CHAPITRE XVI
ld6eB de 'Wellington sur le goaTemement et les partis. ~ État des esprits en Europe aprfea 1815. — Ligne de conduite des BouTerains alliés. — Politiqae de Wellinglon à l'é^rd de la France. — Attentats sur sa personne. —Napoléon récompense l'un dee assassins.— Congrfes d'Aix-la-Chapelle. —George IV visite le champ de bataille de Waterloo.— Congrès de Vérone. — Wellington est envoyé à daint-Péteniboug pour régler les affaires de la Otèœ. — PartiotpBtlon du dnc à la politique intérieure de U Grande- Bretagne. —Sa répugnance pour les institutions démocratiques. — Décadence du torysme. — Politique de transition. — Wellington, devenu ministre, personnifie cette politique. — Avènement de Canning. — Wellington et six autres tor^s modérés se rotirent du cabinet. — Opposition dn dnc an nouveau ministère. — Démission de Canning. — Lord Ooderteta lai succède. — Faiblesse de cette administration. — Elle est obligée de se retirer après la bataille de Navarin. —Wellington nommé président du coneell. — A la suite d'un vote hostile, HusldsBon se retire et avec lui quatre antre canningistes.— Wellington remanie eon administration dans le sens tory modéré. — 11 présente et fait voter l'importante question de l'émancipation catholique. — Pftcheuse attitude qu'il prend dans la question de la réforme parlementaire. — Sa manièro de voir k l'égard de la Grèce, de la guerre civile du Portugal, des révolutions do Paris et de Bruxelles.— Impopularité momentanée de WelUngton. — Chute du mînistèrede lord Orey. — Avènement de lord Melbourne.- Sir Robert Peel eat chargé de former un nouveau cabinet. — Wellington fbltpartie de ce cabinet. — Mort de George IV.—Avénement de lareine Victoria. — Wel- JiDg'ton contribue à l'établissement du Ffte-lrade. — Fin du ministère
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Robert PeeL — AvËnement de John RusEell. — Lettre de Wellingtoa sur la défense de l'Angleterre. — émeute des cbartistes ; habiles dispoaitiona du duc. — Sa mort ; regrets universeU qu'elle inspire.
Après avoir esquissé à larges traits la vie militaire de Wellington, nous devons Jeter un coup d'œil sur sa vie politique et signaler brièvement les services qu'il a reodus comme homme d'État, de 1815 à 1852, époque de sa mort.
Dans cette seconde moitié de son existence, nous retrouverons encore, sinon la même supériorité, au moins les mêmes qualités solides, le même jugement, le même coup d'œil, la même énergie, le même dévouement aux intérêts du pays et de la couronne.
Si Wellington fut inférieur sous quelques rapports à ses illustres collègues du Parlement, il eut en revanche des avantages que nul d'eux ne posséda au même degré. Ses qualités et ses défauts tenaient en partie aux habitudes de sa vie antérieure : il avait été trop longtemps soldat pour avoir les scrupules et les faiblesses ordinaires aux hommes de parti ; mais il avait aussi trop longtemps vécu au milieu de gens façonnés aux idées d'ordre et de discipline pour posséder cette flexibilité d'esprit, ce charme de langage, celte séduction de caractère et celte fécondité de ressources qui captivent, entraînent les masses et donnent de l'influence dans les assemblées délibérantes.
Ses opinions et son caractère le portaient à la résistance. Pendant la première moitié de sa vie, il combattit Napoléon, le représentant de la révolution et de la conquête ; pendant la seconde moitié, il résista à l'esprit de réforme et à la démocratie personnifiés par d'illustres orateurs et des écrivains du premier mérite. Cependant, comme il était avant tout homme de bon sens et dévoué à son pays, il ne poussa jamais la résistance jusqu'aux dernières limites. Alors même qu'il se roidit le plus contre l'opinion publique, il ne fut
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jamais ni assez absolu, ni assez oppressif pour devenir un obstacle. Son système était de renoncer à une opinion dès qu'elle ne pouvait se manifester sans interrompre le cours des affaires, ou sans apporter quelque entrave à l'action du gouvernement. L'ordre pour lui était la loi suprême; les principes , les partis et les hommes ne venaient qu'en seconde ligne : « Si le monde, disait-il, était gouverné par des prin- « cipes, rien ne serait plus aisé que de conduire les grandes « aflàdres ; mais en toute circonstance, le devoir d'un homme « sage est de choisir la moindre des difficultés qui l'entou- « rent. » Ce fut également la théorie de Robert Peel , avec lequel Wellington eut, comme politique, une grande conformité de vues et de sentiments.
Quoique appartenant à la classe privilégiée, ces deux hommes d'État ont porté des coups mortels aux privilèges, et quoique d'un caractère très-arrèté, ils n'ont jamais hésité à suivre leurs antagonistes, quand les événements avaient modifié leur opinion ou rendu nécessaire le sacrifice de leur personnalité. Battus sur une question de principe, ils acceptaient de bonne grâce le fait accompli.. On peut dire qu'ils défendaient leurs idées comqie on défend une place, aussi longtemps qu'on y peut tenir convenablement.
Wellington apportait dans l'exercice de ses devoirs politiques une résignation toute militaire. 11 acceptait un portefeuille comme s'il se fût agi d'un commandement : c'était dans toute la force du terme un brave et loyal serviteur; il n'eut même jamais d'autre ambition que de mériter ce titre.
Bien qu'il appartînt à l'école politique de 1807, le duc se montra plus libéral que la plupart des hommes d'État qui personnifient cette école. Sa politique marque en quelque sorte la transition entre le système déchu, qui avait toutes ses sympathies, et l'école moderne, dont il n'accepta les idées que lorsque les circonstances l'exigèrent impérieusement.
Dans la guerre qui venait de finir, la légitimité avait
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vaincu la révulutioo; mais les principes de celle-ci étaient restés debout. Le dernier coup de canon avait à peine retenti, ' que les idées libérales surgirent avec plus de force et d'easemble que jamais. Wellington avait trop de prudence et de sagacité pour mécoaoaitre la portée de ce fait. Aussi, malgré les tendances ultra-réactionnaires de certains représentants de l'absolutisme vainqueur, il fit de louables efforts pour donner satisfaction à qpelques-uns des besoins de l'époque. Il soutint notamment que les Etats européens devaient profiter de la paix « pour réduire leurs forces militaires excessivement K accrues, et pour améliorer la condition des peuples en K donnant plus de soins aux aflaires intérieures (i). »
Le duc contribua par cette sage conduite à maintenir quelque temps les souverains alliés dans la voie libérale où ils étaient entrés en 1815; mais à mesure que le besoin de popularité se fît moins sentir, ces souverains revinrent à leur ancienne politique, sott par la force de l'habitude, aoit par l'influence des classes privilégiées, soit encore par la crainte du débordement des passions anarchiques.
On a vu que si les vainqueurs de 1815 ne donnèrent pas suite à leur projet de démembrement de la France, ce fut en grande partie parce que Wellington soutint et fît prévaloir dans les conseils des alliés ce principe, d'une vérité frappante tant de fois confirmée d^uis, « que le repos de l'Eu- « rope tirat essentiellement à la tranquillité du peuple frana çais. »
Cette conduite intelligente et libérale ne fut pas appréciée en France comme elle méritait de l'être. L'amour-propre national, étoiuffant le sentiment de la reconnaissance, poursuivit d'injures et de railleries le seul homme peut-être de la coali-
ll)Mtmalr oftkc auktef ITtUInftmi, publM [xr le Tlmtt, p. M- Jaiqn'li: rtulenrdecamCiiiDlre. LejoarnaileJ^n, diniMDD'du IVrCTrier IHI.ai o'ut lIllBMra ■■ciHli]'.
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sioo qui se soit montré calme et modéré, avant comme i^rès la victoire. Pendant son séjour à Paris, Wellington fut deux fois en butte à des tentatives d'assassinat. En juin 1816, te duc avait réuni à TËlysée-Bourbon un grand nombre de personqages distingués. Pendant le dîner, le v«let d'un des convives aperçut de la fumée sortant des caves. VériGcation faite, on trouva une mèche allumée près d'un baril de poudre et de plusieurs tonneaux d'buile.
La secondé tentative eut Heu le il février 1818. Un ancien sous-olficier, nommé Cantillon, déchargea un pistolet sur le due, au moment où il rentrait chez lui en voiture. Le coup ne porta point, et l'assassin trouva moyen de s'enfuir. Cta parvint cependant à l'arrêter quelque temps après ; mais traduit &a justice, il fut acquitté malgré les charges les plus accablantes.
C'est à raison de cette tentative que Napoléon fit, par codicille, un legs de 10,000 francs à Cantillon (i)..-. Jamais peut-être la majesté impériale du prisonnier de Sainte-Hélène ne tomba si bas que dans cette circonstance. Qu'avait donc fait le duc de Wellington à Bonaparte pour que celui-ci récompensât une mauvaise action?
Il t'avait combattu loyalement, et, après la victoire, il s'était opposé à ce que Btûcher tirât une éclatante vengeance de la mort du duc d'Enghien. L'empereur sans doute ignorait ce fait, et sans doute encore se croyait autorisé à rendre Wel-
(II caudlcHIanlilnMcaacu:
• il Itfuo (0,000 fmci «n uaf-oIBcler CinlIUon qui ■ cHujrt uq procii coinnc prévenu d^T*lr TDDln iiUMlDCr lord Willloiton, ce dont II « étt itciné lonocent. CinllHon *v*ll aatint de driilL d'iuuilner eut ollEirque , qui cdul-cl de n'aniorer plrlr inr le rocbar de Mlnte-lCItne. WelUnttan, qui a propMC cet illenlut (c'cit UD« erreur, comme neai le verront plut loin), chercbill 1 le JuillOer |>ar l'InUrit de 1> Grand e-BreUgne. CuiUllon,al tr«lBwnt II tttl iHMUiot Wellington, le lertlt couTerLetitinJt éit JiutlDl par lei mime* nwlUi : linUrJI de lalrtnce de ■« iKfiIre d'un fénlftl qui, d*alllsuTt, mit *Wé la cepltalatlen derarli, etpar la l'étaU rendu reaponaable du aani du nurtinMefi LabMojtre et du crime d'avoir ddponilii lei muiCei, contre le t«it« dea tr*it4a. ■
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lingtoD responsable des maux qu'il endurait à Sainte-Hélène. Hais cette double supposition fût-elle vraie, Napoléon n'en serait pas moins coupable, lui si grand, si majestueusement foudroyé par la fortune, d'avoir récompensé une tentative d'assassinat. . . L'histoire cesserait d'être du bon sens et de la morale, si de pareilles actions pouvaient être excusées !
En septembre 1818, Wellington fut chargé avec Castlereagb de représenter l'Angleterre au congrès d'Aix-la-Chapelle.
La seule question importante à examiner dans ce congrès fut de savoir k s'il convenait de mettre un terme à l'occupation du territoire français. » Le traité de Paris avait fixé à cinq ans la durée possible de cette occupation ; or, la Russie exceptée, toutes les puissances alliées paraissaient vouloir s'en tenir à l'observation rigoureuse de celte clause. Au Parlement, lord Stanhope avait dit que ce serait un acte de folie que d'évacuer la France, et lord Castlereagh, dans sa réponse, s'était montré plein de ménagements pour l'orateur. Parmi les Français un grand nombre de royalistes désiraient la présence des étrangers pour raffermir le trône légitime. Le coup de pistolet tiré sur Wellington, au moment même où il allait témoigner au congrès de l'état d'ordre et de paix oii se trouvait la France, servit de prétexte à cette fraction de légitimistes ardents, qui n'avaient d'ailleurs pour eux ni te roi ni le ministère (i).
Le duc, néanmoins, se plaçant au-dessus de ces considérations, demanda l'évacuation immédiate du territoire avec une
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persistance d'autant plus honorable qu'il touchait, en 5a qualité de commandant des eorps d'occupation, un traitement fort élevé (1). Son opinion prévalut, et, malgré les sinistres prédictions de plusieurs de ses collègues, il eut le bonheur de constater qu'il ne s'était point mépris sur le caractère de ta nation française.
En 1821, peu de temps après son couronnement, George IV Iraversa la Belgique en revenant de Hanovre; il voulut voir 's champ de bataille de Waterloo. Sa Majesté se Bt expliquer par le duc de Wellington toutes les opérations de cette mé- ■xorabte journée, et parut vivement touchée de les apprendre oe la bouche même de celui qui les avait dirigées avec tant lie Succès.
(-•'année suivante, le duc représenta de nouveau l'Angleterre sti congrès de Vérone. Lord Londonderry, mort depuis peu, S'hait été remplacé au foreing-office par Canning. Ce furent donc les idées de ce dernier que le duc se chargea de faire Prévaloir.
Le but ostensible du congrès était de mettre un terme à l'occupation de Naples et du Piémont par les Autrichiens; /"^'s en réalité, des questions plus graves et pins délicates ''Paient être débattues dans cette assemblée.
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— io —
Le cabinet des Tuileries avait donné ordre à son ambassadeur de demander catégoriquement aux représentants des puissances alliées si leurs gouvernements appuieraient l'intervention armée de la France en Espagne , dans le cas oii l'intérêt de sa défense et de sa dignité rendrait cette inlerr venlion nécessaire.
La Prusse et l'Autriche promirent leur appui moral, la Russie promit à la fois son appui moral et matériel; l'Angleterre seule protesta : « L'expérience a démontré, dit le duc « de Wellington, que, pendant les révolutions, l'opinion pu- « bliqne est influencée par des intérêts de parti et de fac- « tion; et ce qui répugne alors le plus au sentiment généra), « c'est l'intervention formelle et organisée d'une puissance « étrangère. Du reste, te fait d'une pareille intervention est « d'affaiblir et de mettre en danger le parti même en faveur u duquel on agit (i). u En conséquence, le duc refusa, au nom de son gouvernement, de s'associer aux démarches des trois autres puissances, qui se bornèrent en définitive à censurer, dans des lettres adressées à leurs représentants à Madrid (2), la conduite des libéraux espagnols et à faire entrevoir à ceux-ci la possibilité d'une guerre avec la France, s'ils ne mettaient le roi en liberté et s'ils ne modifiaient les institutions fondamentales.
En dépit de ces hésitations et de ces atlermoiements , le gouvernement de Louis XVIII, entraîné par Cbàteaubriant, tenait à faire l'expédition « pour replacer la France au rang a des puissances militaires et réhabiliter la cocarde Uanche « dans uneguerre courte et presque sans danger, vers laqueUe « poussait l'opinion des royalistes et de l'armée (3). »
La cour, d'un autre côté, se montrait enthousiaste du'
(Il Contrat d« ytTon», (I) t.fffrM ëcrllci cp [1} ConsHt 4* rétvnt, 1. 1,
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projet de rétablir un Bourbon par les armes d'un autre Bourbon, et de détruire du même coup un foyer de jacobinisme aux portée de U France.
La conduite des partisans de Mina et les trames bonapartistes ourdies au delà des Pyrénées fournirent un prétexte pour décider rentrée en campagne. En prenant cette résolution, le gouvernement de Louis XVIII assuma une grande responsabilité, car la question de l'intervention armée n'avait pas été nettement résolue au congrès. Les plénipotentiaires, en effet, s'étaient bornés à déclarer qu'on laisserait à la France le soin d'agir comme elle le jugerait utile, étant plus qu'aucune autre puissance intéressée à obtenir une bonne solution. Jaloux de profiter de cette latitude, le gouvernement jeta une armée au delà des Pyrénées, lorsqu'on le croyait encore au milieu de ses préparatifs.
Cette intervention violente d'une puissance étrangère dans les démêlés de Ferdinand et de son peuple, souleva la juste indignation des libéraux anglais. Ils savaient que les ins^c- 'lons de Canning n'avaient point autorisé le plénipotentiaire de la Grande-Bretagne à user de menace envers la nation espa- ^o)e; d'un autre côté, ils se défiaient de l'opinion personnelle ''U duc, qui passait pour être peu favorable à la politique li- ■^rale du ministre des affaires étrangères. Il n'en fallut pas "avantage pour que Wellington fût accusé d'avoir trompé le *^iQet et favorisé, par son attitude, les prétentions absolutistes des autres puissances.
L« duc ne pouvait rester indifférent à ces accusations. " 9e disculpa à la tribune des lords, en prouvant qu'il B était littéralement conformé aux instructions du gouvernement (i), et qu'il avait même usé de toute son influence
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pourdétoumerde l'Espagne une intervention à main arinée{i). L'effet de ce discours fut très-heureux , car il força l'opposition à mettre le duc et le ministère hors de cause.
Les hommes d'Ëtat qui ont siégé avec Wellington dans les conférences auxquelles donna lieu la reconstitution de l'Europe, après 1815, sont d'accord que le duc, sans être un orateur brillant, exerça dans ces réunions une grande influence par la sagacité de ses vues, la prudence de ses conseils et la sûreté de son jugement.
Ces qualités, Wellington les manifesta plus encore dans la seconde moitié de sa vie politique, lorsque, sur les instances du roi, il fut obligé de prendre une part directe à l'administration de la Grande-Bretagne.
Mais avant de suivre le duc dans cette voie nouvelle, nous rappellerons encore une circonstance où II fut appelé à rendre des services à l'étranger.
C'était en 1826, au moment oii la question de la Grèce fesait surgir de grandes difficultés politiques. Canning, redoutant une solution contraire aux intérêts de son pays, jugea utile d'envoyer une ambassade à Saint-Pétersbourg, pour déterminer le czar à prendre de commun accord avec
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l'Angleterre el les autres États les arrangements nécessités par la fin de la guerre des Grecs. Il confia cette délicate mission au duc de Wellington, qui, par ses services éminents et sa position personnelle, était, plus que tout autre homme d'État, certain de recevoir un accueil empressé à la cour de Russie. Nicolas, monté depuis peu sur le trône, se montra en effet plein d'égards et de prévenances envers le vieux champion de la légitimité. Il lui exprima, dans une lettre autographe, toute son admiration pour ses éclatants services et ses hautes qualités ; il l'informa, en outre, que le régiment d'infanterie de Smolensko, formé par Pierre le Grand (un des meilleurs de l'armée) porterait dorénavant te titre de Tégiment du duc de Wellington. Ces marques de satisfaction étaient -d'un bon augure pour l'ambassade; elle obtint tout le suc(^ qu'on pouvait en attendre.
Wellington consacra une grande partie de son existence à défendre les principes de liberté et les droits des peuples foulés aux pieds par Napoléon; cependant il ne fut point, dans l'acception ordinaire du mot , un politique libéral. Son éducation première, sa longue habitude du commandement et de la discipline, qui naturellement éloignent des idées de liberté et d'égalité; ses relations avec les chefs du parti conservateur ; enfin, le souvenir des folies et des excès qu'il avait vu commettre en Espagne au nom des idées libérales, le rendirent peu favorable aux institutions démocratiques, n détestait surtout les ambitieux qui cherchent à s'élever en flattant les masses et qui, au besoin, ne craignent pas de se mettre en révolte contre la loi pour atteindre leur
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but. Tout ce qui avait l'apparenre du désordre ou de l'indisctpline trouvait en lui un ennemi implacable. Aussi, le peuple anglais, témoin de son énei^e dans les émeutes, lui donnat-il de bonne heure le surnom de duc de fer [iron duke).
Bien que par principe, par caractère et par expénence, Wellingt<m fût enclin à soutenir les gouvernements forts et les monarchies légitimes, il comprenait cependant que l'ordre et la paix ne sont véritablement assurés que lorsque les vœux des peuples sont satisfaits. C'est ce qui le porta à défendre dans mainte circonstance la cause de la liberté, non pour la liberté elle-même, mais pour le bien qui en devait résulter; par calcul plutôt que par sympathie.
Le moment était venu où le torysme pur, qui pendant six années avait dirigé les affaires du pays, sous la ferme impulsion de tord Liverpool, allait céder la place h une politique moins roide et moins absolue.
Ce parti avait noblement accompli sa mission; les succès inespérés qu'il obtint rappelleront toujours une des plus grandes époques de l'histoire d'Angleterre. Il tomba uniquement parce qu'il n'avait plus de raison d'être, et qu'en politique ce qui est inutile presque toujours est dangereux. Au surplus, les hommes qui avaient personnifié ce parti étaient ou morts, ou sur le point de quitter la scène.
