‹ Histoire du droit romainChapitre 2 sur 58 · I. MONUMEirS · texte numérisé non relu

I. MONUMEirS

Nous puisons les matériaux de l'histoire du droit, çn partie dans les monumens , et en partie aussi dans les livres. Au nojpabre des monumens sont comprises les médailles et les inscriptions gravées sur la. pierre ou sur le métal. Parmi ces derni^es , celles qui ont été découvertes pendant le dix-huitième siècle juéritent surtout de fixer notre attention , parce que les historiens aitérieurs à cette époque n'ont pas pu en faire usage. Ici se rangent, avec bien plus de raison que VObligatio prœdiorum (tel est le véritable

li ' INTRODUCTION.

titre qu'elle porte ) , appelée ordinairement Tabula alimentaria^ les fragmens de deux plébiscites , dont Tun n'est désigné que d'après Tendrmt où il a été trouvé , Héraclée , dans le golfe de Tarente ( i ) , et dont Tautre roule sur le mode de procédure usité dans la Gaule cisalpine (2). Les extraits, assez communs, que les ^soldats se faisaient délivrer individuellement d'un acte qui donaait à beaucoup d'entre eux leur congé, le droit

de cité, etc. , sont de même fort importans, du moins quaiït à leur forme (3). On trouve aussi quelques renseignemens dans les Papiri diplomatici de JMarini (4).

(i) Cmiistisckes Magasin, tomu in, p. 34o. 388.-P-M. le. prôfeyeur MarezoU Ta expliquée dans un écrit publié en 1 8 1 6, [sous le titre de Fragmentum legis romance in aversd tabuiœ Heracleensis parte. Gœttingue , in-8*». ]

(a) Cinlisiisches Magazin , tom. H, p. 43i. 496.

(3) Par exemple , dans les Jntichitâ diErcolano^Bronzi, p. XXXIXetXLI. [Il y a une excellente dissertation de M. Haubold sur ce sujet, intitulée : Juris Romani testùnonia de miû" tum honestd nûssione quœ in tabuUsœneis supersuntillustrata, Léipsick , 1818 , m-^\]

(4) [Ouvrage publié sous ce titre : Ipapùi diplomatici rac^ colti ed illusiratidairabbate Gaetano MarinL Rome, i8o5 , in-fol. ]

IJJTBODUCTION.

a. lIYltBS.

La plupart des livres", et ^précisément les plus étendus , ceux qu'il importerait le plus de posséder pour l'histoire du droit , sont perdus, en totalité ou en'partie.ll n'en reste que des fragmens ou des extraits , et nous n'avons que ce. qu'on a pu s'en procurer «ftiprès des manuscrits dont le parchemin primitif avait seirvi ensuite à d'autres écritures; sourde précieuse, mais dont on n'a même commencé à tirer parti que dans ces derniers temps. Pour en donner un aperçu rapide, nous les diviserons ^n deux classes principales : l'une, comprenant les Muteui|j|^ appelés clas^siffûesj inais qui ne se sont point occupés dHine tnsàiière spéciale du droit romain; l'autre, ceux quîten ont fait leiïr objet principal. Ùû a déjà souvent re- « ' marqué, soit en thèse générale, soit pai? rapport au droit romain* en 'jiiittîculiêr, que • ^ les premiers parlent <jir dtôît avec assez peu d'exactitude (î>; ^^ . ^ ,

VJ I NTROOUCTIOjy.

( i) Bacon dit ( De Fontibus Juris , aph, 29 ) ; Versatur infeUçitas quœdam inter Jiistoricos vel optimas , ut legibus et actis judiciaîibus non satis immorentur ; €UAt si forte diligen^ tiam quamdam adhibueriat^ffiapten ab authenticis longé varient Jacquet (îodefroi s'exprime ainsi dans son Commen- * taine sur l^Code Théodosi^i ( Ad. c. i. Th.^ C. 8 , 16.) :.... Et

si cxemplum habemus illustre quàrh jejunè immo quant

fatsb sœpè veteres scripu^es minime juiisconsUiUi prindpum eonstitutianes memorent.

