‹ Histoire du duc de Wellington (volume 2)Chapitre 4 sur 14 · CHAPITRE XVIF · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIF

Bteumé de nos études sur Wallingtoa. — Conduite du général nglalB sur le champ de bataille. — Daugers qu'il courut. — Sa rare préMUce d'esprit. — Faut-ll attribuer mi auooès au hasard? — Palft prouvaut que Wellington ne manquait ni d'audace, ni de résolution. — DifBcnltéa qu'il eut à vaincre. — Uobililé de l'opinion publique en Angleterre- — État de l'armée anglaieB. — BfTorta du duc pour améliorer le sort de cette armée. Réformes utties qu'il introduisit dans son organisation. — S'il Ait aimé des soldats et des offldersT — Son opinion sur les peines corporelles. — Wellington Jugé comme homme politique et comme administrateur. — Embarras qae lui BUBcItèrent les gouTemements et les habitants de la Péninanle. — Comment il parrlnt à Mre Hue à llnsnfflsaiice de ses ffiSsonrces en hommes et en argent. — Réformes qu'il introduisit dans l'adminiatratlon portogalse. — Ses opinions politiques. — Son antipathie pour la presse. — Ses titres comme homme d'état. — Sa constance et aa perspicacité. — Sana lui l'Angleterre efit renoncé à la guerre d'Espagne. — Influence quil exerça. — Son respect pour la loi et pour le gosTemement de son pays. — Bienveillance qu'il témoigna aux Français- — Belations courtoises qui s'établirent entre les deux armées. — CoursLge moral de Wellington. — Son indifférence pour les injures et la catomnle. —Antres partlDularitéa de son caractère. —Comment il appréciait les serrloes de ses aubordonnés. — Uodestie, simplicité, droiture. Ordrea du Jour et lettres de serrice : bonne fol et limpUoité qui les distinguent — Conclusion générale.

Après avoir esquissé à larges traits la vie si remarquable et si bien remplie du duc de WelltDgtOD , il nous reste & exposer, sous forme de jugement sommaire, l'impression qui

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nous est restée d'une étude approfondie des actes, des travaux et du caractère de ce grand homme. Et, pour qu'on ne nous accuse pas d'apporter dans cet examen ou trop de complaisance ou trop de rigueur , na^^a, aurons soin d'appuyer chacune de nos assertions de preuves irréfragables, lentement et péniblement accumulées.

Cette rapide synthèse achèvera de faire connaître un homme généralement encoro très-nul iugi, bien que tous ses actes se soient produits au grand jour, et qu'il n'ait dissimulé aucune de ses fautes, aucune de ses faiblesses.

« La première qualité d'un général.a dit Napoléon, est d'aa voir une tête fnûde qui reçoive d«s ïiapressioBS justes des « objets, qui ne s'é<^auffe jamais, ne se laisse pas ^ouir, « enivrer par les bonnes on les mauvaises nouvelles. »

Wellington possédait à un haut degré toutes ces qualités précieuses. Calme, froid, toujours maitre de lui et cependant capable d'une aetioa vigoureuse, la nature l'avait formé pour U guerre. Doué d'une santé robuste, d'un coup d'œil ra|Hde, d'une vaste intelligence, d'une inépuisable fécondité d'idées, d'un esprit d'observation , d'ordre et de prévoyance qui s'étendait à toute chose, il possédait, outre ces qualités, celle plus rare de savoir prendre une prompte décision dans les cireoBstances imprévueB, et d'accepter résolument la responsabilité des M^ei les piu»saienB«]s(i]. Jamais il ne EBontra plus de perspicacité, un jugement plus sâr et plus ferme que lorsqu'il eut à se prononcer sur des aflbires délicates où la politique et la stratégie se trouvaient engagées. Au milieu des embarras d'une guerre si difficile, et lorsque tout conspirait à sa perte — ia marche indécise du gouvernement anglais, l'hostilité des populations espagnoles, l'impéritie de la régence portugaise, la misère et la faiblesse des troupes alliées.

(I) RtriH, I. XHI.p.Ut.

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k nombre existant d*» forces easemiea, le talent de len« géaénxa, l'état pitoyi^e de l'arœée espagmde, toujours bat- - lue et toujoars prête néanaoîn» à retondber dane les mteies fautes,— on ne vit jamaie Wellington, ni découragé, ni mëaie afiècté de sa position. Son mécontente»ent et see oaintea ne se atanifeetaient que dam sa corresponduKe (i) : aurU chasip de bataille et derânt see subordoiiBés, il se montraU satisfait et pl«D de eoniance. Lenqa'un dwgtr imprévu, un de ces ÎDcidrats qui sui^ssent da»8 tontes les batailles, et qui sont la pierre de toucbe du génie milîbini, vwaît ownpUqvw sa situation, il savait en profiter sur-le-champ et faire tourner à son avantage ce qiû aurait perdu un géoM nwins habile et moins sûr de hii-m^ie. Sans ce ooap d'œil rapide et œtte promptitude d'actira, il eût été battu api^ Talavera, k Sabmanque, à Orthez, et peut-être à Waterloo.

Wdlington excellait surtout à démêler les ^eis de ses

adversaires : « Impénétrable dans ses dessûns, dît l'auteur

« des Mémotreê de Matténa (^, il devinaU c«ix de l'eniuiiii

« MlesappréciaitjiMtamentqiioiqwaveclentenr.sH. Thiers

comèore ce jugement par an fait significatif. Quand Haeeéna ■

^ait devant les lignes de Torrèe-Vedru, le gouvemenuBt

lirais demanda à W^ingtoa s'il ne serait pas poanble de

retiiet la flotte de tnDsport qni coOlait plus de 75 millions

/v ttQ . Le duc r^wndit qu'l la rigueur oela se pouvait, mais

f 'i' serait néanmoins pmdent de la laisser, encore qu'il

espérât n'en avoir pas besoin. « Il ajouta, dit M. Thiers, ce

fui honore infiniment son intelligence politique, que proba-

of^Ok^jjt le maréchal Masséna serait faiUemait secouru du

^^ka nuUcumii *ort. BiIsaM ItUrM ■niait ardIaalT«aWit poorlnldi vilncnl l^^a dn BiiaMm •■ d^cUTer lu ddmiNkai m inacÉ* daqMlM U «lali IsUraui '~* ~ 3t idaCral ■ d^aUat plu da prl>, qall ai

côté de la Gastille et aucunement du côté de rAndalousie (i). » Les choses, en effet, se passèrent ainsi qu'il l'avait prévu. En 1812, Napoléon et Berthier s'étaient imaginé qu'en prenant une attitude offensive à Salamanque, le duc de Raguse empêcherait Wellington d'assiéger Badajoz (s). Le maréchal Harmont, appréciant beaucoup mieux la sagacité de son adversaire, répondit que le général anglais ne serait pas dupe de cette démonstration, et que le seul moyen de sauver Badajoz était d'établir trois divisions de l'armée de Portugal dans la vallée du Tage (s). L'événement a justifié cette opinion.

Le courage personnel, si nécessaire aux généraux anciens, n'étantpluslaqualitéprincipaleducommandementdes armées modernes, Wellington ne fit aucun effort pour se produire par des actions d'éclat («]; cependant, toutes les fois que sa présence sur un point dangereux ou à la tête d'une colonne d'attaque était nécessaire, il payait vaillamment de sa personne. A la bataille d'Assye, il eut dmx chevaux tués sous lui . En 181 1 , se portant avec Beresford et quelques officiers à la rencontre de Harroont, qui venait de franchir le Douro, il fut enveloppé par un petit corps de cavalerie, et il ne se tira de ce mauvais pas^u'en mettant t'épée à la main (a). A Salamanque, il reçut une contusion i la jambe et une balle dans le chapeau. Au atége de Bnrgos, il s'exposa fréquemment dans

Itivutc, 1. IV, p.NM.

