‹ Histoire du duc de Wellington (volume 2)Chapitre 6 sur 14 · Campagnti 4t Farmit it Portugal · texte numérisé non relu

Campagnti 4t Farmit it Portugal

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« de fusil. Le régiment enleva le bourg, passa les babi- « tanis par les armes et mit le feu aux maisons. Il en fut de « même de Calmenar... » o Ces exécutions, ajoute M. Du- « casse, étaient horribles sans doute, mais elles intimia daient les autres communes et nous épai^aient bien du a monde, n

Le maréchal Soult fit pendre à Séville un vieux sergent, nommé Lopez, pns au moment où il requérait des chevaux pour Ballesteros. Cette rigueur ne parut odieuse, que parce que Lopez avait été jugé par deux tribunaux et acquitté (i).

Le ^ décembre 1809, Augereau fit aux Catalans la proclamation suivante, vrai chef-d'œuvre de cruauté :

« Tout homme pris les armes à la main sera pendu sans a autre forme de procès comme voleur de grand chemin. La o maison où il fera résistance sera brûlée ; tout y subira le « même sort. »

A Cuença, le général Caulincourt exerça des représailles horribles, qui lui valurent les félicitations de l'empereur : « Caulincout, écrivit Napoléon au roi Joseph (51 juillet 1808), « a fait très-bien à Curaça. La ville a été pillée : c'est le " droit de la guerre, puisqu'elle a été prise les armes à la a main (%).., »

Quand Wellington entra dansSalamanque, il fut péniblement effecté devoir combien cette ville avait souffert, par suite de la présence de l'armée française : « Depuis trois « ans, écrivit-il à lordLiverpool(3),le peuple de Saiamanque « gémissait sous le joug. Pendant ce temps, les Français, entre antres actes de violence et d'oppression, ont détruit tt 15 convents sur 25, et 22 collèges sur un pareil nombre

II) Tolr Toiéno, I.

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« que renfermait la ville, siège illustre des lettres et des m sciences (i). »

En rapprochant ces faits de ceux imputés à Wellington, et en considérant que peu de troupes sont aussi morales que celles de l'armée française et peu de codes aussi sévères que le rode pénal anglais, on arrive à ta conclusion pénible, mab vraie, qu'il y a pour toutes les armées des situations oii la haine et le désir de la vengeance l'emportent sur les meilleurs sentiments et les plus nobles instincts de l'homme. \ja discipline, si rigoureuse qu'elle soit, est impuissante alors à contenir l'aveugle colère du soldat. Une éducation morale plus développée pourrait seule amener ce résultat, et encore n'est-il pas bien certain que le progrès atteigne jamais à ce degré de perfection, que l'on voie des hommes, repousses quatre à cinq fois d'une brèche, le sang échauffé par la fureur du combat, obligés de se frayer un chemin sur les cadavres deleurs camarades, se précipiter dans une ville sans commettre ancun acte de barbarie!

{1 serait donc souverainement injuste de faire retomber sur le général anglais tout le sang versé à Badajoz et k Saint- Sébastien. Nous sommes surpris même que l'armée anglaise n'ait pas commis dans la Péninsule plus de dévastations, et qu'elle puisse, sous ce rapport, être comparée sans désavantage à l'armée française, dont les éléments sont relativemeni bien supérieurs aux siens. Il ne fallut rien moins que l'énergie et la persévérence de Wellington pour obtenir ce résultat, car au point de vue moral, le soldat anglais, de l'aveu de ses propres «fficiers, est peut'^tre le dernier du monde. Recruté

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dans les basses clauses du peuple, et quelquefois même dans les prisons (t), il n'a pas le caractère moral et le sentimait patriotique du soldat appelé sous les armes en vertu d'une conscription nationale. C'est même pour ce motif que Wellii^ton, jusqu'à la fin de sa vie, opposa une résistance énergique à l'abolition des peines corporelles. Il disait avec raison, que toute la sévérité des lois militaires ne l'avait pas empesé d'avoir souvent h se plaindre de la conduite de ses troapes. La désertion et le pilla^ ne purent jamais être complétent^it réprimés dans l'armée de la Péninsule. Plusieurs documents établissent en effet qu'un grand nombre de soldats anglais quittèrent leurs drapeaux pendant la retraite de Burgos sur Ciodad-Rodrigo.

Quand Wellington fut appelé devant la commission royale d'enquête sur les châtiments militaires , on lui demanda : « Est>oe l'ivrognerie qui engendre tous les crimes dans l'armée anglaise? » — « InvaritMement » répondit le duc. Et dans une antre circonstance, sollicité de faire connaiore son opinion sar la disàpline militaire (s) : k L'homme destiné à « l'année anglaise, dit-il, est généralement le plus ivrogne, « et probableiaent le ph» mauvais sujet dans te commerce ou a la profession qu'il exerce, ou du village ou de la ville qu'il ' habite. Il n'y en a pas un sur cent qui, lors de son enrô- « loDoent, n'appartieiHie à la dernière classe, ou à la classe « avilie de toute société ou eoiporatiea. »

On convimdra qu'avec une pareille armée, il fallait un chef sévère et un âtde rigoureux. Or c'est ce qu'on ne voulait pas comprendre en Angleterre, où l'opinion publique s'élevait à tout moment contre les peines disciplinaires inflî-

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gées par les cours martiales. Cependant, loin d'être excessives, ces peines furent dans bien des cas insuffisantes. Wellington eut constamment à s'en plaindre, ainsi quede la mauvaise organisation de la justice militaire. Pendant toute la durée de la guerre d'Espagne, les soldats ne furent jugés que d'après la loi anglaise, dont les formes, convenables en temps de paix, offraient en campagne de très-graves inconvénients. Ainsi, dans plusieurs circonstances, on acquitta des hommes notoirement coupables, parce que les autorités portugaises avaient refusé de comparaître devant les cours martiales, lesquellesnepouvaientadmettre que des témoignages verbaux(r).

Déjà, en 1809, Wellington écrivait à lord Castlereagfa (i): « Je suis convaincu que la loi n'est pas assez sévère pour « maintenir ta discipline dans une armée en activité de « service. »

Cette opinion se retrouve dans sa dépèche du 24 juin 1810, aucomtedeLiverpool, et dans le passage suivant d'une lettre écrite au début de ta campagne de 1812 : « Je n'ai pas un ami « dans le pays qui ne m'ait écrit pour me témoigner les plus « vives craintes de ce qui arrivera si les mêmes honteuses « irrégularitéscontinuent à se produire, ce 9ue;e(fe'c/are ne " pouvoir empêcher. »

Après la campagne deSalamanque.Wellington faisant connaître la mauvaise conduite de son armée : « Tous ces outra- « ges, dit-il, sont commis avec impunité, le serment n'étant « pas admis comme preuve devant une cour martiale ; aussi « les soldats ne valent-ils pas mieux qu'une bande de

(1) Voir 11 t(»r« du 13 juin couTTlr Ict coupable] et le* pi imde répucmmca qu'iTilei

Aprte 11 relriUe île Bunoi. ptuilcuii xildau

loc«ln. (ureni icquiuti pir «ille dei mâoiei cil

(3) Lrllrtiu ITluln. Deipalch'i, t. IT, p. «D6.

DÛ WelIIOKtan le plilal 1 J. Tlllleri de I I de leari crime* toui M r^cloie de la lo babltaaU 1 Tenir diposer Hnii icrmen'

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■ Tolenrs... J'ai augmenté l'autorité dn prévôl-maréchal au- 1 taot qu'elle peut l'être.... Haïs cette autorité n'est pas suf- <i Ssinte, et je n'ai pas les moyens de l'accroître... »

« Notre loi pénale militaire, écrivait-il encore à lord Casta lereagb (i) a été affaiblie, et nous n'avons pas adopté les t Qouveaux moyens de répression et de punition employés u par les autres nations et par nos ennemis, quoique nous les a ayons imités dans les choses qui ont accru et a^avé nos « désordres {*). » Le duc aurait désiré qu'on fût moins rigoureux sur les preuves des délits renvoyés devant les cours martiales; qu'on formât une police militaire semblable à celle de l'armée française et des antres armées ; qu'on obligeât les officiers à plus d'exactitude dans leurs devoirs, etc. Mais toutes ces propositions furent repoussées, de sorte que Wellington, jusqu'à la fin de ses campagnes , se trouva aux prises avec des difficultés dont une loi spéciale l'eût affranchi au début de la guerre (s). Non-seulement il ne pouvait punir efficacement les infractions à la discipline et les négligences dans le service, mais il lui manquait encore l'élément de force et d'inQuence le plus nécessaire au commandement : le pouvoir de récompenser. Écrivant à lord Castlereagh en 1809 : « Je

Il) Tgir «filament II MIreAa Uivrll 18IS,aa WellInttOD >e pillât Je n'atolr pii dri ■BTBMde rtpreuioa lueielDeecei nluiei ImméilUtf.

l>) WMIlBiton, dini ICI lel(r« tulvintet, ilinile le peu de léTtrJlé el même llbiurdlU dMja^MDenUreiKluparlHcoun narl^Ht: {DtifaleMeH. r, p. lU, HT { t. TC1. p, 70;

Miu noe lalre lettre lD4ipalcliei, U Vlll, p. 1031, noui ironi remarqué le piiuge lul-

• lanqae l'arntM e*t grinde et dliperiéc, Il n'eit p» teuioun poulble de reimlr ]« ■tUm de II eonr mirtlite et lei ttanlDi qui Béceualrenwnt deirilenl lulvre \ et quinl ■MOMreit auembUe, sei opentloni doJTent être luipcoduei dtt que ririnte ou une pwlMftia e«tcDta(0e duu dei opéntloui contre l'CDDeml.... 91 le mode de luiemeol pir «•«nutlileidwlDconTepm(«eni«rrlceioUr,MranteeDeit t lilol et noaj'eipèrp,! n iKn d«Dt on rei«in«ie. >

UnMe,poar|i«nlrceiliqn1 échippilentt 11 loi, welllattoneul rtcouriidnmayeni ,4(l«né> qui ne liiiukat pu d-élre eOlcaeei. klnir, an rédmenl de cinlerle l'étant mil t**<lllapf«i la bataille de ril(or1>,welllntIni arr«U tout iTuicemenl dîna ce cori». (0(9«c*w,t. Il,p. m.)

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— <so —

« eommande, dit-il, les arjnées du pays (i), et je n'ai ai le a pouvoir de réoompeDeer, ni même oêlni de promettre une « récompense. » L'aapée suivante (s), il écrivait i lord liverpool : « J'ai pris la liberté d'attirer ratteotion de Voti^ Sei- « gœurie sur l'état de la disoipline de l'armée en |énéval, « état que j'attribue, jusqu'à un certain point, à ce que c«ux M qui sont honorés de la t-harge de commander les troapes « de Sa Majesté à l'étranger, août j»ivé$ du pouvoir ée ifù- « trouer de» récompenses. »

« Dans toutes les années en oampa^pie, disait le duo m K colonel Torrens (^, a l'exception de odle de la Grande* « Bretagne, le commandant en chef a le droit d'avancer les u officiers et de leur donner au moins les emplois devenus « vacants. Dans quelques pays même ce piinei^ est ^ussé « si loin, que personne, à l'exception du conuwindaat eu « chef, ne se permettrait de recommander un ottcsir pour u l'avancement. Or, moi qui commande la plus grandearmée o anglaise qui ait été envoyée depuis bien des années centre « l'ennemi, moi tpii suis revêtu de l'emploi le plus ^evé et « le plus diffîdle qu'un officier anglais puisse occuper , je a n'ot pës même le pomvoir de faire vn taporal («)/ Il ^t « impossible que ce système puisse durer... On ne sait pas « dans l'armée et à l'étranger, et je suis honteux d'avouer « combien est restreint, pour ne pas dire nul, le pouvoir

(1) Lcnjuln tS09.

Il) La7juJnlRia.

(3) I.elIrtdtHiaùtlHO.

(t) Soûl ce nppon, lei miré chiui de rtmjwrgur w Ireuviiint dauileblaBaieilMitrMeaBdllIoi». Ui iwDuiuleiit lui empiDli deindc IoKtMut, el qnelnueroto méw im «ttiili d» chct lie taUlIlan. âlDil, pour ne cllerin'nB>euleiempleiBnd*cretde WlaatnrlMJMwAui > Doomer, pendint qualquc lempi, à Uniila emplolt neiDU, dcpnU M fniU d« Hnu-UMi leDiDt jOKU'lcelnldecliet de b«UIIIan lncluilTeiDeDt.(ltAno(r« dtJotfpM, i. Ut. p. Ut.]

Le néme peuioir i £M accorda rtcemawot lu csDmuidut en cbct de l'ana'e troçalw en Crtmee.

LegoUTCrneBitntaailili.Jiliniide toute prMmlnFne», D'iJiniii*coD»«B(l Mae cmucbllnJiDitlil donner* tel iCntnai une pirellla luIorlK.

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• de récompenser qui m'e«t attribué... Il est vraiment « extraordinairQ que j'aie pu, malgré ces entraves, me tirer « si bien ^.'affaire jusqu'à présent, v

Nous partageons de tous points cet étonneioent, car, pMir atinmler le zèle, entretenir l'obéissance et le dévoue ment, il eat mdi^ensable que le soldat reçoive la récompeDW immédiatement après î'aotion, et des mains mêmes de Eslui qti Ta «xpoié au dan^r. Le mîoistire anglais ne com- 1^ |M8 eeUe nécessité, ou plutôt refosa de ^'admettre, de 4trakite«l'îniter l'ombrageuse «isceptibilité qui de tout temps

* bit considérer, dans la Grande-Bretagne, l'influence du poufoir militaire comme dan^efonse pour les libertés publiques.

Dans une lettre sdrmaéa au directeur des bureaux de la (ppnre (i)» Wellington constatait avec chagrin qu'on n'avait vcuD égurA à ses propositions pour l'avaneenent, et qu'on écottttit de préférence les recommandations des offîcieiB qui itHuadenaaient la Péninsule pour retourner en Angleterre. Dans une autre lettre (^ il exprimait son étonnement de ce qu'on lu envtffâi souvent des généraux sans le consulter, et de ce qu'il n!eùt pas mtoie le droit de les refuser quand il les jugeait inoapaUes.

Son autofité était si faible, qu'il avoua à lord Liverpool (s) n'avoir pu s'opposer a«i d^nrt de certains officiers dont le. concours lui était nécessaire : a Par ;»iite de ces entraves , « ditril,.j'ai été obligé d'être quelquefois, le même jour, u général de cav^rie, général d' avant-garde et conunan- » dant de deux ou trois colonnes d'attaque... Mon opinion « a toujours été que le gouvernement aurait pu faire beau- « coup pour étendre l'autorité du général en chef dans ce

NiK)i]«oenbr«IBI2.

