‹ Histoire du droit privé de la République athénienneChapitre 34 sur 47 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1° Causes de cessation de l'esclavage.

(a) Causes indépendantes de la volonté du maître. — L'esclavage peut prendre fin sans la volonté du maître ou par l'effet. d'une abdication volontaire de son droit de puissance. L'esclave peut d'abord acquérir la liberté sans la volonté du maître, soit de plein droit, soit en vertu d'une décision du peuple.

L'esclave qui est devenu tel par la captivité redevient libre de plein droit s'il reconquiert sa liberté par la fuite. Cette règle, que les Romains avaient admise pour leurs nationaux et également appliquée, par voie de réciprocité, à leurs prisonniers de guerre, était pareillement reçue dans le droit grec '. Dès lors, le citoyen athénienqui, après avoir été emmené en captivité, réussit à revenir dans la cité, rentre en possession de tous les droits dont l'avait privé la perte de sa liberté 2.

L'esclave peut, en second lieu, obtenir sa liberté contre la volonté de son maître par décision du peuple, en récompense des services qu'il a rendus à la république. A Athènes, l'Etat gratifia plusieurs fois de la liberté les esclaves qui

(i) Dion Chrysostome, XV, 26, p. 455 r : otav yip ito-z ôvvr(8c3(iiv Ixeïvot irafcv èeao^'jystw, ovSèv x«i>X4et IXeuGépouc zh»: xvtoÙ; <•'>; k&xcoc 8o«î.euovTaç. (2) Cf. Hermann-Thalheim, p. 3j.

468 EXTENSION DE LA FAMILLE. l'eSCLAVAGE

avaient combattu vaillamment dans l'armée ou dans la flotte. C'est ainsi que les esclaves qui avaient pris part à la bataille des Arginuses furent déclarés libres pour leur brillante conduite et obtinrent même le droit de cité, mais dans la mesure restreinte où il avait été accordé aux Platéens '. De même, après la bataille de Chéronée, la liberté fut promise aux esclaves qui s'associeraient à la défense du territoire 2. Pareillement, s'il faut en croire Pausanias 3, dont le témoignage a été, il est vrai, mis en doute, tous les esclaves d'Athènes auraient été, avant la bataille de Marathon, déclarés libres et incorporés dans l'armée 4. Ce n'est point, du reste, à Athènes seulement que l'Etat procédait ainsi avec les esclaves qui combattaient pour la république, et l'on trouve, dans plusieurs autres cités, des exemples d'affranchissements procédant de la môme cause 5.

C'était également l'usage, à Athènes, de donner la liberté aux esclaves qui avaient rendu service à la cité en dénonçant un crime capital °. Spécialement, un décret rendu pour

(i) Schol. in Aristoph. Ran. ,106: tou; n-jtj.]j.xyrl'jy.'j-oi.ç Iv 'Apyivo-jsa:; 6ouXo*J( è).cu6cpoC<T0at y.ai èyyasÉvra; o>; ID.xToueï; a,yu.7roXiTejea-8ai. Cf. Bruyn de Neve- Moll, De peregrin. ap. Athen. condit., p. 44 >* Bœckh, t. I, p. 3<>li.

(2) Dion Chrysostome, XV, 21, p. 45-3, r- -

(3) Pausanias, VII, 15, 7.

(4) Cf. Hermann-Thalheiin, p. 24, note 2, Bûchsenschùtz, p. 172, note 4 ; Caillemer, in Daremberg et Saglio, v° Apeleutkeroi.

(5) Ainsi, pendant le siège de leur ville par Alexandre le Grand, les Thèbains affranchirent leurs esclaves: Diodore de Sicile, XVII, 11, 2. De même, à Rhodes, un décret rendu en l'an 3o4 avant J.-C. décidait que l'Etat rachèterait à leurs maîtres les esclaves qui se conduiraient bien pendant la guerre, et que ces esclaves jouiraient du droit d- cité : Diodore de Sicile, XX, 84, 3. A Corinne, lors du siège de cette ville par Mummius, on affranchit une partie des

esclaves : Pausanias, VII, iG, 8. A Ephèse, en 85 avant J.-C, on promit la liberté aux esclaves lors de la déclaration de guerre à Mithridate : Dareste llaussoulier et Reinach, p. 24, S 6. Les Samiens, d'après Aristote (Suidas, v« — a[j/.a)v SrjjAoç) auraient, lors i\'- leur révolte contre les tyrans, accordé le droit de cité aux esclaves moyennant la somme de cinq statères.

(G) Lysias, Pro suer, o/., S iG; Pro sacril, Callicc, § 5. Cf. Platon, Leges, XJ, p. 914 a.

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