(1) Lilln a» niétTleiKll. au prlmmtHréiircliAUHitteUHmolnnlaili^ dé IK^mi, l.tV.p.îO.

H) WcHlnitoB tall en qnalqua tarte Mn ponrilt iliDl Ira llgiiM luITinlci, Mrllei la ts mit l>l I , lo géatnl Cimplwll i • Le iléilr d> courir Ru-dSTint d« l'eancnl n'ait |ut rire diD* l'armée intlulUi mili la qnallM qoellloieli Tolr dini ira oniclrn qui tiuil a ta télé det Imupei i^t un JugimtnlfrafdtitiililanieaeHoii qvl Itvr fatsi at^ttr fromplmnail iuiqifed III ptuvtnl II aaliitni aller lam lneonvtnltnl. >

(S) Voir u Itllrt du H DOTciubre IBII, oh llnilitiaHl-eolontl Terrtm. Cet aeeldeBifal le rétBltal d'une mtprlie proienant de ce qna le » huaurdi luflala anH («a mtmvt colffarra <iue le* ciuMeuri a clierii mnçiii.

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les tranchées « et n'échappa, dit Sherer, que.par miracle (i). > A la bataille d'Orthez, une balle morte lui fit une contusion au-dessus de la cuisse; le même jour, cherchant à reconnaître d'une hauteur la position du maréchal Soult, il servit pendant assez longtemps de but à l'artillerie française. Enfin, dans la mémorable journée de Waterloo, il se montra sur tous les points où l'action du chef parut nécessaire : jamais peutêtre il ne se prodigua davantage ; la plupart des officiers de sa suite furent tués ou blessés à ses côtés.

Au milieu desscènes lesplus émouvantes, Wellington conservait un sang-froid inaltérable : ni le succès ni le revers ne l'impressionnaient fortement. « Je me trouvais près de lui, dit « Napier, dans la soirée de Salamanque, lorsque les torrents « de feu de l'artillerie et de la mousqueteiie, s'étendant aussi ■• loin que l'œil pouvait porter, montraient tout ce qu'on « avait gagné... 11 était seul; l'éclat de la victoire brillait " sur son front , son regard était vif et perçant, mais sa voix " était calme et même douce (i). » Tel on te vit dans plusieurs circonstances : à Talavera, à Busaco, à Et Bodon, à Sauro- ■^o, à Orthez, à Waterloo. Il veillait à tout sans manifester ia moindre agitation et recevait la nouvelle des événements beureux ou malheureux de la journée avec l'impassibilité t/'un homme qui a tout prévu, tout calculé, et que rien ne jui*preiid. S'il eût été seulement, comme on l'a dit tant de bis, Un enfant gâté par la fortune, on n'aurait point constaté ^ '^t> car les succès de hasard éblouissent et souvent même aT«jg|çn( cgux qui les remportent.

'*^ Cortone intervient sans doute largement dans les résul- ^ *1^ la guerre, mais quoi qu'en aient dit certains auteurs, ^^O.iie ne s'estrooins fié au hasard que leduc de Wellington.

Il était d'opinion qu'à la guerre, comme en toute chose, le succès dépend plutôt de l'observation constante des régies que d'une inspiration momentanée ou d'un concours exceptionnel de circonstances favorables. Encore qu'il ne manquât ni de . résolution ni d'audace, et que son caractère même le portât aux entreprises hardies , sa raison lui faisait donner la préférence aux moyens plus lents et plus sûrs qu'enseigne l'expérience. Il calculait avec une rare sagacité les chances probables de ses opérations stratégiques, et ne se décidait à les exécuter que lorsqu'il avait lieu de compter, son génie aidant, sur un résultat avantageux. Cette prudence a fait sopposer à quelques écrivains français que Wellington manquait d'initiative , et qu'il cherchait à suppléer aux qualités naturelles du commandement par un excès de précautions indigne d'un véritable homme de guerre. M. Thiers prétend que le duc, « suivant son usage, ne voulait combattre qu'à coup « sûr, c'est-à-dire dans des positions défensives, presque « invincibles, et avec une supériorité numérique qui s'ajoun tant au bon choix des lieux rendU le résultat aussi certain A qu'il peut l'être à la guerre (i). » Le même jugement a été porté par le colonel Koch, dans les Mémoires du maréchal Masséna: « Le premier et le véritable mérite de Wellington, « dit-il, est de n'avoir jamais engagé d'affaire qu'à coup « sûr (s)... Il n'a jamais su tirer parti de ses avantages... En (t un mot, il joignait à l'aptitude diplomatique et à quelques « qualités de Marlhorongh tes défauts reprochés au duc « d'York (s). »

Ces deux citations, empruntées à des auteurs relativement plus justes pour le général anglais que la plupart de leurs

(I) MWûin dit Ctimial tt M rsmpirt. Ht. lia, p. lot. [t) Mtmatrtr a* Miunna, t. yu, p. *M.\ (1) /«M, I. «Il, p. 171.

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compatriotes, attestent combien est répandue en France l'opinion que Wellington manquait d'initiative et de hardiesse. Noos avons dans les volumes précédents réfuté cette opinioD par des faits irréfragables. A ceux qui n'auraient plus ces faits présents à l'esprit, nous adresserons simplement les questions suivantes, laissant à leur bonne foi le soin de les résoudre.

Èlait-ce un général timide celui qui, dans les plaines d'Assjeavee 7,500 hommes, dont 1,500 européens seulement, et 17 pièces de canon, attaqtm résoloment 50,000 soldats mahnttes, solidement retranchés, couverts par une rivière et d^eadus par 100 piècesdecanon? — Un gén^l timide, celui ^, après une marche de 9 lieues, et par des chaleurs tropicales, se rua, dans les plaines d'Argaum, sur les forces réunies de Scindiah et du radjah de Berar,ies mit en déroute et ies poursuivit au clair de tune avec la plus grande vigueur? — £téit-ce un général timide, celui qui, à peine d^arquéavec 9,000 bomines à l'emiMuchare du Mondégo, se décida à marcher contre Junot, qu'il supposait à la tile de forces doubles ''es siennes (t), — qui, avant la bataille de Vimeiro, proposa fe tourner la position de-Torrès-Vedras par une marche de aano le long de la mer, opération que les généraux Burrard, '^i^nple et Clinton d^approuvèrent comme étant d'une *^^=eaKsmveiémmté,— et qui ensuite, après la bataille, proposa, '"'n^Kvient encore, de couper les Français de Lisbonne en f'^^'^^Kat possession de Torrès-Védras et de Mafra, projet quamk j>ar Napier « une de ces promptes et audacieuses combi- ' '^^î^ons qui distinguent les grands généraux? » ^^'^ât-ce un général timide celui qui, sans équipage de pont,

^l^** déni Tbicbaait, qnlreprocb* 1 WelllDglon d'inlr p*r m Icnlenr i>ut< l'inné* uita^**^' '"''"< ^i" le corp* «Bf t*li inlt wulement leoctaeriui, que ■'«(■l-Dujor «t l'ad' "^T^^t-tanauDqiuJentil-ciptrkDccetqDcdiiitileptTenieicoBdlUoni, Il j ■»» rMlle- ""*^^ l'indice * mircber tm mnl. Il WtlHDftoB anll «le un féoini timide. Il lunll

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effectua le passage dû Douro en présence de l'armée de Soult, opération que le duc de Dalmatie avait crue impossible et qui d'après l'auteur des Mémoires de Joseph, était « d^une har- « diesse inotâe (i). » — Un général timide celui qui, à la tête de 50,000 hommes, dont 50,000 espagnols, sans la moindre consistance, marcha sur Madrid, et soutint le choc des armées françaises dans les plaines de Talavera (s).