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a pays, mais toute proposition pour augmenter ou étendre « le pouvoir des fonctionnaires est reçue en Angleterre avec « jalousie; c'est pourquoi jen'ai jamais fait aucune proposiu tion semblable (i). »

Il résulte de ces faits et de ceux que nous avons cités pins liaut(Cbap. XIV), parlant des entraves opposées par le ministère à l'exercice de l'autorité supérieure, que Wellington se trouva géoéralement dans des conditions très-difficiles pour un cbef d'armée. Il manquait à la fois des moyens d'assurer la prompte exécution de ses ordres par des règlements sévères, appropriés aux circonstances, et du ponvoir de stimuler, par des récompenses, le zèle et le dévouement de ses subordonnés. C'est l'administration de la guerre qui donnait les grades et les décorations, qui disposait des emplois et Bxait les attributions. Wellington n'avait pas même, pour nous servir de ses propres expressions, « te droU de nommer un caporal. » Ses recommandations furent presque toujours écartées, méconnues. Des officiers qui n'avaient jamais quitté le sol natal passaient avant les héros de la Péninsule. « Le peu de justice apporté dans l'avancement, dit le colonel Napier (s), mécontentait tout le monde. » Tandis que, dans l'armée française, on vit des jeunes gens arriver en quelques années aux plus hautes dignités, les meilleurs . officiers de Wellington restèrent six ou sept ans dans le même grade. En voici deux exemples : le lieutenantH^olonel Fletcher, l'habile ingénieur qui avait construit les lignes de Torrès-Vedras et dirigé les sièges de Badajoz, de Ciudad- Rodrigo, de Bui^os et de Satamanque, était encore lieutenant-

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(î) T. xt, p, no.

colonel en 1813, lorsqu'il fut tué par un éclat d'obus dans les tranchées de Saint^ébastien... L'armée anglaise n'avait pas d'oEBcier d'état-major plus habile, plus brave, pl^us infatigable que le lieutenant-colonel Waters ; cet officier rendit les plus grands services pendant toute la durée de la guerre, et Wellington le signala dans mainte circonstance comme un sujet hors ligne. E^ bien, malgré ces titres et ces recommandations , Waters occupait encore à Waterloo le grade qu'il avait «1 1809, au passage du Douro.

Le général en chef de l'armée anglaise n'eut guère d'autre stimulant pour ses oHiciers que la mise à l'ordre du jour de l'armée, ou la mention des services rendus dans les rapports adressés au gouvernement britannique. Pour les soldats, ce moyen d'émulation n'existait mêmepas, et c'est ce qui rend si admirable le courage et la fermeté dont ils firent preuve sur le champ de bataille. On a prétendu que cette fermeté fut plutôt le résultat de la constitution flegmatique des Anglais que de leurs qualités morales : « Jamais, dit Napier, une plus insigne .calomnie n'a été proférée. Les soldats de Napoléon combattaient pour la gloire; elle versait ses flots de lumière sur les plus humbles d'entre eux, et les faisait arriver aux honneurs. Les soldats anglais, au contraire, servaient une aristocratie jalouse, égoïste; aucune récompense n'était décernée à leur audace ; aucun bulletin ne signalait leur nom aux applaudissements de leurs compatriotes ; nulle espérance ne venait colorer une vie de fatigue et de dangers ; leur mort même n'était pas remarquée. Cependant, manquèrent-ils jamais de courage? »

Il est certes étonnant qu'avec des moyens d'action si limités, Wellington ait pu exercer une aussi grande influence sur ses troupes. S'il faut en croire un de ses aides de camp, cette iafluence doit être attribuée plutôt aux services du duc, — services que le patriotisme anglais ne pouvait voir avec indifTérence, — qu'à des sentiments d'affection ou de gratitude de la

part des soldats: « S'il est ÎDcontesUble, ditNapier (t), que « Wellington s'attira toujoursUconfiaoeedesessubordoitnés « comqie général , \\ est beaecoQp moins œrtxÏD qu'il sut « toujours se coneilier leur affection, u

Bien que ce témoignage ait une grande valeur, nous croyons, d'après des faits et des renseignements précis, qu'on est en droit de le récuser. Sans doute, Wdlington n'était pas, dans l'armée anglaise, populaire comme Napoléon l'était dans l'armée française ; mais cette circonstance s'explique par la diversité des caractères et des situations.

Doué d'une nature expansive et se trouvant k la tète d'une armée intelligente, où les idées de liberté et d'égalité sociale avaient jeté de profondes racines, t'emperenr, par tempérament et par calcul, s'était emparé fortement de l'imagination de ses soldats.- Flattant leurs goûts, exploitant leurs faiblesses, chef et camarade tout à la fois, il les dominait et se faisait adorer.

La même conununauté de sentiments, de mœnrs, d'halutudes, n'existait pas, et ne pouvait pas exister entre le duc de Wellington et le soldat mercenaire de la Grande-Bretagne. Ce d»nier, en effet, se trouve depuis des siècles sons la domination d'une aristocratie puissante. L'ofilcier le tient toujours à distance, et n'en est que plus respecté. Cette considé • ration seule eût empêché Wellington de prendre avec ses subordonnés la familiarité que l'empereur témoignait a ses vieux soldats, lorsqu'il avait besoin de surexciter leur courage ou leur dévouement.

Au reste, comme lés nations qu'ils servaient, les caractères de ces deux généraux étaient essentiellement différents. Les passions des natures exubérantes étaient inconnues i Wellington. Baisonneur froid et méthodique, exempt de

(I) t. XI, p. 2».

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pr^ugés et de fortes passioi^, il parlait à la raison plus qu'i 1 ÙM^ùaation. L'empœur» au eontraire, frappait les esprits pw4e vive» images et par des traits éblouissanlâ. Ses rares quittés comniaBdaient l'admirHion, et les défauts même de son caraetère lui faisaient des partisans. « Les hommes, dit UB moraliste, «e sont en général fortement épris qae de ceux qai ont quelque ckose à se faire pardonner. »

Il n'est pas néceesairs de pousser ce parallèle plus loin peur comprendre que Wellington ait pu aussi bien que Napoléon gagDOT l'estime et la coo»dération de ses subordonaés. Une parité ^alité d'humeur et de caractère, jointe àun fwKl debiâQTCÎUaQce est de justice, attirait peu à peu vers lui «Dx qu'avait éloignés d'abord sou maintien grave «L réservé. Les soldats appréciaient les efforts qu'il ne cessait de faire pour Éinéiiorer leur bien-être ; ils étaient touchés du soin avfio leqnd il ménagait leur sang ; ils admiraient son impartialité, sa droiture, la justice et le désintéressemeut avec lesquels il rendait à chacun la part d'éloge et de blâme qui lui revenait; paivdessus tout, ils étaient fiers d'obéir à un génénlqui leur donnait, en échange des plus rudes sacriûces, beaucoup de ^oire et de considération (i). Au témoignage de tous ceux qui ont servi en Espagne et dans l'Inde sous ses ordns, WeUÎDgttm fut véritablement un bon chef (>). Sévère et roide dans le service, indulgent, simple et gai dans les relations i^ivées, il aimait que ses officiers se créassent des distractions, «t se mêlait souvent lai>mème à leurs parties de {4ainrs (a). Il écoutait patiemment les plaintes des soldats,

etrtt,p-in.

LecodiUBraf al lord Ulatmera lOlrnieiit qac tooi ceul qui eurent le bonbeor il'tlre liUoni d'atnltKiTccWelIlDgtoneprouTèreiilpourliille* ■cDUmenU de li plui tlie lloB! 11 4UILt»ii.altectDeui,liulnl(ent dani U dUcuulDD. et loujoar* prêt I rendre u 1 II inlt peu dïmlicL •'«Ult UUlnd de bonne benre à te piuerdei conteli* d'intrul. IT. t. Il, p. 3M.

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leur rendait exactement le salut, et se monlrail toujours prêt à les obliger. « Il ne visitait pas, dit Maxwell (i), les hôpitaux avec ostentation, il ne haranguait pas les ambulances, et il voyait même tomber ses camarades avec une certaine impassibilité; mais, rentré chez lui, quand les autres donnaient, il s'ingéniait à trouver un moyen d'adoucir leurs souffrances, cl quand personne ne l'épiait, ni ne l'attendait, il visitait les hôpitaux en particulier, sans suite et sans apparat. »

M. Charles O'Malley raconte qu'ra 1811, au milieu d'une chasse au renard très^animée, le duc dit tout à coup à son aide de camp, le major Gordon : « A quelle distance se trouve Niya? — A cinq lieues environ. — C'est dans celte direction, n'est-ce pas? — Oui, milord. — Eh bien, allms visiter les blessés. » — Et il partit au galop.

Voilà ce qui explique que Wellington, malgré sa froideur et sa sévérité , exerça une grande influence sur son année, et qu'il inspira aux officiers comme aux soldats une confiance sans bornes. Les Espagnols eux-mêmes, si hostiles à l'intervention anglaise, et si mal disposés pour le duc, finirent par rendre justice à ses talents et à son caractère. Dans les dernières campagnes , sa présence parmi eux, sur le lieu du combat, suffit pour les rassurer; elle prévint le retour de ces déplorables paniques dont ils avaient donné tant d'exemples au débul de la guerre.

Napier pense que la popularité de Wellington eut à soofifrir de la barbarie du code pénal militaire et des vices qui s'étaient introduits dans le système d'avancement. Nous admettons volontiers cette explication) en faisant toutefois une réserve au sujet des peines corporelles, dont Napier semble être l'ennemi déclaré.

Il est certainement honteux pour l'espèce humaine que des

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ehâtîmeiits de cette nature soient encore appliqués dans l'année du peuple le plus éclairé du monde. Les philanthropes de tous les pays se sont élevés contre ces ignobles flagellations. Les Anglais eux-mêmes les ont flétries dans les termes les phis énergiques. Au Parlement, de nombreuses motions ont été faites pour réclamer un code plus humain; mais, chaque fois, de Fortes majorités ont rejeté ces motions. Le duc de Wellington s'est toujours trouvé parmi les opposants, et comme son autorité avait un grand poids, on a reporté sur lui le sentiment de réprobation qui s'attachait à des lois dont tous les coeurs généreux déploraient l'existence. Loin de gémir de cette responsabilité, le duc s'en fit un mérite, car à ses yeux, l'abolition des peines corporelles eût entraîné la ruine de l'armée anglaise. Appelé devant la commission royale d'enquête sur les châtiments militaires, il défendit son opinion avec une force de logique qui dérouta et confondit ses adversaires : « Le but d'un châtiment, dit-il, est non-seule- (T ment la punition d'un coupable, mais l'exemple... Or, il a n'y a pas de châtiment qui fasse impression sur personne, ■ si ce n'est le châtiment corporel. Vous mettez un homme « en réclusion solitaire ; personne ne le voit dans cette si- « tnatiott, et personne ne sait ce qu'il souffre pendant qu'il « est enfermé ; conséquemment, cette punition ne sert pas « d'exemple (i)... Je dois déclarer que, cent fois, la menace « seule du fouet a empêché de grands crimes. . . J'ai médité « snrcesujetdepuissixousept ans;jerai retourné detoutes « les manières dans mon esprit, et je déclare que je n'ai « aucune idée de ce qu'on pourrait substituer à l'ancienne « manière de punir. »

(I) Il rMl noter qu« Ici peine* cotp«t«1Ici éUlnl Infllgeei 1 1* pwade, d«T«nt tonUi lei iNopc* rtfnnlc* : an ne dl>p«uull de cMM farmillM qna lea corpi dont li conduit* <Ult

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Cette eonolusioB attira eur la tête de Welliogtra les faudr«8 <le la presse et de l'oppOEittoa. Le principal ar^meai des réfonnateurs était celui-ci : « Puisque les armées franqiisea «t aUemaiides oat aboli sans inconvénient les peines corpordles, pourquoi l'ADgleterre ne pourrait-elle pas faire de raênse? >

Le duc réfuta cette objectioa (i) en fesani observer qu'iln'y a pas de comparaison à établir entre des armées recrutées par voie de conscription, dans tontes les classes du peuple, et une armée dont les éléments constitutif^ sont puisés dâas les demièree couches de la société; — mtn des amées dociles, morales, sensibles aux reproches, et une armée de mauvais sujets endurcis, livrés k la débauche et à l'ivrognwie; — entre des années nombreuses, capables de supporter un œrtain degré de relâchement , et une petite armée, où la moindre cause de faiblesse produit des désordres qui peuvent amener d'irréparable désastres.

Le duc faisait' remarquer, en outre, que la discipline doit être exceptionnellement rigoureuse dans une armée disséminée par petits corps sur le globe entier, et dont les bommes, quelque part qu'ils aillent, commenoent à servir sur un bâtiment de transport où toute discipline d'honneur, de revontraaces et de réprimandes secrètes, ainsi que toute séparation ou distinction entre les diverses classes est abeohiroent impraticable. Les fractions de cette armée ne sont presque ja-' mais sous la surveillance des corps dont elles font partie. Les détachements en Irlande, aux Indes, â Honduras, dans la nouvelle Galles du Sud, etc., rendent l'inspection et le contrôle des diefs impossibles. « Si l'on tientcompte de ces « faits,dit leduc.on est étonné qu'il y ait quelque discipline « dans notre armée, malgré la sévérité du système dont l'op- « position se plaint. »

La vérité nons oblige h dire que cette objection serai sans r^lii|ue, aussi longtemps que l'Angleterre n'aura pas réformé ton système de recrutement, ou aussi longtemps que U dasseii^me, dans laquelle l'année puise ses éléments, n'aura pas fait de grands progrès dans l'ordre moral. Et ce qui nous confirme dans cette opinion, c'est que le même pays, si cniellement sévère ft l'égard de ses nationaux, a supprimé les peines corporelles dans les régiments decipayes, suppression ntotivée mr ce que les Indiens sont sobres, graves, doux, obéissants (i), qu'ils serrent volontairement et regardant la carrière des armes comme une des plus honorables, toutes ôrconstaaces qui permettent de les traiter avec moins de sévérité que le soldat violent et dissolu de la Grande- Bretagne.

M^2 qui jugent avec les idées de la philantbropie cttte ^y^ gestion des peines corporelles, admettent volootiera qia ''^ duc de Wellintoa eut un cœur dur, un esprit înacces- ^ilAcï avx émotions généreuses (s). Ils sont, à cet égard, dans uae ^«^reur profonde. Les hommes qui ont vécu dans l'ioti- """^ «i« duc rendent {finement justice aux qualités «xcel- KQtes de son âme. Sous des dehors froids , il était bon, sinj»!^^ dévoué. Son caractère le portait naturellement à la

11^ ^««IciirdeiXiiofmdaiHiMi^iia (te colonel K«ck) cit «fUenaiMt lujMMmMn ,^^^«kDiar(qDllilll,t.1ll.p.lTl:< JiDiaiiqu«Ii[uc choM n'a IntlriA ckii lai U prt-

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clémence. Il punissait seulement lorsque l'intérêt de son armée l'exigeait ; dans bien des cas même, il pardonna avec une trop grande facilité. Ce qui le préoccupait surtout dans un châtiment, c'était l'exemple. L'ordre suivant, du 4mars 181 1 , est la traduction de celte idée : « Attendu que depuis deux a années aucun soldat de la brigade des gardes n'a compani a devant une cour martiale générale, et que même auoin <s d'eux n'a été empriscmné dans un coq>s de garde public, « le commandant en chef veut que cette brigade soit disa pensée d'assister à l'exécution qui se fera demain. »

Lorsque, pour une raison quelconque, une cour martiale avait différé Texécution d'un arrêt, Wellington opinaîtpresque toujours pour la mise en liberté des coupables. Sa correspondance fournit k cet égard des preuves surabondantes (i). Il y a plus, quand un délit était rare, l'exemple alors devenant inutile, le duc pardonnait sans difficulté. « A la fin de la guerre de la Péninsule, les crimes avaient prodigieusement diminué (s). » Il y eut à cette époque un homme convaincu d'avoir volé : « Je lui pardonnai , dit Wellington, parce que « ce crime était devenu fort rare (3). »

Un officier de l'armée de la Péninsule s'était mal conduit devant l'enoemi ; an lieu de le traduire devant une cour martiale, Wellington écrivit au duc d'York pour le prier d'accepter la démission de ce malheureux. « Le défaut de cou- * rage, dit-il, chez tes officiers de l'armée est un cas fort « rare, et ce crime n'a pas besoin d'une punition exem- V plaire {«). »

Après Waterloo , il eut recours au même expédient (s) :

isi», <■« due *toTk.

