PILLES DR MAUVAIS! VIE
En Béarn , les filles publiques étaient très-maltraitées. « A Olo- «ron, dit M. Dugenne^ on donnait la ca/e ntom/^e aux femmes «de mauvaise vie. Elles étaient enfermées dans une espèce «de cage qu'on plongeait à diverses reprises dans la rivière, «à l'aide d'une poulie rivée à l'un des parapets du pont Mar- «cadet. On y voyait encore, il y a quelques années, l'instru- « ment qui servait à ces immersions, n
Nous avons vu , pour ainsi dire, nous-méme, tous les jeunes gens d'une commune des Hautes-Pyrénées se réunir pour aller arracher de son lit une jeune fille, et la baigner dans l'eau du torrent, afin de la punir du scandale de sa conduite, et l'obliger par un tel aflront à s'éloigner du village. Les auteurs de ce fait étrange, mais à leurs yeu\ très-moral, n'avaient peut-être qu'obéi à une vieille tradition ; ils n'en furent pas moins punis avec raison par le tribunal correctionnel de Bagnères.
A Pau, la fille prostituée était publiquement expulsée de la ville, précédée du tambour et traînant une brouette que les enfants de la ville chargeaient de pierres.
' Panorama df Pau* p. 333.
En Bigorre, peu de règlements municipaux s'occupent des filles perdues. Le scandale public n'était toléré nulle part; le vice était obligé de se cacher.
Plusieurs délibérations du conseil de ville de Bagnères prononcent l'expulsion des femmes débauchées et leur défendent de rentrer, sous des peines sévères. Les délibérations sont souvent relatives à une personne déterminée. Ainsi, le 16 avril 1 6a8, la ville décida : c(Que la nommée Marigues et ses filles « seraient honteusement chassées à cause de Fescandale quelles ^ donnaient par leur vie licencieuse ^ n
Si, à Bagnères, les filles qui se conduisaient mal étaient punies, celles qui se conduisaient bien étaient récompensées. On appelait droit des filles pauvres et hotmétes une somme donnée pour dot à la jeune fille qui avait obtenu un certificat de bonne vie et mœurs, délivré par le conseil général de la ville. Les fonds provenaient d'une rente perpétuelle léguée, à cette intention, dans le testament, en date du 1 & novembre 1 566 , de Jean BégoUe, marchand de Bagnères, décédé à Toulouse.