Et quand, aprèscette dernière bataille, plus de90,000 Français occupaient la vallée du Tage dans l'intention de marcher sur Lisbonne, un général sans initiative, avec 17,000 soldats mourant de faim, S^ fût-il arrêté neuf jours à Jaraicejo pour reprendre l'offensive dans le cas où l'ennemi eût donné suite à son projet (3)? — hardiesse étonnante, folle même, et dont nous sommes loin de faire un mérite au général anglais, mais qui, encore un coup, ne prouve point qu'il fût un homme timoré.

Il fallait de l'audace aussi pour attendre Masséna à Fuentès d'Onoro avec une armée afiaibUe par le départ de Beresford, et cela dans une position défectueuse, ayant à dos la place d'Almeida, encore au pouvoir de l'ennemi, et la rivière encaissée de la Coa, où les alliés, en cas de rêvera, eussent été précipités dans un désordre affreux.

Non moins remarquable est la résolution que prit Wellington d'assiéger Badajoz entre les années de Soult et de Marmont, aussi fortes l'une et l'autre que l'armée anglo-portugaise (4), et de prendre ensuite position à Gampo-Hayor dans

11) Mtmotrti dt JoiiphA.yi.

(1) Celle optrallDd i Ht Jiig<« iIidi Ici icrmci lulviau pir le> luUun dei rietelrti et eOBijutlÉi de l'armtt frantafte : • Lei ADSlt>-rarla(*l«,iprt* l'tTiciuUoa da F«rUi(*l, contutCDl un pran dont 11 Hanliiiie conlTiibilt irec li clrcoQipectMn ordlniln ■■! («D«-

nui de la Qraade-Bretagiie Dani ta lemtratre pr^iompllon. ilr ftrtiuir WcHeder

croralt, Ptc, e«c., ■ t. SIX, p. îTl.

IS) ce projet, mit en avant par Soult, aval! ât6 canbilia par Vtj et loaepb.

(4) NepaicaDtondreceaMEeivec celui de IBll.

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'^ dessein de livrer bataille à ces deux armées réunies (i).

Avec la même audace et le même sang-froid, il atten-

5*' de pied ferme, en 18H , à Guinaido, l'attaque de

^>000 Français, auxquels il ne pouvait opposer que

. OO^ hommes, ses deux ailes étant encore à plusieurs lieues

'^ «t-rière (ï).

^*» a vu aussi que Wellington étonna le maréchal Soult JT I ^ vigueur avec laquelle il emporta le fort Pécurina , . . ^clajoz, avant de l'avoir battu en brèche et par la réson ^~^*^ qu'il prit ensuite de monter à l'assaut de la place avant iVs*^** renversé la contrescarpe et fait éteindre les feux de

"^s-audacieux encore fut le plan qui consistait à prendre xSi^igo et Badajoz, en présence des armées du Centre et du ^idi , pour envahir ensuite l'Andalousie , repousser Soult sur le Guadalquivir, et ruiner l'arsenal des Français à Séville (3).

L'enlèvement d'AImaraz par 6,000 hommes, sous les ordres du général Hill, offre une autre preuve de l'audace que Wellington savait déployer quand les moyens ordinaires lui faisaient défaut, et qu'il était vivement pressé par les circonstances (4} .

La brillante offensive qui aboutit à la bataille de Salanianque entra si peu dans les prévisions des généraux français que, le 50 juin 1812, le maréchal Suchet écrivait encore au roi : « Je doute que dans l'état actuel de l'Angleterre, lord « Wellington ose hasarder une bataille. Il a trop à perdre ,

(litMpUncAtM* nécal«Miu le* clroOTtUmei quIobHktrent weilEngton l porlorli (narre in nord et * pounnlTrc uo bul d'âne «airs minltro.

(4) Le tdiH!nlSirT«lD,>ncleBcliMd'«ti(-nw]arr]eBcra*dotte,qiialiai nrtin* celte op«rtUm àt Itmérain, p. SKI ,

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A et l'armée française trop de gloire à acquérir pour s'engaa ger «us» loin de ses vaisseaux (i). »

La marche de Qaoc effectuée par le duc, en présence de l'armée française, aux Àrapiles, le 15 novembre 1812, était imprudente à force de témérité; elle ne réussit même que parce que Soult manqua l'occasion de la rendre désastreuse.

Citons encore la prompte résolution prise par Wellington de traverser le pont de fiurgos, sous le feu du château, en face d'un ennemi supérieur, et l'admirable marche de concentration au moyen de laqudle il se rendit maître du Douro, en mai 1815. Pour exécuter cette marche, 40,000 hommes de toutes armes, sous les ordres de Graham, avec chevaux, canons et pontons durent traverser une région («) considérée jvague-là comme imjtralicabte, même pour de petits corps de troupe» (3).

On doit se rappeler aussi rhalûleté avec laqudle Wellington franchit la Bidassoa, le 2 août 1815, après avoir donné le change au duc de Dalmatie. Si cette opération n'avait pas réussi, la marée montante aurait mis les troupes anglaises

(Il II De rot pu Mol tpirUfcr cetle oplDlon : (toult, dim mia IMftwdn I8ni*l 1811, tm rot m JsMjiA.dIult iilLMlpoiltirqne welllBitanBwrchcn ur riodiliKiM pour [arcer nr- • a«a<luMldlt lever le lUf «de Cadix.*

Le rai, ilatl qii« le prcniTe m Min du 12 Joln, il Mamonl, «1*11 Mn de reieler «elte inpimilUr». ~ Voir «((leBieat le* Mématnt dit Hnt da Kafui; 1. IT. p. ■ K>.

BertblertcrlTlt àamrniDBl.le H JtOTlcr 181! : •lien db porte I peoicr que lu AB(lali

■nSnliorMnDa.«crlfaBtaadaGde M(nie le même Jonr, dtl : ■ Lu tniltl) «orllnlnt de

■ leur eilrtme prudence en mtr«h*Dt me loatn Mtir* fnrcu nr MemapqM < ce Mralt

• nou* offrir Irop d'iTinUfu, el Ui (anlent lien da Cea tepenUr.... ■•

gne devient en pr«>eneede oee lénot(nt(e>l'UMrtlon nilnnte de M. Thien : 'Quoique

• p«a rerllle eu comblmlfou laidnlao*» et hirdloi, Welllnf ton ttalt udiannlDi atleaUT

■ auiocGUloai que 11 rortnne loi prtaeotall. /In* Icter4a/(ra(, mili l[ leaulilualt.el ea

• ■entrai cela tant, car calIuqueUAirtBne offre Hinttou|ouTaplu>>âret,tuidliqu'on ne

• lea créa ianuli*al-Déme qu'an prli de benoceupda hardleueetd* pdrlla.* (LlTre XUl. p. 114.