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' ^ucoup de braves gens, dit-il, et même je crois quelfoes grands hommes ont été vus ua peu effrayés d'une ^taille comme celle-ci, qui ensuite se sont conduits par-

" 'àiteïneutO) »

" Croyez-moi, écrivait-il un jour, tous ceux que vous voyez ^ Uniforme ne sont pas des héros (a). »

L- » '^ indulgence philosophique portait le duc à pardonner . des Tantes et bien des faiblesses que d'autres eussent

Y''^*lu'un régiment anglais se trouvait compromis dans

^.^**^ affaire, il pouvait compter queWellington interpré-

.'. ^% conduite dans le sens le plus favorable. C'est ainsi

U bat^^^^y* d'excuser la retraite précipitée du H' dragons à

^()-j *lle de ChUlian-Wallah, dans le Punjab, et celle du

V ^f anterie i la bataille de Ferozesbab (3).

^^ ^este, en agissant ainsi, le duc avait un autre but;

^^^\V, comme il le dit lui-même, « de cacher à ses soldats et

„ au monde qu'un officier pût se conduire mal devant l'en-

IX n«ni. » « S'il arrive, ajoutait-il, qu'un malheureux vienne

« à faillir, je préfère le laisser se retirer du service plutôt

« que d'exposer sa faute au grand jour (4). »

Voici un autre trait d'indulgence raconté par Wellington devant la cour royale d'enquête sur les châtiments militaires: « Un sellent, dit-il, avait déserté emportant la solde de sa « eompagnie. Il fut rattrappé. Je le mis aux hallebardes, n mais je ne le fis pas punir. C'était d'ailleurs un bon sujet. « Je lui pardonnai, et j'en fis plus tard un officier non commis- « sionné. Dans la suite, je le recommandai pour être officier;

(li UUrtaal*uaitnibnini, au lltvIanml'StMrai ffH^Mf. Il •> leuredf caqu'oDeAtpoartultInn ofllclcr iccui« d'iToIr qullM l«c (3) £(Un t K...^Marer.S*aailSlS.

(3)V«lrttM;oDU.», t,ll, p. 188.

<4) itilr* ds n uU Mil , an ifuc irroTl:.

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— ut —

M U réussit et devint même officier d'^t-mijor dans l'année «. delà Péninsule. C^ homme avait été peusaé par les fraames «. à coaunettre Bon crime. 11 y a des choses de ee ^enre ao:^- « quelles un soldat peut être entraioé sans cessâr pour cela « d'être un bon sujet. »

On trouvera certainement celte indulf^ence bien exlraordi' naine de la part d'un homme aussi sévère etvissi rigide ifue le duc de Wellington .

Sa bonté d'âme éclate encore dans une foule d'autres circonstances. Le ctdonel Welsh, dans ses Jtfiitton/ remutsctneta, raconte l'épisode suivant dont il fat témoin. Le capitaine Macliay, officier instruit H brave, mais que sir Arthur Wellesley n'aimait point à cause de son orgueil et de sa raideur, avait été chargé, pendant la guerre de& Maliratiea, de la direction du paro des bo»ifs. Ne trouvant pas ces fonotioas en harmonie avec son caractère arrentureux, il demanda à combattre avec le i* régiment de cavalerie indigène auquel il appartenait. Cette proposition, c(»itraire an bien du serrice, fut rejetie par l'adjudant général Barclay, qui avait pris aupwavant les ordres du gén^l en chef. Hackay.iie tenant aucun compte de ce refus , écrtrit au due que si son corps était engagé, il s'y joindrait à tout hasavd : s U savait bien, disait-il, que par ià il perdrait sa p«sitioB> mais du moins il espérait ta perdre avec honneur. » En reoemnt cette lettre, Wetlesley s'écria: Que faire d'un partit co i nf u y n on? je crois que nous devons le laisser aller. Mackay prit en effet part à la bataille d'Assys, oii il fit des prodiges de valeur; à la fin de la journée, il eut son cheval tué ^ fut Ini^néme haché par la mitraille. Quand on vint annoncer ce malheur à sir Arthur Wellesley, une larme brilla dans ses yeux : touchant hommage rendu à la mémoire d'un brave camarade...

Si parfois quelque officier, dans un accès de mauvaise humeur, adressait au duc une lettre peu convoiable, au lieu de punir cet officier, Wellington l'engageait à reconnaître ses

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torts et 1 rMirer b» )«are. « le «e garde pas rancune k « M. Dvwnie, écrivii-il au général Mackenzie. Un hommequi « resMMt si TÏTenveut ma blâne aura soin de- ne pas s'expoaer « à en reseveir un«eo«nd (i). » Et dans une circonstance ti semblable, je tous prie, écrivit-il à un officier, d'e»iminer

« de nouveau cette aÎTaire et je vous assure que rien ne

« me capaera phis ^e satisfeetion que d'avoir réussi à obtenir « que vous réb^otiez des expressions que rien ne' vous a ■ provoqué k employer contre un de vos diefs (i^. »

Ayant été accusé par Movillo d'avoir de coupables préfé* veoces pour les aiaraudevrs anglais et de réserver toutes ses rigueurs pour les Espagnols, le duc se contenta d'écrire an dief immédiat de ce général {%) : « J'espère que MorHIo reti- « rera ses plamtes comme ayant été formulées dans un mo- « ment de mauvaise humeur à laquelle tout homme peut être « sujet. S'il ne le fait pas, il voudra bien au moins prouver ( ce qu'il a avancé. » •

On se rappelle que Ballesteros attaqua publiquement la nomioatioD de Wellington au commandement en chef de l'armée espagnole, et cela dans des termes si violents, que les Cortès furent obligées de le destituer. Cette indigne conduite n'empAcha pas le due de faire quelque temps après un éloge raagévé de Baltcsteres : « C'est le seul homme, écrivit-il à n lordLIvwpool, qui ait jamais fait quelque chose («]. »

Un jetme Anglais, employèdepnisunmoîsau commissariat, avait BdKssé aux lerda de la trésorerie une lettre (s) dans laquelle il disait que le commissaire général et ses officiers, avssi bien que Wellington lai-même, étaient des fripons ou d» s«ta (Hnave» or feols), et qu'on pourrait épargner bien

{Il LMtr* en 15 tDIn lUt.

(1) IS»Atl8ll.

(1) UHn du BIiDTlet ISIt, à don fft:en.

[*| tcfAwdaniH

(1) DtipaMm, I.

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des millions au trésor public eu adoptant un nouveau système d'alimentation dont il se prétendait l'inventeur. Wellington, informé de ce fait, se contenta d'écrire à lord Villiers , protecteur du jeune homme : « Je demande seulement qu'il u n'écrive plus de lettres à la trésorerie sur des sujets qu'il a ne peut comprendre (i). »

Après la campagne de France, un officier s'étant plaint an duc de n'avoir pas été compris sur les listes dressées par lui pour l'obtention de la croix du Bain, Wellington lui répondit de Vienne le 5 février 1815 : a L'explosion de ce méoontra- « tement, tout injuste et blessant qu'il soit, ne m'a pas fait « oublier les services que vous et votre brave corps avez « rendus; aussi, quoique je craigne d'arrivé trop tard, je « vous ai recommandé dans les termes les plus pressants au « secrétaire d'État. »

Ce n'est pas seulement à l'égard de ses frères d'armes et de ses concitoyeits que le duc montrait cette longanimité; les soldats espagnols étaient traités avec la même indulgence. Ainsi, bien qu'il eût de nombreux sujets de plainte contre eux, il ne négligea, aucune occasion de signaler leurs services dans les termes les plus cbateureux.

Plus d'une fois même, il eut la délicatesse de passer sous silence les fautes ou les lâchetés qu'ils avaient commises. Témoin son rapport sur la bataille de Talavera, où il s'abstint de mentionner ta conduite honteuse des troupes de Cuesta, qui, le 27, avaient lâché pied devant la cavalerie de Milhaud (s).

Le duc prit encore généreusement la défense de ces troupes, lorsqu'après ta bataille Cuesta ordonna de les décimer pour punir leur couardise. Il y avait déjà 50 hommes

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fusillés, quand il parvint à décider le général espagnol à suspendre l'exécution de cette terrible sentence (i).

Sous les dehors d'une grande réserve, Wellington avait une ime tendre et compatissante {2). La mort de ses officiers lui causait un chagrin profond. Après la bataille de Vittoria, il éorivit à son frère : « La douleur que je ressens de la perte u de Cadogan m'empêche d'éprouver quelque satisfaction de « notre succès. » — Le lendemain de Waterloo, dans une lettre au comte Aberdeen, « je ne puis, dit-il, vous exprimer le <■ regret et le chagrin avec lesquels, en jetant les yeux autour

» de moi, je constate les pertes que nous avons éprouvées

> La gloire de pareils combats, si chèrement achetée, n'est « point une consolation pour moi. » — Et, le même jour, écrivant à son ami le maréchal Beresford, « nos pertes m'ont « réellement abattu, et je suis tout à fait insensible aux avan- <■ tages que nous avons acquis.... »

» Que Dieu me favorise assez, écrivait-il encore au prince • de Schwartzenbei^, pour que je n'aie plus de batailles i « soutenir, car je suis désolé de la perte de mes anciens amis « et camarades (3). »

Ce vœu, exprimé dans un moment où tes alliés étaient dans l'enivrement de la victoire, fait le plus grand honneur au earactére de Wellington.

(i)Ta«nw,l.iii,p-U.

H] n prcBilt un* greadc part tu mlhcar da itt nSclm ; UnMia la Mllra du l«M- ••Mn ISIt, «A II «ittrlmitt • lord Piiel, m lennm (tmplci (t inli, la doolaar qu'il «traTaltdBM toir prlMBUIcr du Friuçalt, «l le billet qu'il adrMM I ■aaCBDB ponrl* miiHL ltr di acf boni pro«M(i tann a bme compainMi d'iroiM, {Ditftuek*; t. IX, P-IU.HB.)

IDltffr* dniejnlnltlS.

T. 01. tt

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Napier rapporte qu'il vit le duc tout en larmes -quand, après le terrible assaut de Badajoz, on vint lui annoncer que dans cette fatale nuit, plus de 2,000 de ses braves soldats avaient trouvé la mort.

Un témoin oculaire de la bataille de Waterloo raconte une scène analogue, que nous sommes heureux de pouvoir transcrire :

Le iO juin, te médecin principal Hume étant entré dans la chambre du duc , avec la liste des tués et des blessés, trouva le .général endormi et très- affaissé par la fatigue. Comme ses instructions étaient formelles, il n'hésita pas à l'éveiller. Le duc s'assit sur le bord du lit, et, sans demander aucune explication , dit au docteur : lisez ! La lecture fut longue ; au bout d'une heure, M. Hume se sentant ému et fatigué s'arrêta ; il leva les yeux sur Wellington, celui-ci avait les mains convulsivement jointes et le visage inondé de larmes. Le duc ne parut pas d'abord remarquer le silence du docteur, mais au bout d'une minute : Continuez, dit-il, et jusqu'à la lïn de cette pénible nomenclature, son attitude fut celle d'un homme en proie à la plus vive douleur (i).

Napoléon considérait ses soldats « comme des chiffres destinés à résoudre un problème (t). » Pourvu que la solution fût conforme à ses désirs, il ne regrettait rien. Le simple et modeste général de l'Angleterre était doué d'un cœur plus sensible ; il avait une opinion plus élevée de la nature hu-

it cancléTlsttqiie, noni cllcrani la n

ft) WULMIIGTailIlHik. p. ï1.

(3) Ce aopl •«• pn lulTint, ncoDU pirltipolCon I

tlant séoén\ commiadiot d'arlUlerte de l'irinte d'IUlle, . « Toulut doimert Itleaaoe d'UDdepaU, qu'il aiilicoiinnel nlce, la ipccUclade u pietlle tuarra. In eonrtqucnce, IIDnlonDiUDeiitUquedltiDI-pattadaDda ealdeTenda, atUqoe UD« objetal uu rttal- 1*1. u Jolis hAUwe de Nice mi latliriUe. mail plailanri «oUiU pirèrent dtleuril*

ce Cfprice d'ans remme coquetla et d'un léDérii iDMUilIile lui nalTnaco bunilnat

Il e>t JnUe de dire cepandint que Kipoldon l'oit repenti de celle ictlan l MInla-

■naine. Il ne flattait point ses soldats, il ne leur tirait point l'oreille, mais il prenait soin de leur santé et ménageait leur sang avec une parcimonie dont les généraux français se sont moqués dans plus d'une circonstance (i).

Wellington Tut aussi à l'égard de ses subordonnés d'une politesse extrême, et jamais on ne le vit s'abandonner à ces écarts de mauvaise humeur et de brutalité, si fréquents chez Napoléon (2). Aucun d'eux n'eut jamais à se plaindre d'un mot injuste ou d'une appréciation blessante. Dans ses ordres même les plus rigoureux, il employait un langage convenable et poli. Il avait à un haut degré ce calme et cette urbanité qui font respecter le commandement, cette distinction de manières et ce charme des relations privées qui révèlent toujours , ou la supériorité de la naissance , ou l'élévation naturelle du caractère. Wellington, dans ses ordres et dans ses lettresde ser\'ice t'nfifc, jrrie; rarement il ordonne (3). Lorsqu'un de ses généraux se montrait brutal ou inconvenant, il ne manquait pas de s'en plaindre. Ainsi, le 21 septembre 1811, il écrivit à Camphell : « Il faut reprendre les négli- ( gences on les fautes dans un langage qui ne soit pas de « nature à blesser les sentiments de la personne à laquelle " les reproches s'adressent, et sans y mettre ^trop de véhé- 'I menée. »

H donna on conseil analogue à Beresford, obligé de sévir

(l| Oatdll<|Be WdlInKliiii mfniiieilt iriinliliU plulAtpir cilciil qne par pMlinLhropIc. iMUiTaUaneaelllauKopInign'Iolul.Toulen iiIiiietUiiil qn'll fit bien, dmi idii prsprr iBUrtl, de contervar dci bommci qu'il ivalt tint de peine i recrnter et ï rormer. nmiB "■mi i|a1l j iTilt dini u wlllcilude pour eux pliu qu'un cilcul dgottle. Celle opinion «MfMHMe )ur aDeMndeipprornndle <tet tranui et du ciraclAre de Welllnfton,

(11 1. TOcnCB cite plnileun eieniplei que naoi croinni Inullles de r*|ipGler Ici.

(DTMreBlreiulrcaMionlns duU mil IBIl, du 2 Juillet IBIX du S itMI ISia. du 14 Mnmi,etc.L'*v*nt-dernlerde cet ordre» commencg ilnll ; ■ Le cominindiat en chef •nt UutoBriiffllEé quand II doit cintrr quelque peine lux olDcler* derarmee; nul) il • 1)11 Uen cependant qu'il! te pcriuadenl qu'aucun itesdeTalr* qu'Ut )onl appeiei * rem- ■ Nir.nepeat <treDé(li|4.MMlncantenlDiitWrMiiip«iiTleierTlae, qui l'en reuenllftt

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contre des officiers portugais qui avaient écrit directement à leur gouvernement, sans passer par son intermédiaire : « J'étc viterais dans cette correspondance, dit Wellington, tout ce >< qui sent la sévérité ou l'aigreur. Bomez-voas à ane courte « relation des faits (i). {

Agissant d'après les mêmes sentiments, il mit à l'ordre du jour de l'armée, le 47 décembre iSlS, cette recommandation, trop souvent négligée par ceux qui commandent : « Une personne inférieure en grade, comme toute autre per- « sonne, a le droit d'être traitée avec douceur et politesse. »

Dans d'autres circonstances encore, le duc engagea ses officiers à ne pas faire usage d'expressions dures k l'égard de leurs subordonnés : « Ces expressions, dit-il, ne sont nulle- ' ment nécessaires ; elles blessent au Heu de convaincre (i). »

Nous venons de faire connaître Wellington dans ses rapports avec la guerre et avec l'armée. Il nous reste à le montrer aux prises avec toutes les difficultés de radministration et de la politique. Dans cette seconde phase de sa vie, il ne nous paraîtra ni moins grand, ni moins digne d'admiratioD que dans l'autre. On ne sait en effet ce qu'il faut admirer le

■ pf^ln iM ibort ibitnei m ncti. ■ (1) DtpatcHti, t. TItl, p. 1«.

