnes a déterminé primitivement celui des propriétés territoriales; que l'état des terres est devenu le signe de l'état des personnes, et que, plus tard, les effets étant devenus des causes, l'état des personnes a été non-seulement indiqué, mais déterminé, entratné par l'état des terres.

Sans essayer de suivre, pour l'examen de ces questions, Montesquieu et M. Guizot sur les hauteurs d'où ils les ont envisagées, recherchons quelles sont les diverses sortes de propriétés dont les chartes de Bigorre font mention.

Honneur (honor). — On lit sur la plus ancienne monnaie de Béarn : Onoa Forças Moalacis '. Dans le vieux for de Béarn ^ le mot onor (honor) se retrouve. Les chartes de Bigorre reproduisent la même expression : (^ Dédit quidquid alodii et

' Voir mon Esxai tur la nmnUmaiitfue du Béarn, * Art. /io et (:o.

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t!^ honoris in Iseraco ^ 7> Dans une transaction passée entre Tabbë de Saint-Savin et le vicomte de Lavedan, ce dernier se plaint de voir sans cesse des hommes et des femmes de sa seigneurie s'enfuir dans Yhonneur de Saint-Savin, et de perdre plusieurs terres de sa juridiction, qui étaient tombées au pouvoir de l'abbaye : c^Quosdam naturaies suos viros et mulieres in honofxrem Beati Savini transfugisse, et quasdam terras sui juris in ccpredicti monasterii pervenisse potestatem '''. jj Le Livre vert de Bénac parle de l'affranchissement du lieu et honneur de Saint-Orens.

Que signifie le mot honor? Les auteurs et les titres du moyen âge l'emploient dans le sens de droits honorifiques, seigneurie, domaine, territoire, terre patrimoniale.

li ère Tmeier de tota la honor, (cll était le meilleur de toute la seigneurie, v

(Poème de Boéee. )

El rey de cui ie tenc m honor.

^ Le roi de qui je tiens ma terre, v

Honor dotal n os pot aliéner.

^ Fonds dotal ne se peut aliéner. y> *

Un grand nombre de feudistes ont traduit le mot lîonor par c( bénéfice. " M. Ghampionnière ' a très-bien démontré qu'ils ont commis une grave erreur, parce qu'ils ont, par suite de cette confusion, été conduits à appliquer aux bénéfices rhistoirc des honneurs et réciproquement. Le même auteur explique que les honneurs et les bénéfices sont deux choses distinctes. «cLes honneurs, dit-il^, avaient pour objet les tri-

* Cartulaire de SaitU-Pr , p. /io i .

* (laritilaire de Saini-Savin,

•^ l)e la propi'iétè dn eouranteë , p. 16».

* Ihid. p. i63.

-* buis, l'impôt et les accessoires. Les bénéfices consistaient dans ■cla concession du sol et des fruits : les uns se composaient , ^des cenêus,funciione9 puhllcœ; les autres avaient pour profit «les reditus. Les premiers sont devenus les justices, les se- ^ couds sont devenus des fiefs, n

Le château de Morlàas, capitale des j)reraicrs seigneurs de Béarn, se nommait Forças, la Hourqute, et leur domaine, rhonneur Je la Hourquie, Ce mot de Hourquie, Fourquie, vient évidemment du droit du seigneur d'avoir des fourches patibulaires sur ses terres. En Bigorre on nomme encore le jour du grand marché la hourqute.

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