Lord Londondcrry avait mis fin à ses jours, lord Sîdmouth l'avait suivi de près dans la tombe, lord Eldon était sur le déclin, et lord Liverpool avait besoin de repos. Avec ces noms illustres devait disparaître la politique depuis si longtemps attaquée par les whigs, et dont la ruine prochaine excitait toute leur convoitise.
Le libéralisme avait alors pour chef Canning, et la réforme, Huskisson, le père du free-trade.
Canning, fils d'un avocat et d'une mère ayant épousé en secondes noces un acteur de province, avait aux yeux de l'aristocratie le tort d'être un pm-t'ena. Bien qu'il fût à cette
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êpoqne l'orateur le plus populaire dp la Chambre des Communes, son libéralisme ne datait pas de fort loin. En 1808, il s'était opposé aux justes prétentions des catholiques, dont il devint plus tard l'éloquent défenseur. Il ne fut même jamais un libéral dans l'acception moderne du mot; ainsi jusqu'à sa mort, il combattit la réforme parlementaire, le rapport des actes du Test et des corporations. Il appartenait dofic à une nuance politique intermédiaire entre les tories et les Whigs actuels.
Désigné par ses rares talents et sa popularité croissante au choix de lord Liverpool, Canning obtint, en 189S, la succession de lord Castlereagh, qui avait mis fm à ses jours en se coupant la gorge. Le duc de Wellington fut le principal auteur de ce petit coup d'Ëtat ministériel. Le torysme protestant, se livra à toutes sortes de manœuvres pour interdire l'accès du pouvoir à celui qui, depuis 1812, s'était fait l'avocat des prétentions catholiques. George IV n'était pas moins hostile à ce candidat, à cause du rôle qu'il avait joué dans le procès de la reine Caroline. « Lord Liverpool, jugeant que le cabinet ne pourrait se passer du talent et de TmAlience de l'ilhistre orateur, s'était efforcé, mais en vain, de le faire agréer au monarque. « Je m'en charge, » dit le duc de Wellington, accoutumé à traiter George IV avec un respect inflexible et rude, auquel le roi intimidé finissait toujours par céder. Il céda en effet, et Canning entra dans le cabinet imposé aux torys par la nécessité, et au roi par le chef des tories au nom de la nécessité (i). »
Admis dans de pareilles conditions, le nouveau ministre libéral dut rencontrer nécessairement de grands obstacles, et subir même de fréquentes humiliations. Suspect à ses collègues, qui n'eurent jamais pour lui qu'une froide défé-
(I) B. anizoT. sfr aoitri Ptti.
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rence, et mal vu par le roi, qui se vengeail de l'avoir subi en le tenant éloigné de sa cour et en le recevant le plus rarement possible, Canoing se trouva à son début dans un isolement qui donna peu d'espoir au parti dont il était le représentant. Le duc de Wellington lui-même, quoique ayant travaillé à son élévation , ne lui témoigna qu'une estime et une con6ance très-limitées. Cette situation exerça une influence fâcheuse ' sur le caractère et la santé de Canning, qui bientôt subirent une altération profonde.
Deux grandes questions : la réforme parlementaire et l'émancipation des catholiques, divisaient à celte époque te Parlement et le peuple anglais. La première ne réclamait pas de solution immédiate, mais U seconde était arrivée à maturité complète.
L'émancipation élait pendante depuis le commencement du siècle. Soumise au Parlement en 4808, elle avait été repoussée par une majorité imposante. Depuis, elle s'était représentée sous diverses formes, toujours sans succès, mais plus fortement soutenue à chaque épreuve. Encouragés par ce résultat et voulant précipiter la solution, les Irlandais se livrèrent, en .1819, à des manifestations inquiétantes. Une agitation générale s'ensuivit, d'abord contenue, mais bientôt si violente qu'elle menaça de troubler sérieusement l'ordre et la paix intérieure. La politique répressive du cabinet Liverpool, l'immense besoin de réformes qui tourmentait le peuple , l'impopularité de George IV, sa préférence marquée pour les tories, son caractère égoïste et morose, enfin les désordres de sa vie misanthropique et retirée, contribuèrent singulièrement au progrès de cette agitation. Elle atteignit enfin aux dernières limites qui séparent l'agitation de la révolte (t). Séduit par d'habiles discours, le peuple méconnut ouvertement l'autorité
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des lois et formula les propositions les plus extravagantes. Des complots firent même tramés contre la vie des ministre» 0).
Le gouvernement, provoqué si ouvertement, dut recourir à des mesures extrêmes. Il dispersa les meetings par la force des armes et fit pendre tes émeutiers à côté des voleurs de grand chemin (a).
Le duc de Wellington, en sa qualité de commandant général de l'artillerie, avait droit de siéger dans les conseils de cabinet ; il se prononça en faveur de la résislance avec une énei^e et dans des termes qui blessèrent profondément les chefs de l'opposition. On l'accusa ouvertement de fouler aux pieds les libertés anglaises et de travailler à l'établissement d'une monarchie militaire. Ses services antérieurs, loin de le mettre à l'abri de pareils soupçons, furent un titre de plus i l'exécration des agitateurs, qui ne voyaient dans l'armée qu'un instrument la tyrannie, et dans la gloire des armes qu'un éclat fugitif, propre seulement à éblouir les peuples.
Les élections qui suivirent la dissolution du Parlement, en 1826, eurent lieu sous l'influence exclusive de la question de l'émancipation catholique. Adversaires ou partisans de la mesure, tous s'y portèrent comme à une lutte décisive. Dans les attaques dont les Irlandais et le clergé catholique furent l'objet, l'insulte se mêla à la violence : sir John Copley, depuis lord Lyndhurst, appela les prêtres : Des étrangers de langage, de religion et de race; et le Times, moins réservé, leur appliqua l'épithite de bandits en sttrpUs (s).
(1) An MBnMMDMDt d« ISW, an dtoniTTlt nue «snapIriUon dont tt cbM «UH ThUUemod. u pbn dei ca»iplnt«nrai!t>lt d'uuiilner le* mlnUIrei pendant un dtner ehei le (wnic ■invwb]', d'Incendier U cueroe de ciTileiie , de Mateier le peuple et de prendre cnnlte 1* Banque et it Tour, ce nlia (u t diTulpie pir un dei conjordi. Le cbeT luWI le peine ripjiiie et veiconplioet Turent Iriniportfi.
(1| IB ISIB, e ■■ncaetler, UU buuirdi dltperttrenl, t coup! de ubre.un meollDi de M.HHhpniiwe. Ilfeutclnq bommei Inei et huncoup ds Ueiset.
Il) H. 6IJIUIT. Sir Kaberl Prrl.
NéaDmoins les catholiques gagnaient du terrain. Leur cause provoqua dan& certaines régions un mouvement de sympathie dont la cour fut alarmée. Le duc d'York, très-malade, écrivit au roi pour le conjurer de résister au torrent et de nommer un cabinet exclusivement attaché à la religion protestante. Lord Liverpool et le duc de Wellington, à qui le roi communiqua la lettre de son frère, ne sç laissèrent point influencer, et, tout en se montrant résolus à combaUre l'émancipation, ils remirent à leur tour au roi un mémoire pour le détourner de tout cahinet exclusif et de tout engageaient irrévocable (i).
Au commencement de 1827,lordLiveq>ool,le dernier chef du vieux parti tory, perdit tout à coup l'usage de ses facultés ; après quelques semaines d'attente, il fallut lui chercher un successeur.
Le cabinet, à cette époque, se composait de libéraux et de partisans de l'ancien régime. Les premiers avaient pour repré sentants Canning et Peel (a).
Ganning, soutenu par la faveur du peuple, semblait désigné comme chef de la nouvelle administration ; mais sa politique était vivement combattue par les ultra-conservateurs et par les cours étrangères, qui voyaient avec inquiétude l'espèce de révolution qui s'opérait dans l'esprit public en Angleterre.
On tâtonna pendant six semaines. Les tories auraient voulu que 1« duc de Wellington succédât a lord Liverpool ; mais les habitudes constitutionnelles s'opposaient à ce que le commandant en chef de l'armée devint premier ministre.
u Enfin, le roi appela séparément pour les consulter )e duc de Wellington, H. Peel et M. Canning. Au fond, il dé-
■ cette dpoque.i, reeidtclirie lard UTerpaol, ■ n***" ' ~,le, et ^11 lal offrait tfe m rellnr, I* «teodiie, Il qeetllDR ekt tlt f4sI«*. • lu d<p>rlcDieat de l'inierleor, en ISU.
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testait Wellingtoa comme on déteste un homme de qui ob se seul méprisé et avec qui l'on est forcé de compter. M. Peel, qu'il estimait, lui plaisait peu ; il le trouvait dépourvu des manières de la cour. Canniug avait beaucoup gagné dans sa faveur. Aucun des trois ne tira le roi d'embarras. On proposa de laisser les ministres choisir eux-mêmes, et entre eux, leur chef, comme cela s'était pratiqué ou à peu près pour lord Liverpool ; mais George IV ne goûta point cet expédient ; Canning et Peel n'en voulurent pas davantage. Forcé de se prononcer, le roi se résolut enfin à suivre l'impulsion du puhhc, et chargea M. Canning de reconstituer le cabinet (i). »
Bien que Wellington n'éprouvât aucune sympathie ni pour les idées ni pour la personne de Canning, par patriolisme, il s'était rangé dans le cabinet du côté des libéraux, "optant comme une nécessité la réforme du système commercial et l'émancipation des catholiques.
Toutefois, il ne crut pas qu'il fût nécessaire de proposer ces deux mesures immédiatement. Sir ItobertPeel, lordBathurst, lord Eldon et plusieurs autres ministres exprimèrent la même opinion. Sur ce point, il y eut sùssion complète entre eux et leurs collègues libéraux, qui voulaient aborder tout de suite la discussion des réformes. Le cabinet cepen- ^ni ne subit aucune modification , jusqu'au moment où ^«eorge IV donna à Canning la succession de lord Liverpool. ■^foissés de cette préférence accordée au chef de la minorité, ^e duc de Wellington, le chancelier lord Eldon, tes lords Ba- ^urst, Westmoreland, Melville et M. Peel donnèrent leur 'lémission. Parmi les tories, lord Bexiey seul consentit à.res- ^, sur les vives instances de Canning (s).
Le duc de Wellington ; en se retîraDt, déclara qu'il n'était pas préparé à un pareil changement de direction ; et comme ses fonctions de commandant général de l'artillerie et de commandant en chef de l'armée (t), sans être politiques, exigeaient qu'il entretint de bons rapports avec te chef du cabinet, il se démit de l'une et de l'autre charge.
« Canning, disait-il, est te partisan le plus zélé, le plus « actif et le plus capable des innovations qui menacent ac- « tuellement notre pays. Les principes de lord Liverpool « étaient des principes fixes et dans lesquels on pouvait « avoir confiance; ceux de son successeur varient tous les « jours {«). »
Paroles sévères, imprudentes même de la part de celui qui, deux ans après, devait soumettre et faire voter à la Chambre les idées dont Canning avait été le promoteur. '
Sir Robert Peel, au reste, s'exposa au même reproche, en déclarant « que le maintien des lois restrictives qui empè- « chaient les catholiques d'arriver au pouvoir, était néces- « saire pour la sûreté de la constitution et dans l'intérêt de « la religion de l'Ëtat. »
En Angleterre, ces contradictions n'ont rien d'étrange. Les grands politiques en ont donné tant d'exemples que l'opinion les accueille avec plus d'indulgence qu'elle ne fait dans d'autres pays. Un homme d'Ëtat anglais n'est pas déshonoré ni même discrédité, parce qu'il reconnaît son erreur ou modifie ses convictions d'après la marche des choses. On ne peut qu'applaudir à cet usage. Combien de réformes, en effet, ju-
(1) Welllnglon dTiirk. McùM 1 r*l mil.
limlrrlBT. IIentiK.ur.
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rempliceoientdu doc iiT« cininda le E«Bé-
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M lelln du II ivrll 1817, <l Canning. le dnc de WeHInfloo Inisqne n
Cunnlni , wrilpnt ircutlllln «vec d^Bincc par Ih WDtleoi ordtnali l. • — Voir (ToconrLït, t. ii, p. lOê.
«ineprtn- . M» la dlrei da cm-
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gées dangereuses dans une situation, cessent de l'être après un événement politique ou social qui a fait surgir une situation nouvelle et des besoins nouveaux!....
Peu de temps après la retraite des tories (en mai i827), Canuing et Haskisson présentèrent le corn-bill (t). Cette inesure avait été préparée à l'époque où Wellington faisait partie du gouvernement ; il ne s'y était point opposé, et l'on devait, par conséquent, le croire favorable à son adoption; ^ o^anmoins il présenta un amendement qui détruisit tout l'effet de la loi [s). Une grande agitation suivit ce vote. Les partisans du bill prêtèrent au ducle projet d'entraver la marche "^ gouvernement pour se venger decequ'il n'avait pas obtenu >3 présidence du conseil.Its attribuèrent au dépit de cet échec 1 ofïrçde sa démission, et soutinrent même qu'en se démet- ^Qt. de ses emplois militaires, après la nomination de Can- '^^'^S* '1 Bvait porté atteinte à l'indépendance de la couronne. Wellington, ému de ces reproches, se défendit à la tribune et déclara hautement <c que loin de chercher à conduire les ^ affaires de son |iays, il se sentait incapable de remplir les * fonctions de chef de cabinet, et qu'il eût été fou et plus que « fou d'y songer (a). »
Paroles célèbres, dont l'opposition se fit plus tard une arme, quand Wellington accepta, malgré sa prétendue incapacité, la présidence du conseil.
l-ies explications du duc furent assez bien accudllies ;
(>> K«JI,eniS2t,ti i«EltUture iT*ttr>Ii ua premier pli dinila vole de Ii[lb«rld du coi **'oe «n aaloHuQt l'entrée, morenntDt on droit de 30 p. c, dei wleTiei étran(èrei,aupii '■atrrspjMei d'une proUblUoDComplèle.
Oï ■.« un tinji itUfaré (pir 133 Toli cotilra 121 donatei lu nlnllUre) fut najoré ii ^"^f^unn, 01 re)ete pw ellei.
''1 ■ Kikowlng mj InupacJty for nlllnt the poit of nrtt mlnlaler, I ihonld bave been nu • iBd worietbunmad, intiadevenenterUiDed Itae Inune proleci wblch cerUIn IndI *"■'•' h>r ibelrown bMB purpoKi haie Impnted lo me. "
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néanmoins, elles laissèrent subsister de nombreux doutes, parce que l'antipathie de Wellington pour Canning n'était ignorée de personne.
Le premier ministre se montra excessivement blessé de l'échec qu'avait essuyé le corn-bill, et dans une séance de nuit de la Chambre des Communes, il déclara qu'après l'examen de la correspondance échangée entre Uuskisson et le duc, il n'était pas convaincu que ce dernier eût agi en dehors de toute considération d'intérêt personnel. « Je ne puis me u persuader, dit-il, que même un aussi grand homme que « te duc de Wellington n'a pas servi dans cett& circonstance « d'instrument à d'autres (i). »
Wellington était le dernier homme que l'on dût croire susceptible de se prêter au rôle de marchepied politique. C'est ce que Robert Peel 6t ressortir dans une vigoureuse réplique aux insinuations malveillantes du premier ministre.
Canning, malgré son incontestable m^ite, ne Ait pas henreux au pouvoir: « La place dont il s'empara, dit un écrivain « anglais, avait été depuis douze ans un lit de repos ; elle « tomba aux mains d'un homme qui n'y trouva que d'amers R soucis, qu'une agitation féltfile : Geoi^ Canning, le plus « adroit des tacticiens, le plus brillant des oratenrs, fut le n plus malheureux, le plus désappointé des ministres (i). »
Quatre mois après la formation de son cabinet, l'éloquent homme d'Etat, vaincu par la maladie et mécontent de tout le monde, se retira dans le beau domaine du duc de Devonshire; ce fut là que s'éteignit, au bout de quelques semaines, cette
(1) lcuiioleiclDdernnim]'coDiIdar>lloD(bat<T«iiio tr«*l>muiM Ike dok* U «MllnitoD hod becn nud ui [uitruiMDl la UeluiuliariiUerian llMt accMioa. il) ••«Unr UOLT. BUtolr* 4» G*or$» Ir.
belle intelligfflice, consacrée tout entière à la défense des intérêts publics et des libertés anglaises (i).
Les débris du cabinet Canning se rallièrent autour de lord Goderich, homme int^e ethonoré, mais dépourvu de l'énergie et des talents nécessaires poor maintenir ensemble les éléments d'une vaste administration. Dans l'espoir de se concilier l'appui des tories, il offrit le commandement de l'armée au duc de Wellington, qui l'accepta malgré l'éclat de sa récente démission.
La politique du cabinet ainsi recomposé ne dififôrait point de celle de Canning ; aussi rencontra-t-elie les mêmes adversaires, plus redoutables encore, parce qu'elle n'avait pas à son service le même talent ni la même énergie.
Le 8 janvier 1828, lord Goderich, découragé par la retraite de M. Herries (qu'il regardait comme la pierre angulaire de son administration), et ne se croyant pas de force à lutter coBtre les difficultés qui Teûtouraient, déposa sa démission entre les mains du roi.
Un fait extérieur contribua à rendre ce dénoûment inévitable. Le 20 octobre 1827, les escadres combinées d'Angleterre , de France et de Russie avaient écrasé à Navarin la flotte turco-égyptienne. Cette victoire répandit l'allégresse dans une grande partie de la chrétienté ; mais en Angleterre, on ne tarda pas à voir que le gouTeroament avait joué un rôle dont la Russie devait seule profiter. La division se mit dans le cabinet, et le roi se vit obligé de pourvoir au remplacement d'une administration incapable de faire face aux attaques annoncées par les tories pour le début de la session.
La situation politique wpih la chute des Canningiites de-
(I) CannlDi moarat la B 4aùt IBXl. La publEc, qui tdonit cet bammi d'tLit, attribua M mort prteutaréa aux obagrlat qui lui anit oaïuta l'DppMlttsQ de Willluiloa. InprwiloD iTan lonr que la IVBdamalD efface 1
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vint très-difficile. Le temps des tories était passé, et celui des whigs n'était pas encore venu.
Le roi, fort embarrassé, manda le duc de Wellington et le chargea de former un cabinet, lui donnant carte blanche sous la seule condition de ne pas choisir lord Grey (i).
On fut extrêmement surpris de voir le duc accepter cette mission huit mois après sa fameuse déclaration à la Chambre des Lords. Interpellé sur ce fait dans la séance du 29 janvier, Wellington répondit qu'il n'avait accepté la présidence du conseil que pour être agréable au roi et à ses nouveaux collègues ; — que ceux-ci, dans le cours des négociations entamées pour la reconstitution du cabinet, avaient reconnu l'impossibilité de trouver quelqu'un de plus convenable pour présider le conseil ; — et que, du reste, il n'avait ni désiré, ni sollicité cette position (s).
Le chef du nouveau ministère, faisant la part des circonstances et des nécessités du moment, s'adjoignit Huskisson et quatre canningistes.
Sir Robert Peel devint l'âme de ce cabinet, où les tories cependant étaient en majorité. On peut dire que sa mission fut de préparer l'avènement des whigs, sans trop irriter {la susceptibilité des conservateurs. Ministère de conciliation et non de parti , il fit de grandes choses, uniquement parce qu'il s'appuya sur les hommes politiques intermédiaires, qui sont gtoéralement les vrais représentants de l'opinion publique. Jamais gouvernement exclusif, s'appuyant sur les partis extrêmes, n'a réussi dans les temps ordinaires. La nécessité de soutenir le pouvoir quel qu'il soit ne se fait sentir que dans les occasions où un grand péril détourne momentanément les esprits des questions intérieures. C'est ainsi que
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le lorysme pur accomplît de si grandes choses de 1805 à J815, et qu'après cette période il fut, malgré ses titres à la reconnaissance publique, dans l'impossibilité de gouverner convenablement le pays.
