PEINS DD TALION. VENGEANCE PBII1II8B CONTRE LES NOBLES
Nul n'ignore ce que l'on entend par la loi du talion. Moïse et plusieurs législateurs après lui ont voulu infliger une punition pareille à l'oflense ', œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied. Nous ne résumerons pas tout ce qui a été écrit de curieux sur ce sujet. Aristide avait dit avec raison : (f Est-ce bien d'imiter ce que l'on trouve mal et.que l'on «condamne chez les autres ?«
La peine du talion, accueillie avec faveur par les lois barbares , fut abolie en France ; mais n'en est-il pas resté quelques vestiges? L'homme qui tue est tué; l'article 36i de notre code pénal veut que le faux témoin qui a fait condamner un homme à une peine plus forte que celle des travaux forcés subisse la même peine. Voici sous ce rapport une disposition remarquable de la coutume des quatre vallées: c^Si l'accusé ^veut agir en justice contre son accusateur et se plaint de ce «qu'il lui a imputé le crime de trahison, on viendra devant «le juge. Si la trahison n'est pas prouvée, que ce dénonciateur «soit condamné à la peine du talion; si le cas est prouvé, que «t justice soit faite, n
Le droit de vengeance et de se faire justice à soi-même, en rendant le mal pour le mal, eut peine à disparaître des mœurs du moyen âge.
Le vieux for de Bigorre contient à ce sujet une disposition remarquable. Il ne dit pas que le paysan peut défendre sa per-
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sonne et sa famille contre le noble, mais il dit formellement que tout paysan a le droit d'attaquer le chevalier qui oserait brûler sa maison ou lui enlever ses bœufs : crNemo ruslicorum ccmilitem cûgnitum invadat, nisi domum ejus cremaverit aut «boves abstulerit. » (Article /i i .)
Des coutumes du Midi, notamment celle de Montpellier (c. xxu), accordent aux bourgeois le droit de vengeance contre les nobles : «potestatem et licentiam ulciscendi propria auc* (t toritate. t)
En Navarre le peuple revendiquait le droit de se faire luimême justice contre les abus d autorité de ses premiers magistrats.. Chaque province, nommée mer indad, était sous les ordres d'un mérin, merino, investi du double pouvoir d'arrêter les coupables et de les punir lui-même. Les habitants de Pampelune obtinrent le privilège de tuer eux-mêmes le mérin sans aucune forme de procès lorsqu'il abuserait de sa terrible autorité. Plusieurs fors d'Espagne sont connus sous le nom de Tortum per tartum, notamment celui de Tudèle , qui autorisait à rendre le mal pour le mal, cchacer mal por mal,» et à se faire justice soi-même, cctomandose la justicia por su mano ^.»
^ Voir \es archives de Pampelune et te Diccionario de ku atUigtudadêi de la Navarra, par D. José Yanguas.
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