Mptn>T*lr.t.V,p. IS4,qu^nibeMlB wMiLnflnMnli rrndre Jnitlce » tt IM cbefi qal tiiutest ibni de Itur inuriM,

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plas, ou l'habileté avec laquelle il conduisit les opérations militaires, ou cette autre habileté, non moins précieuse, avec laquelle il parvint à surmonter les difficultés politiques, et à déjouer les intrigues de toute espèce qui entravaient Texécution de ses projets.

On ne donnerait pas une juste idée du mérite de Wellington, si Ton négligeait de mentionner les embarras qui , depuis le premier jour de la guerre jusqu'au dernier, lui donn^^it plus de soucis que l'armée française elle-même.

En Portugal, il eut à combattre l'aristocratique et ombrageuse faction des Souza, que protégeait secrètement ta cour du Brésil , l'inertie et la faiblesse du gouvernement de Lisbonne, l'indécision et l'hostilité latente du prince régent (i).

En Espagne, les juntes locales, où siégeaient les hommes les plus violents et souvent les plus hostiles à la Grande- Bretagne, excitaient les citoyens les uns contre les autres, sous prétexte de stimuler l'enthousiasme; elles gaspillaient les subsides et les armes que le ministère anglais, dans les premiers temps surtout, leur envoyait avec une profusion ridicule; enfin elles dérangeaient, tantôt par des mesures imprudentes et tantôt par une coupable inertie, les plans de défense les mieux combinés.

Les Cortès, imbues de l'esprit de réforme et livrées aux passions démagogiques qu'entretenaient les journalistes et la populace de Cadix, entravèrent constamment l'exécution des projets de Wellington, en refusant de décréter les mesures nécessaires, en adoptant des bases d'impôt vicieuses (9), en

II) ■.Thlcri rilllroplM>aiuiTebéd«cM>llfflcntMt,andlunl:iUcoatdeJ>Mmat 11 • Mfonce h MnastUluit bien Trtedtt qneleitnAnl *ii(]tli 4iltoll wn ndonUUc wur- •m.>T.IU,p.N4.

■iMtpaarTloBi ctur vlD|tclrc«aiUDoeioO la caarct U rtieaM m miraat mi oppotl- Um MTorU iTM «•lIlBtUD. jlh mu, pan* let aTona tndlqnMi ponr 1« plnpirl dini ici

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donnant aux troupes et aux capitaines généraux des ordres qui auraient dû émaner du chef responsable, ou en faisant des lois que repoussaient le clergé et le peuple des campagnes, les deux plus fennes appuis de la révolution (i).

Tandis que l'Espagne était remplie d'ennemis, et que les échos du canon se répercutaient jusque dans la salle des Gortès, les députés passaient le temps à faire des proclamations emphatiques, à discuter sur des questions de droit abstrait, à prendre les résolutions les plus absurdes. Croirait-on, par exemple, que dans le moment le plus décisif de la guerre, en 1815, les Cortès Ûrent un décret statuant qu'à la demande des carmes déchaussés de Cadix, sainte Thérèse de Jésus serait honorée comme la patronne de l'Espagne (s).

En Portugal, la princesse Charlotte, femme du prince régent ne cessait de fomenter des intrigues et de contrecarrer la diplomatie anglaise pour être mise à la tête du gouvernement.

A ces embarras, il faut ajouter l'ignorance profonde , la morgue et l'ombrageuse susceptibilité des généraux espagnols; — la mauvaise constitution de l'armée dite régulif»«, — le peu de sympathie qui existait entre cette armée et les partidas (3), — la haine innée des Espagnols pour les Portugais ; — le manque absolu de ressources locales, — le mauvais vouloir des gouvernements et des peuples de la Péninsule ; — enfin, la faiblesse ou l'incurie du ministère anglais,

(I) Pami CM toli, od tlolt cliar «urlviit calle porUot hippi«hIod do l'IoqalilUtn . M Irtolnopporlonc, qui («llllt, au dernier momenl, jeter le clergâ el le bu peaple <Uu l« lintile lirruce.

(1) Toiano, t. v.p.iïi.

13) Let parf JMtéUlcnl tartutt ea gnnile lurlleile cimpigaanli ilCiouéi en clergé ctl U noblciic.

ini le •ommindemenl de idotraiii Hamli aui jHDlei,

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qui Doa-seulement n'avait aucune expérience des choses de la guerre, mais se trouvait encore soumis aux caprices d'une nation dont les mœurs et les institutions répugnent à la carrière des armes (i). « Cette nation, dit un des historiens les plus estimés de la Grande-Bretagne (s), offre un étrange assemUage de qualités chevaleresques et mercantiles: justement o^eilleuse de sa gloire historique et déraisonnablement jalouse de ses dépoises militaires, avide outre mesure de célébrité guerrière, et cependant impatiente de préparer une paix mineuse, laissant ses établissements sans ressources quand le danger est passé, et redoutant, plus qu'aucune autre, la défaite quand le danger est présent; rêvant de Crécy et d'Azincourt en temps de guerre, et ne songeant en temps de paix qu'à faire des réductions économiques. »

Non-seulement Wellington avait à pourvoir aux besoins de son armée, il devait encore régénérer en quelque sorte la ua-

[1^ • M lo» ■•• peupici cl,lll*«a, dit m

ntlu k«blUrouie«oommB(iiUDtd^nia«nli Ditureli de Icun llberlct, it qui (Iment iUdi es («oeril *e lilMcr «oiprUoaoer comnie IndlgenU dtn> un wertlioiiie ipie atn- Wwr l'onltitrine M de miiiger lintlon dniolitit. Auul <'arni<a M rampOM-t-<ll« du ra-

de I-AmW U dUclMn (t II tiuar dM lauilBi, ti ne (ikaal lanUDa atUnUon 1 laurt luUMUoBi, l'Âii«Uli, t l'Imtu' de l'iD tique république, veut U Jlbertâ lu dedim.lii con- Vtu ■■ ddun t milt II nieale datiDl l'IdAe da perfadloDiier khi trittma nlIlUIra, comnta clnaelnBaDpiUble aicc une conitlIuUoDque capenlanl 11 lalwa *ki1erpir cbaqua mlnlt- Ira.-IT. nil, p. Mt.)

WMUBitaBDeJacapii «gui ce rapport tonpinatec mois) de idrerlte : • Llr««e,iilt-ll, cMtlnBtereoBlngteterre, inconnue dam ranclenne eonititutlon du piTi. lllenedolt Ma'nt lappoi«e*crilT qu'a la dMeaae do aea peaaaaalociélraDgtraa. lUeeatdédalfnèe pirlei habltauti, inrlontpir Ici hialca clauc*. dont qoelquca-unea ne permetlenljainal* qn'an nemlire de Isnr rimllLo prenne aerileB. Le bu peuple même tert tout lai emrla reor tnaTerleiaiajïni d'aebeter le congé d'unparentqul l'ait eurâlé.el cela maliréle* anataiei da la pale, etc., dont Jouit le aoldal comparatlismenl au iilalre d'un ilmple ou-

re Ccrite par ftHInglon àJ. fllliert.lt 30 mal 160».

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tion portugaise, la faire sortir de son caractère et de ses habitudes, l'exciter et l'encourager, sans avoir ni le droit de punir ni celui de récompenser; — lutter contre des abus anciens et respectés, contre le désordre de l'administration civile et contre de vieilles institutions protégées par de nombreuses intrigues et de hautes influences sociales ; — il devait enfin, sans faire appel aux idées révolutionnaires, combattre l'aristocratie, fortement attachée à ses prérogatives, et soutenir le peuple, seul élément vivace et patriotique de la nation,

Jamais peut-être commandant d'armée ne se trouva dans une situation plus difficile et plus complexe.

Livré à lui-même, sansconseils, et presque sans appui, avec des caisses la plupart du temps vides, et des généraux de second ordre, il devait songer et pourvoir à tout. Sa responsabilité était immense, et ses moyens d'action circonscrits par une foule d'obligations difficiles : obligation de respecter les institutions et les lois de la Péninsule, ainsi que l'autorité de ses magistrats ; — obligation de ne rien prendre aux habitants sans leur en payer exactement la valeur; — obligation de suivre pour ta discipline de l'armée anglaise des H^Iements défectueux , moins faits pour le temps de guerre que pour le temps de paix ; — obligation de rendre compte de tout au gouvernement et d'obtenir son approbation pour les mesures que, dans toute autre armée, le commandant en chef décide sous sa responsabilité personnelle ; — obligation enfin de conformer ses actes aux vœux de la nation anglaise, aux exigences et parfois même aux caprices du Parlement.

Pour parer à l'insuffisance du recrutement, Wellington créa dans le Portugal une armée nationale qui lui donna dans la suite 50,000 hommes de troupes excellentes (i) ; —

j.camiutulëi |iir dngffiuletliHflaU, lurtnL prlill

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pour suppléer au manque d'argent , il fit le commerce des grains sur une vaste échelle et s'engagea, à ses risques et pélils, dans des spéculations hasardées sur les fonds publics ; — pour faire face à la dépréciation du papier anglais (i) et se soustraire aux manœuvres des agioteurs, il institua des banques, émit des billets, frappa des pièces d'or (s), et déploya en UD mot toutes les ressources d'un véritable génie financier. Lui-m^e disait un jour, faisant allusion à ces difficultés, a qu'en se représentant les efforts qu'il avait faits dansla Péninsule, il lui semblait que la nature l'avait plutôt formé pour être chancelier de l'échiquier que ministre de la guenre ou Gomotandant d'armée (s), n Sa longue expérience des intrigues de l'Inde l'avait rendu particulièrement propre à lutter contre la politique rusée et versatile des peuples de la Péninsule, et sa participation active au gouvernement du Mysore avait développé, k un haut degré, ses heureuses dispositions pour les albires politiques et l'administration civile. Un général dépourvu de ces qualités aurait probablement échoué en Espagne, quelque grande d'ailleurs qu'eussent été ses talents militaires. On ne saurait trop le répéter : une condition essentielle de succès pour Wellington fut de se maintenir au milieu de trois gouvernements, dont les intérêts furent presque toujours opposés, et de conduire tes opérations militaires sans froisser ni le Parlement dont il relevait, ni les régences d'Espagne et dePortugal, dont le concours lui était si nécessaire.

II) U illutlua do cridll inflili CUlt êi Tirlible, que la iiaplsr bail» tout d'un coup de M p. cm isil. OncomprcDd que oe» prompt» nrliUonfdeulïDtdoaaerde %nnii emlwrn>lBiiéDenlobII|«depourfair tliiulHliUDccde Ki tronpss iD mojeii du rtMOurcet «■trdMT.

Il) In 1SI4, Il rnppa de* piècei dMr I J'eEHgle de Ripalten pour <Tlter la déprdeUtlon *« plteci inglalM) et taclllter lei tnnuctioai.

01 MJI lo Diirqali wMieate]' aidt remarqua dini l'Inde la grande aptitude do un Irtrc nuidlnanEca. (*0lrK(iMji4e*w.)0narfllrDUTé,parfaiurd.ilanileiarcblTeidu iténr lie MrlDctiniani, un document rMlg« par le cotonel Velleatcr. * une «poquo de criifl SnancHre pToduUc par raTlIlHSnwnt prolongddes laleura monnartef. et dana l«qucl celeuae •KelerprddlliieuenicnlcequIettarrliC. Itnn i Memalri, etc., p. 113.

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ni les années indigènes avec lesquelles il devait opérer, ni même les prétendants éventuels aux trônes laissés vacants, et dont l'iofluence quoique fâcheuse devait être ménagée.

Bonapai^qui, avec des qualités infiniment supérieures à celles du général anglais, avait un tempérament irascible, un caractère brusque, un orgueil immense, eût moins bien réussi peut-être s'il se fût trouvé dans la même situation. Autre chose, en effet, est de commander aux armées d'une nation militaire, sur laquelle on exerce un pouvoir absolu, sans contrôle, et autre chose est de conduire l'armée d'un peuple ombrageux et libre, dont l'éloignement pour la carrière des armes est tel qu'en tout temps il doit enrôler des mercenaires, et quelquefois même (comme il arriva sur la fin de la guerre d'Espagne) vider ses prisons pour trouver un nombre sufiSsant de recrues (i).

Il résulte de ce qui précède, que le rôle de Wellington, dans la Péninsule, fut celui d'un ^néral administrateur, financier et diplomate. En Portugal notamment, il eut à s'occuper de toutes les questions quiue rattachent directement ou indirectement à la vie d'un peuple : industrie, finances, commerce, agriculture, etc. Sa correspondance fournit à cet égard les renseignements les plus curieux. Elle renferme entre autres plusieurs mémoires ayant pour but de démontrer au prince régent la nécessité de réformer les branches de l'administration, viciées par des abus que les /S-

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Wtlllniton D'L'prouva Jamilt lutuno dlfflci IntlOD d«i iroHpet. l ■ mirfcbil airaian tend que la ducaiall 6,000 mnleUdc (raniporl pour uf DDUrri* »«c du foin vcninlde l'InglPlcrre. C'cat prendre non DKiInt Incucte etl l'ipprécUtlOD lulvanle du même i

général aailiU. CDioinind*iilieul >ur la frenlltr una csnlaaUlloB, luIdDlaei EalcultetaeacoablnalioiUi dM maTeni pulanata qui lai dulratcanatiiiar aangouterneinent :laTeK*ncapmtDgaUe, prMMéeptr nndeaeaMBp«lrlala,«lait> n>ordrea;lea reuaurcM mlXHDiaei el es ariMt da rortoiil MifVBt

ï M diipMitJoD... • m4motm, i. iv, p. 37.

xcepllon pour la rtgle.

livalp, dHtiaCe * rendre t l'iiuée f mqalav : • le

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dalgos voulaient perpétuer au détriment des classes inférieures. Tantôt Wellington signalait au prince l'injuste répartition des impôts et les faveurs dont jouissaient, en matière de conscription, les nobles et jusqu'aux domestiques des nobles; tantôt il lui faisait des représentations au sujet de l'état misérable des ouvriers portugais, de l'inégale répartition des subsides de l'Angleterre, des vices de l'administration locale et du mauvais vouloir de ses agents; tantôt encore il lui indiquait le moyen de faire revivre l'agriculture dans les districts dévastés par la guerre.

Ce fut une des qualités prééminentes de cet homme illustre de pouvoir s'occuper d'une foule de questions accessoires sans n^liger les intérêts du commandement, et d'y apporter même son attention dans des circonstances où on devait le croire sous l'empire d'autres préoccupations. Ainsi, le 24 juin 1813, en présence de Marmont et après un engagement sérieux , que ses habiles dispositions avaient fait tourner à l'avantage des alliés, il écrivit, le soir dans sa tente, un mémoire détaillé sur l'établissement d'une banque en Portugal : « traitant ce sujet ainsi que d'autres projets financiers dans « tous leurs détails, et de main de maître (i). >

Dans les diverses réformes proposées par Wellington, on reconnaît un double but : arriver le plus tôt possible à l'af-

[llllAriu,t.lX, p. let.

louidCTOH relire abwrterloutctaliqua Welllaglon trou» danilwd ClurlM Unart, «■nr«dc II Cnnde-IreliiDfl. on colluhorilcur InttlIlReBl «t Mrvit. Quant aui honmaa 'tut parlDiili, Il D'En recul pour alnil dire aucune luIiUnce. Lei uni «talent tiMtlici, M laa lalrea .t l'eicaplWn d« Kedanda, de Hegueri et de Forjii, trti-iieu cipatriet.

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franchissemeat de la Péninsule, et rendre plus tolérable la ùtuatioD matérielle des classes pauvres.