On doit attribuer à l'influence de ces faits la résolution de Wellington de recommander à la couronne et de servir de préférence les ministères de transaction. Il est prouvé, du reste, que toutes les grandes choses accomplies en Angleterre depuis la chute de l'empire ont été conçues et menées à bonne Bn par des ministères de cette espèce. Celui de lord Wellington a spécialement l'honneur d'avoir fait triompher l'importante question de la liberté des cultes. Peut-être qu'au fond le duc eût désiré n'avoir pas à résoudre cette question, non plus que celle des céréales et d'autres encore réclamées par l'opinion publique; cet amour des lois existantes parait d'autant plus naturel chez le vieux tory, qu'à l'époque oit il accepta les fonctions de premier ministre, le parti whig luimême était profondément divisé sur la réforme parlementaire, la libre entrée des céréales et l'émancipation catholique. On doit donc lui savoir gré de ce que, sans égard à ses sentiments intimes, il prit la ferme résolution de satisfaire dans certaines limites les vœux de la nation. Les gens absolus, qui n'admettent aucune composition avec les principes,lui ont fait un reproche de cette condescendance. A leurs yeux, le héros de l'An^eterre n'était qu'un homme faible et sans convictions. Pour mériter l'estime de ces puritains, il aurait dû refuser tout service à la couronne, sous prétexte dé conserver intacts la dignité de son caractère et le prestige de ses doctrines politiques. Mais Wellington avait trop de bon sens et de patriotisme pour accepter ce riMe égoïste, conduisant à la popularité par le chemin le plus direct et le plus facile. Il ne craignait pas de s'amoindrir quand il s'agissait d'être utile à son pays. De tels dévouements sont peu compris et cependant bien méritoires quand on sait se renfermer dans de justes limites.
Peu de temps après la formation du nouveau miaistère (t), lord Russell présenta à la législature une motÏMi tendant à rapporter les actes du Test et des corporations, introduits dans la législation anglaise par Charles II, en haine des sectes qui avaient contribué à ta mort de son père. C'était le premier pas que tentait le parti de l'émancipation catholique dans la voie de la liberté religieuse.
Le gouvernement combattit la mesure, mais les réfonnateurs l'emportèrent de 44 voix dans la Chambre des Communes (s).
Ce résultat et la division du cabinet embarrassèrent le duc de Wellington. Toutefois, comme à cette époque de transition politique, l'unanimité était difficile à obtenir au sein du pouvoir, il accepta le vote de bonne grâce et s'employa activement à le faire sanctionner par la Chambre des Lords. Là, il eut à combattre, entre autres, son vieil ami lord Eldon, qui qualifia le bill de mesure perfide et révolutionnaire {mischievoua and revoiutwnary bill).
Dans la séance du 17 avril, Wellington résuma son opinion dans les termes suivants : u II n'est pas admissible que le rap- « pel des actes du Test puisse troubler la parfaite sécurité de « l'Ëglise et son union permanente avec l'Ëtat. Ces actes « non-seulement ne répondent plus à leur but, mais ils sont « encore une anomalie et une absurdité: une anomalie par <c leur origine, ,une absurdité par leur résultat. »
Et dans la séance du 21 , répondant à l'argument capital des tories, « que le respect des anciennes lois faisait la force de TAngleterre, » le duc, avec son bon sens pratique, répondît; « Je ne suis pas de ceux qui pensent que le m«)leur R moyen de préserver la constitution de ce pays consiste duis
:e même bill «vill éU recelé, en 1790, |>ir ui
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e le maintien rigide de mesures prises en rue de circono stances particulières, il y a plus de deux siècles: ce laps « de temps doit justifier au contraire leur modification, si- « non leur suppression complète. J'admetsqueces actes aient « assuré la paix religieuse à ce pays, il y a deux cents ans; « mais quand le Parlement discute les meilleurs moyens de « préserver la constitution anglaise, il doit être certainement « permis de rechercher si quelque modification ne peut être « apportée aux lois existantes pour concilier toutes les par- « lis ((). »
A ces vues libérales , les vieux tories opposèrent les anciennes maximes d'Ëtat, et, faute de mieux, d'impitoyables railleries sur les évolutions politiques de Sa Grâce ;
« J'ai beaucoup entendu parler de la marche de l'esprit « ktimain, dit ironiquement lord Eldon, mais je ne me se- <• rais jamais attendu à le voir marcher dans cette Chambre, « le duc de Wellington et les évêques en tète. »
Cependant le bill favorable aux dissidents passa. L'opposilion ne se méprit pas sur la portée de cet acte : « Plus tdt ou plus lard, dit lord Eldon, peut-être cette année même, certainement l'an prochain, la concession aux dissidents sera soivie des mêmes concessions aux catholiques... »
Vn mois après le rapport des actes du Te»t, Huskisson re- /u'ésenta son bill sur les céréales. Cette fois, le chef du cabi- ''^t se fit le défenseur de la mesure, malgré la défiance qu'elle ^» «aspirait, — et le bill fut voté.
I^ans le cours de la session, on présenta deux motions Vaut pour but de retirer la franchise électorale aux bourgs
^ Qvtkiaa i« loavc
I« loavernemeut cAt combilln le bill i la Chimbre d«i Cammunei. il iil perle dncdewaUlngton enrulpi>rtiMii,cir Jimali II Dlfallde dCcIintlon Ur<| celle que MU teiMiu de rapporter.
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pourris de Penrhya et d'Easi-Retford. Les Communes s'occupèrent d'abord de Penrhyn, et un bîll transférant les privilèges de ce bourg à la ville de Manchester fut envoyé par elles à la Chambre des Lords. Quant à East-Retford, la décision fut provisoirement ajournée jusqu'à ce qu'on connût celle des lords sur la première question.
Le 19 mai, lorsque l'affaire d'Ëast-Retford se présenta, le rejet du bill de Penrhyn par les lords paraissait tellement certain , que les ministres, qui s'étaient engagés à donner la franchise électorale à une ville dans le cas seulement où deux bourgs seraient annulés, se considérèrent comme n'ayant en effet qu'un bourg disponible : ils votèrent donc tous, à l'exception d'un seul , contre le transfert des privilèges d'East- Retford à Birmingham.
Huskisson ayant déclaré antérieurement qu'il accepterait dans tous les cas ce transfert, se crut lié par sa parole et vota contre ses collègues. De retour chez lui, il écrivit au duc de Wellington « qu'il croyait convenable, après ce qui s'était « passé,de mettre son portefeuilleà la disposition du chef du « eabinet (i). »
Le duc soumit aussitôt cette lettre au roi, comme l'équivalent d'une démission en règle. Cette précipitation ne fut pas du goût de Huskisson , qui s'attendait à une entrevue préalable avec le chef du cabinet. Il s'en plaignît dans une série de lettres oii perce le vif désir qu'il avait de garder son portefeuille ; mais Wellington n'aimait pas ce canningiste ; aussi, quand Palmerston, Dudiey et Ward s'interposèrent pour obtenir le retrait de sa démission, qui, d'après eux, était le résultat d'un malentendu, le vieux général répondit avec emphase : « Ce n'est pas une erreur, ce ne peut être une er-
« lui et le iluc à et propoi, dini
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Kur, ce ne sera pas une erreur ! (h was not mistake, coutd be ^mistake, and should be no mistake!) »
En présence de cet arrêt, Huskisson, ses trois amis et Parles Grant se retirèrent du cabinet assez visiblement con- *'ariés. Un remaniement eut lieu, et l'homogénéité se rétablît dans le sens tory modéré par l'adjonction de lord Aber- *'wD, de sir Henri Hardïnge, de sir Geo^e Murray et de 'esey-Fitzgerald. Deux de ces ministres, Hardinge et Mur- ^y> étaient d'anciens compagnons d'armes du duc : à la tête ^ gouvernement d'Irlande se trouvait un autre général, le "larquis d'Angtesey, qui s'était illustré en Espagne, sous le nom de Paget. Les libéraux se plaignirent de cette préférence accordée à l'élément militaire, en général peu sympathique au peuple anglais ; mais le duc laissa dire, ayant ses raisons pour agir de la sorte. Ce n'était pas d'ailleurs un homme à s'émouvoir d'un discours ou d'un article de journal.
Quand le cabinet fut tout entier tory, et que le premier niÎQistre se crut en mesure de présenter l'émancipation des •^tholiques non comme une concession arrachée par l'opposition, mais comme un acte nécessaire, commandé par la paix publique, il résolut de faire voter cette importante mesure, ^Sîtée depuis vingt-cinq ans.
L*illustre Pitt fut le premier homme d'État anglais qui ap- P^ya les prétentions des catholiques. Après avoir réuni, en '^*H>, les royaumes d'Angleterre et d'Irlande, il conçut un Mail qui devait, d'après lui, contribuer à rendre l'union complète et fructueuse. Ce plan embrassait les points suivants : 'éxTkancipation des catholiques, — un traitement fixe allouéau "^■"gé irlandais, — des établissements d'instruction publique P^Ur donner à ce clergé l'éducation et l'instruction néces-
la >iTnoclh, IniULoé pi
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L'Irlande, forte de l'appui que donnait à sesprétentioas l'autorité d'un si grand nooi, commença de bonne heure à s'agiter pour obtenir ce qui lui semblait équitable, et ce qui t'^it en effet. Uaîs il fallait compter avec les idées et les passions régnantes. Quand la question de l'émancipation surgit pour la première fois au Parlement, elle fut rejetée par une majO' rite de 150 voix. Cette majorité diminua d'année en année; en -1815 elle u'éUtt plus que de 50, et en 1818 de 2 vois.
En 1821, la mesure passa à 19 voix de majorité, mais les lords la rejetèrent : même résultat en 1822 et en 1825, avec cette particularité, que chaque fois la nkajorité desCommuues augmenta et celle des Pairs diminua(i).
Bien que les élections de 1826 eussent donné un avantage marqué aux tories, la Chambre des Communes se prononça, en 1828, en faveur de l'émancipation à une majorité de 272 contre 266 (2).
Lorsqu'un principe se manifeste ainsi à diverses reprises et dans toutes espèces de conditions, gagnant 'du terrain à chaque épreuve, il est évident qu'il doit finir par triompher. Wellington avait trop d'intelligence pour méconnaître cette vérité. Aussi, malgré les nombreux obstacles qui s'opposnieut à une solution complète (n) et immédiate de la question irlandaise, prit-il la résolution courageuse de faire violence à son i>arti et à ses sentiments personnels dans l'intérêt de la paix publique.
•temWMfiMonne, FMl«t Wclllnjun t<tf]Ilièreal,la pramlAncn IBIS. U unande e*t cnora » l'C(ililerroJel«lolin«.
(1) IM ttrOUtat iflnCnla anlcnt eu Usu en IBD7, IBII. mis, lieSrtlSH GkMDHj* cm Farlcmenli l'ftiLt proDonctf une ou pluileun loli tur li queillon de l'émanclptllon.
(2) Dini 11 MuloB prte<deBle,clle •'tUlt, *u eoninlre, pnmoncïecMiIreiU natoHIédn Î7B contre ITî. *
(3) Il fuit renurquer que lei volea précéileals n'enienl point porté wr 1* queitkm île rCmincIpiillDii complèle <le< cillinllqiici, mili lur ilci qnHIJoni iacldenlet,qul oVUlenl. t proprement pilier, que de* lenlitlif > d'^RiincIpiliOD. un premier pal «en le but où Welllnilon el Trtl vouDIeil irrlTcr d'un leul bond.
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L'agîtatioD eatrelenue par O'CoDaell, Moore et les prêtres catholiques rendait cette résolution nécessaire. Le peuple irlandais n'était plus gouvaroible. L'association, fondée en 1835, constituait une sorte de pouvoir révolutionnaire qui menaçait l'Irlande d'une guerre civile. Les clvbs de Brunsvkk (i), opposés à l'association, préparaient leurs anues et se disposaient à entrer en lutte contre le nouvel ordre des libérateurs. Il fallait un prompt remède : satisfaire le peuple ou le combattre. Dans ces graves conjonctnres, Wellington n'hésita point à venir en aide au gouvwnement, et à compromettre sa popularité en se séparant de l'aristocratie et de la classe mo^^enne d'Angleterre. 11 fut appuyé du reste par sir Bobert Peel, nouvellement converti à la liberté religieuse, ou plutôt cédant, comme le duc, à l'irrésistible argument de la nécessité.
Cet homme d'Ëtat célèbre avait été élu en 1817 représentant de l'université d'Oxford, en concturence avec Geoi^e Canning, qui défendait à cette époque avec autant de véhémence que de logique la thèse de l'émancipation. Depuis lors, àr Robert Peel s'était signalé dans toutes les circonstances par une opposition vigoureuse aux demandes des catholiques iriandais. Même dans le courant de la dernière session (le 8 mai 1828), il avait voté avec la minorité de 266 voix, contraire à la motion de Francis Burdett. Mais dès ce jour, Robert Peel avait reconnu, ainsi qu'il le dit lui-même dans ses Mémoires « que la prépondérance du talent et de l'influence n'était plus du coté des opposants (i). «Quelque temps après, l'élection de Clare (qui donna à O'Connell une grande majorité, malgré toutes les influences qui soutinrent son concurrent, H. Fitzgerald, le candidat du parti protestant) (s)
Cl C«* chilweDiiipTCiiileDt I* mijcure pirllc <]
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ébranla complètement les convictions de M. Peel sur Topportunilé d'une plus longue résistance. « Ne rien concéder à l'agitation, dit-il, c'est le cri dç tous ceux qui ne sont pas responsables ou qui ne connaissent pas le véritable état des
affaires 11 est facile de dire : On doit conserver intacts
les droits de l'Église protestante, mais comment gouverner l'Irlande et maintenir debout la constitution protestante dans ce pays? On n'y parviendra qu'en faisant des concessions (i). »
Le Parlement fui prorogé le 28 juillet 1828. Immédiatement après, le duc de Wellington entra en communication avec sir Robert Peel au sujet de l'Irlande et de la question catholique. Le duc, à la demande de son collègue, rédigea un mémoire sur cetl« question (a). Dans les remarques de sir Robert Peel (3}, on voit que le représentant de l'université d'Oxford éprouvait une grande répugnance à faire des concessions, et qu'il cédait uniquement à la nécessité de pacifier l'Irlande. Entre deux maux, l'agitation et l'émancipation, il choisit le moindre {*).
Il parait que le duc de Wellington voulait aller plus loin que son collègue, puisque celui-ci réfute longuement l'idée de faire rétribuer le clergé catholique par l'État (5).
Pendant que les deux ministres préparaient ainsi le terrain de la discussion , les meetings redoublaient d'énergie et de violence.
« L'association catholique, écrivit lord Angisey, est 01^-
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nisée d'une manière formidable » (i) » It est évident que
les meetings ne peuvent être tolérés plus longtemps sans danger pour la paix publique (s). »
Dans une assemblée tenue le 2t septembre à Gashel, les agitateurs avaient réuni 600 cavaliers et 9,000 fantassins, parfaitement armés et commandés (s).
Quelques membres du cabinet s'attendaient à une prise d'armes immédiate ; lord Anglesey toutefois les rassura en écrivant :« La lutte ne commencera qu'au printemps, car il est tout à bit invraisemblable que les rebelles se mettent en campagne et bivaquent pendant les fortes gelées (4). » ' Le vice-roL d'Irlande fondait aussi beaucoup d'espoir sur 'a patience et le courage peu déterminé (the forbearance and thenot very determined courage) d'D'Connell, qui, du reste, *^niptait obtenir gain de cause sans en venir aux mains, par ^oie d'agitation et d'intimidation (s).
Sir Robert Peel, convaincu par les dissertations des autorités judiciaires que les meetings étaient des réunions illégales (fi), songea un moment à les disperser et à traduire les pnncîpaux moteurs devant la justice (t). Mais lord Anglesey, <}ans sa correspondance, le dissuada de ce projet. L'avisd'un ^^ux soldat qui se prononce contre l'usage de la force est chose rare, et qui mente d'être écouté. Le vice-roi donnait ^tre autres pour raisons, que les menées des catholiques
^* *-»r/niullaattlltlK,àlordCoiiitr.
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avaient exercé « ane influence fâcheuse sur la discipline, <' l'harmonie et la fidélité des troupes (i). » Il fit observer aussi qu'il n'y avait alors dans le Rojraume-Uai que 30,000 hommes d'infanterie, dont une partie seulement aurait pu être employée en Irlande (s). Cette considération et une étude parfaite des besoins et de la situation des Irlandais engagent lord Anglesey à conseiller l'émancipation, « bien qu'il eût « horreur de l'association, des agitateurs, des prêtres et de « leur religÎ0D>>(5)....«Chaqueheure de retard, écrivil^ilàsir « RobertPeel.augmentera les difficuttésetles dangers (4). »
Ainsi poussés par les circonstances, Wellington et Robert Peel résolurent de soumettre le plus tôt possible au Parlement la solution de la question irlandaise. En prenant ce parti, ils firent preuve de courage et d'abnégation, puisqu'ils avaient contre eux non-seulement une puissante opposition , mais encore leurs propres antécédents (s). Ils devaient donc se résigner à subir tout à la fois les reproches de vieux amis, devenus tout à coup des adversaires implacables , et les sarcasmes d'anciens ennemis, dont ils servaient la cause sans ' pouvoir gagner leur eatime («). Ils savaient en outre que l'émancipation, quoique soutenue par une fraction importante
(I) TolT noUHUMnt u MM dp 10 tnlIKI à M. Ptl, ob II dit ; • I oucbl ktiKTer, ta «bttrn, tbit «e kMr «caihiiiitlT «r tke citballc loldlen betof lll-dlipucd and sDUrelf undt r tbe tnBacDcc at llie prlsili. »
(1) yoltSIrRoàtrt petVi Matotrt.t.iai.
(3) Leltrt du IJultlet. d tord Gower.
(4} i.iHHdnie Juillet.
(9) UBiTrllIia, WclllDilon ■iill dltl li Cbunbre dei Lordi : • Ikcrelina peruD <d lUt liaiiH wboM rcMliici id4 isntlmeiiU, iftcr long edDildenllon, ire more deelded tbin mina m, wlUi ropect tg Itac lubJutotlberDanB ciUuillc clilint! ud I laiulHr tluL un- Lll I Me 1 veE7 %r^t\ cbinge In Uul qumrtfir, I aliilt coatlnna ta uppoKc tbe rmincipatlon of tbe citbolici. >
STOCQDun, t. II. p. IZS, donne nn «ilrall d'un dlic»un que ilr Arthur WeUMej pronont* lur le mtmeiujet (u Pirlenenl d'Irlindeen l793.CedlKaar(tutplalAI(i>orabM qnedOïtDTitile aux prête ntlnni detcdbollqBci.
m Lord Udon KItal pr^icnU t li Cbtimbre dei LonU une ptlItMl dM tillknri de ttlucoK contre l'émanclpiUnn :• Qu'ont * Ure eu cecMe»Iiltlenn7> demanda lord Klnc— -Uen de plua (Impie, reprit lord lldon : toUI ne ponvii paa prétendra que Ici tallleun aiment le* (•ni qui TCtourneat leur habit! -
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d«deux Chambres, était peu sympathique à la masse du peuple, et que George IV, après l'aTénemeot de Canniog, arût déclaré « qu'il était aussi fermement opposé que l'avait a été son père aux préteotions des papistes. -^
Sir Robert Peel affirme (i) que dans tous ses rapports avec le roi, il put constater une grande détermination à maintenir les droits de l'Église protestante. Comme preuve, il cite le billet suivant, qui lui fut adressé par George lY, le 19 novex^tre 18^ : r Les sratiments du roi sur l'émancipation < catholique soat ceux de son excellent et vénéré père; de « ces sentiments, le roi jamais ne peut dévier et jamais ne « dévÏM^ (tiever etm €md vever will detiate). »
Malgré cette opposition vigoureuse, Wdlington et Peel poursuivirent leur but avec une inébranlable fermeté. A leurs yeux, l'émancipation était moins une question de principe qu'une question de gouvemeraent et d'ordre public. Hésiter à la résoudre leur eût semblé à tous deux, mais snrtout à Wellington, l'homme du devoir et de l'ordre par excellence, une faiblesse et même une lÂch^. Des politiques à courte vue n'auraient pas montré ce patriotique désintéressement. La crainte d'être accusés de trahison ou d'inconséqnence, leur eût fait suivre une ligne de conduite moins utile au pays, mais plus facile et plus conforme à leur intérêt personnel.