La campagne de 1§ll, termtn«e par la JoBnite da Salaminque, preuve qme WalllnitCB *aoaa trti-Mtn, au beiein, n-Mr du geetaUnt d* usiner*, ur c'eM lul-aatate qal prll Ici le •orprlM daaidadraMirnncila-

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^^as une situation désespérée ; la retraite ne pouvait se faire 9Ue par les gués du fleuve et à marée basse.

N'était-ce pas encore une opération des plus hardies que ® passage de l'embouchure de l'Adour, sur un pont flottant, y **istruit avec des chasse-marées, amenés à tout risque dans ^ 'leuve, malgré les barres et les brisants qu'aucun signal a 'aisait plus reconnaître? Et, à la façon dont cette opérais ** r*éussit, n'est-on pas en droit de dire que Soult ne s'at- ^13 ^it pas plus à la voir tenter, qu'il ne s'était attendu au

k^^^^ge du Douro, quelques années auparavant ? îS\>s^ ** fin, pour terminer cette énnmération de faits con- ^^Ms, nous rappellerons que Napoléon a.blàmé Welling- ^&^ d'avoir accepté la bataille de Waterloo avec la seule armée que possédât l'Angleterre, sachant que les Prussiens ne pouvaient arriver que dans l'après-midi, — que l'aile droite de l'armée ennemie avait ordre de les poursuivre, — que la position de Uont-Saint-Jean n'offrait aucun obstacle sérieux, — enfin que l'armée anglo-néerlandaise serait attaquée le 18 de bonne heure par des forces au moins égales en nombre, supérieures en qualité, obéissant au plus illustre capitaine des temps modernes...

Encore nne fois, celui qiii mérita ce reproche de la part d'un homme aussi remarquablement audacieux que Napoléon, ne peut pas être qualifié de général timide et sans résolution.

La vérité est que le duc de Wellington montra constamment toute l'audace et toute l'initiative qu'il était possible de montrer à la tète de l'armée qu'il commandait, et dans les circonstances oîi il se trouva placé. Les écrivains qui lui font un grief de n'avoir pas toujours profité des occasions favorables pour accabler ses adversaires et prendre l'offensive, oublient que l'armée anglaise se recrutait péniblement, et qu'elle devait être ménagée avec une sorte de parcimonie que n'^geait pas l'armée française, entretenue par les ressources

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inépuisables de la coDscription. Ils oublient que Wellington ne pouvait pas vivre aux dépens de la contrée où il faisait la guerre, — que l'obligation de former des magasins et de faire suivre toutes les subsistances, occasionnait une grande perte de temps, — qu'il devait concilier les intérêts du commaodement avec les devoirs d'une situation complexe, — que la nécessité de régler ses opérations de concert avec les généraux espagnols et les autorités locales fut une source de continuels retards, — et que le manque de numéraire et de moyens de transport, dont il eut si souvent à souffrir, équivalait à un manque de bardiesse et de mobilité, l'armée anglaise n'ayant pïs, comme l'armée ennemie, la ressource du pillage et des réquisitions. Ils oublient que Wellington était, comme général, soumis au duc d'York, homme de peu de talent et de résolution; qu'il devait, en outre, se conformer aux instructions, souvent très-imparfaites, presque toujours trèsabsolues et très-embarrassantes du ministère anglais (i), et que de toutes les nécessités, il n'en n'est pas de plus fâcheuse pour un général, ni de plus contraire à l'esprit d'initiative, que celle de régler les opérations militaires sur l'état de l'opinion publique, la plus mobile des choses mobiles, surtout en Angleterre.

Quand tes nouvelles étaient bonnes, t'enthousiasme du peuple était sans bornes, et sa confiance illimitée; mais au plus petit revers ou à ta moindre déception , il s'opérait

(I) Le Ifl iTrJI ISN. «ellingtim «CTiiIt d« TouloDie t ■. Cooka, nua-HcréUIra d'l(*( :

• Vou* nitru, CD Aoilclcrrs, tou> iltci [rind train, cl v«a> nvyei que IodI dgll «lier en

• irédamu dCilrii mili todi oubllei quciquclul* que vot ■éa«raui ont dei iDittnctUwl

• trti-pr4cUei,clquB rem qui Tculent bl«a Krtir leur pajidolieDt le coDtormer* eu In-

• ilravtlDiu, CDCors qn'lli no enlfiienl pu d*M)nmer lur eni nue grande rctpooublilU. • Il eit certain que lea IntlrucLkiBi du goaiemcmenl luacEtèreut de (riadi embarr» t

Welllniton en itos et m iwt. Lea chatat n'illtreotii» nleui dani l> luUe, alaalque le

' Angleterre de Doa alTalrea Ici. Mca Inalructloni •'accordent parfaitement aiec le aenlt-

■ ment ftBén\, pour défendre da l'eipoaer t aucun rltque ou a aucune perte Moa n<cea-

■ UU. ne l'auMlei pai dan* toua lea nouremeDla que Ton* (er«i- >

dans son esprit une métamorphose complète, et son découragement devenait alors aussi grand que l'avait été son eothousiasme. Ainsi, après l'anoonce du succès de Baylen, on crut en Angleterre qne les patriotes espagnols et une poignée de soldats anglais suffiraient pour chasser les armées ^ançaises. Sous l'impression de ce sentiment, de larges subsides furent votés par acclamation. Peu de temps après arriva la nouvelle du succès de Vimeiro et de la capitulation de Cintra : il y avait là de quoi se réjouir, mais on s'imagina que Junot aurait pu être contraint à mettre bas les armes, comme Dupont, et on partit de cette fausse idée pour injurierpubliquementet traîner devant unecommission d'enquête (ce qu'on n'avait jamais vu jusqu'alors) les généraux qui avaient battu les Français et délivré le Portugal ! Ces clameurs, lentement apaisées par l'évidence des faits, reprirent une nouvelle énergie quand on vit débarquer les restes de l'armée de John Moore, épuisée de la Corogne. On traita I) guerre d'Espagne de folie, et on soutint hautement qne Bonaparte était invulnérable sur terre.. Le cabinet cependant obtint de nouveaux subsides, et la lutte fut continuée.

Wellesley, réhabilité, alla prendre le commandement des troupes et marcha, avec trop, de conBance peut-être, sur Madrid. Il vainquit à Talavera, mais il fut presque aussitôt obligé de battre en retraite et de gagner Badajoz : nouvelles déceptions, nouvelles clameurs ! Le général en chef et te ministère furent attaqués avec une violence extrême dans la Chambre des Communes par Grey , Ponsomby , Grenville , Withbread et d'autres députés influents. Les partisans de la guerre devinrent de plus en plus rares et timides; néanmoins, par l'appui énergique de la Chambre des Lords, le ministère obtint de nouveau l'autorisation de continuer la lutte.

De prompts saccès vinrent heureusement justifier cette résolution, car, au moindre revers, à la moindre déception même, l'armée eut été rappelée.

ËD apiurenant eoup sur coup la retraite de Huséoa, la [H'iae de Badajoz el de Ciudad-Rodrigo, le peuple anglais éprouva le plus vif eothousiasme ; mais son admiralioo, toujours condiUonuetle,De résista point à l'annonce de la retraite de. Burgos. Exagérée par la malveillaace et comparée à la déroute de John Hoore, cette opération donna lieu à de nouvelles clameurs. Ce furent du reste les dernières que Wellington eût à subir. Les journées de Salamanque, de Vittoria, d'Orthez,de Toulouse et de Waterloo élevèrent enfin sa gloire et sa popularité à une hauteur d'où elles ne pouvaioit plus descendre.