Le duc fut assez heureux pour faire adopter quelques-unes de ces réformes, malgré l'opposition des fidalgos et la résistance prolongée de la cour de RioJanéiro.

Il est assurément curieux de voir le représentant de l'aristocratie anglaise se faire en Portugal réformatenr populaire : « Si le gouvernement de Lisbonne, écrivait-il tell mai 1810 « à Charles Stuart, veut que tes classes inférieures rraoncent « à leurs intérêts privés et à leurs occupations pour le serre vice puhlic, s'il est prêt à les punir pour la moindre infrac- « tion, il doit commencer par agir sur les classes snpé- « rieures. Ce sont celles-là surtout qu'il faut ohliger à rem- « plir leurs devoirs, et il n'y a pas de nom si illustre, il n'y B a pas de protection si forte qui puissent sauver du châti- « ment quiconque ne fait pas ce qu'il doit pour le salut de la n patrie. »

Nous rappelons avec intention cette lettre, parce qu'on a dit mainte fois que le duc de Wellington n'avait jamais soutenu aucune idée généreuse ou populaire. De là même est venue cette qualification d'tron duke ou duc de fer sous lequel on le désignait en Angleterre. Cependant rien ne jusUfie moins cette épitbète que la vie de Wellington, si remplie de traits de générosité, tout entière consacrée à la défense des intérêts nationaux, par leur nature même si populaires. Aux déclamations des Jiommes de parti, nous opposerons des faits irréfragables : la lutte incessante du duc pour l'affranchissement de la Péninsule; — l'énergie qu'il déploya à défendre les intérêts du bas peuple en Portugal; — l'opposition qu'il fît au gouvernement anglais pour l'empêcher de ruiner l'Elspagne par l'émancipation des colonies ; — sa glorieuse initiative auprès de la régence de Madrid pour obtenir, à la fin de la guen%, l'amnistie de tous les citoyens qui gémissaient dans l'exil ; — sa conduite éclairée, généreuse envers la nation

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française;— soD refus de seconder les tentatives prématurées du duc d'Angoulême (i) ; — sa puissante intervention pour garantir les monuments de Paris contre la fureur des Prussiens ; — ses efforts intelligents pour engager les souverains alliés à ne pas imposer aux vaincus de trop dures conditions; — enfin l'appui de son nom et de sa popularïté donné au gouveniement anglais pour arracher à son propre parti la réforme des lois sur les céréales et la grande mesure de l'émancipation

catholique

Nous défions qu'on cite un membre du parti libéral, en- Angleterre, ayant rendu plus de services à la cause de la liberté et du progrès.

Sans doute Wellington n'a pas été le soutien quand même de toutes tes idées neuves. Par ses opinions sur l'influence de la propriété et sur le rôle des traditions dans le gouvernement des peuples, par ses habitudes, ses relations de famille et d'amitié, il appartenait à ce grand parti conservateur, si décrié

■ et néanmoins si puissant encore en Angleterre, qui n'accepte les réformes que comme des remèdes extrêmes. Cependant il ne craignit pas de se séparer de ce parti, dans l'intérêt des classes inférieures, toutes les fois qu'il put le faire sans toucher au fondement de ses croyances politiques. Le duc n'était

. pas homme à épouser les querelles, les préventions, les haines des chefs de parti, et moins encore, à se faire- l'instrument docile de leur ambition (s). Avant d'être tory il était Anglais, et avant d'être Anglais il était homme. On sait que les ultraconsenateurs de la Grande-Bretagne haïssaient dans Napoléon le chef armé et le représentant de la démocratie euro-

il]1elri»Mln*a Sniiri mi, aa Oue d-^ngauiémi.tt ceuc àvit tttHdel» méiM m

tl] L< IT Hplcmbra IMt. Weltloilon <crl*itl 1 Jolm Moare : ■ Quoique J'aie Kcupï ui ■ iMil cmplal du laanrMinml, ]• n* inla pa> un kotnia* d« pirll ; ■ et le T aTrll IIIO, llBinl Berckcler ; •on pournltiwra faeincaap l prCienl, t'Il y (*ilt molni d'nprll di • parti eo *n(Mterrcttpliuil'«*prllpabllc.>

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péenne. Aussi leur désappointement fut extrême quand, vers la fin de la guerre d'Espagne, ils virait les démocrates gagner de l'influence dans les Gorlès et se montrer faTorables à une transaction avec le roi Joseph. Wellington tout le premier déplora ce fait; et nonobstant il ne fit rien pour s'y opposer, crainte d'exciter la guerre civile. Il donna, au contraire, au gouvernement le conseil « de se tenir en dehors des n luttes intérieures et de se borner à soutenir la guerre en- « gagée contre tes Français (i). » « Sa haute sagesse, dit Napier, empêcha seule les tories d'apporter à cette époque dans le gouvernement intérieur de l'Espagne, leur dangereuse intervention, qui n'aurait pas manqué de donner lieu à une rupture ouverte (s). »

Ce fut encore Wellington qui, en 1814, s'opposa de toutes ses forces à ce qu'on fit violence aux sentiments du peuple français en le forçant à se prononcer contre Napoléon, avec qui les négociations n'étaient pas encore rompues. « Ne presc< sezpasie peuple de se déclarer, écrivit-il à lord6athurst(3), u et laissez-lui, comme au plus iAtéressé, le choix du temps « et du mode suivant lesquels il doit agir pour atteindre « son but. »

Loin de pousser à la réaction, comme on l'a dit, Wellington prêcha constamment la tolérance. II déplora l'aveuglement des conseillers de Louis XVIII (4], et il blâma ce prince d'appeler dans son conseil les membres de sa famille, de former un ministère sans unité et non responsable, de créer une maison militaire choisie ailleurs que dans l'armée, et de s'entourer de personnes qui n'avaient pas un véritable intérêt au maintien de la Charte (s).

[I) To]rMlEjtp(<IuS>eptenibre1Rn,iiu eomtt Baihuril.

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Après Waterloo, ce fut encore lui qui donna au roi de France les premiers conseils empreints de lifoéralisme et de modération : a Que Votre Majesté, écrivît-il , se fasse précéder < par quelque document ou acte qui annonce des intentions « d'oubli et de pardon ; qu'elle promette de marcher dans a la voie de la Charte... »

Les vues éclairées de Wellington étaient à cette époque si bien appréciées en France, que des patriotes s'adressèrent k lui pour obtenir des garanties, comme en 1814, ils s'étaient adressés à Alexandre pour obtenir la Charte. Fouché aima mieux traiter avec lui qu'avec Louis XVIIL II lui écrivait le 27 juin : « C'est par vous surtout que les Français sontcon- « nus et appréciés. Vous voterez pour leurs droits au milieu • des puissances de l'Europe. » Le duc répondit si bien à cette attente, que te premier acte des souverains alliés fut de déclarer « que ta capitulation de Paris -ne les liait point, étant l'ceuvre personnelle de Wellington et de Blucher, » déclaration qui motiva* la restitution des objets d'art, suivie liientât après de la retraite du ministère semi-libéral de Talleyrand, formé sous les auspices du général anglais (i).

La correspondance de Wellington prouve qu'il fut contraire aux rigueurs déployées par Ferdinand contre tes Hbénnx des Cortès, et qu'il insista pour que le roi octroyât à son peuple une constitution en harmonie avec les idées et fes besoins de l'époque (2).

ËQ&n, comme témoignage de son libéralisme et de ses sentiments d'humanité* nous citerons encore l'ave^ion du

(I) WdllDftoB *Talt till ponDiM' ïonctiâ mlnlitre da la police, parceqn'llla mr, ■«iBcaantt reaotloniulrca qna le* énlfrét mMIUIent contre Ici pilrlotcicl

ai Talr tea tillrtt 4* ITtUiiislon.iu 3S oui IBU.d CMrti-« mwr/.ODSI, n

FrtTrt,K

te ifi 5aii-CiirJ0t.

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duc pour la traite des n^es, qu'il appelait un odieux trafic (i).

Cependant, quoique ami sincère du peuple, Wellingtan . (et c'est peut-être là ce qui l'a fait passer pour un homme peu libéral) était inaccessible aux trompeuses illusions de la démocratie pure. Il avait vu de trop près les intngues, les désordres et les secrètes ambitions de ce parti ; il avait trop soufiêrt des suites de son incapacité politique et de son ombrageuse susceptibilité; trop bien constaté l'impuissance de l'assemblée populaire des Certes et de la démocratique constitution espagnole pour n'être pas l'ennemi déclaré d'une opinion qui, se trouvant en possession du gouvernement, et jouissant d'une entière liberté d'action, avait néanmoins fait plus de mal que de bien à la cause nationale : « Je ne puis n penser, disait-il, que l'Elspagne soit une alliée utile à l'An- « gleterre, ni même simplement l'alliée de l'Angleterre, tant « que le système républicain subsistera. »

Vers la An de 1813, les choses allèrent même si loin que, pour éviter une rupture ouverte du gouvernement avec le clei^é et les populations rurales, Wellington hésita un moment sur le point de savoir s'il ne devrait pas soutenir les généraux espagnols qui désiraient le renversement des Certes (■}. C'est parce que les Espagnols lui avaient donné tant de raisons d'abborrer l'anarchie, conséquence infaillible des

lot. Il le prononçui cmirs ce triBc • tfmr

• nl> le DMyen d'ibiUrc U dernocritlc.lapOBrraliconiptir ti ■ lomeniMml..,'

Al'tpoqaeaftIVellIngLonCcrIvilt cette lelln, UdUltfBmauaDt conTalnco de noijnil»- MUcedaiCorltiâ faire le bien, et du dinier quecDuraiil'I>p>|nede ntamber touilcioai deli rrance. naatl'eipalrdecatijarer ce nullievr,!! ecrlilt, le NJioTler IRtl. > l'on d« membre! I« plui Influent) et lei pini leniéi de) Corlè), pour lui «poMr M) Tue] lur M) rnoxeo) propre) t doter l'ItpiKDC doibéoeDcn d'une u(e UberlC. Cette Mitre. p*r laquelle le duc propo)! de maaifler li Canilitutlon dint M len) de) Idée) uiililia. (éamlgur de )e) bOD) ■enUOMtit), etproBIc qull n'* )(ii»l) )cni< t ftibllr dint U Hnlpiute an (ou tomcmeat detp«tlqM*.

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réformes anticipées, qu'il se montra si sévère dans son propre pa;s pourlesagitateurs de rirlandeetpourceux qui essayèrent d'obtenir par voie d'émeute la réforme parlementaire.

Les whigs ont blâmé cette rigueur excessive, et les tories, aa c«nbttire, lui ont fait un reproche d'avoir donné trop de gages aux libéraux, en appuyant le bill de l'émancipation et le retrait des corn-laws. Au point de vue de ceux qui mettent leur bonneur à servir aveuglément un parti, qui rejetf ent comme indigne toute coticession faite aux circonstances ou aux nécessités gouvernementales, qui se montrent tellement soucieux de leur individualité, qu'ils laisseraient périr t'Ëtat pour sauver ce qu'ils appellent leurs principes et leur dignité; au point de vue de ces hommes absolus, Wellington devait être en effet un médiocre politique. Mais sa vaste intelligence et son noble caractère lui firent dédaigner toute opposition inspirée par d'autres sentiments que celui du bien public et de l'honneur national. Il n'eut, du reste, jamais aucun souci de cette popularité de mauvais aloi , qui s'obtient en flattant les masses ou en les berçant de vaines illusions. Le bien-être réel du peuple, en dehors de toute préoccupation politique, le repos intérieur de la Grande-Bretagne et les nécessités du gouvernement étaient les seuls intérêts dont il se préoccupât sérieusement et toujours. Il avait en nn mot trop d'esprit national pour être accessible à l'esprit de parti; c'est pourquoi il n'éprouva jamais aucun embarras, aucune honte, à passer d'un camp dans l'autre, et à siéger dans les conseils de la couronne avec des hommes de toutes les opinions. Au surplus, ces changements de drapeau, qui laissent toujours un peu d'ombre sur les caractères, et qu'en thèse générale on a raison de condamner, sont plus fréquents en Angleterre que dans d'autres pays constitutionnels. William Pitt, Canning , Castlereagh , Wellington , sir Robert Peel,JordAberdcen, John Russel et lordPalmerston, en offrent de frappants exemples. Chose digne de remarque,

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non-seulement tous ces hommes d'Ëtat ont rendu d'éminents services à leur pays, mais les grandes réformes et les mesures tes plus importantes pour la Grande-Bretagne ont été soutenues par des ministères mixtes, composés d'hommes de talent qui, au prix de mutuelles et patriotiques concessions, s'étaient imposé la tâche de gouverner entre les partis extrêmes, et malgré ces partis.

Les principes, aux yeux de Wellington, avaient peu de valeur; il ne considérait que les résultats.

En Portugal, l'intérêt commun exig^it qu'il soutint le (teupte contre les prétentions de la régence et des fidalgos, parce que le peuple était seul énergique et dévoué , en Espagne, au contraire, il fut amené à soutenir le parti du cl«^ el des nobles contre le tiers-état, parce que l'alliance de ce parti pouvait seul offrir des garanties à l'Angleterre, après que la France eut pris à l'^rd des Espagnols une attitude libérale (i).

Le même désintéressement et le même désir de voir triompher la bonne cause l'engagèrent en 1813 à défendre la régence espagnole (oii cependant il n'avait que des ennemis), parce qu'elle repoussait le traité de Valençay, qui menaçait l'Angleterre et l'Espagne des plus graves complications. Bien que Wellington détestât les Certes pour le moins autant que la r^ence, il fit de louables efforts, quand la guerre fut terminée, pour engager les généraux espagnols à soutenir cette assemblée dans sa résistance contre les prétentions de Fcadi-

(I] Mt PoililDe de 11 pKiTc, en eBe iMpluikratllM pourlC) «nflili. 10 1811.011 dUilt auTerlemmt a Cadli, qo* le Jonc àtt rnnçito «UJt prWnble * Il prolectloD «e ta ennde-BnURM- Baip^ CMM haMUtUltpinte, WellInglwiDe prit ancnne pari a UpolKlqiie ftilérieare de riapatne. IL danni némt plnilcDnroliaaan toatenement laconael) deiarder une •Irlcl* Mutrtflté, tcmola IW- (rari ■DlTinld'uu Itllre adreiiCepir lui à JaMurff.le ïieplambre M13 : • I* caaaellla aa

• (aDTernement de ae dCBer de la demacratte et de ne ae mtler de rlenlantqite Mgnmv-

• Bernent HibiliteTa duu le pari' eicepK delà cenllnaatloo di > dfi rnni;ali. •

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^ ^d VII (i). Ce même bon sens pratique le rendit hostile à a,e-^*»8titution espagnole, qui entravait l'action du gouveme- /J?^^* et de l'autorité militaire; — aux Cortès qui, suivant ;»#''^^^*iple de toutes les assemblées populaires, cherchaient k l'^^*-* dans leurs mains inhabiles tous les pouvoirs de T%^ ^ (s), — et à la régence, qui opposait à chaque mesure proposée par te général en chef des fins de non-recevoir, is tantôt sur des scrupules de légalité, tantôt sur l'inadmissible considération de 1 amour-propre national. Wellington avait cent fois raison, lorsqu'il écrivit au ministre de la guerre espagnol : « Quand l'ennemi est dans le pays, il faut u faire tout ce qui tend le plus directement à l'en expulser, « quels que soient les principes constitutionnels qui peuvent « être violés par ces mesures (3). »

Cette manière d'agir et de raisonner prouve que le duc ne regardait pas le pouvoir comme un moyen de faire triompher ses idées ou ses principes. Il avait une plus haute et plus patriotique idée de la mission de l'homme d'Ëtat, idée que Robeit Peel exprima si bien dans une occasion solennelle: «Mon dédommagement pour les sacrifices que le pou- " voir m'impose, dit-il, c'est l'espoir de cette honorable re- « nommée qu'on n'acquiert qu'en suivant fermement la route " qui, selon notre jugement, toujours faillible, conduit au « bonheur du pays {♦). »

Wellington, accusé d'apostasie par les chefs du parti conservateur , aurait pu en toute vérité s'appliquer les belles

(I) OnMilqMririiidedu gînéril UloM prananci ouTertenienl canLra l'iHcmblé* dM (Mti*, et que celle dljula, tnt l'ordre do roi, ceopCrs à rarrcaUtlon de deux membru de la rtfcnee at de pluileori dépuléi. U trolilènie irmée «tait dlipotée 1 aulire Je nitme cxeiDpM, nul! coomie elle icluilt tlori de concert irec WeUInKloa. celui-ci u*I de ■on

comle ToaiNO. t.V.p.UI.