Une fois sa résolution prise, Wellington mit tout en œuvre pour la faire triompher. Il dut employer les plus grands méoagemeots et recourir pendant plusieurs mois aux sollicitations les plus pressantes pour obtenir le consentement de George IV, sur qui les partisans de l'intolérance religieuse fondaient leur dernier espoir. « C'était, dit M. Gnizot, une traction à la fois royale et populaire, que la sûreté de la maison de Hanovre tenait à celle de l'établissement protes-
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tant. Le roi était d'ailleurs grand comédien et prenait plaisir à cacher sous des démonstrations emphatiques son insouciance ou sa faiblesse. Quand ses ministres insistaient péremptoirement, il s'emportait ou pleurait pour bien constater qu'ils lui forçaient la main. Aussi peu émus de ses larmes que de ses colères et se fiant peu à ses patoles, ils lui demandèrent pour la présentation du bill son autorisation écrite. »
Au commencement de janvier, le roi n'avait pas encore donné cette autorisation. Il s'était même plaint, en termes énergiques, à lord Ëldon, de la conduite des ministres, disant K qu'il était misérable et sa situation affreuse ; que s'il donnait K son consentement au bill, il se rendrait aux bains et de là « à Hanovre ; qu'il ne reviendrait plus en Angleterre, et que « ses sujets pourraient faire un roi catholique du duc de Cla- « rence (i). »
A cette époque, le duc de Wellington eut deux entrevues avec l'archevêque de Canterbury, les évêques de Londres et de Durham. Il s'efforça de faire comprendre à ces hauts dignitaires la nécessité d'accorder, dans l'intérêt de l'Ëtat et même de l'Église protestante, quelques concessions aux catholiques Irlandais; mais cet appel au bon sens et au patriotisme des évêques n'eut aucun résultat; te dur reçut au contraire l'assurance d'une opposition énergique à toute mesure ayant pour but de favoriser les catholiques (s).
En présence de l'attitude hostile du roi, du clergé, des lords et de la majorité du peuple anglais, sir Robert Peel commença à perdre tout espoir (3). Il parla même de se retirer, à cause de l'obligation où il serait de défendre le bill de l'émancipation dans une assemblée où il l'avait constamment et vivement combattu. En exposant ce scrupule au duc de
(1] itr KobtrtPtert Mtmoiri, (ï) Ibid.. 1. 1, p. tll.
I)] /Md., Ll, p.3».
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Wellington, M. Peel émit l'opinion que sa retraite faciliterait peut-être la tâche du gouvernement (i). Hais le chef du cabinet lui écrivit cinq jours après (le 39 janvier i829) : « Je ne vois pas la moindre chance de vaincre ces difficultés si vous vous retirez. » A la suite de cette déclaration, sir Robert Peel se résigna à tenter l'épreuve de la discussion (i).
Cependant il restait toujours le consentement du roi à obtenir, et cet obstacle parut si grave au ministère qu'il fut sur le point de se retirer. Le cabinet toutefois, avant de prendre une détermination, <)écida qu'on attendrait le résultat d'une démarche décisive que le duc de Wellington devait faire auprès de Sa Majesté, u Je fus fermement convaincu, dit Robert a Peel, que si le duc ne parvenait pas à obtenir le consen- « tement du roi, aucun autre homme ne pourrait l'obtenir, » ni dominer l'opposition de la Chambre des Lords (3). »
Ayant enfin obtenu cette autorisation, Wellington signala son entrée en campagne par toutes les ruses et toutes les précautions usitées à la guerre.
En tacticien consommé, il jugea prudent de garder son plan secret jusqu'au dernier moment. C'était le moyen de prévenir les manifestations violentes que les hommes de parti auraient provoquées sans aucun doute pour intimider les faibles ou entraîner les indécis. Cependant une imprudracedu vice-roi d'Irlande faillit compromettre la'réussite de ce plan. Le duc avait écrit au docteur Curtis, primat catholique d'Irlande, une lettre où il exprimait l'opinion qu'en laissant reposer quelque temps la question de l'émancipation, on arrive-
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(1) Str neitrl Pt*fi Mtiaelri, V. I, p. 380.
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— serait à uorésuitat satisfaisant. A cette lettre, rendue publique, le marquis d'Anglesey répondit par une sorte de manifeste, où il engageait les catholiques àitepasse désister de l'agitation. Le duc ne pouvant tolérer cet acte d'indépendance, qui engageait le gouvernement plus qu'il ne désirait l'être, destitua le marquis d'Anglesey, et lui donna pour successeur le duc de Northumberland, tory décidé.
Cette excessive rigueur, en poussant au comble l'exaspération des catholiques , servit à tromper les torys sur les véritables sentiments et les projets futurs du ministère. Le secret fut si bien gardé, que les hauts fonctionnaires de la couronne, à l'ouverture de la session, ne savairat pas ce qui avait été résolu. L'attomey général, sir Charles Wetherall, se plaignit amèrement de ce que sa coopération légale n'eût été requise que s^t jours avant la réunion du Parlement.
Le 5 février 1829, le gouvernement dévoila enfin son plan de campagne dans le discours de la couronne. Grande fut la surprise, immense la sensation ! On ne peut se dissimuler que par cette conduite ferme, mais pleine de réserve à l'égard des notabilités politiques, et peu conforme aux usages des gouvernements parlementaire, Wellington n'assumât sur sa tête toute la responsabilité de l'importante mesure qui allait s'accomplir. Mais il ne s'embarrassa guère de ce fardeau, et se montra disposé à commencer la lutte sans accorder le moindre délai & l'opposition.
Cependant, peu de jours avant la discussion, il surgit un obstacle qui faillit renverser le ministère et compromettre le sortdubilt.
Le 3 mars, sir Robert Peel appréhendant de nouveaux retards, ou peut-être informé des obsessions auxquelles le roi était eu butte, annonça à la Chambre des Communes, que le suriendemain il appellerait son attention sur le paragraphe du discours du trône relatif à l'état de l'Irlande.
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Le même jour, dans U soirée, George Vf macda auprès de loi le duc de Wellington, sir Robert Peel et le lord chancetio'. Le roi exprima à ces ministres le désir d'avoir des explications complètes sur la manière dont ils se proposaient de résoudre la question irlandaise. Sir Robert Peel exposa les vues du cabinet et le thème qu'il avait le projet de développer à la Chambre des Commanes. Le roi l'an^ta sur la question du serment, affecta une grande surprise, ne voulut rien entendre et fmit par dire : n Quoi qu'il en soit, je « ne puis consentir i aucune altération à l'ancien serment a de suprématie » (That be that as û migfu, l coutd not posâhly consent to any altération of tke ancient Oaih of supremacy).
Sur cette déclaration inattendue, les ministres offirirent au roi leur démission, séance tenante. « Sa Majesté ex- « prima, dit sir Robert Peel, son profond regret de ce que <t nous ne pussions rester à son service. L'entrevae avait a duré cinq heures. En prenant congé de nous, le roi, avec « beaucoup de tranquillité et de bonté, nous embrassa sur a les deux joues et accepta notre démission (i). »
A peine les trois ministres furent-ils partis, que Getrge IV dit à lord Eldon, « qu'il n'avait jamais vu le bill de l'émancipation ; qu'il se trouvait dans la position d'un homme ayant un pistolet chargésur la poitrine ; que ses serviteurs l'avaient trahi, etc. (2). »
Cependant, le 4 au soir, le roi fut obligé d'écrire au duc de Wellington qu'il avait rencontré tant de difficultés à former une nouvelle administration, qu'il ne pouvait se passer des services de ses collègues. Les ministres exigèrent, pour condition de leur rentrée au pouvoir, que le roi donnât une
irKetfrl PtiriHtmalri.t
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entière approbation aux mesures qu'ils avaient arrêtées. Cette approbation fut donnée le lendemain matin. De sorte que sir Robert Peel put aborder la question à la Chambre des Communes le jour qu'il avait lui-même fixé.
Avec cette énei^ie calme et persévérante qui ne l'a jamais abandonné, H. Peel fit, au milieu d'un profond silence, la déclaration suivante : « Je n'entrerai dans aucune explication « sur les théories du gouvernement. Je me renfermerai dans u l'examen pratique de l'état actuel des affaires, préoccupé, « non de ce qui peut se dire, mais de ce qu'il y a à faire « dans une si pressante difficulté. Pendant bien des années, a je me suis efforcé de maintenir l'exclusion qui éloignait les « catholiques romains du Parlement et des grandes charges a de l'Ëtat. Je ne pense pas que cette conduite fût alors « inique ou déraisonnable. J'y renonce, convaincu qu'on n'y « peut plus persister utilement. A mon avis, les moyens « efficaces manquent aujourd'hui pour une telle lutte. Je « cède à une nécessité morale que je ne puis surmonter. Il « y a pour l'établissement même que je veux défendre plus « de péril dans une résistance obstinée que dans une con- « cession, accompagnée de certaines précautions. »
Les débats s'ouvrirent avec une grande vivacité. L'opposition rappela au ministre ses opinions d'autrefois. Peel s'y attendait. « Je ne saurais, dit*il, acheter l'appui de mes bo- K norables amis en promettant de persister en tout temps « et à tout risque, comme ministre de la couronne, dans les « opinions et les arguments que j'ai pu soutenir devant « cette chambre. Je me réserve positivement le droit de ré- « gler ma conduite selon l'exigence du moment et l'intérêt du * pays {»)• »
(I) CMtiTacunénernnchlMqns l'IUailreCanninBHiuwiuni. su kij due mui» ■■■ (imiTder4miDGlpMloB(qa'llin[t]DKa«lancemluttne)dlt :/ tôt* iia thmmt te mjitif ferkmtlHfOnalhtr eeeatloru mlilêd tlu iHqnUr "Mth l now noammia4.
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La lulte fut plus vive encore à la Chambre des Lords, Wellington en soutint le fardeau avec l'énergie qu'il apportait en toute chose.
Il eut à combattre des adversaires redoutables, dont quelques-uns étaient ses amis intimes.
Lord Ëldon résuma l'opinion des tories, en s'écriant : H Si jamais on permet aux catholiques romains de siéger o dans une des chambres du Parlement et de faire des lois K dans l'Ëtat, si on leur accorde le privilège de posséder les « grandes fonctions executives delà constitution, de ce jour <i le soleil de la Grande-Bretagne se couvrira d'un voile... »
Pendant quelque temps le succès parut incertain. Voulant porter un grand coup et faire cesser toute hésitation, le duc saisit un moment favorable pour déclarer à l'assemblée qu'elle eût à choisir entre la loi et la retraite du cabinet ; entre le rétablissement de l'ordre et la continuation de la crise, avec l'agitation et la guerre civile en perspective. L'histoire conservera les nobles paroles qu'il prononça dans cette circoustaoce :
a Mylords, depuis mon enfance jusqu'au moment où mes « cheveux ont blanchi, j'ai constamment été livré aux de- • voirs actifs de la profession des armes ; ma vie s'est pas- « sée au milieu des scènes de mort et de carnage ; les cir- « constances m'ont jeté dans des pays en proie à des luttes a intestines, affreuses; eh bien! plutôt que de voir mon « pays livré aux maux que j'ai vus , en proie à toutes les « horreurs d'une guerre civile, je courrais toutes les chances, « je ferais tous les sacrifices, même celui de ma vie(i)! »
Ces sentiments trouvèrent de l'écho ddns la Chambre des Lords; la seconde lecture du bill fut votée par 217 voix contre 113. Dans la Chambre des Communes, le ministère
ts tcit«|de ce dticiran dini le mémoire du IVm«.
obtint 355 voix sur 435. Aiosi, en moios de cinq semaines, l'importante question de la liberté religieuse passa de l'état de projet éloigné à l'état de fait accompli, malgré tous les efforts du parti protestant, assuré cependant de la majorité dans le pays.
Ce succès exaspéra tes associations protestantes, et mit le cabinet en froid avec le monarque et les tories. Il ne procura pas même i ceux qui l'avaient si chèrement acheté la satisfaction de mettre un terme aux déchirements de l'Irlande. Sur ce point, du reste, le ministère ne s'était pas fait illusion. Il savait que l'émaDcipation, de quelque manière qu'elle eût été votée, n'aurait point satisfait entièrement les catholiques irlandais. L'adoption de cette mesure pouvait tout au plus tempérer la vivacité de leurs ressentiments : le mal était ailleurs, et plus grand qu'on ne le supposait.
Victime de plusieure siècles de tyrannie et d'unç longue suite d'iniquités, l'Irlande éprouvait des misères et des douleurs qu'il n'était au pouvoir de personne de soulager immédiatement. On ne régénère pas un peuple en quelques jours, avec des lois et des règlements. Ce que le temps a produit graduellement, le temps seul peut l'effacer. Voilà ce que ne voulurent pas comprendre O'Connell et ses adhérents. En ouvrant aux enfants de la verte Erin des perspectives qu'ils ne pouvaient atteindre, ces imprudents agitateurs exposèrent leurs compatriotes à de nouvelles tortures. JFtien n'est plus dangereux, plus impolitique, plus cruel même que de surexciter les espérances de ceux qui souffrent. Pendant des années, on avait annoncé que l'émancipation des catholiques ferait cesser tous les maux dont se plaignait l'Irlande. C'était un leurre manifeste ; et en effet, à peine l'émancipation étaitelle votée, que les espérances déçues et tes mis^s aigries par la déception donnèrent lieu à un nouveau besoin d'agitation, qui, cette fois, se manifesta sous une forme moins inquiétante pour le gouvernement, en demandant le rappel de
tunion, ou la destruction d« l'œuvre glorieuse de William Pitt.
Il survint, à cette époque, un incident qui mérite d'être signalé. Le duc avait été nommé protecteur d'une nouvelle école protestante {King'$ Collège), destinée à lutter contre le séminaire rival de Gower-street, à Londres. Lors delà présentation de la loi sur l'émancipation catholique, lord Winchilsea, écrivant à l'un des fonctionnaîres du nouvel établissement, s'exprima sur le patronage du duc dans les termes suivants : « Les derniers événements politiques m'ont eon- « vaincu que ce patronage n'avait pour but que d'endormir « le parti du protestantisme et de la haute Ëglise. Le noble « duc qui avait décidé, peu auparavant, de rompre avec la V constitution de 1688, a pensé sans doute qu'en donnant ' « quelque preuve extérieure de zèle à Isr région protestante, « il réussirait plus facilement à faire passer ses insidieux « projets d'empiétement sur nos libertés en introduisant le « papisme dans toutes les dépendances de l'Ëtat. »
Ce soupçon de mauvaise foi et de duplicité irrita vivement le duc. II exigea une rétractation formelle ; n'ayant pu l'obtenir, il provoqua son adversaire, et se rendit le 21 mars, c'est-à-dire en pleine session, sur le terrain de Battersea- Fields. Son lémoin fut Henri Hardinge, et celui de lord WincUjisea. lord Falmouth. Lwd Winchilsea, après avoir essuyé le feu de Wellington, tira en l'air et lui offrit spontanément tes excuses qu'il avait refusées au début de l'affaire.
C'est la seule fois, croyons-nous, que le duc vida en combat s'ngulier une querelle particulière. Quelque opinion que l'on ait sur ces sortes de jugements, on conviendra que, dans une wciété où le point d'honneur n'est pas un vain mot, l'homme fui Se respecte est parfois obligé de demander aux armes une Kparation plus prompte, sinon plus équitable que celle de la justice ordinaire.
L'émaDcipation des catholiques est uu des plus beaux titres politiques de Wellington. Ce succès ne pouvait être obtenu par aucun libéral opposé aux tories, ni par aucun tory autre que celui dont le tact el la fermeté inébranlable s'alliaient au prestige du plus grand nom qu'il y eut en Angleterre. L'influence personnelle du chef du cabinet (i) et la nécessité de rétablir l'ordre expliquent seules l'adoption d'une mesure qui rencontrait alors plus d'opposition que n'en rencontre aujourd'hui la question, encore non résolue, de l'émancipation des juifs. Néanmoins, ce succès merveilleux porta quelque atteinte au caractère public de Wellington. Les classes moyennes lui reprochèrent d'avoir porté un coup mortel au protestantisme, et les classes élevées d'avoir méconnu les traditions politiques dn gouvernement de parti. Les wighs voyaient en lui un ami suspecta plus d'un titre, tandis que les. tories lui faisaient un grief d'avoir, par sa défection, compromis leur influence morale et leur force matérielle dans les élections.
Le duc s'était en outre fait beaucoup d'ennemis par la sévérité qu'il apportait dans ses relations, et par l'exactitude militaire qu'il voulait introduire dans les divers départements. Il n'y eut pas jusqu'à ses services militaires, qui n'éveillassent de fortes susceptibilités. « Personne, disait,en 1828, lord Brougham, n'apprécie plus que moi les services et le génie militaire du noble duo; mais je n'aime pas le voir à la tête des finances du pays, en possession de toute la confiance du souverain, et réunissant dans ses mains l'autorité civile, ecclésiastique et militaire. Un pareil état de choses me frappe comme étant tout à fait inconstitutionnel.
(lICttlclQflacDCB derâltCtn bien (rindtpour forcer la ctaimbradw r>lr> 1 te Mlngcr, elle qut, din* la kuIod prtetâtote, mit déclare, à la nuJorlU de U voli.qaa l'Anaa- ■■ clpatloD feritllrop tnanirei lemeol une brtcbe * la ContlIliiUoti pour être Jinuli dlt- • Gnt«e. •
Ces nombreuses résistances et les attaques incessantes de de la presse (i) usèrent bientôt les ressorts aSàiblis du cabinet. La tâche de celui-ci était du reste terminée ; il pouvait donc et devait même se retirer. Wellington eut le tort de ne pas comprendre cette nécessité (s).
Cependant, quoique fortement ébranlé, le ministère, soutenu par le génie politique de sir Robert Peel, eut encore assez de force pour accomplir deux réformes importantes. Il fît sabstituer à la prohibition absolue des blés étrangers le système de l'échelle mobile, c'est-à-dire un droit variable sur les grains importés du dehors, s'élevant ou s'abaissant selon le prix des grains à l'intérieur. Il établit ensuite à Londres ie régime de surveillance et de police municipale en vigueur Aujourd'hui dans toutes les villes d'Angleterre. Cette dernière ■^fonne, malgré son incontestable utilité, rencontra cependant ""le opposition formidable. Les partisans des vieilles cou- 'DQies accusèrent le cabinet de vouloir introduire en Angleterre la police despotique des États du continent, avec son espionnage domestique et ses vexations quotidiennes. « Des personnes accréditées, dit un célèbre écrivain(3), se lamentent ^^ Voir l'ancien régime des hommes du guet (Watchmen) "Qpîtoyablementaboli.Une adresse fut présentée à George IV pc«r le conjurer d'ouvrir les yeux, d'invoquer le nom de 'Eternel, et de rallier autour de lui son peuple, car un com- P'ot était formé pour renverser ta maison de Hanovre et por- 1^ au trône le duc de Wellington , à l'aide des catholiques 'naodais qui s'enrôleraient dans la nouvelle police. Les peu-
"****<>-, uctniloui. etc., IdJuki que celle-ci lui re ™'* "-allre et vtelllt momie. - ToEr «tOcodelm . t. Il, p. lïî. ' ' %<kl>*rlFeel,il»iiuDsiiluiIlonina]agiie,moiitriblri)i>luidel*cl. /*l>V»rtlde*1oliiurle>eér<ilei, Il a-ti«tlti polnLl quiller le pouiolr «Éit^*** trop dlOlcne. reul-étre le sou«ii[r do ce qui lui *UII »rrt»« en ~~ dodue de WelllD(taii, nerui pisftrinferi celle réwlullan.
t*ï ■-«OIXOT.
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pies (mt tour à tour des terreurs et des espérances Clément puériles et folle». »
Pendant plusieurs années, les poticemen ne pouvaient se montrer dans les rues sans être suivis d'une foule qnî les huait et les assaillait de sobriquets injurieux. En 1853, une collision eut lieu enlre ces fonctionnaires et la po|Hilace dans Coldbatb-Fîelds. Trois policemea furent blessés, dont un mortellement. Le j^ry, appelé à juger les auteurs de ces méfaits, rendit un verdict à' homicide pt$tifid>le, indice significatif des sentiments dont était animée, à Pégard de la force nouvelle, la classe à laquelle appartmait le jnry (i).
