X INTRODUCTION
en les composant, on n'eut pas Tînténtion de conserver les matériaux de l'histoire du droit 5 pour laquelle on se sentait peu de goût à cette époque. Leurs auteurs n'eurent égard qu^à ce qui avait rapport aux besoins du moment, et ils^e se.firent aucun scrupule d'altérer les passages des anciens au profit de la circoBStance actuelle. On conçoit d'après, ce système, de quelle importance est la découverte récemment faite d'un écri* vain dont l'ouvrage place l'histoire du droit romain dans une situation où ne s'est encore trouvée aucune branche analogue des connaissances humaines , celle d'avoir à sa disposition une dés meilleures^ sources, qui n'avait pu être utilisée dans aucun des livrçs publiés jusqu'à ce jour. En effet, outre les fragmens d'Ulpien , nous possédons les Institutes de Gajus , qui ont , été . trouvées à Vérone, en 1816, par Niebuhr.}^reçonnues la même année par Savigny, et déchiffrées,
en 1 8 1 7 j par Gœschen, Bekker et Bethmanu. Ces Institutes, àpart'ce que nous en avions déjà de la seconde main^ sont in£niment plus riches que les meilleures sources dont
il nous ayaît été permis de disposer jusqu'à ce jour. Les deux pages d'un anonime sur les droits du Jisd sont aussi , proportion gardée , fort importantes. Le Code Théodosien , qui n'a primitivement d'autre défaut que celui de mprceler trop souvept une seule et même ordonnance en pUisieurç fragmens,tie nous est parvenu sans cjhiangement que dans les orize ^premiers livres , qui sont les moins împortans pour l'histoire du droit civil , et H^eaucôup de No vell^s qui s'y rapportent se trouvent dans le même cas, La maigre collection {la Collection des lois mosaïques et romaines) faite vraisemblablementpar un juif, et^elle qui a été rassemblée sous un roi pstrogoth ( le Br^iaire d'Ala-ric)^ ne peuyept servir qu'en cas d'omîssionsj mais 1©5 compilateurs détestables employés par Jusûmen ont ijiltéré tant de choses^ qu'un fait historique, fondé .uniquement sur un passage -du Çprpits juris ^ ne repQse, à proprpmejit parler , sur aucune preuve ( î)-
(i) Jacques Godefroic^U{-c.lS, Th. C 8}'i8) : £am nunc aliquis et Trïboniani fide hune vel illurn , hujus vel illiusjuris
Xlj INTRODUCTION.
S IX. Manière dont Vhistoire d4i Droit a été traitée chez les Romains.
Il est certain que les jurisconsultes des beau:^ temps de Rome ne s'occupaient pas, à beaucoup près, autant de l'histoire' du droit que rëloignement des, siècles et la distance despàysnous obligent dele faire aujourd'hui^ mais ils y consacraient bien plus d'attention que ne voùdfôient qu'on y employât main* tenant ceux dont le projet serait de borner les connaissances du jurisconsulte à celle dû droit qui est en vigueur de nos jours. Les uns écrivirent sur quelques - unes des sources , comme, par exemple, Gajus sur les Douze Tables.D'auues composèrent des traits particuliers , tels ,que celui qu'a donné Pomponius, dans son recueil d'opuscules diverses ( Enchiridioh ) ( i )• Quant à f histoire intérieure du droit , autant que nous en pouvons juger , on ne s'en occupait qu'încidentellement, à l'occasion de chaque matière qu'on traitait en particulier.
(i) UEnchùidion n'était pas consacré tont entier à lliis*
INTRODUCTION. XUJ
toire du droit Nous en avons la preuve non-seulement dans ce qu'Aulu-Gelle dit de ce nom en général y tnais encore dans d^autres fragmens de cet ouvrage de Pomponiusv, relatif à de» objets différens , et que nous possédons également.
§ X. Justinien.
Au milieu de la refonte complète de tous les écrits sur la jurisprudence romaine, qui eut lieu sous [Justinien , nous pouvons tirer parti, pour Thistoire extérieure du droit, des ordonnances rendues par ce prince, et relatives à l'usage et à l'emploi auxquels il destinait son recueil. Mais cette histoire y a été traitée à dessein dans de petits chapitres à part, savoir , dans la dernière partie du titre de Jure naturali Gentium et cmli, aux Institutes, ainsi que dans le titre des Pandectes dont là suscription annonce d'abord l'histoire de l'état et des sources du droit , puis l'origine de toutes les magistratures , et enfin la succession des jurisconsultes, matières qui ont été tirées toutes les trois des ouvrages du seul Pompo- \ nius ( i). Malgré tout ce qu'on a déjà dit sur ce fragment, et quoiqu'on ait abusé à un