(2) ralrlaMt(ndeWelllD|Wiidn4D0TembTe iHO, à BenrI IfilieiXr- (S) 4 décembre ISII.

[«) BUcenn proaoDCt «n IW, l i>ropai de la qautlon de* cdrfalei.

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— ifii —

paroles de Gicéron : « Ce que j'ai appris, ce que j'ai vu, ce que j'ai lu dans les écrits célèbres, ce que m'ont enseigné les hommes les plus sages comme les plus illustres, et de cette république et des autres cités, c'est qu'il ne convient pas que les mêmes personnes soutiennent constamment les mêmes avis , mais bien les avis que commandent l'état des affaires, la disposition des temps et l'intérêt de la paix publique (i). »

Au nombre des institutions libérales, il en était une pour laquelle le duc avait peu de sympathie, bien qu'il IS) trouvât utile (a) : c'est la liberté de la presse. Il faut convenir qu'il était payé pour ne pas aimer beaucoup celte liberté. La presse en effet donna le signal de l'opposition scandaleuse que provoqua en Angleterre l'arrangement de Cintra ; elle demanda et obtint te rappel des généraux vainqueurs, mesure qui probablement eût brisé la carrière de Wellington, n'eussent été l'influence de sa famille et le prestige de ses victoires antérieures. Ce furent encore les appréciations inexactes et perfides des journaux de Londres sur la retraite de John Hoore, sur la campagne de 1809, et sur l'insuccès de l'attaque de Burgos qui, changeant en hostilité violente l'enthousiasme du peuple anglais, faillirent provoquer le rappelde l'armée péninsulaire. D'autre part les gazettes de Lisbonne, de Cadix et de Madrid s'appliquèrent à dénaturer avec une rage inouie tous les actes de Wellington, dans le but de le rendre suspect aux

ProC. Ptanelo.

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H coDtreilU une bonue cboac, el II eit aawl difficile lant

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Oi^*'^s , à la régence et au peuple. Elles n'épargnèrent pas ce^^« les généraux espagnols, d'autant plus malheureux de tar^ - ^ ttaques, qu'ils n'avaient d'autre autorité que celle résul-

^ ^e l'opinion publique et de la confiance des troupes. V*V,^ presse nationale était en grande partie livrée à des lîr.V *>ies turbulents, qui semaient partout, à leur insu peut- ^ "V des germes de faiblesse et d'anarchie. Son insolence ^'Çmenta avec l'éloignement du danger. En 1815, elle ne garda plus aucune mesure. Wellington et ses braves officiers, les véritables sauveurs du pays, furent qualifiés de pillards et d'assassins. On alla même jusqu'à prêter au général en chef le projet de se faire roi d'Espagne.

Ces calomnies et ces injures toutefois firent moins de tort à Wellington que l'indiscrétion ordinaire des journaux anglais, habitués à publier dans leurs colonnes tous les renseignements qu'ils pouvaientse procurer surl'état et la situation de l'armée alliée. Les officiers et le ministère anglais se rendirent eux-mêmes complices de cet abus, en livrant à la publicité des détails que les généraux français eussent vainement cherché à obtenir, et dont ils faisaient un continuel usage, ff Je connais des articles de journaux, écrivait Wellington en « 1815, qui ont servi à établir des plans d'opérations; »

Toutes les démarches du duc pour mettre un terme à ces coupables indiscrétions demeurèrent infructueuses. Cependant, il ne s'était pas fait faute de prévenir le ministère à temps :

« Je prie Votre Seigneurie, écrivait-il à lord Liverpool, V en 1809 (i), de me permettre d'appeler son attention sur « tes articles publiésfréquemmentdans les journaux anglais, \( et qui décrivent la pbsition, te nombre, les desseins et les

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« moyens d'exécution des armées en Espagne et en Por- « tugal

« Plusieurs fois, les journaux anglais ont annoncé exac- « tement, non-seutement quels étaient les régiments placés « en te) ou tel endroit, mais encore le nombre d'hommes « valides dont chaque régiment se composait; et ces rensei- « gnements arrivaient à la connaissance de l'ennemi, en « même temps qu'à la mienne, dans un moment où il était « très-important qu'il ne sût rien (i). »

Il n'est pas étonnant qu'un général à qui la presse avait fait tant de mal, lui gardât quelque rancune et fit éclater de temps en temps sa mauvaise humeur en apostrophes violentes contre les journalistes.

Les auteurs qui ont blâmé la tendance de Wellington à juger, sans distinction de parti, les idées et les institutions d'après les résultats qu'elles produisaient, et qui ont pris pour de la faiblesse et de ta versatilité ce qui était en réalité une preuve de force morale et de bon sens pratique, ne se sont pas fait faute de contester les titres du duc comme homme d'État.

Si l'on entend par capacité politique l'habitude des joules parlementaires, le secret d'affermir ou d'ébranler, par de subtiles manœuvres, la situation d'un ministère ; l'art de préparer le terrain oii doivent s'asseoir tour à tour les ambitions individuelles; le talent d'attacher à sa fortune des influences naissantes, de conserver d'anciens appuis et d'en préparer de nouveaux; ce genre d'habileté enfin qui consiste à savoir diriger ou combattre les mille intrigues et les passions de tout genre qui entretiennent la vie dans les Ëtats constitutionnels;

(l)lPourde pin* frud* déUIU «

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- — s l'art de gouverner comprend toutes ces choses , Wellin^M^t^xi était un homme d'Étal médiocre.

MC^ i s si l'on doit accorder ce titre uniquement à celui qui

coD^f«:»î.t, tMite et mène à bonne an des entreprises grandes.

not>l^^, courageuses^; à celui qui sait vaincre les difficultés

imf^i^^'vues, débrouiller les situations complexes, se créer des

Tes»o«jrce8 alors que tout semble faire défaut, et garder son

saD^— froid et sa sérénité au milieu des passions en délire; à

celui <|ui découvre le bon chemin quand tous les autres s'éga-

rw^> tient tète à l'intrigue, déjoue les projets coupables et

s^t>r'Kse les vaines satisfactions de l'amour-propre dans la

poui^siiite d'un but utile; à celui enfin qui prépare sagement

B^ I»>rojets et les exécute avec autant d'énei^e qu'il a mis de

priMience à les concevoir, de précaution à les élaborer; —

^' c*est là ce qui distingue la science politique, Wellington

fut o^rtainement un homme d'État illustre ! Ce qu'il a fait

'"Os la Péninsule pour soutenir la guerre et en préparer le

succsès, malgré les entraves que lui opposèrent les populations

et 1^^ gouvernements indigènes, la nature du pays, et surtout

les -vxies opposées des cabinets de Londres, de Madrid, de

ttab«»iQe et de Rio-Janéiro, — ni CanniDg,ni Castlereagh,ni

r.**~*^^'val, ni Liverpool, ni Robert Peel ne l'auraient fait aussi

*^ «]ue lui, et cependant on n'a jamais contesté à aucun de

^ministres le titre d'homme d'État.

'^^■*:». reste, les preuves matérielles de perspicacité et d'tntel-

'iS^:^ft«e politique abondent dans la carrière de Wellington.

^^ Ka connaît les idées de ce général sur le gouvernement

^*^ Indes et sur l'avenir des possessions françaises en

.B^^te (i). L'expérience a pleinement confirmé ces idées,

^^'^^ï- que les prédictions faites par sir Arthur dans un tné-

i^^^**'!* entre lulrci ane noie trii-rcnurqnibic adreuM de B«nilu;, e *ti

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moire (récemment découvert) sur l'état fituitmer du Mysore.

Les réformes que Wellington introduisit dans l'administration de Seringapatam ont été louées par des hommes compétents. On en peut dire autant des modifications qu'il apporta à l'administration civile du Portugal. Au nombre de ces dernières, nous citerons l'institution d'une caisse militaire, — un nouveau système de douanes, — un meilleur mode de perception de l'impôt et quelques réformes importantes dans le service de l'arsenal et de la marine, ainsi que dans le payement de la dette nationale. Le duc avait sur toutes ces questions les idées les plus justes et les plus neuves; mais son influence ne fut pas toujours assez grande pour les faire prévaloir. On doit admirer la netteté de vues avec laquelle il réfuta sous sa tente, en présence de l'ennemi, le projet de contracter un emprunt anglais et d'établir dans la Péninsule une banque semblable à celle de la Grande-Bretagne, — la proposition de vendre les biens de la couronne et du clergé espagnol, enfin l'idée de faire vivre l'armée anglaise au moyen d'un système de réquisitions semblable à celui que les Français ont adopté depuis 1789.

Mais ce qui est au-dessus de tout éloge, c'est te tact exquis et l'habileté consommée avec lesquels il parvint à rendre possibledans le midi de la France une manifestation légitimiste (i), et la ligne de conduite intelligente qu'il suivit en 1819, lorsqu'il s'agit de restaurer une seconde fois les Bourbons, malgré les Chambres, l'armée, le peuple, qui ne,cessaient de crier pas de Bourbons (a).' et en quelque sorte mal-

in Welllnglon écrlviK le 21 novembre ISia * Silburil : • Je ne rola piique I ■ beaucoDpdepenchantpourlaniilton do Bourbon. > Col donc bien lui qui pirioi prCpiD lotemin au duc d'AngouKmc et ntréuialrli première rsttiurallon.l.de Ctaluanbrlanl a dll avec rilton : • C'ett loui l'#(endird de Welllnglan que le premier cri de tlie le roL a retelllé noire malbeureiwe pilrie. ■ ~ Ltllre au Journal dt Parti, iSK, cJWe parie XijeuT, p. «3.

«ni Ciit rnuvrc de l'étranger, et parllculliremenl

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o'* les souverains alliés eux-mêmes , qui conservaient des ."^^ sur la possibilité, ou du moins l'opportunité du réta- '•ssement de Louis XVIII (.).

(■''"mine témoignage de la perspicacité politique de Wellih "• on P^ut encore citer ses opinions sur l'état de la Pé- ^fci*'* ^ différentes époques de la guerre, sur l'esprit et les j ^^*l'<es de la France avant et après la grande catastrophe A9i S. Ces opinions ont été confirmées par les faits, de "^n^ <}ue les jugements portés sur les hommes avec )es- ^els il se trouva en relation. Sa correspondance fourmille d'aperçus que l'on croirait écrits longtemps après les événements auxquels ils s'appliquent. Ainsi, bien avant la réunion des Gortès, il écrivit à son frère (ï)' : « Je déclare que si H jetais à la place de Bonaparte, je laisserais les Anglais et « les Certes organiser l'Espagne le mieux qu'ils pourraient, " ^' je n'aurais pas le moindre doute qu'en peu de temps « lEs j>agne ne tombât au pouvoir de la France.... Ce pays « maïK^ue réellement d'hommes capables de prendre en « maing les rênes du gouvernement.... Je préférerais aux « Coï-t-ès un Bourbon sage, si nous pouvions en trouver un " piir- le faire régent. »

l'expérience ne lui donna que trop tôt raison sur ce point. * **ïie époque où le prestige de l'empire était encore uni-

i'i>4tt« uqe de «•'«''»> dOunaurfc, Wellington (Olrme • qu'l »n arrliécl rirli.ll

ra!r*' ""• '■" *"*' '""''" *' Irtt-»l6iil0i!»llf. eoii»l»i* v*r K. de ïltrolle» l'n IRIS ; '"^nient citTCma d« l'cmirereur Aleiandre ponr lei Dourbani- ■ ■«laUir c«tle d^-' "raT'' «Ur le trAoo,dll-ll, c'cit ouvrir c»rritre i de<ieo|e«iieet terrible». • <»ieiol(iic- II»,'" ''■"!• dej*m»nl(e«t*iuCongr*«deVieDne. où II liiFjirrua un Jeurde peter l»i|uei- ■ C» *'***"•• «««""l"'" »**<= ""• torpruo ou pluUI une ilupeur («ii«rile i . Ha tenK-ll . rt-^"**» riaWrtl d6 l'Eurarie qiio 1i couronne de îrinco tùl porte inr la léte du duc Il , *"•' ■

S,^**»-e da M leplembre 1809, flw marq»U Wttltilirl,„ •*'n«lnc» «prti 1i conïocatlon de* Cortt*. Wellington écritit 1 ion frire Henri une „„ ''•la Imuelle te IrouTcnt nettement lndliu«ei lei tentlmcci qui ont rendu ceUo """Wee funcite * la e»u»e ei|>agnole. — Lfttrt du 4 noreoibre 1(10, é Btnrjr WtUailer-

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verset , Wellington émit non-seulement des doutes sur U durée de cet édifice, qui semblait devoir braver les siècles, mais il entrevit encore distinctement par oii il devait périr et comment on pourrait hâter sa chute. Dès ce moment, tout en poursuivant la guerre d'Espagne, il eut soin de régler autant que possible sa conduite sur la situation générale de l'Europe. Quelque chose lui disait que la petite armée du Mondégo avait un rôle immense à jouer dans le drame sanglant qui tenait le monde en éveil, et que ce n'était pas seulement te sort de la Péninsule qui était en jeu, ni même la question de la suprématie navale de l'Angleterre, mais rindépendance et la liberté de tous les peuples, menacés par l'ambition d'un homme. « L'Espagne, dit un auteur français (i), fut dans ce temps-là ce qu'avait été la Bretagne du temps de César : le dernier rempart. Wellington s'y adossa et s'y défendit. Son œuvre fut de laisser à l'Europe le temps de se révolter. C'était là qu'était le point malade, le talon d'Âcbitle. Aussi les regards de l'Europe avaient fini par se port» sur ce coin où couvait ta flamme, et sur cet homme peu brillant, mais opiniâtre, qu'on n'avait pas aperçu tout.d'abord. L'empereur le sentait, et, des hauteurs du Septentrion, il pariait de temps en temps de fondre sur le Midi, et d'en finir par un coup de tonnerre. Cette sourde et muette protestation était j)our lui une douleur incessante et irritante : le point noir

qui menaçait sa destinée »

Le 17 mars 1810, Wellington écrivait au général Stewart: « Les intérêts du monde entier sont trop profondément en- « gagés dans la lutte actuelle pour nous faire reculer d'un « pas; » et en décembre 1811, au général Bentinck [s) : « j'ai depuis longtemps regardé comme probable que noos

[1) tMJivdaMd«c*mbreiSlt.