A l'occasion de cette utile réforme, nous rappellerons que le duc de Wellington, étant secrétaire du vice-roi d'iriande, avait fait établir à Dublin un système de police qui peut être regardé comme l'origine de celui dont on fait honneur à sir Robert Peel (s).
Des trois grandes questions pendantes depuis un quart de siècle, deux étaient résolues. En fait de liberté commerciale, le pays avait obtenu toutes les concessions demandées; et en fait de liberté religieuse, le cabinet était allé au delà des voenx delà nation. Restait la réforme parlementaire, contre laquelle devait enfin échouer l'habileté et la prudence du duc de Wellington.
On était alors an commencemrat de 1830. L'état calme et
paisible du pays faisait espérer aux ministres qu'ils pourraient reculer longtemps encore l'épineuse question de la réforme. Les partisans de cette mesure étalait d'ailleurs peu noiDt»«ux, même dans la Chambre des Communes, puisque la proposition si modérée des canningistes de transférer à Birmingham la franchise particulière de East-Retford (i) avait été rejetée par une majorité de 27 voix, et qu'une antre motioo, faîte par John Russell au commeneemmt de 1850, motion qui avait pour objet d'accorder le privilège électoral, indépendamment de toute autre considération, aux villes de L«eds, Birmingham et Manchester, ne rallia que 140 voix sur 328 votants (s). Telle était la disposition des esprits, que le ministère se crut certain d'affaiblir le parti de la réforme en recourant à une dissolution du Parlement (3). Hais la révolution de juillet vint modiâer profondément cette situation. <i Au premier bruit qui en parvint à Londres, quand on n'y savait encore que les ordonnances de juillet : « Que faut-il penser de ceci? demanda quelqu'un au duc de Wellington. — C'est une nouvelle dynastie , répondit le duc. — Et quel parti prendrez-vous? — D'abord un long silence, puis nous Dous concerterons avec nos alliés pour agir. Le duc pressentait bien l'avenir de la France, et mal le rôle qui lui était réservé dans son propre pays (t). »
En effet, le contre-coup de la chute des Bourbons aînés se fit sentir immédiatement dans toute l'Europe, et particulièrerarat en Angleterre, où la transmission de la couronne four-
ni CCUIl CD clTct prèieotcr U queitlon toui » forme la plui InnoccDig. p
«rtilni bouni. on n'iutmentilL |i>i mtaie le nvDibrc dci reprCientinti.
<1) Dae >u(r« motlOB de lauell, demindint i la CHinibredaitCcJKrer -qi «'(Urilr lei btttt de U reprticntidoii natlonilc. - >v*ll rtual 117 tdIi tr tMTsUnli. Terili oiA me époque, une propoilltou plua ndicile d*0'C<>nncl H* laae majorité icnaante.
(1) Le*Klchl volCrcnl contre l'adrciie.qul coBielUalt celle wlulioD au rul,
|4) M. euiiOT.
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nit un sujet de plu3 à l'émotion du peuple. Avec George IV s'évanouirent tes dernières espérances des tories. Son successeur, Guillaume tV, souverain affable et généralement aimé, passait pour avoir des idées libérâtes. Cependant il conserva le cabinet Wellington. Ce fut une faute, car l'opinion publique, surexcitée par les événements extérieurs et les manœuvres des whigs qui reprochaient au ministère de tes avoir exclus de la collation des places (i), s'éloignait de plus en plus de ta politique ministérielle.
Les élections se ressentirent de cette double inQuence et donnèrent une majorité favorable aux idées de réforme («). Le duc malheureusement était peu disposé à calmer, par des concessions opportunes, une effervescence qu'il croyait factice et momentanée. On peut dire qu'il se méprit sur le caractère du mouvement qui s'était opéré dans les esprits, et sur les devoirs que cette situation imposait au gouvernement. Au lieu d'agir comme il avait fait à l'égard des catholiques d'Irlande, il opina pour la résistance, el prit même à l'égard de la presse une attitude qui n'étant pas sans analogie avec celte de Polignac, accrédita l'opinion déjà dénoncée par la rumeur publique qu'il avait eu des rapports avec ce ministre et s'était employé secrètement pour le soutenir. On lui fit aussi un grief de la sévérité avec laquelle, dans le discours d'ouverture de la session, il avait qualiûé la révolution belge, langage qui autorisait à penser qu'il était disposé à intervenir en faveur de la maison d'Orange. Enfin ses liaisons personnelles avec les souverains absolus du continent achevaient de le rendre suspect à la nation. On le représentait comme le symbole de la force dévouée à la destruction de la liberté. Ses moindres
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nine]ou«ict trahli.
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actions étaient dénaturées avec la plus insigiie mauvaise foi. Une parade ou un rassemblement de troupes suffisait pour alarmer les crédules habitants de Londres et leur faire croire à l'existence d'une vaste conspiration militaire. La popularité du vainqueur de Waterloo ne résista pas longtemps à ce débordement de haines et de passions.
Les mécontents se réonissaient en groupes devant son hôtel, ou l'insultaient dans les meetings. Un jour même, le vainqueur de Waterloo fut hué en traversant Piccadilly pour se rendre à une fête du lord-maire dans la Cité. SoR prudence, soit dans le but de faire honte à ses ennemis, le duc fit placer des volets en fonte aux fenêtres de son hôtel d'Apsley-House.' Aucune instance ne put obtenir depuis qu'il fit enlever ces sombres témoignages de l'ingratitude momentanée de ses compatriotes. Ils prouvent encore aux étrangers qui visitent Londres à quels excès déplorables se laissent parfois entraîner les masses.
On doit reconnaître qu'à cette époque Wellington montra plus de roideur qu'il ne fallait. Après avoir sacrifié ses convictions et ses sympathies dans la question religieuse, il aurait dû, avec la même grandeur d'âme, faire une concession à la réfonne parlementaire. S'écârtant pour la première fois de sa ligue de conduite habituelle, et au mépris de sa maxime favorite : « Un homme d'État doit savoir faire « le sacrifice de ses opinions à la tranquillité du pays, » il s'opposa systématiquement à la mesure proposée. Voici- en quels termes il s'exprima dans la séance du 2 novembre 1 830, pendant le débat de l'adresse en réponse au discours du trône : « Je ne connais aucun système de représentation « meilleur ni plus satisfaisant que celui dont jouit l'Àngle- « terre ; ce système possède et mérite de posséder la pleine a confiance du pays. J'irai plus loin : si le devoir m'était n imposé en ce moment de former une législature pour un « pays quelconque, surtout pour un pays à grandes richesses
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« de toute sorte comme le nôtre, je ne pense pas que je parte vinsse à faire rien de comparable à ce que nous avons, car n la sagesse humaine ne crée pas du premier coup une in-
« stitution si excellente Je ne puis donc pas proposer la
a mesure à laquelle on a fait allusion. Non-seulement je ne « le puis pas, mais je déclare que, tant que j'occuperai un « poste dans mon pays, je m'opposerai à cette mesure, quel « que soit celui qui la propose. »
Cette déclaration, faite dans un moment oîi le peuple anglais, témoin de la servilité de ses Parlements, de la dépravation de ses hommes d'Ëtat, de la corruption de ses institutions, du spectacle hideux des souffrances de l'Irlande, attribuait ces maux, les uns réels, les autres étagères, aux vices du système représentatif, produisit une immense sensation dans tout le pays.
« Le roi Guillaume IV devait aller dîner, le 9 novembre, dans la Cité. On annonça de toutes paris que des démonstrations violentes éclateraient ; que le duc de Wellington serait gravement insulté, peut-être menacé; on s'inquiéta pour la sûreté du roi lui-même. Les événements de Paris enflammaient ou alarmaient encore les esprits ; la fermentation populaire et le trouble du pouvoir croissaient d'heure en heure. Le cabinet, chancelant, ne voulut pas accepter la responsabilité de la sédition ni de la répression que la promenade royale à travers les rues pouvait entraîner. Une proclamation annonça ta veille qu'elle n'aurait pas lieu, non plus que le dîner de la Qté. Paidant deux jours, les Chambres retentirent i ce sujet d'interpellations, d'explications et de débats. Le duc de Wellington se défendit avec quelque embarras. H. Peel le soutint loyalement, en essayant d'ouvrir quelques perspectives de conciliation ; mais les whigs, qui toncbaient à la victoire, n'avaient garde de soufli-ir qu'elle fût ajournée. Le 15 novembre, une proposition du chancelier de l'échiouier, pour la liste civile du nouveau règne, fut rejetée par
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2S5 suffiragea contre S04, et, )e lendemain 16, te duc de Wellington et H. Pee) annonckent que le cabinet se retirait, et que le roi «vait chargé lord Grej de former une administration (i). »
Trop conservateur pour l«s libéraux, trop libéral pour les conservateurs, le cabinet, au moment de sa chute, était abandonné de tous. Sa retraite ne surprit ni n'afQîgea personne.
Sous le rapport de la politique intérieure, l'administration du duc de Wellington avait été féconde en résultats. La question delà lihertéducommerce avait fait un pas décisif et celle de rémaneipation était arrivée à un dénoûment heureux. D'autres mesures importantes avaient été prises, notamment la réorganisation de la police générale du royaume.
On ne peut guère reprocher au duc que son obstination à méconnaître le sentiment public dans la question de la réforme; et racore faut-il noter que l'exemple de cette obstination lui fut donné par les homme* d'Ëtat aux idées les plus larges et les plus généreuses. Il suffit de citer sir Iiob«t Peel pour faire comprendre l'attitude prise par Wellington dans cette cireoDstanee. Vieux soldat élevé à l'école- de Chatam et de Castlereagh, il avait vu, sous l'inOuence de ce régime tant décrié, sa patrie s'élever au premier rang des nations. Les souvenirs de sa jeunesse , ses plus beaux succès, la gloire des années britanniques se rattachaient à ce brillant passé, contre lequel s'élevaient les passions de la foule avec une rage qui devait lui paraître insensée. Imbu de l'idée que la révolution de juillet avait seule produit cette exaltation, bien plus factice que réelle, le duc s'était imaginé que le peuple, rendu à ses bons instincts, ne tarderait pas à s'apaiser. Il ne fut pas, du reste^ le seul homme d'Ëtat qui partageât cette opinion , et qui, adoptant la réforme parlementaire, eût craint de mal
Ul m.mt»T.sir»pèirirti.
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servir les intérêts de la nation. Aujourd'hui même encore des esprits sérieux se demandent ce que le peuple anglais a gagné en force et en considération à cette réforme,. qui devait, au dire de ses promoteurs, soulager toutes les misères, faire disparaître tous les abus, et provoquer des améliorations dans toutes les branches des services publics.
En définitive, quelque opinion que l'on ait de la politique intérieure du cabinet de Wellington, on doit admettre qu'elle fut plus énergique et plus libérale que sa politique extérieure.
N'ayant point de sympathies pour la cause de la Grèce, et jugeant que la destruction de la flotte ottomane avait été av»itageuse seulement à la Russie, le duc qualifia la victoire de Navarin : un événement fâcheux, dans le discours prononcé, le 29 janvier 1828, par les commissaires royaux à l'ouverture de la session. Ce langage fut blâmé par l'opposition libérale des deux chambres comme indiquant, de la part de Wellington, le projet d'abandonner la politique de Canning.
Le fait est que le gouvernement, par son attitude molle et Indécise, encouragea l'obstination de la Porte et détermina la Russie à se détacher du traité de Londres, dans le but de faire la guerre aux Turcs pour son propre compte. Ce fut une faute contre laquelle le prince de Mettemich essaya. vainement de prémunir le chef du cabinet. Si Canning avait été premier ministre, il est permis de croire que l'empereur Nicolas n'aurait pas obtenu dans le traité de paix des conditions aussi favorables pour lui, aussi dangereuses pour l'Europe.
On a blâmé avec raison l'attitude bienveillante que prit lord Aberdeen, ministre des affaires étrangères sous Wellington, envers le fourbe et violent don Miguel, usuq)ateur de la couronne de Portugal.
Il faut remarquer, cependant, que toute autre politique que la neutralité eut été une violation des principes que l'Angle-
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terre elle-même avait cherché à faire prévaloir au congrès de Vérone,
Dou Miguel ne méritait sans doute aucune considération ; mais fallait-il pour renverser ce tyran et mettre à sa place don Pedro, entraîDer l'Angleterre et peut-être l'Europe dans une guerre nouvelle? Wellington ne le pensa point. Son successeur lord Grey, chef d'un cabinet où les wbigs avaient la majorité, observa du reste la même neutralité. Seulement, en s'abstenant, il eut la fermeté d'exiger ()ue les autres s'abstinssent également. Cette politique, en empêchant l'Espagne d'intervenir en faveur de don Miguel, bâta le triomphe du bon droit.
On a dit que Wellington, dans cette situation, aurait laissé le champ libre aux Espagnols (i); mais cette opinion, fondée sur quelques indices tirés de sa correspondance, ne peut pas avoir l'autorité d'un fait reconnu. Personne plus que le duc De sut imposer silence à ses convictions et à ses sentiments quand il eut un devoir essentiel à remplir.
Ceux qui ont suivi Wellington pas à pas dans sa carrière ne seront pas étonnés d'apprendre qu'il ait vu de mauvais œil la révolution de Paris, et que dans le discours d'ouverture de la session législative, il l'ait qualifiée de révolte contre un gouvememenl éclairé (s).
Il exprima, dans le même discours, la résolution de maintenir, à l'égard du roi Guillaume, les traités généraux qui avaient fixé le système politique de l'Europe. Le duc était poussé dans cette voie par ses convictions, hostiles aux gouvernements révolutionnaires, par ses sentiments d'affection
; apiaha a illd eifrlraiSc par lu conllnualcuri de l'ouiraga do lumc. il ipprti iTGc un iirofond icercl Ti iltuitlon dct aiTiIrri de* Ptjt-»*: Je ddplorv InlilnUon dclalrïs du rai n'ait pu prCnncr leadotnalncada la rerolte. ((Dft- *, prononce le 3 noYcmbre.)
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pour la inaiwo ^Orange, par ses liùsons avec ks despotes du continent, et surtout par le souvenir du zèle qu'il avut mis à ctmsolider l'unioD mal asaortie de la Belgique avec la Hollande, union ifù réalisait selon lui u&e idée vraiBa«at utile i l'Europe, l'idée d'une barrière puissante opposée aux envahissements de la France. Entraîné par ces diverses considérataoDS, le duc parut un monieat disposé à intervenir par les armes dans le différend boHaDdo-belge. Mais quand l'onlre eut pris le dessus à BnJKelles^et que les puissances continraitales se furent «aises d'accord pour reconnaître le mouvement accompli, les iatentions de Wellington à l'égard de la Belgique changèrent complètement; il accueillit même avec joie la Bouvelle de l'élection du prince Léopold, l'bomme le plus propre à consolider ce qne Iwd Palmerston 'appelait sa petite motttavhie eicpérimentale.
Lord Grey avait composé son administration d*uBe majorité de whigs, à laquelle s'étaient joints trois ou quatre partisans de la pcJitique de Ganning.
Le 1" mars 1851 , le cabinet soumit à la Chambre des Communes, par l'intermédiaire de John Russel, une proposition de réforme parlementaire. Bien que sir John ne fut pas ministre, il méritait l'honneur de cette initiative, en considération des efforts énergiques et persévérants qu'il avait faits dans l'intérêt de la mesure proposée (i).
La discussion fut des plus orageuses. Elle mit au jour des faits de corruption électorale et des abus qui constituaient une altération évidente du système représentatif.
De grandes villes, comme Leeds, Manchester, Birmingham , étaient classées au-dessous de petits bourgs en possession
(I) Urd Srejr. 'd reite, iTilt ta
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de la franchise électorale, a Daas vm partie àe l'empire, « dit lord Dtirham, un parc sans population, pu du moins K une populatiim absolument insigaifiaBte , «ivoie deux « membres à la chambre , tandis qœ des villes comptant « leurs habitants par centaines de mille n'ont pas même un « seul député (i). »
« Les »é%ei du Parlement, dit H. Sheil (9), sont l'objet « d'un trafic honteux. 11 existe un marché presque public, un « entrepôt commun, un bazar pour la veate des franchises « du peuple. Ceurtier parlementtâre est une qualification tt consacrée par l'uss^. Bien plus : ^es bourgs pourris entrent « dans les arraof^meirfs matrimoniaux et servent de dots ou R de douaires aux jeunes filles. Ce trafic notoire des bourgs *t a «igeedré une habitude générale de vénalilé. En voyant V les lords eoavertîr ea argent leur influence électorale, •< tïumble électeflr a été conduit à tiru- parti de son misé- « raMe sufl^ge.... Et de -qud droit condamoerioofr^ious la « oorruption de celui-ci, quand, nous donoMis protection et « appui à celui-là? L'iofamie de la prostUutiofi est-^elle puri- (c fiée parla grandeur du salaire?
Plaçant la question sur un terrain plus élevé encore, M. Hacaulay, fort de l'appui du peuple et de l'Msentiment des orateurs les plus disUngués de la Grande-Bretagne, s'écria aa milieu d'an touQwre d'aj^laudissements : « Tout présage « à ceux qui s'otetinent dans «ne vaine lutte contre l'esivit « du itemps une défaite certaine^ édlatante. La chute du plus « superbe trône du continent retmtk encore à nos oreilles ;
(Il Dlieoun pnnoncâ 1 la Chambra dBi Lordi.
Varail Ira TtDei noa mpréicntcet ic troaitlenl ilon Lecd*. SMIBeM, Bradtord, lilmui «nMvnaaId «I «ikelKM-
ID raTiacliB, Old-MTum, lieu tani niilton) et hd> un uul tubllanl, l'H fiul en croire un MMarjuwl*l*(FMafHtali9- Mua pqllllcml Iff» of Arikur ftiumv, p. isa),a*altd«i>i repnStentnU qui m reprdicntilant peruDDi.
(1) MBibN da UOIiUikr
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« le toit d'un palais anglais donne un triste asile à l'héritier « exilé de quarante rois... De tous c6tés nous voyous tes « vieilles institutions renversées, les grandes sociétés péri- « clitantes. Pendant que le cœur de l'Angleterre est encore « sain, pendant que tes anciens sentiments, les anciennes « institutions conservent encore chez nous un pouvoir et un (c charme qui peuvent s'évanouir bientôt; dans ce moment « encore propice, dans cette heure de salut, prenez conseil, <c non des préjugés, non de l'esprit de parti, non du honteux « orgueil d'une obstination fatale, mais de l'histoire, de la « raison, des siècles passés, des redoutables symptômes de « l'avenir! Rajeunissez l'Ëtat; sauvez la multitude livrée à « ses ingouvernables passions ; sauvez l'aristocratie compro- « mise par son pouvoir impopulaire ; sauvez la plus grande, « la plus belle société, la plus admirablement civilisée qui « ait jamais vécu, des calamités qui peuvent en quelques « jours ravager ce riche héritage de tant de sièclesde sagesse « et de gloire. Le danger est immense; le temps est court! u Si ce bill doit être rejeté, je prie Dieu qu'aucun de ceux ff qui concourent à le faire rejeter ne regrette un jour amèreu ment et vainement son vote, au milieu de ta ruine des lois, « de la confusion des rangs, de la spoliation des richesses et et de la dissolution de l'ordre social! u
Les adversaires du bill objectaient, que sous l'influence de ce régime, frappé maintenant de réprobation, l'Angleterre avait conquis la première place dans le monde, et que les boui^s pourris, notamment, avaient donné au pays ses plus illustres hommes d'Ëtat.
L'un des orateurs les plus respectés de la Chambre des Lords, sir Robert Peel, combattit la mesure comme née sous de mauvais auspices, comme excessive en soi et dénaturant la constitution du pays, comme soutenue par de mauvais moyens. « C'est, disait-il, une réforme soulevée en An- « gleterre par le vent révolutionnaire venu de France, et
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« dont on poursuit le triomphe en fomentant parmi le ■< peuple les idées, les passions, les pratiques révolution- « naires...