Écrivains grecsi - î

; Beaucoup d'éçrîvaiiiiSi de ^histoire romalixe ont fait p.6age:(le la languÇ: grecque dans letors ouii^irage^ , ie< ^n juriscoçsulte est fcyt à plaindre q-yiaud 8 âe trouve dans fe nécessité de s'en rapporter M^^ teaducteurs» Ij^uelqn^ documens se rencon4xf^nt; dans un recueil ;cjuidevaijt êtr^, pour les .bistp îiexia grées, à^ieUiîprès.ce que nos Pan* ^çttçs.^ont p^ujf .1§ jdrQÎt romain. Nous n'^r vows pas le;^ijïièBi«t(H^e dePoiybe, .qui çqrjait' préciSj^m^Ut It^ pi^us, précieux pouf nojms. B; fli^î*ni^^,4:qsle deDenjAs d'Halicarnasse que ce qu^-^çijiécj'ii^ain dit dgs temps ^ndens , c'est-à-dire , la partie dc: son tr*-

INTRODUCTION. Vlj

vail dans laquelle il fait le moins autorité. On trouve aussi plusieurs renseignemens dans Diodore de Sicile, Jusqu'à ces derniers temps, Appien a été accusé înjusteniient d'avoir copié son contemporain Plutarque, qui entre souvent dans de longs détails sur des choses dont il ne pouvait être informé que d'unç manière fort imparfaite. Il faut compléter Diojp Cassius par Xiphilin et même par Zonaras. Viennent ensuite les; notiojis qu'on puise daps Hérodien , Eusèbe et Zosime. Procope est l'auteur le plus injportant ppur l'histpire de Justinien; mais on peut presque voir en lui deux écrivains , trè$-différens même l'un de l'autre. Jean L^urentius de Lydie est une source peu féconde, dans laquellq il p'y a pas longtemps qu'on est à.portéç dé puiser de nouveau. Paeanîus , quelque insignifiant qu'il soit , ne doit p^^s non plus être tout-à-fait négligé j on peut au lUpins s'en servir pour une seule indication. Parmi les écrivains modernes , Suidas est celui .qui mérite sur-^ Çout d'être nommée .

VllJ INTRODUCTION.

§ VIL Classiques latins qui n^ étaient pas

jurisconsultes.

Les écrivains latins dont les ouvrages ont de l'importance pour nous ne sont pas seulement ceux qui nous ont transmis de véritables actes , catégorie dans laquelle se rangent Cicéron, sur lequel nous reviendrons plus amplement par la suite, avec ses commentateurs Asconîus et Bôëce, et surtout avec les fragmens de ses écrits découverts depuis peu par l'abbé Mai ; Plinèr le-Jeune, Fronton, découvert également par Tabbé Mai , et Symmaque ; ou ceux qui se sont attachés d'une manière spéciale à l'histoire , comme Salluste, Tite-Live et Florus , Valère-Maxime , Velleius Paterculus , Plîner Ancien (i) , Tacite, Suétone , Aulu-Gelle , les auteurs de YHistoria jiugusta , enfin , Ammien Marcellin et Eutrope. Quelques indications se rencontrent encore dans les écrivains sur la langue latine (^Scriptorès linguœ latinœ)\2) , et dans ceux qui ont traité du mesurage et du bornage des immeubles ( Scriptores Rei agrariœ ). Enfin

INTRODtrCTlON.-' ix

il est tout naturel qu'on trouve des renseî^ gnemens ëpars sur les mœurs des Romains dans tous les écrivains que ce peuple a fournis , principalement dans les poètes, qui d'ailleurs en ont presque toujours agi trop librement avec les ouvrages des Grecs; dans les maîtresd'ëloquence . tels que Sënèque et Quintilien , et dans les livres consacres à l'agriculture ( Scriptores Rei rustiae ).

(i) PHne-rAncien rapporte un fait qui intéresse Thistoire r du droit , quand il traite des espèces de bois , et un autre î lorsqu'il parle des anneaux.

(a) Ces écrivains sont : Varron , Festus y dont Touvrage était un extrait de Verrius Flaccus, qu*on abrégea lui-même depuis , qu'on disposa ensuite par ordre alphabétique y et )[|tt'on devrait encgre refondre entièrement , Noniui et Isidore.

s VIII. Écrivains latins qui étaient jurisconsultes.

Il nous reste de nombreux fragmens des jurisconsultes romains qui ont écrit ou compile, soit pour leur propre compte, soit au nom d'un empereur; mais ces fragmens sont renfermés dans des recueils qui font d'autant moins autorité aux yeux de l'historien, qu'ils sont plus volumineux : car ,

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