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a serions témoins d'une résistance générale de l'Europe à « l'horrible et trompeuse tyrannie de Bonaparte (Vésùtonce (' due à t'exempte de ce qui se passe en Espagn€),et que nous « serions acteurs et conseillers dans ce drame. »

Cette même année encore, te duc écrivait au comte de Liverpool : « Je suis certain maintenant que pour peu que nous tenions bon, nous verrons le monde affranchi... »

Le mariage de l'empereur avec Marie-Louise ne changea rien aux opinions de Wellington. La cérémonie à peine terminée, il écrivit au général Crawfurd (i) : « C'est un terrible « événement ; il rendra impossible pour le moment toute x opération importante sur le continent; cependant je ne « désespère pas encore de voir tôt ou lard un échec au ays- « tème de Bonaparte. Ce qui s'est passé récemment en HoU d lande montre que ce système est faux et tellement an- « thipatique aux vœux, aux intérêts et même à l'existence K d'une nation civilisée, que Bonaparte ne peut pas même M compter sur ses frères pour le mettre à exécution. «

Dans une lettre du 5 juillet 1811 , au géoéral Dumouriez : « Il est impossible, dit Wellington, que l'Europe puisse se « soumettre longtemps encore à la tyrannie dégoûtante {sic) •t qui l'opprime. »

Et la même année à Charles Stuart : « II faut queBonaparte u nous chasse de la Péninsule, ou qu'il baisse de ton avec o l'Europe. »

En 1812 (s), Wellington jugeait le système financier et territorial de l'empire dans les termes suivants : « La guerre « est pour le gouvernement de Bonaparte une ressource de « 6nance... Dans les premiers temps, il n'avait point étendu <■< le territoire de la France au delà de ce qu'on appelait ses

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u limites naluretles... il parait qu'il n'ignorait pas les dan- " gers auxquels sont exposés les empires trop étendus... Il « n'était ni sûr, ni commode de piller l'Autriche, la Prusse, « la Russie ou le Danemarck ; mais Bonaparte avait besoio u d^ ressources de la Hollande, des villes hanséatiques et « de Rome pour remplir son trésor, et c'est dans ce but qu'il « les a confisquées »

w Le pouvoir de Napoléon, écrivait encore le duc(i), repose a à l'intérieur sur le système de corruption le plus étendu et « le plus dispendieux qui ait jamais existé, et à l'extérieur sur « sa puissance militaire, soutenue presque exclusivement par M les contributions étrangères. Si l'on pouvait renfermer Bo- V naparte dans les îimiles de la France par un moyen quel- « conque, son système succomberait. Il ne pourrait supporter « la dépense de son gouvernement intéiieur et de son armée, a et la réductio/i de l'un et de l'autre lui serait fatale. »

Ces idées, qui paraissent aujourd'hui fort simples, étaient un véritable nouveauté à l'époque où elles furentémises. Sans doute, après 1812, un grand nombre de bons esprits jugèrent l'empire fini ou du moins sa chute procliaine; mais nous ne connaissons aucun document où les causes de faiblesse et les chances de ruine de l'édifice impérial soient aussi nettement indiquées (dès 1810) que dans la correspondance de Wellington.

La lettre suivante, écrite au moment de franchir les Pyrénées, atteste que le duc avait apprécié sainement l'état des esprits en France (i): « Le pouvoir de Napoléon n'a pour « adhérents dans ce pays que les principaux olHciers de t'ar- » mée et les employés civils, peut-être aussi quelques-uns « des nouveaux propriétaires. »

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Tout aussi vraie est la peinture qu'il fit, pendant son séjour à Paris, de la société française et des dangers qui menaçaient le gouvernement de Louis XVIII : « Cette mal- " heureuse révolution et ses résultats immédiats ont ruiné le « pays de fond en comble. Tout le monde est pauvre et, ce » qui est pis, les institutions empêchent qu'aucune famille n ne devienne riche et puissante. Tous doivent donc néces- « sairement viser à remplir des emplois publics, non comme « autrefois pour l'honneur de les remplir, mais pour avoir (' de quoi vivre...

t Le roi ne peut maintenir que le quart de l'armée impé- « Haie; et une foule d'employés (Bonaparte pour des causes « aujourd'hui bien connues, employait une personnel consi- « dérable dans ses administrations) doivent être renvoyés... f Si vous considérez bien ce tableau, qui est la stricte vérité, « vous y verrez la cause et la nature des dangers du jour. . . » Ce mécontentement toutefois pourra disparaître, si l'on ■ " adoptedesmesuressagespour améliorer l'esprit public(i).»

Cette lettre, comme toutes celles que nous venons de rappeler, fait honneur au bon sens et à la clairvoyance politique de Wellington. Il n'y a pas un événement, une solution remarquable qui ne soit annoncée en quelque sorte dans ses dépêches. On peut dire qu'il prédit successivement et à des époques où les apparences étaient loin de confirmer ses prévisions : le succès final de la guerre d'Espagne (s); — l'influence que cette guerre exerça sur l'esprit des autres peuples ; — le soulèvement général de l'Europe contre Bonaparte ; — la chute de l'empire, soutenu par la corruption à l'inté* rieur et la force militaire à l'extérieur (3) ; — les désastres

vernbrti mx a Damaurli

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de la campagne de Russie (i) ; — le réveil de l'opinion publique en Allemagne ; — le triomphe des alliés dans la campagne de 1813 (s) ; — la défection du peuple français, attiré vers ses anciens rois par un besoin impérieux de repos et de libo^e (s) ; — le retour de l'île d'Elbe, provoqué par les fautes de la restauration et le mécontentement de l'armée ; — l'insuccès des nouveaux efforts tentés par Napoléon en 1815. pour ressaisir un pouvoir appuyé désormais sur la seule force des armes (4) ; — enfin la rupture violente entre Ferdinand et le peuple espagnol, occasionnée par l'entêtement du roi et les funestes conseils de son entourage.

Wellington vit le premier l'avantage que retiro-aient les alliés, et en particulier la maison de Bourbon, de son séjour au midi de la France; c'est ce qui l'engagea à rejeter si Loin la proposition de servir avec son armée dans le nord de l'Europe (5).

Dès la fin de 1815, l'inâuence du duc était devenue si grande, que le ministère anglais avait recours à ses avis toutes les fois qu'une grave question se présentait. On en voit la preuve dans la lettre du 22 février 1814, où le duc exposa au comte Bathurst ses idées sur la défense du Canada, — dans celle du 10 janvier de la même année, où il émit l'opinioD que les alliés auraient dû opérer en déboucbant de Hayence au lieu de se diriger par la Suisse (e), et dans celb du 14 août

l))' fllrcmperenr deluile potièdo ileireuoarcei. l'IlEit prndeot et que Mt Idin) ■• TcaUlcnt iMUcmant H Iwttr*, Boupvte at rénHln pu. n — Ulln da V Juillet Wi, «■ eamU Batlmrtl.

(I) uan du n iNTeDbr« lail, ou général Dtanourttz.

(S) Tdr, cotre intrci, u Mtrt du 10 JanTkr IBI4, ed II dit k lord Htbont : • «Btiqw K mU « bien *ùr que loiuparte n** pu rinleallon de taire li pilii mlird ta dMcsan el ■etdé'

• Glinllou, Je luli lùr mnul que le peuple rnntiU le tbrcen * le eonclnre •! le* allMi tM-

• proDTent pu de dïuitre. >

(t) vieane.ll min iBit, d CoffUrv^ft.— vienne, 18 nun, m MdMr.— mMonMdin) M

IllTTlIlBlS.

(S) VMr u Ullr» du T narembre ISIl, à lor^ MUniril. («1 Uttr*ûlara Balknrit.

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1815 (i), où il jeta, pour ainsi dire, les bases de l'acte final du Congrès de Vienne : « Il ne parait y avoir ni entente ni « cause commune dans les négociations pour la paix... Ceo pendant dans l'état politique de l'Europe, il y a quelques « principes généraux sur lesquels les intérêts de toutes les « parties doivent s'accorder : tels sont l'indépendance de l'Es- « pagne , de l'Allemagne , de l'Italie et de la Hollande ; la « restitution dn Hanovre à la famille du roi; le rétablissed ment de la frontière prussienne et de l'influence de la a Prusse sur la Saxe et la Uesse ; la délimitation de la mo- « narchie autrichienne et la nécessité d'augmenter l'impor- « lance de cette monarchie en Allemagne, pour balancer î'in- « Suence de la Prusse ; le rétablissement de l'indépendance a des villes banséatiques, etc. »

Après ces témoignages multipliés de sagacité et de prévoyance politiques, on ne contestera plus sans doute à Wellington le tib% d'homme d'Ëtat (i).

Le duc possédait une grande énergie morale et une confiance inébranlable dans le succès de ses entreprises. Lorsque tout semblait perdu en Espagne, que déjà il était question de rappeler l'armée, il écrivait au ministère : « Ve désespérez « pas, Vennemi finira par évacuer te pays (s).... » Et dans

(1) ÀtoraBaIkurtt.

Il) ■. Thl«nillt,i]tDiMnJ!r/iff>/r«ilH ContuM el dt eEmpIrt : i Lei ÂDgliliiTtlentpanlu M>onMnU;lllnirr«>UIttLi vïrlUalr lrlliurWclleilcri'<up«neuri I-ud elirinire. > tOBlcRiit, rbUlorlen rriDçdiflte nnpcorcflelda cet «loge en dlunt. quelque* pifet pli» Mb: •!« loldit Mllde et lenl de l'Auileterre «tall rilt pour fttprlt pia étendu, n»li oie ■ctrïulDde alTA.WeUeiler. ■!>- nielBW.

(1) Lturt du 10 m*ri ISID, m comlt de LIvrpooi.

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une autre occasion : « Je suis tout à fait certain que les « Français ne prendront pas le Portugal cet hiver, à moins " qu'ils ne reçoivent des renforts considérables; et dans ce « cas même, il est probable qu'ils ne réussiront pas (i). » Et ailleurs encore : « Dans le cours de celte guerre, qui doit « être nécessairement défensive de notre part, il n'y aura « sans doute aucun fait brillant ; j'y risque, en cas d'insuc- « ces, d'être horriblement bafoué et de perdre même le peu « de réputation que j'ai acquise ; mais je n'agirais pas loya- « lement envers le gouvernement, si je ne lui disais avec « franchise que, dans mon opinion, il trahirait l'honneur et K les intérêts du pays s'il ne continuait pas ses efforts dans « la Péninsule, efforts dont je crois qu'il ne faut nullement « désespérer malgré la défaite d'Areyzaga{i). »

A quelque temps de là, le duc écrivit à lord Liverpool (s) : u Je suis fort satisfait des bonnes nouvelles que vous m'avez « transmises sur l'état des affaires dans le Nord (rupture pro- <( bable entre la France et la Russie). Plaise à Dieu qu'elles « soient vraies, et que nous voyions un jour la fin de cette <( affreuse tyrannie! Au surplus, que ces nouvelles soient « vraies ou fausses aujourd'hui, ma ferme conviction est « quelles seroitt vraies tôt ou tard; et qu'en y mettant un c< peu de persévérance, nous verrons le monde affranclù. »

Cette confiance dans l'avenir, qui a si puissamment contribué au succès de la guerre d'Espagne, Wellington la manifesta dès le premier jour. Dès le premier jour aussi, il vit que, pour arriver à un bon résultat, il fallait s'établir en Portugal et non à Cadix, comme le voulait son gouvernement. Avant même

(I) Detpalehei. I. VI, p. ai.

[1\ WelIlDglon «nrivall, le 3 d«i:en<br« IMS.iu colonel Milcaln. :

t piivlllnt, on peut iiircflmhor.iniili 11 serait

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d'avoir débaoïué, il écrivit, k bord du CroaxUte (le 36 juillet 1808), aagénéral Spencer : « Nous ne pouvons rien faire de <t jAoÉ avantageux pour les Espagnols que de prendre po3a seraion du Portugal et d'y organiser une bonne armée. »

Dans une note du 7 mars de l'année suivante, sir Arthur coniinna cette opinion, en disant : k J'ai toujours été d'avis « que, quel que fût le résultat de la guerre en Espagne, il • fallait défendre lePortugal, et que les mesures prises pour « l'occupation de ce pays seraient fort utiles aux Espagnols n dans leur guerre contre la France. »

Le 25 août de ta même année, il écrivait au vicomte Castlereagh : « Mon opinion est que nous devons et que nous « pouvons très-bien nous maintenir en Portugal, si l'armée a portugaise et la milice sont au complet. » — Et, le 7 mai 1811, au comte Liverpool : « Comptez que le Portugal sera « la base de toutes vos opérations dans la Péninsule, de « quelque nature qu'elles puissent être : mon opinion n'a « jamùs varié sur ce point. »

Ceux qui jugent les faits après coup ont trouvé tout naturel que Wellington prit le Portugal pour base de ses opérations. Nous ferons observer cependant que cette idée, si simple et si conforme aux principes de la stratégie, ne vint à personne et fut, au contraire, combattue par tout le monde. John Hoore lui-même avait déclaré la défense du Portugal contre l'armée française impossible, et ce témoignage d'un homme de valeur avait été naturellement opposé au duc, qui par suite eut beaucoup de peine à faire prévaloir son opinion à Londres, et plus de peine encore à faire comprendre aux officiers de son armée qu'il était en mesure de parer à toutes les éventualités (i). Longtemps il fut seul d'avis que l'Es-

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pagne devait être défendue à Lisbonne : ni l'opposition de son état-major, ni Ica arltiques du Parlaneot, ni les terreura du ministère, ni même ses revers ne purent ébraiiler cette heureuse confiance.

La force de caractère de Wellington se révèle surtout dans les luttes qu'il eut à soutmir contre le gouvernement ongltH pour maintenir son armée dans In Péninsule, v Je suis |ier- « suâdé, écrivait-il en janvier iSlO (i), que l'honneur et les « intérêts du pays exigent que nous tenions iei aussi long- « temps que possible, et, s'il plaît à Dieu, j'y resterai tant « que je pourrai. Je ne veux ni chercher é rejeter aor les « ministres la responsabilité du mauvais succès, en leur da- « mandant des secours que je les sais dans l'impossilHlité de u me fournir — vu la faiblesse de leur propre situation, — ai u leur donner un prétexte de retirer l'armée du Portaga) fi).

« ... VoycE le trait du conseil communal de Londres! n (Allusion à l'adresse présentée au roi pour demander la oes- K sation des hostilités en Espagne.) J'ai constaramcnt nue « épée suspendue sur ma tète ; elle tombera, quel que soit M le résultat des affaires ; mais , qu'on hisse ce qu'on voa- « dra, je n'abandonnerai pas la partie tant que je ponmi « continuer ^ la jouer (s). »

Le même jour, Wellington écrivit à lord Livtfpool : « De « toute mani^, je dois être victime ; mais je ne m'effitya « pas de ce dangw ajouté à tant d'autres, et, quoi qu'il puisse « arriver, je continuerai i faire de mon mieux. » Et, le 37 mars 1810, s'adreasant au gén^l Stewart : « Lars ■éme,

(1) Itllrt *n 14 jiiirKr à J. TllUt'i.

(3; C0DMIMi«f*limantunMr«di]lSDunlRlleaildll -.lie ieraltflcUqnaJi isanr- ■ Dcncnt M crbt dinila n<ccull< d'éncaar os pi ji t cinnd* l»d«pcaw qn'catnlwu • piïm. • wctllniton Ht abMi-xr lu nlaUlraqnil* Mycnn ttitai H q B >d« »a nw i li ll pour Nulanlr Ittaerrt tLL)bDnne,an untt, eu eu dtTwmtlaii, obllfé d< la Ikir* IMU a«aleair I* |u«rr* mire MDdrci clBouTru; U aj«ut« Brima (pitl d«fMMlaltI'*B(WUft* a LUboon* bMa Ha* lArtotaDt quil na l> délaadnlt antr* MUTrM •! laadrM.

|t) l.a(fMdalJaatMr»W,«/.rfllMra.