« Votre jugement est troublé par ce qui vient de se passer M chez nos voisins... Ne vous laissez pas entraîner par cette a excitation momentanée... Quand le peuple anglais repren- « dra son ferme bon sens, il vous reprochera d'avoir sacrifié « la constitution du pays au désir de flatter une explosion de d sentiments populaires... Je combattrai ce bill jusqu'au a bout, parce que je le crois fatal à notre heureuse forme de s gouvernement mixte, fatal à l'autorité de la Chambre des « Lords, fatal à cet esprit de suite et de prudence qui a valu a à l'Angleterre la confiance du monde, fatal à ces habitudes, « à ces pratiques de gouvernement qui, en protégeant eiBcaa cernent la propriété et la liberté des personnes, ont donné u au pouvoir exécutif de t'Ëtat une vigueur inconnue dans « toutautre temps et dans tout autre pays.. .Si le bill proposé <t par les ministres est adopté, il introduira parmi nous la a pire et la plus vile sorte de despotisme, le despotisme des « démagogues, le despotisme du journalisme, ce despotisme « qui a poussé des contrées voisines, naguère heureuses et « florissantes, sur le bord de l'abîme. »
Ces arguments exercèrent tant d'influence, que le minïstèreessuya dans la Chambre des Communes un premier échec sur l'une des dispositions importantes du bill. A la suite de ce vote, la dissolution fut prononcée le 11 mai, et un nouveau parlement convoqué pour le 14 juin.
La résolution du cabinet provoqua un enthousiasme générât parmi les libéraux, suivi de scènes de violence dans le peuple ; le jour oii elle parut dans les journaux , la populace de Londres brisa les fenêtres de M. Baring et du duc deWellington,les deux noms les plus éminents du commerce et de l'armée.
Les tories éprouvèrent de rudes échecs dans les élections.
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— se —
La QOBTelle <^sinbee vota, par 367 voix contre 25i , la seconde lechire du projet de réfonne, et par S4S contre 256 la formule d'usage : que ce biU passe.
Dans la Chambre -des Lords, le cabinet rencontra plus de difficultés. An nombre de ses adversaires dédarés se trouvait le duc de Wellington. Il soutint que le bill en discussion violait le pacte fondameRtal, en prindpe comme en fait : « La « représentatioB des villes, 'dit-il, va se trouver à la mereî de « <}ndques oomhés ; -d'antre part, en augmentant le nombre « 'des députés des villes, on détraira l'équilibre qui doit «xis- « ter entre la représentation uittaine et la représ^datloB agritt cole >de« comtés. Le bill créera un oorps Rectoral démocraa tique et violent, <pii ne pourra produire qu'une assemblée « légi^tive violente et d^ocrate. Avec le bill', les églises
« d'Angleterre et d'Irlande imront bientôt disparu » Le
duc ajouta, sous forme de péroraison : « L'expMence que « j'n acquise dans les situations où j'ai servi Sa M^estâ me « donne le droit et m'impose le devoir de dire que je ne puis « pas voir cette mesure sans la plus sérieuse apprébension, « car de l'époque de son adoption datera le renveeseneot de » notre oonstitutian (i). »
Lord Dudley combattit la mesure parce qu'elle reposait sur la Boppositien meostruaise que l'AnglelMre n'avaât jtHoais eu «n bên ffonvememewt, et que le peuple avait toujours été privé de ses droits.
Après useassez loi^oe discussion, l'amoadement tendant à l'ajournement du bill i six omis fut adopté par une m^orite de Ai voiif»).
Il) voir uncfimtMi t.il, p. lai. Bsmrqiwoi ms<h« va fariliiDcntnii weltfcried tbeconntr)' ror * Tarlet^ or in«i UCBIirl]' Ht litc jtan. I hb do nawD For tlw maiiarc nov UlBlodlTldiuri Inlhe conntrr. >
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Nouvelle complication, nouveaux troubles. Rarement l'effervescence fut plus générale et plus menaçante à Lwulres. L'hild d'Âpsley-flouse eot encore une fois ses fenêtres brisées ; celles du comte DniUey et du marquis de Bristol subirent le même sort. Le marquis de Londooderry fut accueilli à coupe de pierres et blessé ; le duc de Cumberland, jeté à bas de son cbeval, eût probablement été tué sans l'intervention c^portttne de la police.
Sur d'autres points de l'Angleterre et notamment à Bristol, des désordres tout aussi graves furent commis ; les émenti«ï eurent recours à l'incendie et au pillage. Depuis les troubles de 1780, on n'avait rien vu de semblable.
O'Cosnell profita de cette situation pour organisa* une Douvelle et stérile {citation, dans le bot d'obtenir le rappel
Le roi, heureusement, soutint ses mÎDiMres . dans leurs efforts pour calmer le peuple. Un nouveau bill, peu différent du premier, fut soumis aux Chambres. Celte des Communes l'adopta à la majorité de 116 voix ; celle des Lords était toujours hostile, mais fdusieurs de ses membres se rallièrent par b o^nte de voir le gouvernement faire une création importante de pairs. Le duc de Wellington néanmoins déclara, malgré toutes les menaces dont il était l'objet, que son opinion n'avait point changé. La seconde lecture fut votée à la faible majorité de 9 voix. Immédiatement après, les lords se séparèrent pour les vacances de Pâques.
Les réformateurs mirent cet intervalle à profit pour oi^- Diser de nouvelles manifestations, et ils rassirent d'autant mieux, que la faible majorité pour la seconde lecture avait réveillé toutes les craintes des partisans du bill.
A la reprise de la session (le 7 mai) lord Lyndhurst proposa QQ amendement que le ministère signala comme une manoeuvre ayant pour but d'apaiser les clameurs de Manchester et de plusieurs autres grandes villes, afin d'avoir msuite
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meilleur marché des autres clauses relatives aux franchises à supprimer.
Cette motion Déanmoinsfutadoptée par 151 voix contre il6. Le ministère remit aussitôt sa démission entre tes mains du roi (i). Sa Majesté fît venir le duc de Wellington et le chargea de former un cabinet, à la condition expresse qu'une large réforme serait la base de la nouvelle administration. Bien que le duc se fût prononcé ouvertement contre la réforme, il consenlit à faire quelques démarches, de concert avec lord Lyndhurst (s). Ces démarches n'ayant produit aucun résultat (s), la couronne fut obligée de revenir à lord Grey et de lui promettre la création d'une fournée de pairs, si la chambre haute continuait à se montrer hostile à la loi : cette menace produisit l'effet désiré. Le duc de Wellington et une centaine de membres, ne voulant ni donner leur assentiment au bill, ni forcer les ministres, en persistant dans leur opposition, à créer de nouveaux pairs, s'abstinrent ; et le 6 juin la réforme fut défînitivement adoptée par 106 voix contre 22.
Le duc de Wellington accepta le fait accompli avec sa décision habituelle ; un an après, il disait : « Maintenant que a l'acte de réforme est devenu la loi du pays, je regarde
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« comme de mon devoir, non-seulement de m'y soumettre, « mais de coopérer à son exécution par tous les moyens en « mon pouvoir. »
Un auteur français a très-bien indiqué la raison qui justifiait aux yeux du duc cette singulière conduite :
« Il y avait quelque chose, dit M. John Lemoine, que Wellington mettait au-dessus de toutes tes opinions , c'est la Décessité de gouverner. Il ne comprenait pas plus l'Ëtat saos gouvernement qu'il n'aurait compris l'armée sans chef. C'était en politique son idée principale, nous dirons son idée unique.
o L'émancipation était un mal, la réforme était un mal; mais la guerre civile et la révolution eussent été des maux plus grands encore; et il fallait gouverner à tout prix (i). Il éclûppait de temps en temps au vieux duc des paroles qui restaient proverbiales chez les Anglais : après le vote de la réforme, il lit cette remarque aussi briève que significative : « Et comment s'y prendra-t-on maintenant pour « gouverner? » Il avait raison, et le gouvernement, comme il l'entendait, est en effet devenu beaucoup plus difficile depuis ce temps-là.
« C'est toujours pour obéir à cette nécessité de gouverner qu'il renonça à presque toutes ses opinions. Ennemi de la réforme commerciale (s), il s'y rallia, comme Robert Peel, quand elle fut devenue nécessaire. A cetteoccasioO: il déclara avec son habituelle simplicité , « que la formation d'un gou- « vemement dans lequel Sa Majesté aurait confiance, était
(I) Tolcl M qncli tcrtnei le diicaipllqiu cMle pdlllliiiio 1 liiCliiabrcJciI.arda dinili
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« i ses yeux bien plus importante qae les opinions d'aucun « inditidu surles loisdeprotectttHi. »
Et quand sir Robert Peel lui demanda l'appui de son grand nom pour former un ministère, il dit dans la Chambre des Lords « : J'ai résolu de lui donner mon concours, bïm que je ff sache que par là je participerai à un changement essentiel « dans la loi existante. Hais, amplement récompoisé comme « je l'ai été par la couronne et par le pays, je ne puis refuser « mon concours, quand je suis appelé à former un gouvera nement pour donner à Sa Majesté le moyen de coqto- « quer son parlement et de faire les alTaires du pays. »
Nous aimons àciter littéralement les paroles de cet homme remarquable, parce que rien ne saurait mieux le peindre. On Toit qu'il avait une idée nn peu limitée, un pen exclusi- Tement militaire des devoirs du gouvernement; mais il était tellement pénétré de cette idée qu'il y subordonnait, et quelquefois même y sacrifiait ses convictions. En le jugeant ainsi, nous ne voulons point le déprécier. Il était tellement honnête, tellement droit, tellement vrai, que ce qui, chez un autre, eût été du scepticisme ou de l'apostasie, pouvaitètre regardé chez lui comme de la vertu et du désintéressement ; et précisément parce qu'il n'avait pas des doctrines très-arrètées, parce qu'il s'inspirait de Tbistoire plus que de la philosophie, des faits plus que des idées, le sacriBce moral qu'il faisait aux circonstances coûtait moins à son honneur et à sa cou-
L'année 1852 fut celle où la popularité de Wellington essuya les plus rudes échecs. On répétait partout ce mot de lui à M. Porter, manufacturier de Manchester : a Si le peuple « d'Angleterre ne veut pas rester tranquille, il y a un moyen « de l'y contraindre. » (If the peopte of England won 't be quiet, there ts a way to make them). Cette menace exaspéra la populace au dernier point. Le i8 juin, jour anniversaire
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de Waterloo, le duc, visitant la tour de Londres, fut iuuHé et serré de »i près qu'il aurait eu de la peine it rentrer sain ti sauf chez lui, si quelques soldats et gentlemen n'eussent entouré son cbeval et formé une espèce d'escorte (i).
L'année suivante, les afiaires du Portugal fournirent à Wellington l'occasion d'attaquer le ministère whig, qu'il btàma d'avoir entraîné le pays dans une lutte à laquelle il aurùt dû rester étranger. Il traita fort durement cette guerre et ceux qui l'avaient entamée. On ne devait pas attendre moins d'un partisan absolu du principe de non intervenr tion.
Cette même année, comme s'il s'était r^nti d'aT<Hr donné trop de gages aux catholiques, le duc saisit avec empressemuit deux occasions pour se réconcilier avec le protestantisme ; il qualifia l'agitation de l'Iriande « une conspiration « de prêtres et de démagogues voulant atteindre leur but par * la menace et la force (s); » quelque temps après, il s'écria en plein pariement (s) : « Notre devoir est de faire tout ce que « nous pouvons pour la prospérité de la religion protestante, « non-seulement à cause des relations politiques qui existent « entre l'ï^lise d'Angleterre et le gouvernement, mais encore « parce que ses doctrines sont les plus pures et son système « le meilleur qui puisse être offert à un peuple. »
Nous reprocherons moins à lord Wellington cette opinion - «iclusive que la vivacité avec laquelle il s'exposa cqnstamment à l'admission des juifs dans le Parlement. Ce fut en effet une faiblesse d'esprit de vouloir « que dans une légis- « latnre chrétienne il n'y eût que des chrétiens. » 11 est juste
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de faire observer toutefois que jusqu'à ce jour l'exclusion des juifs a été maintenue en dépit des efforts du gouvernement, preuve que l'intolérance, même chez les peuples les plus civilisés, peut étouffer longtemps la voix de la justice et de la
Une question souvent agitée fut celle de l'abolition de la traite des nègres dans les colonies anglaises. Le duc, en principe, était contraire à ce trafic; mais, dans l'application, il voyait un inconvénient à le supprimer. Celte réforme, d'après lui, aurait amené la décadence des colonies de l'Inde occidentale et favorisé au contraire le développement de celles des autres nations; de sorte que l'Angleterre, au lieu de consommer du sucre produit dans son empire, se serait vue obligée d'acheter du sucre français, américain ou portugais, toujours fabriqué par des nègres, il est \Tai, mais non plus par des nègres appartenant à des sujets britanniques. Or, Wellington trouvait, avec raison, peu nécessaire de consacrer un ordre de choses si manifestement préjudiciable à son propre pays, et dont l'humanité n'aurait tiré aucun avantage.
Dans le courant de l'année 1854, le bill de répression contre les violences et les désordres commis en Irlande amena la retraite de lord Grey. Déjà, antérieurement, plusieurs de ses collègues l'avaient quitté à ta suite de dissentiments provoqués par d'autres mesures (i). Au lieu de se retirer avec leur chef, les ministres restèrent et choisirent lord Melbourne pour
(I) LaiTlrille ilecs ciblnot,qui n'iïilt pii éproiiTf d'AcMc* liChunbre, ruIiUribniM en ADgleterre ini latrlfUM ilcli rrina *d£liMe. a. Gultot l'eipllqno lulrcmml : ■■ Lord Gny dll-II| crut un honneur bleuC «1 )a dluallon [iuu«g par Ici dfntarchd do cpielque*uniileu>ei]lltgaCielp>rccrlalnid«niél«ilnlérlfuriduciblnel.n«Jl,iRUrlcur«nwnl. lurd Bnriiini a*alt dgnné ■« dfmlulan loui prClBile <lc maJidlc, nul* en r^llM pir imin- (IcncB ilv voir qn'oa n'allait ni atiei ille ni auez loin dini la vole llbCrale. tcv iprtt, lord
dd noUH plui •«lient : ta qucMIon dR ri|ipl<citlDn de rvicitdant de i rc> tnui de rl«llte d'Irlande t ItdUGillon pabiique. Ceci *e paiull deui mala avinl la relralto de lord Gref. -
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présider le conseil. Maïs Guillaume IV n'ayaat pu se mettre d'iccord avec cet homme d'État, pria le duc de Wellington defonner un nouveau cabinet. Le lendemain 15 novembre, Il chute des whigs fut officiellement annoncée.
Appelé à Brighton, le vieux chef des tories donna un grand exemple de modestie et de puissance, c Ce n'est pas à mot,
■ dit-il, que Votre Majesté doit demander de former un mi- ' DÏstère et qu'il appartient de le diriger, c'est à sir Robert Peel. Dans la Chambre des Communes sont les difficultés « et la prépondérance; c'est son chef qu'il faut à la tète du
■ gouTemement. Je servirai sous lui , dans le poste qu'il
■ plaira à Votre Majesté de me confier. »
Cette proposition fut agréée. Mais comme l'honorable baronnet était alors en Italie, le duc de Vf^ellington se chu^ea, en attendant son retour, de la responsabilité du gouvernement. De concert avec lord Lyndburst, il dirigea pendant trois semaines plusieurs départements ministériels. Les rigoristes constitutionnels s'élevèrent contre ce cumul, pendant que le public « admirait en souriant la confiante hardiesse et l'infatigable empressement du duc à servir le roi et l'Ëlat (i). »
Sir Robert Peel arriva à Londres le 9 décembre 1834. Il Gfaai|;ea Wellington du portefeuille des relations extérieures etrecmta ses autres collègues parmi les tories modérés.
La dissolution de la Chambre des Communes fut l'un des premiers actes de ce ministère.
Les nouvelles élections donnèrent au parti conservateur 100 voix de plus qu'il n'avait précédemment. Malgré ce renfort, le cabinet fut battu sur la question du choix de l'orateur. Peel n'en resta pas moins à son poste, ayant l'espoir de raffermir sa position et de gagner du terrain par la pré-
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sentatioD de quelques mesures utiles. Mais les whigs, assurés (l'une majorité dans la chambre, se moutrèreat décidés à saisir la première occasion pour renverser le ministère.
Cette même année, la mort de lord Grenville laissa vacante la chancellerie de l'université d'Oxford (i). Wellington fut nommé à cet emploi par l'unanimité des suffrages (a). Cette marque de haute coniiance, donnée au plus ferme soutien du bill de l'émancipation catholique, prouve que l'impopularité du duc s'était évanouie avec l'agitation qui l'avait fait naître.
La cérémonie de l'installation eut lieu avec une pompe extraordinaire le 9 juin. Le duc ouvrit la séance par un petit discours latin et procéda ensuite à la nomination des nouveaux docteurs. On admira généralemoit la bonne grâce avec laquelle ce vieux soldat, blanchi sous le harnais, porta la toge de chancelier et se prêta à toutes les exigenoee d'un cér^onial ridicule. Il serait impossible de décrire l'enthousiasme que sa présence excita au milieu de la foule accourue pour le voir. Quand l'auteur du poème couronné, en tawinant sa harangue, adressa un hommage pul^c u au héros qui avait paciâé le monde dans les champs de Waterloo, » toute résistance se leva, et pendant plusieurs minutes battit des mains, agita les chapeaux et les mouchoirs au milieu de hourras frénétiques (3).
La nomination d'un militaire au poste de ehaucelier de l'université d'Oxford dut paraître, aux étrangers surtout, une véritable excentricité; cependant, dit lord Ellesm«e («), il est reconnu aujourd'hui que jamais l'université n& fit un meilleur choix. Le duc s'occupa trè&«clivement de sa nouvelle charge; peu de jours avant sa mort, il défendait les
(I) CreliTlIle mounit le 12 Jii (l)LeWJ*airlcr.
(3) VolrlTOCgUELH.L tl,p.
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intérêts de rtiniversîté à la Chambre ilcs Lords en homme paffaitament ui conraDt de la question.
Leminifltère de sir Robert Peel avait Mé depuis son début aax [»iies avec des difficultés invincibles. Battu sur plusieurs 4piestiona, il se retira le S avril 1855, à la suite du vote sur la motion de John Russell demandant l'appropriation à l'éducation publique de l'excédant des revenus de l'Ëglise d'Irbnde. Ainsi, après qnatre mois d'une existence tourmentée, le cabinet tory céda la place à un ministère vrhig, formé sous la présidence de lord Melbourne.
À partir de cette époque, le doc de Wellington cessa de prendre une part influente dans le gouvernement civil du pays : il se bonia strictement à l'examen des questions militaires et i l'accoinplissement de ses devoirs de membre de la Chambre des Lords et de chancelier de l'université.
Guillaume IV mourut au mois de juin i857. Wellington fit son éloge dans la Chambre des Lords. Il saisit cette occasim pour expliquer le motif de l'empressement qu'il avait mis i servir ce prince dans des moments où sa considération eût gagné à ce qu'il s'abstint : « Je fns engagé h le servir, dit-il , « noD-sealement par le sentiment du devoir et par la eonsî- « dération que le souverain de ce pays a le droit de réclamer « mes services dans toute situation oà il peutles croire utiles, « mais eiieiH« par un sentiment de gratitude pour les fa- « venrs et les distinctions que Sa Majesté m'a conférées, n malgré l'opposition que j'ai dû faire quelquefois à ses « vnes {i). »
La reine Victoria conserva aux affaires lord Melbonme, qsi, par son expérience, ses manières aimables et son esprit
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d'hoDime du monde, était essentiellement propre à feire l'éducation politique de la jeune sonveraine. Cependant, quelque faveur qu'elle témoignât à son premier ministre, la reine ne le plaça jamais dans son estime au-dessus du vénérable duc, pour qui elle ressentait une affection toute filiale. Loin de cacher ce sentiment, elle s'en expliqua un jour très-franchement avec lord Melbourne lui-même. C'était à la sortie d'un conseil tenu à Windsor. Le chef du cabinet, au m<HQarat de se séparer de la reine, pria Sa Majesté de lui dire « si ^le avait pour quelqu'un de ses sujets une telle pr^érence qu'elle souhaitât l'associer à elle dans l'exercice des devoirs de la souveraineté que la Providence lui avait départis. » La reine, un peu surpnse, demanda à son premier ministre si c'était comme homme d'État et comme serviteur delà couronne qu'il lui adressait cette question. L<ml Melbourne répondit qu'il ne se serait jamais permis de la lui faire à un autre titre. Dans ce cas, dit la reine, j'avouerai qu'il y a un homme pour lequel j'ai une préférence marquée : c'est le duc de Wellington.
