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le magistral accompagné du pupille pour lequel il introduit une action. Ainsi, voyons-nous, dans un plaidoyer d'Isée, un nommé Aminiadès venir devant l'archonte avec un enfant de moins de trois ans pour y revendiquer, en qualité de tuteur testamentaire de cet enfant, l'héritage de .\icostrate '. Mais celte comparution de l'enfant, si elle est conforme aux usages, ne nous paraît point une condition de la recevabilité de la demande introduite par le tuteur.
Le pupille peut, en outre, assister à l'instruction, y./r/.y.z::,
et il peut être interrogé par le magistrat pour fournir les renseignements que celui-ci croit nécessaires à la découverte de la vérité. Ainsi dans le plaidoyer d'Isée sur l'héritage de Philoctémon, les pupilles d'Androclès, au nom de qui celui-ci réclame l'héritage litigieux, sont interrogés par l'adversaire sur le nom de leur mère et sur sa famille, et l'archonte leur ordonne de répondre 2.
La tutelle, par les droits qu'elle confère au tuteur relativement à la personne du pupille ainsi que par les obligations qu'ejle lui impose à cet éqard, offre donc une grande analogie avec la puissance paternelle. Une dernière ressemblance entre les deux institutions, c'est que le tuteur doit, comme le père de famille, donner son consentement à l'adoption de son pupille 3. C'est, du reste, le tuteur qui est chargé, si l'adoptant n'est pins en vie et ne peut le faire lui-même, t\i- l'aire inscrire l'adopté sur le registre de la phratrie et du dème de ^nii père adoptif. S'il s'agit d'une adoption entre-vifs, l'adoptant prend ordinairement l'adopté dans sa maison même avant l'accomplissement de ces formalités 4? et l'on
(i) Isée, De Nicoslr. her., § X : 'A[uvca8ï]ç 8è ufov «Ùtû rcpbç tôv 'ip/yi-.x njxev i'-;<Dv pùSè tpteTTJ yeyovoTa. (S. Schulthess, p. ii/j, note i.
(2) Isée, De Philect. her., S 12 : toO apyovToç xeXe-jovcoç àicoxpfvaaOou v.xzt. tbv -l'j-yyi. — Cf. Schulthess, p. r 15-1 16. L'assistance du pupille aux débats est encore attestée par cet autre passage du même plaidoyer, § 10 : lr.i:Zr{ SE itpoG8te(ie|iapTÛpY)xev >'•>; ulbv Etvat •;-n[i'.vi tovtov.
(3) V. supra, |>. go.
(41 Cf. Isée. DeApollod. her., § 15.
220 l'autorité dans la famille, tutelle des impubères
doit admettre que les pouvoirs du tuteur prennent, fin dès ce moment '. C'est également le tuteur qui, comme nous le verrons, doit avoir le soin de faire inscrire le mineur sur le A^'.apy./bv vpajj.y.a-sbv, quand son pupille a atteint l'âge de la majorité.
Le tuteur représente le pupille non seulement au point de vue civil, mais encore au point de vue religieux. Il importe que le culte domestique ne soit pas interrompu par le décès du père de famille et que le repos des mânes de celui-ci soit assuré par l'accomplissement des cérémonies funèbres annuelles. Le mineur étant considéré comme incapable d'y procéder lui-même, c'est au tuteur qu'incombe, jusqu'à la majorité de son pupille, l'obligation de les accomplir, ~x vop:Çà- |j.sva rcoteîv. La perspective de voir ce soin confié à un tuteur qui lui serait antipathique n'est même quelquefois pas étrangère aux dispositions prises par le testateur 2. A l'obligation d'accomplir -y. v3;j.tÇc[j.sva se rattache celle d'élever un monument funèbre à ce'ui dont on recueille la succession. Le tuteur doit, en conséquence, élever un monument de ce genre au père de son pupille >.
(i) Schulthess, p. 106.
(y) C'est ainsi que Cléonyme déshérite les fils de sa sœur parce qu'il ne veut pas que, s'il vient à mourir avant la majorité de ces enfants, Dinias, son beaufrère contre qui il était irrité, eût le droit d'administrer ses biens et de l'aire les cérémonies funèbres à son tombeau. Jsée, De Cteonym. lier., § 10. Cf. Schœmann, sur Isée, p. 182 et 222 ; Meier, Schœmann et Lipsius, p. 601 ; Hermannliluinner, p. 372; Schul'hess, p. 105.
(3) Ainsi dans le discours de Lysias contre Dionilon (§ 21), l'orateur prétend que Dioniton, son tuteur, après avoir élevé un monument qui avait coûté a5 mines à peine, a porté, dans son compte de tutelle, une dépense de r,o mines de ce chef, mais que, pour paraître généreux envers son pupille, il ne lui a réclamé que 25 mines, en simulant de payer le reste de la dépense avec ses propres deniers. Cf. Schulthess, p. 106 ; Lécrivain, lue. cit., p. 73o.
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