Au milieu de ce flux et de ce reflux variable de l'opinion publique, la position du général anglais fut par moments aussi désagréable que pilleuse. .

Tantôt on l'accusait de ne rien faire, de manœuvrer ctanme Fabius, et tantôt on lui reprochait de vouloir tout compromettre par sa fotle témérité (i). Wellington savait que le plus petit acte d'indépendance pouvait le compromettre visà-vis du gouvernement ou de la nation, et que le moindre échec, dans certaines conditions , provoquerait le rappel de l'armée.

Cette conviction jointe à la crainte d'aflkiblir son armée, déjà si peu nombreuse (s), obligea le duc à se montra' fort circonspect. Une autre raison d'ailleurs t'empèoba de frapper

(1) Le 11 iTrll UID, WalllQïlaa écrlill t CiMrlei Bliurt : <■ VtUt de l>otilBloa eb kapeUmt

• eittMi-dttaninblalli Nnlnmle. LU mlnlilrei (ont anut ilumdt que IB publie, ou qm

• l'DPiNMlUoo prdtcDd l'étr* ! lia h »at nia daoa l'Idéa qu* ja mu llTrer ma baliUM d«M*-

■ pérCa, nipouTantmeDCrl rien d* bon. >

Voir «fiIaneM la Ullr» du 2 ittII UIO. à Urd Ulitrreol, a* W«illii|IO« dll : • Je ma N»

■ balta pal auluCqu'onaeriinailne de lltrer dei baUlllea ddtaipdniei. •

(1) ■ un HDtnl uiilala, dit Napler, ne doit Janali ■ibandaBnei' 4 u lerliraa ; n n>iw preaqneiieB baiarder, quelque catmincn qu'il ait dam >» raaMnrcei peraoaiiBllu , varca qnll Mit qo'na <cbae la perdrait din* aon payi... u prudence de WBUIii|tDn,caBBuBdee pu UmtmecaoM, avait Induit aeaamla et laaeBBanli à porter un hua JoinaaU tar la (jiltiBe de luerre qn'll aralt adepte. Lea Fnaçaii ont accnid ee ajalèBie de tlmldllé i le* *DElaJ*l'onlappal<le(]»liiiKFalilui. > — T. xU,p.UO.

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des coups aussi rapides que ceux de l'armée française : c'est la nature particulière du soldat anglais. Ferme seulement dans le, combat, ce soldat est mou dans la marche, supporte difficilement les privations et le» fatigues. Troie jours de vivres, c'est tout ce qu'on peut lui faire porter ; le soldat français, au contraire, prend quelquefois jusqu'à IS rations complètes (i), et malgré cette charge il exécute des marches forcées avec moins de peine que l'autre ne fait une étape (Hdinaire. Au surplus, il est très-difficile de tenir les soldats anglais réunis après la victoire, c'est ce qui explique le peu de vigueur avec laquelle Wellington poursuivit l'enDemi dans certaines circonstances (s).

Malgré ces puissantes raisons, qui faisaient au duc un devoir d'être prudent à l'excès, il montra plus de résolution et ' d'initiative que les lieutenants de l'empereur.

Chose étonnante, les historiens qui ont le plus vivement critiqué la prétendue lenteur do Wellington et son exces- «ve timidité, n'ont jamais soD^ à mettre sa conduite en regard de celle des généraux français, qui cependant se trouvaient dans de meilleures conditions pour agir avec vigueur.

L'impartialité nous fait un devoir de réparer cet oubli, en faisant remarquer :

1* Qu'au témoignage même des auteurs français, l'indécision et la lenteur du inaréchal Ney sauvèrent l'armée de Castanos et de Palafox d'une destruction complète après le combat de Tudela (s).

(I) In miretunl mr TorrU-Vedm, HalMni Dblll«« cluque wMit 1 porter do piln pom «dui Joan. — JoHis, 1. 1, p. m.

M lit dim 1«i mnurtni du due it> Acifu», t. IV, p. 3S: > Jtmali. pendant le tempi que fil commundt celte irmte (celle de rorlufil), elle ne t'ait mlie en opAntiOD quvnpiriTint lo MtdiU o'euuent reçu dei Tl*ru pour qiUnie, dli-ttult et Tt«|l Jonr*. qalti

13} T<Xr « l'ippnl de ce nll, Ih IHfra du 29 JuIdIBIS, de VftUnjtpfl « lord «aJ*ii»(. III Talr 1. 1, p. W.

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2* Que le même défaut de résolution et d'énergie firent perdre à Masséna ta bataille de Busaco (i).

5° Qu'en juillet 1809, Soult perdit un temps précieux à réunir tes corps de Ney et de Mortier, dont une partie aurait suffi pour changer la face des choses , si elle eût débouché quelques jours plus lot dans la vallée du Tage.

4° Que Soult et Mamiont laissèrent bénévolement échapper Foccasion de battre l'armée anglaise à Campo-Hayor , oii elle avait pris position avec des forces de moitié inférieures à celles de l'armée française.

5° Que le 26 septembre 1811, le duc de Raguse, par suite d'une indécision plus grande encore, laissa Wellington, pendant 56 heures , à Guinaldo , organiser tranquillement ses moyens de retraite, quand il aurait pu l'écraser avec des forces supérieures (s).

6' Que Soult, en novembre 1812, non-seulement négligea une belle occasion de couper de Ciudad-Rodrigo l'armée anglaise établie aux Arapiles, mais qu'il laissa Wellington opérer un mouvement de flanc des plus dangereux pour atteindre cette place, bien qu'il eût trois fois plus de cavalerie, une fois et demie plus d'infanterie, et presque deux fois autant de canons que le général anglais (s).

7° Que Suchet, par la crainte exagérée de compromettre une partie de ses conquêtes, refusa à plusieurs reprises de réunir ses forces à celtes du maréchal Soult, pour arrêter la marche offensive de Wellington à travers les Pyrénées (i).

8° Que St-Cyr manqua de vigueur et de résolution après la bataille de Valls, '— et qu'en 1812, Marmont laissa échapper l'occasion d'attaquer Almeida (où il aurait trouvé le matériel

(4)Totrt.II,p.»l«t)U.

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nécessaire pour assiéger Ciudad-Rodrîgo), bien qu'il eût 28,000 hommes sous la main, et que les ouvrages de la place fussent dans \fi plus mauvais état.

Ed rappelant ces faits, nous sommes loin de prétendre que Wellington seul fut irréprochable. Un grand capitaine a dit avec raison « qui a fait la guerre a fait des fautes. » Nous avons très-impartialement signalé toutes celles qu'on est en droitdereprocberanduc.Sa gloire n'en sera pas obscurcie, et l'on reconnaUra, nous en sommes certain, que dans la guerre de la Péninsule il s'est montré supérieur comme tacticien à Hasséna, à Marmont, à Suchet et à Soult(i). Les Français ne pardonneront jamais au duc d'Albuféra la faute qu'il commit, en refusant de se porter sur le flanc droit de l'armée qui allait envahir la France, — en laissant prendre le château de Sarragosse par les bandes d'Espoz y Mina , quand il avait 29,000 hommes de vieilles troupes sur l'Ebre, — et en se repliant finalement sur la Catalogne, au lieu d'opérer en Aragon de concert avec l'armée de Soult.

Hasséna, si brillant en Suisse et en Allemagne, ne soutint pas sa renommée en Portugal. Il ne montra du génie qu'au moment de la redite.