Cette anecdote fut racontée, dans un banquet officiel, par le major Cumming-Bruce, qui en garantit l'autheaticité. « Je vous laisse à penser, dit le narrateur, quelle figure allongée dut faire lord Melbourne quand Sa Majesté le gratifia de cette réponse (i). »
La cérémonie du couronnement eut lieu dans l'été de 1858. La France y fut représentée par le duc de Dalmatie, un des adversaires les plus habiles que lordWellington eûtrencontrée sur le champ de bataille. Le peuple anglais fît à ce brave soldat une réception enthousiaste; et le vainqueur d'Orthez se distingua au milieu de tous par sa courtoisie chevaleresque. Dans un banquet donné par la corporation de Londres aux
ir irocttsiLH, t. il. p. iM.
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prinoes M aux ambassadeurs étrangers , il trouva moyen de faire l'élc^ du duc de Dalmatie en termes chaleureux. Soult, vivement touché de cette galanterie et des témoignages d'estime que la nation lui donnait, porta un toast a À l'alliance « perpétuelle de la France et de l'Angleterre, à Tarmée bri- « tannique, et plus particulièrement à son grand général, le « duc de Wellington ! » On raconte qu'à ce dîner, le duc présenta au maréchal plusieurs généraux qu'il avait combattus en Espagne. Quand Soult aperçut sir Rowland Hill, il lui tendit la main et s'éeria gaiement : « Ah! je vous rencontre « enfin, moi qui ai couru si longtemps après vous ! » (Allusion à la refaite de Hill, depuis Madrid jusqu'à Alba de Tonnes, après l'affaire de Burgos.)
Le peuple anglais sut gré à Wellington d'avoir fait si bon accueil à l'ambassadeur du roi Louis-Philippe ; cette circonstance contribua beaucoup à rétablir sa popularité, compromise par les dissentions intérieures.
En i839, le cabinet de lord Melbourne se trouvant trop faible pour surmonter tes embarras que lui suscitaient la législation des grains et l'état précaire de l'Irlande, saisit l'occasion du vote sur une motion tendante à suspendre la constitution de la Jamaïque pour offrir sa démission à ta reine (7 mai). Sa Majesté accepta cette démission à regret, ayant une préférence marquée pour les whigs, qui avaient été, pour ainsi dire, les guides de son enfance. Elle fit venir le duc de Wellington, qui lui conseilla de s'adresser à sir Rob«t Peel. La reine, plutôt par nécessité que par conviction, suivit ce conseil. Sir Robert Peel présenta le lendemain une combinaison qui fut agréée sans la moindre objection.
Cependant, te premier ministre et ses amis, craignant l'influence des wbigs, jugèrent utile de prendre quelques précautions contre les intrigues de palais, toujours redoutables* même dans les monarchies constitutionnelles. Ils demandé-
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— Turent en conséquence & Sa Majesté le dnil de disftoser des principales charges de sa maison, et, comme première application de ce droit, le renvoi des Slles d'honneur de la reine et des dames de la chambre à coudier {ladies of ker bedchamber). « Ce ne fut pas, à ce qu'il parait, de sir Robert Peel, mais du duc de Wellington lui-même que vint l'idée de cette exigence. La jeune reine en fut choquée : c'était, lui dirent les whigs, une prétention exorbitante, et que n'autorisaient pas les précédents. On ajoutait que les grandes dames du parti conservateur en avaient parlé comme d'un triomphe sur la reine. L'impertinence est quelquefois une aime utile, mais plus souvent un dangereux plaisir. Le lendemain du jour où sir Robert Peel avait formé sa demande, il reçut de la reine ce billet :
n La reine ayant réfléchi sur la proposition que lui a faile « hier sir Robert Peel d'éloigner les dames de sa chambre, « ne peut consentir à un procédé qu'elle croit contraire à « l'usage et qui répugne à ses sentiments. »
u Sir Robert Peel répondit par une longue lettre respectueuse, sensée, mais un peu lourde et sans élégance comme sans complaisance (i). »
Les négociations furent rompues et les whigs rentrèrent au pouvoir.
L'affaire en apparence si futile du renvoi des dames d'honneur eut beaucoup de retentissement et donna lieu à de vives attaques contre Robert Peel. Au nombre de ceux qui prirent sa défense à la Chambre des Lords se trouvait te duc de Wellington, qui n'hésita point à déclarer, au risque de déplaire à la cour, « que, dans sa manière de voir, les ministres de « la couronne devaient avoir toute la con6ance du souverain « et intervenir jusqu'à un certain point daus la formation de
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— Tiff sa maisoQ. Hoi-iuêine, disait-il, comme chef de cabinet, ce j'ai pu coDsIaler la fâcheuse influrace que les hommes de « la cour, sinon les femmes, exercent souvent dans de simu pies conTersations (i). »
Lord Heibounie resta premier miDistre jusqu'en 1841. La nâne lui donna pour successeur sir Robert Peel , qui , cette fois, se crut assez fort pour n'avoir pas à redouter les intrigues des &ll^ d'honneur et des femmes de chambre de la reine.
Le duc de Wellington consentit à faire partie de ce nouvean ministère, mais sans fonctions précises et sans caractère détenamé. Son influence sur la Chambre des Pairs et l'habitude qu'il avait prise de s'occuper de toutes les affaires en discussion, rendaient son concours éminemment utile. Sir Robert Peel avait d'ailleurs une confiance illimitée dans la fermeté et le bon sens traditionnel du vieux duc. Celui-ci, d'uQ autre côté, s'accommodait parfaitement de la position de ministre sans portefeuille, qui lui donnait une influence réelle, tout en le déchargeant d'une foule d'obligations pénibles. Le commandement en chef de l'armée, rendu à Wellington par la mort de Uill (en sqptembre 1842), servit à justifier cette position exceptionnelle, que le duc conserva jus* qu'à la fin de sa vie. Libéré désormais du poids trop lourd des affaires publiques, il fut seulement appelé de temps à autre à donner son avis sur certaines questions spéciales , notamment sur celles relatives aux guerres de l' Afghanistan (s) H de la Chine, qu'il suivait avecl'intérèt le plus soutenu. Tous cmi qui comlrâttatent à l'étranger, généraux et soldats, étaient siirs de trouver en lui un défenseur chaleureux, un
t, NprodHit ane i»l« do wellincton nr celM gaerro.
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ami toujours prêt à exalter leurs services, quand d'autres cherchaient à les amoindnr.
L'avènement des tories fut exploité avec un redoublement d'énergie par le célèbre O'Gonnell, jadis avocat d'une bonne cause, maintenant orateur fougueux, désordonné, trivial d'une cause perdue d'avance. Nature ardente et passionnée, habile à soulever tous tes orages du cœur, il possédait à un haut d^ré cette éloquence populaire qui , au service de l'homme ambitieux, sert plus souvent à égarer qu'à instruire et à diriger les masses. Exaltant tour à tour tes bons et les mauvais sentiments de ses compatriotes , il les domina au point d'en disposer comme le général dispose de son année. Persuadé qu'en agitant à grand bruit devant le cabinet le fantôme sanglant de la guerre civile, il arracherait à sir Robert Peel le rappel de l'union, comme il lui avait arraché, en 1839, l'émancipatioit catholique, O'Gonnell provoqua des rassemblements tumultueux, qui prirent bientôt le nom de meetings monstres. Le i5 août 1845, cinq cent mille hommes, dit-on, se réunirent à Tara, lieu célèbre par l'élection des ancirais rois d'Irlande. Le grand agitateur, fier de cette exhibition de puissance, attaqua le gouvernement, les institutions et les hommes publics de l'Angleterre avec une violence de langage et de gestes que n'égala jamais peut-être aucun tribun ancien ou moderne :
« N'en doutez pas, dit-il, l'accablante majesté de votre nombre frappera en Angleterre et y produira son effet. Le duc de Wellington a commencé par nous menacer. 11 parlait de guerre civile ; il n'en dit plus un mot maintenant. Il fait faire des meurtrières dans les vieilles forteresses. C'est bien là le fait d'un vieux général ; comme si nous voulions aller nous casser la tête contre des murailles... Le duc parle de nous attaquer; j'en suis charmé. Je ne dirai pas le moindre mot blessant pour les braves soldats qui composent l'armée
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<le la reine...; mais j'affirme ceci : s'ils nons faisaient la guerre, l'Irlande, animée comme elle l'est aujourd'hui , fournirait assez de femmes pour battre toutes les troupes d'Angleterre... Voyez comme tout le peuple de l'Irlande se lève pour le rappel de l'union ! Lorsque, le 2 janvier dernier, je me sub hasardé à dire que cette année serait l'année du rappel, ils ont tous ri de moi. Rient-ils maintenant? C'est notre tour de rire. Je vous dis que dans nn an le Parlement sera à DubliD, dans CoUege-Green... Oui , le Parlement d'Irlande s'assemblera alors, et je défie tous les généraux, vieux etjeunes, toutes les vieilles femmes en culottes, toute la chevalerie de la terre de nous enlever notre Parlement quand nous l'aurons repris... »
Sir Robert Peel ne fut pas dupe de ces forfanteries. Comprenant que le rappel de l'unûm était un nouveau piège tendu à la crédulité des pauvres Irlandais; que cette mesure augmenterait leurs misères au lieu de les soulager, et que, dans tous les cas, l'Angleterre y opposerait, quoi qu'on fit, une résistance formidable, unanime ; — ne voulant pas, d'un autre cAté, qu'un ambitieux continuât à tromper l'Irlande en l'exploitant (i) et à développer le mal par l'agitation sous prétexte de le guérir; — encouragé d'ailleurs par les hommes influents de tous les partis, et notamment par le duc de Wellington, sir Robert Peel résolut d'en appeler aux lois pour le maintien de l'ordre et de la paix publique.
Un meeting annoncé pour le 8 octobre i845 fut interdit; et, le 14, O'Conaell, son fils et ses principaux afiîdés furent arrêtés comme prévenus de conspiration , de sédition et de rusemblement illégal.
(■iMuilquco'CwiBgll Inintenir l'aiiuilon, toi (KMreamrlilaElurltlai
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Cet acte de vigunir mit fin aux meetings moHstre»^ et réduisît l'agitation à ses proportions ordinaires.
Condamné ie 12 février 1841 par la cchu* d'assises de Dublin, le grand agitateur fut acquitté, pour un défaut de forme, par la Chambre des Lords (i). Depuis ce moment, it modéra son langage et se tint eu garde contre de nouvdles poursuites. Cependant, il se forma vers c^e ^que un parti plus radical, celui de la Jeune Irlande, qui reprochait à O'Coonell sa modération , ses scrupules de légalité et sa crainte d'en venir à Que résolution décisive. Ce parti , en cherchant & supplanter le vieux tribun, divisa les forces de l'agitation et coatribua ainsi à l'aifaiblir (a).
Voulant profiter de cette situation et en même temps donner aux Mandais une preuve de son bon vouloir, sir Robert Peel lit, en avril 1845, la proposition d'étendre le collège catholique de Maynooth, et d'augmenter le subside accordé à ce collège par l'État (s). « Nous croyons, dit-il, qu'il est pour nous parfaitement compatible de tenir fermemoit à notre foi, et en même temps de perfectionner l'éducation et d'élever le caractère des hommes qui, après tout, quoi que vous fassiez, seront toujours les guides spirituels et les instructeurs religieux de plusieurs millions de vos concitojMu. »
Li mbW il'O'Canncll l'ilLrin prurondAmcnl i ptrllr JecetlefpoqiH. LciKirlrr lati, wiit), ri'nne mit iHalMIr p*r J* dooleiir, tan dvrnlcr dliconn t )■ Chimbro te» r*nit. Il t>(lu*ll ilr ucguricIdelraviuipnblicipourl'Irluido.oarDcQillcn cgnomenl imlpc Ulieiiat pluilturi mllIlFri a-lndévldut naururtnt di faim. ■souvenri-iDui.dll aïKII, de ce que |c loiia prCdli : an quart de 11 popaMUan pi>rln al <an* ne Teaa à aecDuri.- Ce furent ara dernière» paroles olDclelIca. Il inotiruia Ginei. le 16 nul IBtt, ni un nom cUérI dea IrUndilt. el qui r)|i|icllEn dani l'hit loi re le mCItofe élaunini ua rarea quillKa el dea pluaErandtdénuUqulpuluenlte repcenlrer cbei un tn^niB le : le dfvaucmeni el l'amblllou. la plIJd pour lu nalheura d'aulrul el le b«ioln de nur lul-min*. unu nable rdaUUiiM centre llnjuatlce cl :■ plua r£TOIIin[e Iniqnlltf
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Les ultra-proteataoto s'élevèrent avec beaucoup de violence contre cette pensée généreuse. Les pétitions, les meetings et les journaux annoncèrent de nouveau, comme ils l'avaient fait en 1829, que le soleil de la Grande-Bretagne allait s'éd^uer. Néanmcùns, après six jours de discussion, la seconde lecture du bill passa à une majorité de 147 voix dans ta Chambre des Communes.
Dans la Chambre des Lords, le d^t dura trois jours. Le duc de Wellington apporta à sir Robert Peel l'appui de son nom et de sa parole, toujours respectée ; et celte fois encore, il eut la satisfaction d'assurer, par sa co(^ération, le succès d'une mesure jugée utile au gouvernement du pays.
Dès 1845, la questitm du rappel des lois sur les céréales avait commencé à produire une vive émotion dans le peuple. WellingloD et sir Robert Peel s'étaient prononcés en faveur du gtiUu quo ; mais, en 1846, la maladie des pommes de terre et d'autres circonstances fâcheuses amendent une crise des subsistances suivie d'une famine horrible, à laquelle ces bMimes d'État ne pouvaient rester insensibles. Le peuple, au milieu de ses angoisses, ne voyait de salut pour lui que dans la lilwe entrée des céréales, et cette opinion , soutenue par d'éminents publicistes, donna un succès immense aux meetings tle l'association des anticom-laws. Ces meetings avaient été organisés dqiuis trois ans par Richard Cobden , qui , grâce à cette initiative, à ses efforts intelligents , aux vives lumières qu'il avait répandues sur la question des céréales, s'était fait proclamer d'une voix unHoime chef de la ligue. Les cités manufacturières et les campagnes, où les souffrances causées par la cherté des vivres étaient effroyables, donnèrent ï cette ligue l'appui de leur influence et de leur cotisation finandère. Bientôt la passion , avec l'ascendant qu'elle acquiert toujours lorsqu'elle est au service d'une idée juste.
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poussa les meetings i exiger une solutioD immédiate, radicale : te rappel définiUf des lois sw les céréales.
Sir Robert Peel avait suivi avec une attention bienveillante les progrès de l'idée nouvelle. 11 éprouvait encore bien des scrupules et des craintes sérieuses, au sujet de l'abolition d'une loi qui avait jeté de si profondes racines dans le pays. Hais ces craintes et ces scrupules cédèrent peu à peu à la discussion, et s'évanouirent même complètement quand il eut pris connaissance de la circulaire adressée le 22 novembre 1845, par John Russel, aux électeurs de la cité de Londres. Voici le paragraphe Bnal de ce document célèbre :
« Unissons-nous pour mettre fin à un système qui a été « le fléau du commerce, le poison de l'agrtcultnre, la source « d'amères divisions entre les classes, ane cause incessante « de misère, de maladie, de mortalité et de crimes parmi le
a peuple
a Que le peuple, par ses pétitions, ses adresses, ses remon- « trances, fournisse aux ministres l'excuse qu'ils cherchent. « Que les ministres'proposent les modifications qui leurpau raitront les plus propres à rendre le fardeau des taxes plus « juste et plus égal ; qu'ils y ajoutent tontes les précautions « quelapmdenceet tes ménagements pourrontleur suggérer; « mais demandons, en termes clairs et positifs, la suppres- « sion de tout droit à l'importation des objets qui servent à K la subsistance et à l'habillement de la masse du peuple ; « c'est une mesure bonne pour tous les grands intérêts, in- « dispensable pour le progrès de la nation. »
En voyant te chef du parti whig abandonner les idées qu'il avait soutenues pendant vingt ans, pour demander l'entière liberté du commerce, sir Robert Peel comprit que le moment était venu de proclamer une grande réforme.
Dans un conseil de cabinet tenu le 1" novembre, te premier ministre avait proposé d'ouvrir les ports anglais aux
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grûns étrangers, ne fût-ce qu'à titre d'essai (i). Le duc de Wellington et lord Stanley (s) s'étaient opposés à cette propositioD, parce que d'après eux les subsistances de la Grande- Bretagne étaient suffisantes pour combler le déficit de l'Ir- Unde. Us avaient en outre exprimé la crainte qu'une suspension momentanée des lois sur tes grains ne fût le précurseur de leur abolition définitive. Ni les arguments de sir Robert Peel, ni les rapports alarmants des autorités locales n'avaient pu modifier leur opinion à cet égard.
A la suite de la lettre de John Russel, une nonvelle c<hivocation eut lieu (le 25 novembre). Cette fois, Robert Peel, déclara hautement qu'après tout ce qu'il avait lu et entendu dire pour et contre les com-laws, il devait reconnaître son erreur et rendre hommage à la vérité: « Ces lois ont fait leur temps, dit-il, et, pour ma part, je n'hésite pas à meranger « du côté de mes anciens adversaires. » Le chef du calHuet proposa en conséquence, au lieu de la suspension des lois restricUves, le rappel total de ces lois. Le pays, d'après lui, accueillerait cette mesure avec une satisfaction marquée; à la Chambre des Communes, une grande majorité lui était assurée,et pour ce qui regardait la Chambre des Lords, le i»«mier ministre croyait pouvoir compter sur un vote favorable, si le duc de Wellington voulait lui promettre son appui (s).
Selon M. Guizot, le duc, flatté de cet aveu, renonça à tonte opposition. « Son grand sens, dit-il, et la fatigue de r&ge, le dégoûtaient des résistances dont il prévoyait ou l'extrême périt ou la vanité, et il préférait à la prolongation du système protecteur, en tout cas énervé, l'union du cabinet et \e maintien d'un gouvernement conservateur. »
D'après les auteurs anglais au contraire, le vieux tory
(t| Vdr u Mlf r« dn B décembre, 4 m •d)nrd-knl comM MtIit- (11 hococii.u, T, II, p.m.
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fit cuse commune avec lord Stanley et les antres membres du cabinet qni refusèrent de rompre avec lenr parti, en abandonnant-tonte protection.
Quoi qu'il en soit, sir Robert Peel ne pouvant se mettre d'accord avec ses collègues, donna sa démisaion i la reine, le 6 décembre.
iohn Russel accepta la mifision ie foroter un nouveau cabinet. Il était sur le point de réussir, quand un dissentiment entre le comte Grey et le vicomte Palmerston l'obligea de déclarer qne, n'ayant pu établir entre ses amis un accord indispensable, il se trouvait dans l'impossibilité Aè prendre le pouvoir.
La reine rappela sir Rob»t Peel, dont les iH<o)ets, du reste, étaient de tous points semblables à ceux du chef des wib^. M. Peel déclara que l'appui de John Russel, drait il venait de s'assurer le concours, lui donnait l'espoir fondé de réussir à la Chambre des Communes ; mais que, pour vaincre l'opposition de la Chambre des Lords, il lui fallait absolument la cordiale assistance du duc de Wellington. Celui-ci allait donc se trouver une fois de plus dans l'alternative de sacrifitv ses principes ou d'abandonner la couronne faisuit appel à sa popularité. Quelque pénible que fût cette alternative, le duc n'hésita point. Son devoir était de servir le gouvernement ; il entra donc au ministère avec la ferme résolution de remplir ce devoir jusqu'au bout. Pwir expliquer ce nouveau revirement, le duc déclara, au début de la session, « qu'ayant été si lai^ment récompensé par le souverain cl le peuple de l'Angleterre, il ne pouvait refuser à ce souverain de lui venir en aide pour diriger les affaires du pays. (Y posàiveiy cmild not refuse to serve the sovereign when thus called on (i).
