‹ Histoire du droit privé de la République athénienneChapitre 35 sur 47 · CESSATION DL [/ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

CESSATION DL [/ESCLAVAGE

réprimer les fraudes commerciales dont Athènes avait a souffrir, promettait la liberté à celui qui les dénoncerait s'il était esclave l.

Dans les différentes hypothèses où la liberté était ainsi conférée aux esclaves en récompense des services rendus à la cité, ou bien il s'agissait d'un esclave public, ou bien, c'était un esclave privé. Dans le premier cas, la cité n'avait qu'à renoncer à son droit de propriété sur l'esclave. Mais dans le second, elle ne pouvait, sans injustice, dépouiller le maître de sa propriété sans lui accorder une indemnité correspondant à la valeur le l'esclave 2.

(b). Causes dépendant de la volonté du maître. Affranchissement. — L'esclave peut, avec le consentement de son maître, acquérir la liberté à titre onéreux ou à titre gratuit, par rachat ou par affranchissement.

Rachat. — L'esclave peut racheter sa liberlé, soit avec les économies qu'il a réalisées et qui constituent son pécule, soit avec l'argent d'autrui. Cette perspective du rachat était un encouragement au travail, à la bonne conduite, et Aristote 3, bien que partisan de la nécessité de l'esclavage, dit que l'on doit toujours présenter aux esclaves la liberté comme le prix de leurs travaux. Le plaidoyer de Démosthène contre Nééra nous offre un exemple d'un semblable rachat. La courtisane Nééra rachète sa liberté de ses deux maîtres moyennant une somme de 1.000 drachmes payée comptant et de vingt autres mines qu'elle leur paiera plus tard 4. Le prix du rachat peut donc être payé soit en

(i) Kœhler, laser, attic, t. II, n° 540.

(2) Platon, Leges, XI, p. 914 a: ôoû/.oc... èXeOOepoç \>%h rîjç itoXcwç ôp6ô>c Y'.vvoit' otv àTiootSo-jTr,; iû osTTtoTïj tt,v tijav. Cf. Gilbert, t. I, p. ig3; Schœîuann-Galuski, t. I, p. 4oi; Caillemer, lue cit.; Becker, Chariclès, t. III, p. 4<-

(3) Arislote, Polit., VII, 9. Cf. Econom., I, 5.

(4) D'imosthène, C. Xi-ut., § 3o. Cf. Ross, Inscrip. inéd., I, p. i, n» 3 (de Mantinée) : riXeuôépwaav A'.<vj|j.r,v tr,v tSiav 6ovXy]v oo-ja-av xr,v 'jusp Éa-JTirjç T'.aifiv. Dion Chrysostome, XIV, 44o, r : ■,; SI Ttveç ty|v y.:j-C,n tijav xaTapspXTJxacn toI; ctanoxon; xai où S^tîo'j SoûXot eîaiv cJto'. x'Jtôv/. Cf. XV, 4 f , ■' î , r.

totalité immédiatement, soit par annuités, à certains termes convenus. C'est ce dernier parti que choisit Nééra, espérant gagner bientôt dans son métier l'argent nécessaire '.

Ce mode d'extinction de l'esclavage fait naître plusieurs difficultés. On peut d'abord se demander comment un semblable pacte de rachat peut valablement intervenir entre le maître et l'esclave et être obligatoire pour le maître, puisque l'esclave, n'ayant point de personnalité juridique, est incapable de figurer dans un contrat. Nous serions, en conséquence, porté à admettre ici l'intervention d'an tiers, jouant en quelque sorte le rôle d'assertor libertalis et stipulant au nom de l'esclave son rachat. Aussi voit-on, dans le cas de Nééra, que la courtisane, après s'être entendue avec ses maîtres sur le prix de sa rançon, fait venir un de ses anciens amants; elle lui remet l'argent qu'elle possède et cet amant traite avec les maîtres de Nééra du rachat de celle-ci 2. Dans l'affranchissement sous forme religieuse, c'est le dieu, acquéreur fictif, qui joue un rôle semblable à celui que nous attribuons ici au tiers 3.

Une autre question, plus délicate, est celle de savoir si le maître peut être contraint d'accepter le prix de rachat offert par l'esclave et de lui donner sa liberté, ou s'il doit consentir librement. Pour dire que l'esclave a le droit de forcer son maître au rachat, on a argumenté d'un passage de Plaute 4 qui, au premier abord, paraît favorable à celte opinion. On a également invoqué, dans le même sens, un texte de Dion Chrvsostome dans un discours sur la liberté. Le rhéteur, s'adressant à l'esclave, après lui avoir cité

(i) Cf. Diogène Laërce, V, 4i 72 : iV/^rpûo i)e*j8Ép&> m&aci ovtc ocçfr)u.i t« X'JTpa. V. Hermann-Thalheim, p, .'in, cote t. (2) Démosthène, C. Neœr., § .'h. Ci'. Hermann-Thalheim, p. 3o, note 2.

Page 1