HarmoDt fit à Salamanque des fautes irréparables, dont les résultats du reste furent aggravés par la blessure qui le mit hors de combat au moment décisif.

La conduite de Joseph à Vittoria est d'un général qui n'atteint pas même à la médiocrité.

Enfin le duc de Dalmatie, jusqu'à la fin de sa carrière, a dû se reprocher d'avoir perdu aux Arapiles l'occasion d'écraser

•«rlorlM proTCDilt de ce que Wellinilsn *Ttlt I un pini baal àetf* '^ quiUt uf mener lIioDDe fin la Intle loule «pecliledoDt II rtulninlc latlettaUli inniiiult l-ImporUnee de cei qadlUi, lorii]u>ll <crlT>lt 1 JOHpb:'» le celte nature, U tint dnuD(-rrDld, de la pallence ddn eticul. ■(ffoleifi

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— no —

les Anglais avec la plus forte armée qae la France eût ea jusqu'alors réunie sur un point de la Péninsule (i).

Il ne serait pas équitable de juger un homme de guerre uniquement d'après les résultats obtenus, car on pourrait citer telle bataille qai fait plus d'honneur au vaincu qu'au vainqueur. D'un antre côté cependant, il répugne d'admettre qu'un général, dans une longue entreprise, soit constamment heureux sans aVoir du talent, surtout s'il a des adversaires habiles et d'excellentes troupes à combattre. Il nous sera donc permis de faire remarquer, en faveur de Wdlington, que rarement ses combinaisons ont échoué, et qu'il est sorti vainqueur de nombreux combats soutenus sur les théâtres les plus variés, et contre toutes espèces de troupes , aux Indes, en Danemark, en Elspagne et dans les Pays-Bas.

Pour se faire une idée exacte de l'importance des résultats obtenus par ce général, il faut se rappeler ce que nous avons dit (chapitre XIV), au sujet de l'armée anglaise, — de l'insuffisance du recrutement, — de la mauvaise organisation des divers services, — de la négli^nce et de l'incapacité des officiers, de l'inconduite habituelle des soldats, — du mauvais état du matériel et de l'intervention constamment fâcbease du pouvoir civil dans les moindres détails de l'administration militaire. Wellingt<Hi fit l'impossible pour améli<Nrer cet ^t de choses, mais il fut constamment entravé par la bureaucratie des Horse-guards, aveuglément soumise à l'empire des vieilles traditions. Le duc d'York, qui aurait pu faciliter sa tâche, était arriéré, méthodique, trop confiant surtout dans

(1] Voir I. H, p. ST.

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ses anbordonaés , la plupart dépourvus d'expérience et de talents militaires. U en résulta que Wellington, au lieu de trouver de l'appui dans le gouvernement, ne rencontra que lentMirs, hésitations, préjugés, obstacles de toute espèce. Tantôt, comme dans les nominations et dans les relations de l'armée avec la marine, les bureaux affaiblissaient l'autorité du génial ea chef, au moment où il en avait le plus besoin ; tanlAt ib dérangeaient les services de l'armée par des mutations fréquentes, intempestives (i), et tantôt ils éludaient les déciûens les plus urgentes, c(»nme il arriva k propos de la désignation du successeur au commandement en chef, dans le eas où Wrilington aurait été tué ou mis hors de combat (s). Malgré ces obstacles, le duc parvint à introduire quelques changements heureux dans l'organisation et ta discipline des troupes anglaises. Il créa, en 1 808, l'intoidance de campagne, dont il arrêta lui-même les r^lements jusque dans les plus minutieux détails (3] ; ' — il simplifia le bagage, de tout temps fort considérable dans les armées anglaises ; — il améliora senùblemeat le cwps du génie et l'état-major général ; — Il provoqua la création des premières compagnies anglaises de sapeurt-minews (4) ; — il forma un train de pontons qui ittdit de grands services ; — il AtnéMora les voitures pour le transpmt des munitions et des vivres; — il apporta d'heureuses modifications au matériel des hôpitaux; — il exigea enfin plus de précision dans les manœuvres, trop longtemps

•Munir de râpaaia ciUisrlqde lor c p. «MU, cl I. Xt, p. SB.)

toe iDtn quntton InporUDU , le <J«pirt dei l*luUItloni, «|IUc dapuli le dmIi da tcpiMibn 1B1I, u'nM pi* incdr* r«cm de MinUon en dtfaembrelBIl.lTDlr Diipclelitc, H.P.IT3.)

(1) COBBe déUII Mai elMKM cl fait, qa^l ptriint * mellre an terme t 11 Tenle de> eSeli «■piyiat la laide ebique Jour. ■ lln'j's, dlnlt II, que l« MdiUbten Mrt*qat«biefTenl ■ SB* dUcIpllne eucte. •

(*) Voir H MIrt du 1 1 Mrrtar »II, A toni Llv*rrOOl.

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obligées , et plus de régularité daos toutes les parties du service en général. Lui-même donoa l'exemple de la ponctualité en portant son attention sur les plus petits détails. Ainsi, dans UD moment où de grandes opérations réclamaient ses soins, il ût un ordre du jour pour prier les offîcierB de s'assurer que tes soldats faisaient bouillir dans leur soupe certains aliments qu'il avait prescrit d'y mettre : « Si c'est de « l'oi^e ou du froment, dit-il, il faudra en secouer les pelliti cules avant de faire bouillir (i). » Cet ordre caractéristique prouve avec quelle sollicitude le duc veillait à la santé et au bien-être du soldat. Le passage suivant d'une lettre adressée par lui au lieutenant-colonel Torrens, atteste la même préoccupation : « Il n'y a pas d'objet, dît-il, auquel j'aie donné « plus d'attention entout temps qu'au règlement descomples « des soldats. Je regarde ce règlement comme un point « essentiel pour la discipline (s). »

Wellington attacha aussi beaucoup d'importance à l'esprit de l'armée; il cbercba surtout à la soustraire aux funestes influences des intrigues politiques : « Je ne vous demande o qu'une chose, écrivit-il {le 2 janvier 1810) à lord Liverpool, « c'est de ne pas m'envoyer des hommes de parti. Il faut éloi- <( gner de l'armée tout esprit étranger, autrement nous entre- « rons dans une mauvaise voie. »

Les disputes entre officiers lui causaient le plus vif chagrin, et lorsqu'il s'en produisait malgré ses remontrances, il ne manquait jamais de faire observer, a qu'on était dans un « temps où l'activité et les talents des officiers étaient néces- « saires pour protéger les droits et les intérêts de la pa- « trie (s). »

|t) OrOrtAu lSieplembral8l2,

(:)£«/(» do 1Ï>DÙLI»IÎ.

(!) AU tolontl murrax, U Hpl«mbra IBOï.

3;'Goo'^lc

Il détestait les querelleurs et les hommes violents. En 4805, ayant l'assaut d'Ahmednuggur, il renvoya un officier qui avait excité deux de ses camarades à se battre, et qui lui-même, à quelques jours de là, s'était conduit brutalement dans une affaire personnelle (i).