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Le bUI pusa à la Chambre des Commanes, après dix-neuf jours de lutte acharnée (i).
Quoique moius longs, lea débats de la Chambre des Lords furent tout aussi passionnés. Pendant onxe jours, la tribune de cette chambre retentit des discours les plus violents et des prophéties les plus sombres sur l'imprudente témérité du cabinet. L'opposition était si compacte et si redoutable, que l'on eut un moment la crainte de voir le bîll rejeté. ËnBo le jour du rote définitif arriva. C'était le 25 mai. Jamais on n'avait vu pareille affiuence de monde ni pareille aDxiété.
A cinq heures du soir, Wellington était à son poste. La séance fut longue et solennelle. A trois heures et demie du DHlu, il ne restait plus qu'un seul orateur inscrit : c'était le duc. Il se leva au milieu d'une émotion générale. Soit amhama, soit fatigue, sa voix avait perdu de sa clarté ordinaire. Od se disait déjà que l'âge commençait à feire sentir sa maligne influcDce sur cette nature de fer. Bientét eependant il refnt le fil de ses idées, et, quoiqu'il éviUt de se pro- DODcer sur le mérite du bill et sur ses conséquences financières, il le aoutiiU avec énei^ et habileté. Au terme oji l'on en était venu, les lois sur les céréales apparurent au duc comme une fortovsse dont il est impossible de prolonger la défense. 11 se résigna donc à capituler, après avoir toutefois aaauré à ma «mour-propre la retraite qu'il avait coutume de hii ménager en pareille circonstance. L'illustre guerrier se stfvit à cet effet de sa formule habituelle, sur laquelle depuis loQglanps on ne te chicanait plus et qui, d'après lui, répondait à tout. « J'ai penaé, dit-il, mylords, que la formaûùn c d'un gouvtmeïïient dant lequel Sa Majesté aurait confiance
n conplat il« «ir Isbert r
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a était chose bien plus importante qu'une opi$iionindmduetle « sur la toi des céréales ou sur toute autre loi{t). »
Le duc attira particulièrement l'atteotion de la chambre sur les conséquences du rejet de la mesure proposée: « Je ne « veux pas ce soir, la dernière fois peut-être où je me hasaru derai encore à vous donner un avis, je ne veux pas manquer « de vous dire ce que je pense du vote que vous allez émet-
« tredans cette occasion Mylords, considérez un peu,
« je vous prie, par quelle voie et dans quel état cette me- « sure arrive devant vous... Elle a été recommandée dans le « discours du trôoe; elle a été adoptée à une majorité no- « table par la Chambre des Communes... C'est un bill sur « lequel les deux autres branches de la l^slature sont d'ac- « cord ; si la Chambre des Lords le rejette, elle sera seule. « Mylords, je vous demande la permission de vous rappeler u que plus d'une fois je vous ai dit de ne jamais vous mettre « dans cette situation... Vous avez une grande inOuence sur tt l'opinitm publique ; vous devez avoir une grande confiance « dans vos propres principes; mais sans la couronne et la « Chambre des Communes, vous ne pouvez lien... Que Vos u Seigneuries me permettentde les conduire un peuplusloin, K et de leur faire voir quelles seront les conséquences immé- « diates du rejet du bill : un autre cabinet sera, je o'ois, « formé ; mais soit qu'il se forme ou non unautre cabinet, Vos « Seigneuries.ne peuvent pas se flatter de n'avoir pas à délibé- « rer de nouveau sur la même mesuré. La rejetterez-vous une a seconde fois? Tiendrez-vous le pays pendant deux ou trois < mois encore plongé dans ce débat?Je sais que le but des no- « blés lords opposés à ce bill est d'arriver à la dissolution da « Parlement... Mylords, si vous avez dans le résultat desélec- « tions futures tant de confiance, elles doivent se faire par le
(I) STOcoDUita, 1.
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a cours ordinaire et légal des choses, dans un an d'ici. Laissez le Parlement, qui viendra alors décider quel parti il a faudra prendre à l'expiration du bill qui vous occupe, car a ce bit) ne doit durer que jusqu'en lBi9; ne forcez pas la « reine à dissoudre aujourd'hui le Parlement. Vous pouvez ou « rejeter le bill, et avoir sur-le-champ ces élections que vous « paraissez désirer si vivement, ou accepter le bill, et remet- « tre an nouveau Parlement la question de savoir s'il con- « vient de repousser ou de reproduire à l'époque où il cessera d'être en vigueur. C'est entre ces deux partis que Vos Sei- > gnmries ont à choisir... »
Le discours de Wellington fit une grande impression, et le cabinet obtint une majorité de quarante-sept voix. Ce fut une belb victoire; aussi quand, vers cinq heures du matin, le duc sortit de la Chambre, le peuple lui fit-il une ovation bruyante, au milieu de laquelle on entendit ce vœu, exprimé par des cœurs reconnaissants : God bless you duke ! (que Dieu vous bénisse).
Ici se termine la carrière politique de V^ellington. Désormais, on ne le voit plus mêlé aux affaires publiques. Ses der- Di^«s années s'écoulèrent dans une retraite exempte d'infirmités et de soucis.
Bien qu'il eût fait réussir le Free-trade avec l'appréhension que le pays s'en trouverait mal, il fut un des premiers à reconnaître son erreur,quand l'expérience eut constaté les bienfaits de cette grande mesure. Il se réconcilia même entièrement avec son œuvre, heureux de voir que, sous l'influence de la loi nouvelle, la situation des pauvres s'était améliorée sans préjudice pour l'Ëtat. La satisfaction qu'il en ressentit fut si grande que, de son propre aveu , elle répandit une douce sérénité sur les dernières années de sa vie. Gepmdant sir Robert Peel, après ta victoire signalée qu'il
venait de remporter, vit s'accumuler autour de lui des résis*
tances longtemps comprimées qui, à ta fin, l'obligèrent à des- T. ni. 6
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cendre du pouvoir. En juin 1846, une ooalitÎMi de wighs, de radicaux et de conserrateurs irrités rejeta, it la majorité de 75 voix, un bill sur la répression contre les actes de désordre et de violence commis en Irlande. A la suite de ce vote, sire Robert Peel et le duc de Wellington annoncèrent, l'un i la Chambre des Communes, l'autre à celle des Lords, que la rûne avait accepté la démission des ministres et chargé lord Hussel de former une nouvelle administration (39 juin).
Le chef du cabinet prit congé de la Chambre avec le nob\e orgueil d'un homme qui a la conscience d'avoir rendu à son pays un signalé service. En rappelant le dernier acte de son ministère, il en reporta tout l'honneur sur un inoien antagoniste, sur sir Richard Cobden, « qui l'avait forcé, disait^l, à a l'écouter par Une éloquence d'autant phis admirable qu'elle ■ était sans prétention et sans amemeiU n La fin du discours de H. Peel arracha des larmes aux assistants. « i« serai « sévèrement blâmé, je le crains, dit-^il, parbeaucoupd'hMBines « qui déplorent la rupture des tiens de parti... Je serai sévè- M rement blâmé aussi par ceux qui r^ardent le principe de « la protection comme nécessaire à ta prosp^té du pays. . . ie R serai détesté des monopoleurs qui, par des motifs meins K honorables, réclament le maintien de la protet^ion dont ils « profitent. Mais peut^tre laîsserai-je un nom qui sera qnel- « quefois prononcé avec hienveillaoce dans la dem«ire de ceux « dont le lot en ce monde e^ le travail, qui gagnait leur paia « à b sueur de ledr front et qui, je l'espère, se souvieDdnNat « de moi quand ils répareront leurs forces par une nourriture « abondante et franche d'impôt, d'autant plus douce fraur u eux qu'aucun sentiment d'injustice sodale n'y m^era plus K son amertume. »
En sortant de la Chambre, sir Robert Peel fut l'objet d'une ovation spontanée. La foule qui encombrait la place ouvrit ses rangs pour le laisser passer ; tous les iVonts se découvrirent, et l'illustre orateur fut reconduit en triomphe chez lui.
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oHiune s'il v«wiitde remporter une victoire «giialée. « Chassi do pouvoir, il tombait, suivant l'expresaion d'un poète, entre les J>rB8 du peuple tout entier ! »
Sir Robert Peel vécut assez pour voir le succès complet de la grande mesure par laquelle il venait d'immortaliser son mhh.
Le 51 janvier 1S40 marquait le terme des trois aonées auigaées, par le bill de 1&46, li l'abolitioD de tout droit d'importation. Ce jour fut marqué par une manifestation des pb» impeaantes. Gobden, Brif^t, Wilson et tout les chefs de la ligwe, avec 2,000 de leurs adhérents, se réunirent » tbûathmtiv dans un banquet nocturne. Un peu avant minuit, le président fit joutf l'air si connu des ligueurs : Le Ifçn UMps viau; et, à minuit sonnant, Cobden, imposant silence à tonte l'assemblée, s'éena d'une voix retentissante^ au milieu d'un enthousiasme indescriptible : Le bon temps est nom!
Le dac de Wellington se féycita sinoèrcmmt de ce résultat auquel il avait contribué un peu malgré lui ; quant k sir Robert Peti, il ^mwTa une des plus vives satisfactions qu'un bemme publie puisse reaswtir. Malheureusement pour t'An- ^Marre, il ne hii fut pas dMué de jouir longtemps de son tnomphe. Lé 29 juin 1650, un accident vulgaire, une chute de dieval, mît ses jours en danger. Après une douloureuse agonie, le souffle de la vies'éi^appa de ses lèvres, le 2 juillet, à quatre bewea du matin. Toute la nation s'émut et s'attnsta de cette mort funeste. Sir J(^ Russel fît l'éloge du défunt dans le sein des Communes, et le duc de Wellington rendit à son ancien oi^lègue un hommage simple et vrai à la Chambre des Lords : « Dans le cours de mes relations avec lui, dit-il, j'ai " toujours eu pleine confiance dans sa véracité et dans son « invariable désir de servir le bien public. Je ne me rappelle <t pas une seule occasion où il ne se soit prononcé en faveur
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« de ce qu'il croyait juste, et je n'ai jamais eu la moindre
(( raison de soupçonner qu'il dit une chose sans la croire
« parfaitement vraie. Je pense, après l'avoir longtemps
« connu, que c'était là le trait le plus frappant de son carac-
« tère. »
En 1847, l'Angleterre fut un moment distraite de ses préoccupations matérielles par la crainte d'un danger imminent. Les rapports avec la France s'étaient aigris par suite de l'affaire de Taiti et des mariages espagnols. Au milieu de l'émotion causée par ces deux événements, le prince de Joinville publia une brochure qui dévoilait toutes les causes de faiblesse de la Grande-Bretagne. La question d'une descente y était mûrement examinée. L'auteur concluait que dans l'état où se trouvait alors le marine anglaise et les fortiâcations des côtes, la Grande-Bretagne pouvait être facilement conquise.
L'amiral Bowles, membre du Parlement, confirma cette opinion par des aveux indiscrets, et l'Vmted service magaxine (i) alla jusqu'à dire : « Traverser aujourd'hui la « Hanche est moins 'difficile que n'était le passage du Bhin il « y a cinquante ans. Militairement parlant, nous ne vivons « plus dans une île. . . » {we no tonger tive in an island tn nù' litary sens.)
Au plus fort de l'agitation causée par ces témoignages alarmants, parut tout à coup dans les journaux une lettre de Wellington rendue publique par une iudiscrétion de femme (s). Cette lettre, écrite de Stratbfieldsaye à sir J. Burgoyne» inspecteur général des fortifications, portait la date du 9 janvier. Wellington s'y plaignait avec amertune de l'état de l'ar-
I) Vair Mn aumCro d< li'TrlcT IS4T.
i) DMpiTiiite riu Ktntril tartoia* i^tat capU celM le
un, tul la cinidaaocanltdacMlepuUlollaii.
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mée et de l'iDsoffisance des fortifications destinées à défendre l« côtes : K Nous sommes, disait-il, réellement attaquables, ■ ou tout au moins exposés à être insultés et mis à contribu- '(Jon sur tous les points de nos côtes... Il n'y a pas déplace ' entre North-Foreland et Portsmouth où l'on ne puisse dé- « barquer de l'infanterie par quelque marée, quelque vent, et « <|uelque temps que ce soit. » ,
Ije duc établissait ensuite qu'il serait facile d'arriver à
lAttdres avec 40,000 hommes, et il affirmait qu'il y avait
^ns Varmée française 40 officiers capables de mener à bonne
^aune pareille entreprise. « Vainement, ajoutait-il, je me
« sois efforcé d'appeler l'attention des diverses administra-
« tions sur un état de choses, que des voisins rivaux de notre
* puissance , et tout au moins nos anciens adversaires et
■ eonemis, connaissent aussi bien que nous-mêmes
i Si nous étions attaqués, nous n'aurions rien à leur op-
"PMCrW
« J'ai traversé honorablement plus de 77 années. J'espère « qne le Tout-Putsfiant m'épargnera la peine d'être témoin « d'une tragédie contre laquelle je ne puis persuader mes « contemporains de se prémunir (t). »
Cette lettre retentit comme un tocsin d'alarme dans toute l'Angleterre. Elle fut critiquée avec amertume par ceux qui, suivant la vieille tradition, croyaient l'Angleterre inattaquable derrière ses remparts Ûottants. Mais toute la partie intelligente de la nation comprit l'avertissement et trouva sage d'en tirer parti pour réclamer une réforme dans l'organisation militaire du pays*.
Wellingtqp avait proposé de lever, d'incorporer, d'organi-
Ut • nu be Ira* tbrt Ibe UMilon* «r IM OMt ira noiMlBcIcat u «•niM Mr«(ora<i««kaftardeel>nU»a«CwiT.- • m ><)r u inU da oaU* lattr* du» Im umim 4e l>iiuTra(* •!> (loCQUEua >
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ser et de disûpliner la milice, comme elle l'avait été pendant la guerre de la Péninsule : i Je préférerais infiniment, dit*il, une « armée composée de troupes régulières, et j'aurais beaucoup K plus de confiance en elles ; mais je sala que je n'obtiendrais « pas cette mesure; tandis que je pourrais obtenir l'autre. »
C'était bien connaître le peuple anglais. La loi sur la milice fut en effet présentée et votée (i); mais rien jusqu'ici, ni les critiques des hommes de guerre, ni la terrible épreave de la guerre de Grimée, n'a pu déterminer le gouYemefo^t à proposer la conscription, seule réfonne capable de donner à l'ADgleterre une armée en rapport avec son importance politique.
La lettre de Wellington eut encore ponr résultat de provo* quer la construction de plusieurs travaux de défense sur les côtes d'Angleterre et d'améitorar l'état du matériel de Taflillerie.
Ces mesures étaient bonnes, mais insuflSssntes; un fait récent en a donné la preuve. La belle et vaillante année de lord Raglan s'est fondue en quelque sorte par l'imprévoyance du commissariat, par la nullité des principaux chefs de service, par l'insuffisance des bureaux de la gunre et par les vices de l'organisation en général. Wellington, suivant son désir, n'a pas vécu assez longtemps pour être témoin de ce déeastre. II ne se doutait pas, en 1847, que les événements lui dwneraient aussitôt raison.
^rès la révolution de février 1848, les dtartiste*, encouragés par le succès vraiment inouï des républicains (hobçaia, et voyant les trônes les plus eoliâes ébranlés par le torrent révolutionnaire, se mirent k l'œuvre pour organiser
(ij catu lal, qui T«DT«ru lemlntitèrt M Jtta Idwm, BMIlMa M T«Bda« m lordMrbr.falMDlCBDflpirwamMUn '■>• » ckaMbra bavW, (a^Mllv, ■*>( Hpnfnucai, Boit par l'adopMr.
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duu la Grande-Bretagne des démonstrations analogues à «Iles qui avaient bouleversé Vienne, Paris, Rome et Berlin.
Il fut convenu que, le 10 avril, les mécontents de toutes les parties de l'Angleterre enverraient des délégués à Londres, afin de porter à la Chambre des Communes une pétition signée par 5 millions de citoyens (t). Cette pétition réclamait des réformes que le gouvernement et la grande majorité de la nation jugeaient inopportunes.
Si la peur ne se fût emparée des esprits, rien n'eût été moins dangereux que cette manifestation. Mais, d'une part, le langage violent des meetings tenus dans toutes les villes d'Angleterre pour la nomination des délégués chartistes, et, d'antre part, la crainte de voir sortir de cette manifestation qwdqne chose d'imprévu, comme la république était sortie d» banquets réformistes de Paris, jetèrent de telles apprébeasions dans le public, que le gouvem«nent dut prendre des ■terares extrêmes, et confier à son plus illustre général le soin de veiller à la sécurité intérieure. Wellington s'acquitta de cette mission avec autant de tact que d'habileté. Profitant de la leÇon qu'avaient reçue les généraux de Paris, de Berlin et de Viwne, le duc évita de mettre les troupes en contact avec le peuple. Il les tint cadiées,. laissant agii: seulement les constables. Pour éviter tonte hésitation et tout malentendu, les officiers d'artillerie avaient l'ordre de tirer quand ils le jugenuent opportun.
Au jour convenu, la reine et la cour se retirèrent dans l'île ie Wight, suivies par un grand nombre de familles patrimmi. Les principales maisons de LoDjdres étaient vides et fermées avec soin. La ville tout entière avait l'aspect d'une
''' *^lftctttoii tilU^ «m tronvi ^m bMuemip de *lga*turei éUlnt riuiMi et wu nlaar. "* **na it mabert pMl«(dBWBUlRstaii,piraUDple, Hlrounleat Ipscriu dp inDd "■^'•d* falmrcettep^UUon.
place assiégée. La population, inquiète et silencieuse, flottait entre la crainte et l'espérance.
Cependant les habiles dispositions de Wellington imposèrent aux agitateurs. Malgré les menaces furibondes qu'ils avaient fait entendre, ils n'osèrent point donner le sipal de l'attaque. La manifestation se Ht régulièrement, et tout rentra dans l'ordre.
Ainsi avec 7,000 hommes de troupes dévouées, le vieux duc préserva l'Angleterre d'une crise qui aurait pu avoir les suites les plus désastreuses.
Londres ne regretta pas ce jour-là d'être sous la garde de l'iron Duke.
Ce fut le dernier service que Wellington rendit à son pays. Bien qu'âgé de 79 ans, il jouissait d'une santé excellente et de la plénitude de ses facultés intellectuelles. En 1852, au banquet anniversaire de la bataille de Waterloo, ses vieux compagnons remarquèrent avec joie que' rien encore chez lui n'annonçait la décrépitude. Cependant le dénoûment fatal approchait.
Le 14 septembre, une sorte d'oppression empêcha Wellington de se lever à l'heure ordinaire. Les médecins crurent que ce n'était rien ; mais au milieu du jour une attaque survint. Le duc se ût mettre dans un fauteuil pour respirer plus librement, et, quelques moments après, à 3 heures 20 minutes, un grand et noble cœur avait cessé de battre.... Rien, dans le visage de Wellington, n'annonçait la souffrance ou de sombres préoccupations (i). Il mourut ainsi que le soldat meurt à son poste, calme et résigné; ses traits avaient conservé, jusque dans le trépas, cette mâle impassibilité qui dis-tinguaitlehéros au milieudes scènes émouvantes delà guerre.
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Comme Nelson à soo heure dernière, il aurait pu dire : Dieu sait loué! j'ai accompli ma tâche.
L'Angleterre perdit en lui son plus grand citoyen, l'Europe un de ses libérateurs , les armées une de leurs gloires les plus pures. Chargé d'années, et en possession de tous les honneurs qu'un homme public peut recueillir, il eut en mourant la satisfaction de voir l'Angleterre plus grande, plus forte, plus respectée qu'elle ne fût à aucune époque de sou histoire. Heureux privilège du génie allié au patriotisme et à la vertu ! Plus grand que les conquérants qui ravagent, il jouira de l'immortalité acquise aux conquérants qui fondent...
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