Pour prévenir les discussions et les conflits, il recommandait aux chefs « de n'être d'aucun parti que de celui de l'in- « lérèt général, et d'employer indistinctement, quels qu'ils R fussent ou dans quelque service que ce fût, les hommes « capables et dévoués (a). »

C'est en obligeant ainsi tout te monde à faire son devoir, et en éloignant toutes les causes subversives de la discipline, que le duc parvint à faire de son armée la machine la plus parfaite en ce genre qu'on eût encore vue en Angleterre : « J'ai « toujours pensé, dit-il, que je serais allé partout, et que « j'aurais fait tout ce que j'aurais voulu avec cette armée . Il • était impossible de voir une machine mieux organisée et « dans un meilleur état de discipline, que ne l'était mon « armée de la Péninsule , lorsque je la quittai sur la Ga- « ronne (5)... »

On apprécierait mal l'importance de ce résultat, si l'on oubliait dans quel état se trouvait l'armée quand Wellington en prit le commandement. « Les militaires, dit Atison, à trèspeu d'exceptions près, depuis le général jusqu'au tambour, ignoraient en grande partie leurs devoirs les plus indispensables; et le commandant en chef était obligé de s'occuper luimême des plus minutieux détails de chaque branche de service, sous peine de voir ses projets les mieux concertés, avorter par l'ignorance et l'incapacité des agents secondaires (4). »

(I) VMr BtxwtLL, 1. 1, p. llS-12e.

II) Ullnaueolinitl Murmjr, \e leplcmbre IWl.

n fiile il«v*nt II cammiiiloi) royite ri'Eiiqu^lt tur In chlllnii'nli mllKilrc)

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Ce furent ces défauts, mis en évidence par la campagne de 1794, qui donnèrent à Napoléon et aux généraux français une si pauvre idée de l'armée anglaise.

L'organisation, la discipline et l'instruction des troupes firent de notables progrès sous la direction ferme et intelligente de Wellington. Cependant, considérée dans son ensemble, l'armée de la Péninsule fut toujours inférieure à l'armée française. Le duc en est convenu bien des fois, tout en faisant observer qu'il en sera de même, « tant que l'Angleterre « n'aura pas un système de recrutement qui lui permette de « perdre impunément chaque année, par le seul effet des « privations et des fatigues, la moitié de ses troupes en cam- « pagne (i). »

On a reproché à Wellington d'avoir manqué de la fermeté nécessaire pour empêcher ses troupes de piller et de saccager les villes conquises. L'armée anglaise , en effet, commit à Ciudad-Rodrigo, à Badajoz et à Saint-Sébastien des excès honteux ; dans cette dernière ville, notamment « ta plus révoltante cruauté vint se joindre à la nomenclature de tous les crimes (i) ; » mais ces horreurs ne peuvent en aucune façon être imputées au général en chef. L'histoire de toutes tes armées constate qu'il est malheureusement impossible d'empêcher le sac d'une ville prise d'assaut après un siège meurtrier, quand les assaillants sont surexcités par le souvenir de quel-

^vGoo^^lc

us —

qoe iMUTais traiteoieot, ou par le désir de tirer vengeance d'une humiliation récente. C'est ce qui arriva presque toujours en Espagne, où de part et d'autre l'acham^Dent fut extrême. La cruauté des Elspagnols provoqua les représailles des Français, et, dans plusieurs circonstances, l'hostilité ombrageuse des troupes nationales irrita l'orgueil des soldats anglais. Il en résulta que bientôt la lutte prit un caractère de barbarie incroyable. Wellington lit tout ce qu'il était possible pour prévenir ces excès, mais il n'y réussit point. Ëcrivant à son frère Henri, le 9 octobre 1815, s il m'est arrivé, dit-il, de « prendre i^usieurs villes d'assaut, et je suis peiné d'ajouter ' a que je n'ai jamais vu ni entendu qu'aucune ville prise de « la sorte ait été préservée du pillage. Tous les officiers a d^lorent ces excès, non-seulement parce qu'ils font le « malbeur des habitants, soais encore parce qu'ils détruisent •' la discipline et exposent les assaillants à perdre les avan- « tages de la victoire, au moment mâne où ils viennent de « l'obtaiir. »

Wellington avaithorreurdes pillards, et l'on pentdire, sans exagératicm, que personne ne fit plus d'^orts que lui pour maintenir ses soldats dans les bornes du devoir et de la 1^lilé. Ses premiers pas dans la carrièi^sont une protestation contre 1^ mesures violentes.

A Seringapatam, il arrêta le pillage en faisant pendre plusieurs soldats aux portes du palais de Tippoo-Safaib, et en plaçant des sentinelles devant toutes les maisons exposées. Grâce à ces meaures éner^ques, il rétablit promptement l'ordre, et rendit aux habitants une confiance et une sécurité qui les reportaient aux plus beaux jours de la dynastie mysorienne.

Après la guerre des Mabrattes , sir Arthur Welledey se félicita moins encore des succès obtenus par ses troupes, que de la discipline et de la modération dont elles avaient donné l'exemple : « Mes nombreux partisans, écrivit-il au lieutenant

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« colonel Clo8e(i), sont si bien disciplinés que je puis risquer u de les mener partout. Nous avons été un mois à Hoobly, et « les champs ensemencés au milieu du camp ont été reste pectés, »

Aveo ta même satisfattion il signala ce lait, « que les sol- « dats de son armée, une heure après l'assaut de Gawilghur, « avaient quitté la ville avec autant de régularité que s'ils « n'eussent iait que la traverser (s). »

Pendant son séjour dans l'Inde, Arthur Wellesley prit une foule de précautions pour empêcher ses soldats de commettre des dégâts dans les villages (s). Les hommes pris en défaut étaient pendus, et les généraux avaient l'ordre d'en agir de même à l'égard de tous leurs subordonnés {*).

Mais c'est principalement dans la guerre de la Péninsule que Wellington Gt éclater une juste sévérité contre les pillards.

Nous ne citerons pas les nombreux ordres du jour par lesquels il défendit à ses soldats de prendre quoi que ce fût aux Espagnols ou aux Portugais sans en payer exactement la valeur (s) ; nous ne rappellerons pas non plus l'éner^e qu'il déploya contre les militaires qui enfreignaient ses défenses : nous nous bornerons à constater, par quelques faits peu connus, le soin vraiment extraordinaire avec lequel il cherchait à prévenir les moindres atteintes aux droits de la propriété.

Par son ordre du 15 juin 1809, il enjoignit aux troupes « ^'épargner dans leur baraquement les oliviers et les autres <t arbres fruitiers ; » et, après Talavera, quand ses pauvres soldats mouraient de faim par la faute des Espagnols, il leur défendit « de prendre des racines et des végétaux sans les

iH Litire Ju II >l«ce(iiir« IS02. iiii totomi Slnmion. [Si Tolr le Journal du féaerU nicollt. cité inr auawoo», t. Il, p. US. (*1 Toir u Itilreau iitccmnre 1803, aii emonel Miirra/» le Journal ds Klcnlls, clU pi unawooD, l. It, i>. »3.

tS) Tatr enlrt «nlre Verdrf da 20 niri 1811.

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payer (t). » En 1810 — toujours pouréviter les dégâts inutiles et les scèncB de désordre — il publia l'avis suivant : « Le comn mandant en chef prie les officiers généraux et les com- « mandants des régiments de prendre les mesures nécesa saires pour empêcher les troupes sous leurs ordres de « couper les oliviers et les autres arbres à fruits pour faire « du feu (9). » Par un autre ordre de la même année (s), il défendit aux officiers de chasser le daim dans les parcs réservés : a Cette habitude, dit-il, dénote un entier oubli des B droits de la propriété, que les officiers seraient obligés de « respecter s'ils étaient dans leur pays. »

Lei5avril 1811 étant àVilla-Hermosa, Wellington engagea les chefs de corps « à ne pas couper le blé en vert pour la « nourriture des chevaux et à mener de préférence ces ani- <' maux dans les prairies {*). » et comme cette recommandation ne fut pas exactement observée : « Le sentiment de « l'intérêt de l'année, écrivit-il, joint à la pitié pour les mal- « heurs du peuple, devraient empêcher le gaspillage du four- K rage et de toute chose (s). »

A Fuente de Guinaldo, en 1812, Wellington prévint ses soldats que ce qu'il avait défendu en Portugal, il ne le permettrait point en Espagne : « Nul, dit-il, ne peut quitter les

" rangs pour piller des légumes dans les jardins ou dans les

^ champs (s). »

-Bien que les Espagnols eussent dans plusieurs circonstan-

*■* S"""*^"> * «léceiDbe* 1810.

,,^V^**^*iiicncoi«MideDi Mlrtiia H nu» ISII, ofl II illicutpc Ml M .Tf""» «- Il pounnlte de ■■■■«m) do boit i brûler ilinj ui> l'irc ro>»l et di

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ces, et notamment après Taltvera. montré des sentiments hostiles envers les soldats anglais, Wellington exigea que les habitants paisibles fussent traités avec les plus grands égards.

Le â juillet i813, il fit an ordre commençant par ces mots : ff Le général en chef a eu souvent occasion de {Hier « avec instance les officiers de traiter avec respect les autou rites du pays et le peuple avec douceur (i) »

La même noblesse de sentiments caractô'ise ses rapports avec la nation française. Au moment de pass^ la frontière, le 9 juillet 4815, il engagea ses soldats à se faire bien venir des habitants par leur humanité et leur justice: « Se venger, « dit-il, de la conduite des généraux français en Espagne « sur les paisibles habitants de la France, serait une con- « duite barbare, indigne des soldats auxquels le commandant « en chef s'adresse en ce moment... En conséquence, les « règles observées jusqu'ici pour requérir et prendre des « vivres dans le pays et en donner des reçus devront être « observées comme par le passé. »

Afin d'ôter jusqu'à l'ombre d'un prétexte à ceux qui l'accuseraient d'avoir toléré les pillages, le due poussa la sévérité au point de faire des recommandations dans le genre de celle-ci ;

< Saint-Jean-de-Luz, 18 décembre 1813.

« Les officiers devront prendre garde à ce que leurs u hommes ne coupent pas ou n'endommagent pas d'aucune « manière les planchers, les escaliers, les portes et les fenè- K très des maisons, non plus que les portes des fermes ; « et ils devront surtout demander aux habitants s'ils n'ont « pas à se plaindre sous ce rapport (a). »

(1) Ordn <lalé da vllli-Verdc.

(1) In I8IS. Il Diuntra U orfine M)v«r

lu. L( Gomlc de Naaloalllcl :

uc do Bcrrr, do et que dn oOcIcn

■Dgiil* cuucDl Gbiuâ dan*

„Gooi^lc

— Ii9 —

Les soldats qui cuntreveuaient à ces ordres étaient sévère-

OMitpuDis. Dans mainte circonstance, Wellington fit pendre

des hommes accusés de simple maraudage , et nous avons

cité (chapitre XIll) une proclamation dans laquelle il autorisa

les habitants du midi de la France à faire eux-mêmes justice

des militaires qu'ils prendraient en flagrant délit. On a vu

aussi qu'il préféra laisser les troupes espagnoles en deçà des

Pyrénées et livrer sans elles la bataille d'Orthez, plutôt que de

sou&ir les actes de brigandage qu'il avait vainement essayé

de réprimer par des mesures disciplinaires : « Je ne suis pas

« asseï scélérat, écrivit-il à don Freyre, pour permettre le

u fùllage.... Si l'on veut piller, qu'on nomme un autre gêné-

c rai {!). »

Wellington avait une telle aversion pour les dégâts inutiles, qu'il refusa pendant toute la guerre d'Espagne de recourir au mode d'attaque des places par bombardement. Il aima mieux s'exposer à d'immenses difficultés et voir couler à Dots le sang de ses soldats (lui qui en était si avare!) que de faire périr dans les flammes ou sous les ruines de leurs maisons une foule de gens inoflensifs, dont il n'avait pas à se plaindre. « Dans tous les sièges que j'ai faits, écrivit-il a au général Bentinck (%), je ne me suis jamais servi que « du canon, parce que, selon moi, le feu des mortiers et « des obusiers ne produit d'effet que sur les habitants de " Ja ville. »

Ce fait prouve combien est injuste l'appréciation de certains auteurs espagnols, qui ont reproché àWeHiogton d'avoir encouragé les pillages de Ciudad-Rodrigo, de Badajoz et de

"•Bon répondit (lo 2T nplcmbrej ■ ^u'il regratull qu'on n'eatmirillilrtleroi

"" "^^ olBclcri pir dei girdG) de cbUM, pour qu'an en pdL faire eieinp

„Gooi^lc

Saint-Sébastien (i). Il n'était au pouvoir d'aucun homme d'empêcher ces désordres. Dans certains cas, toutes tes armées pillent, même sur leur propre territoire. Ainsi Wellington, pendant son séjour en Portugal, eut moins de peine à retenir dans les bornes du devoir ses propres soldats que les Portugais, toujours enclins à piller leurs compatriotes (2).

Il est prouvé aussi que les Espagnols craignaient leurs soldats, au moins autant que ceux de l'ennemi.

« C'est une chose très-fâcheuse, écrivait sir H. Douglas (( à lord Wellington (3), que d'entendre répéter partout qu'un « corps de troupes espagnoles mine beaucoup plus le pays « qu'un nombre égal de troupes françaises. » Et en effet, dans la Catalogne, en Andalousie et dans d'autres provinces, il n'était pas rare de voir les paysans se joindre aux Français pour donner la chasse aux guérillas (4).

Soult, malgré la sévérité de ses ordres (5), ne put empé-

(I) U K«aCnl LiDure (p. 1«1), raconle le trilt lulTaol, acccptil comme tCrldlque |ur l'blilarMa rfu Coniulal tl dt rEmpIrtlU*. XUI, p- 111) :> «prêt fe déjeuner que lord Wel- - Ilnftan oOrll lux oIBcleri rnni;ili. lejourdelireddllfon de B>d>J«i, tbllli>paD pria la due ■ de faire ceuer te pillage, 1 quoi le général inglali répondit que l'uuic de U guerre prr-

rourloDiceni qalonl ronou Wellington ou tlmplemcpt rCBtcbliDi Mtt que noufvenon* d^ipeier. Il doit f ire liTldent que le duc ne peut avoir itll cei parole* odieuiei , que rien ni dan* u* acte*, ni dut Hcurretpondance ne conflmie. Au reile. aou» trou noni une ptcutb de l'ciafCmlon du gén«ril Lauiare et de» malveillance poor1eR«neralaoglali daoi ratfinniUon aiitvanle (p. 103] ; « le aie de Bidajai ga'ua mol, un(f;n«de •■ ptrt pouvait em ptctier.terult g JamaliKilaurlera de Wellington ;• iDIraiatlon «TUemiuenl fautie et qnl

(l)Tolr«ei.

ordrei du II c

tduni

iirlllgll.

(3)Tllli-?r»nc»,*Jio»ler

(!) Voir lea

Anneiet.

(g) noa.elt<

irqn»ble,ri

irdre au Irai

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