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« dit-il, que les positions fortiBées seraient pires qu'elles ne <i sont et les difficultés de toute espèce plus grandes, les in-

■ \ints de t'An^eterre et du monde entier sont trop profon- « dément engagés dans la lutte actuelle pour que nous puis- R sions reculer d'un pas. »

&i tenant ce langage, Wellington heurtait l'opinion presque unanime de ses compatriotes : « Il n'est pas venu un « officier d'Angleterre , dit-il , qui ne m'aif assuré qu'on

* s'attendait généralement à ce que l'armée fût /appelée;

■ quelques-uns même ont ajouté que cette espérance était

■ entretenue par les ministres du roi. Ce n'est pas encoura- " géant (i). »

A l'époque où cette lettre fut écrite, le duc avait reçu du ministère des ordres formels en prévision de l'évacuation dn Portugal (2); c'est probablement à propos de ces ordres que Wellington écrivit, le 2 avril, à lord Liverpool : « Je cod- < sens à être responsable de l'évacuation du Portugal, en « cmforroité des instructions de Votre Seigneurie, en date « du S7 février... So^ez persuadé, malgré tout ce qu'on « pourra vous dire, que je ne souhaite pas autant qu'on se « l'imite de livrer des batailles désespérées. . . Si je voulais, » je pourrais en livrer le jour qu'il me plairait;... mais je « n'ai en vue que te grand résultat de conserver notre posi-

■ tion dans la Péninsule; je ne me suis pas laissé détourner « de ce but par le désir des alliés, et probablement aussi de

• plusieurs des nôtres, que je misse plus d'ardeur dans quel* » ques f^laires partielles, ni par l'opiniop des personnes qui « voulùout nous faire quitter le pays préigaturément... Je

m Btif^OHt, t. Tl, p. su.

n*nittalUBta>ed'>a«»(rr<loMrt« dun sai«oo>,t.T,p.U8,qDBdW P>r»ADn 4t«r4«wUiD[H*a»<10iiMpoar(atrcr4tn( Ma tum dn nUlMtra), WMlJniUn *nMMt «■Aurqoer KCrttmMiit l» lngi(eidc qaMqnm rl(lmcDU.Tolr>iU(i : CaraeltTllllei,vt ■tMMd wn, p. 1« M MT.

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« crois que mainteaant, dans la Péninsule, on commence à ( s'apercevoir que j'ai eu raison. »

Citons encore ta lettre suivante du 19 décembre 1810, à lord Liverpool : « Tout bien considéré, je n'ai pas le moindre <t doute sur le succès final de mes opérations, et, qnoi qu'il « arrive, je suis convaincu que mon système est le seul qui « puisse complètement réussir. »

Et celle du 25 mai 181 1. à J. Villiers :

« J'ai persisté dans le système que je croyais te meilleur, « malgré l'avis de tous les officiers anglais, qui pensaient que n je devais faire embarquer l'armée, tandis que, d'un 'autre o côté, les autorités civiles portugaises voulaient maintenir « la guerre sur la frontière, bien qu'elles manquassent non- « seulement de forces matérielles, mais encore de moyens « pour subvenir aux besoins des troupes en campagne. Je « crois que la fermeté seule pouvait me faire triompher dans « cette lutte de neuf mois contre des avis contraires. Ajou- « tez que l'opinion publique en Angleterre variait presque « comme le vent, et vous reconnaîtrez que je n'avais rien de « mieux à faire que de m'en rapporter à moi-même. »

L'opposition fit de vains efforts pour ébranler cette rare fermeté, mélange de foi dans l'avenir et de confiance en soimême. Wellington n'essaya pas même de rejeter sur autrui ta responsabilité d'une lutte que le moindre revers pouvait rendre fatale à sa réputation. Il accepta franchement sa part d'impopularité dans la capitulation de Cintra, — s'avoua hautement l'auteur des mesures énergiques décrétées pour la défense du Portugal, — et s'exposa résolument aux attaques de l'opposition (qui accusait le gouvernement d'avoir compromis le succès de la campagne de Talavera par l'expédition malheureuse de Walcheren), en écrivant la lettre suivante, dont le premier ministre fit usage pour dégager la responsabilité du cabinet : « Vous serez peut-être satisfait d'apprendre que je ne pense pas que les affaires eussent

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n été daDs un meilleur état, si tous aviez envoyé votre « grande expédition en Espagne au lieu de l'envoyer dans « l'Escaut (i)... .

En 18i5, Wellington montra la même abnégation en écrivant au premier ministre : « Ce n'est pas le gouvernement « que l'on doit attaquer pour l'insuccès du siège de Burgos.

// n'a pas eu à s'occuper du siège ; c'est une opération en- « tièrement de mon fait (a). »

Quelque pénible que fût sa situation, jamais le duc ne réclama des secours quand il savait le gouvernement dans l'impossibilité de lui en fournir : « Je crois, écrivit-il à J. Vil- H liers (s), qu'étant comme je le suis dans la confidence des « ministres, connaissant leurs moyens, l'emploi qu'ils en <• font, et les difficultés de toute espèce qu'ils ont à com-

1 battre, il serait déloyal de ma part de leur proposer dans ■ mes dépêches des mesures qu'ils ne pourraient adopter « malgré tous les avantages qu'elles présenteraient... Je saie tt très-bien, ajouta-t-il, que 40,000 hommes valent mieux que « 30,000; mais, lorsque les ministres sont dans l'impossi- « bilité de les obtenir, serait-il beau, serait-il loyal de ma « part de demander un homme au delà de ce qu'il faut abso- « lument pour atteindre le but que je me propose («)? »

Plus les circonstances s'aggravaient et plus les hommes politiques se tenaient à l'écart, — plus Wellington se montrait disposé à augmenter sa part de travaux et de responsabilité. Cette grande force de caractère et cette admirable persévérance donnèrent des résultats que le génie militaire seul n'aurait pu produire. Les mêmes qualités permirent au

(Il L4lln du a loùt IBOB, il /ard Uvtrpool.

m UUn dD SdUccmbre 1809.

Il) £«KreduUnaTeiitbre \ta,aueomttiUI.Wniooi.

W • Je n'ai Jinuli en pour bibltuded'IinporlUDcr le gauvcrnimentpariIedleiiuindMdn ■ rgrcti;J'>ilouJaur**ucanlulrer*lt mircbcrlewrilcele mteDiqiuJ'alpii ■••ccciiuVm • inltl ma dliimllhui. •- Ve\UniVtn:Utln du 19 loùt J8l3<iri court* Balkanl.

duc de préserver son année de tout découragement dans les circonstances où la fortune semblait prèle h Tabandonner. C'est ce qu'atteste entre autres le général Ste>vart, un des principaux acteurs de la guerre de la Péninsule : « Lorsque, dit-il , nous apprîmes à Deleytosa [après la bataille de Talarvera) que les Autrichiens avaient été mis en déroute, toute l'armée fut découragée. Elle crut qu'il serait impossible de tenir tête aux Français. Sir Arthur ne partagea pas cette opinioii. Il parlait et agissait comme si les événements eussent pris la direction qu'il avait désirée, et cette conduite fit croire à chacun de nous que le général en ch^ avait pourvu à tout, ou qu'il était en mesure d'y pourvoir (i). »

Le même écrivain dit encore (s) : u )e ne prétends pas faire de reproches à aucun ofScier; mais je ne crains pas de dire qu'il n'y avait qu'un seul homme dans l'armée qui ne désespérât point de l'entreprise, et cet homme était sir Arthur Wellesley. Loin de désespérer, il afBnnait qu'on pourrait défendre le Portugal, même en admettant que l'Espagm succombât. »

Cette énergie calme et persévérante prouve que Wellii^ton avait une grande confiance dans ses plans de campagne, confiance qui elle-même était le résultat des fortes études et des investigations laborieuses auxquelles le duc subordonnait ses moindres résolutions. Avant d'exécuter un projet, il l'avait examiné sous toutes ses faces, et pris ses mesures pour toutes les éventualités. Son jugement toujours sûr ne si^issait ni l'inQuence de la crainte, ni celle de Tenthousiasme. A cause de cela même, il voyait plus juste que les autres, et se rendait parfaitement compte du résultat probable de ses opérations. C'est ainsi qu'il écrivit à lord Liverpool.en 1810:

(1) tORMimuiT, t. ir. p. M,

< L'Espagne fitûra par mcoutr U joug de la France. » A rtmiral Berkeley, le 17 «x^bre de la même année : « J'ai s la ferme opinion que l'ennemi ne peut réussir dans son « attaque contre Lisbonne, n — A lord Liverpool « l'armée K française du Nord et celle d'Andalousie ne viendront pro- « bablemeot pas au secours de Masséna. » — An ministre de la guerre : « Cadix a été fortifié ainsi que le Portugal ; or, a il est douteux que les Français s'emparent jamais de l'un • ou de l'autre. » — A lord Bathurst, le 12 juillet 1815 : a Je crois que je pourrai garder les Pyrénées aussi aisément > que le Portugal. » — Et à sir Charles Stuart, le 18 juin 1815, avant la bataille de Waterloo (5 heures du matin) : « Tranquillisez, je vous prie, les Anglais si vous le pouvez. « Qu'ils se préparent à partir, mais qu'ils ne mettent ni pré- « eipitation ni frayeur, car les affaires tourneront bien pour

est une vertu rare que Wellington possédait à un haut d^ré : c'est la modération dans le succès et la clémence après la victoire. Son instinct lui avait fait comprendre de bonne heure qu'on ne gouverne pas avec la haine, et que, suivant Texpression d'un illustre écnvain, « les grands politiques sont des cœurs généreux. »

En 18(^, au moment de commencer la guerre contre les Nahrattes, sir Arthur fit la proclamation suivante : « Le gé- « oéral en chef n'a pas l'intention de nuire aux habitants : en < conséquence, les Amildars et autres personnes sont priés

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« de rester tranquillement chez eux et d'obéir aux ordres « qu'ils recevront ; s'ils ne font pas de mal aux armées an- « glaises, il ne leur en sera pas fait non plus (i). »

Et, en 1804,après avoir soumis ces peuples barbares, ii recommanda au peschwah (s) n le pardon et l'amnistie comme « les meilleurs moyens de rétablir son autorité, l'ordre et la « paix intérieure. » — « La guerre n'aura pas de fin, écri- « vit-il au secrétaire du gouverneur général (3) si l'on ne par- « donne à personne; et je ne pense pas que le gouvernement « anglais veuille que les troupes anglaises soient les instru- « ments des vengeances du peschwah. »

Toujours dans la même pensée, il écrivit au président anglais de Poonah {*) : « Puisque la guerre est terminée, je « crois franchement qu'il faut déposer toute animosité. » Et au colonel Murray (s) : n Traitez tes Hahrattes avec la plus M grande bienveillance, avec la plus grande douceur. »

Lorsqu'on 1810, le prince régent de Portugal, sur les pressantes sollicitations de la cour de Londres, eut accordé à Wellington le droit d'éloigner Souza et l'évéque d'Oporto, ses deux plus grands ennemis, le duc n'usa point de ce droit ; il conserva même en position les fonctionnaires dévoués aux fidalgos, jugeant qu'on obtiendrait plus parla douceur et la longanimité que par la violence appuyée sur la force (e). Il eût malheureusement le regret de voir ses bonnes intentions méconnues, ce qui ne l'empêcha pas d'écrire trois ans après (t).

(1} • GODanl Wellciler doci nal howevcr Intend U mike K>rnpoa tbcln hibltiDUind ■ccordinilr «Il kmirdirt aud athcri arorcqulcred to Rinain quletlj In ItasJr (IiUmuiikIdImt ira ordera tbe vtti rccel*e ; and II Ihej do not Injurr llio lh« BrIlUcta armlea not util M doue u tkcm, >

(I) Tolr t*MMr«danmirilKI4 iU.ScOlt Varnf n; . éuu j«r k l> rUldVttce de Ponaali-

\^] C(ilDiielCI(iU,]3iiDTlerlKII.

(0 J M. Seolt Wtam«9, Il mari IW4.

[S) 21 nul IHM.

(«) voirOujiatoftM, t. IX, p. Si, uni leltcc dû welliDgMi «ipsae iMnUouqul r«Bp- (CrcDl k ne pii tlolEnei' Souu.

(7) Lturt dn 11 JuId IStJ. il A>R JaaH troaitaju.

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de son pn^re mouvement, à la régence de Madrid, pour lui recommander une amnistie générale en faveur de tous les Espagnols exilés : « Si mes efforts, dit-il, pour délivrer le a pays de ses oppresseurs sont couronnés de succès, tôt ou a tard des négociations s'ouvriront pour conclure une paix K définitive entre la France et l'Espagne, ~ or l'amnistie a écartera la plus grande difficulté qui s'oppose à la conctu- « sion d'un tel arrangement. Au surplus, tous ces exilés, les « uns fort riches, les antres doués de grands talents, seraient « eu France une sorte de levier au moyen duquel cette puis- « sauce révolutionnaire pourrait troubler perpétuellement la « (ranquillité intérieure de l'Espagne. »

Ainsi, quelques jours après la bataille de Vittoria, et dans iiD moment où d'affreux libelles désignaient Wellington à la vindicte publique comme un ennemi de la nation et un pillard incorrigible, ce général, prétendu si sévère et si dur, prenait sous sa tente l'initiative de la seule mesure généreuse qui eût été proposée depuis l'origine de la guerre : « Les idées ■ que je viens d'exprimer, dit-it, me sont personnelles; jau mais je n'ai entretenu la plus petite correspondance à ce <t sujet avec le gouvernement anglais qui, je crois, n'y aja-

mais songé Je puis attacher plus d'importance à ces

« idées qu'elles ne méritent, mais du moins elles me sont « inspirées par on dévouement sincère aux intérêts de l*Es- « pagne. »

Il faut lire cette admirable lettre pour apprécier les nobles et généreux sentiments de Wellington.

Rappelons encore la démarche qu'il fit, en 1810, auprès du comte Liverpool, dans le but de provoquer une souscription nationale en faveur des Portugais ruinés par la guerre (i), — et les mesures énergiques au moyen desquelles il empê-

I nuile ISII. WfJilnglonr«CDt Ifi.COOilolUn lur le produit de catts H

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olia le pillage et la dévastation des proviocet envtdiiel ptr éet troupe*, alors mdme que les habitants de ces provinces ftirent Crès-mal disposés pour lui (i).

La vie de Wellington abonde en traits de ce genre. On sait comment il recueillit et fit élever te fils de d'Hoondiab, trouvé sur un champ de bataille de l'Inde ; — comment il interrint en fareur du général Francescln {*), du jeune Mas* earhenas et de plusieurs autres victimes de la barbarie des gouvernements de la Péninsule, — et avec quelle sollicitude il protégea contre la fureur des Portugais les blessés et les soldats ennemis que le sort de la guerre avait fait (wnber entre ses mains après l'évacuation d'Oporto, en mai 1M9. A roccasion de ce dernier fait, il adressa aux habitants la proclamation siHvante (s) : « Je vous engage Jt être misAricor- « dieux envers les blessés et les prisonniers. Les lois de là « guerre leur donnent des titres à ma protection, et je sois K décidé à la leur accorder. »

Ponr assurer à ses soldats la même protection, le duc, connaissant l'humanité des officiers fonçais, écrivit (4)aa général Keliermann : « J'ose réclamer vos bons offices au- <t près du général en chef de l'armée française , et vons re- « commander mes blessés. Si c'est le maréchal Soult qui » commande, il me doit tous les soins qu'il peut donner à « ces braves soldats, car j'ai sauvé les siens, que le sttttdêla

il *ckcU da HUII qu'il SI dlttritnier ta peuple. Voir li MIrt du » nun tSIl à Cà. ntâM.

(I) t* DMdéntlOD et 11 lon|inImilï de Welllotlou d«plutni£ineqaelquerDI> lu (ooiarMneat tagltUi ilnil le dIbUIBts Hula ea ISIS l« ITceneai rjiN le dac *tM wocâMên aux niTlre* rnufil* iprèl lu prlie de silal-Jein de Lui.

(5 G<hi«r>l fmngili qoe 1* ftmlo de S*«l1i!. aialft >** preniirte» déanEnihei d« WeUli«- IDD. laliw mourir dam un cachot Inrcct.

laieirheDM (ul condamne I rnorl pir Ja régence tl exécuté ea llll pour avoir prItMr-

„Gooi^lc

« gnnre avait mis dans mes mains, d«s foreurs de la popnUct V portugaise, et je les ai bien soignés. » (Sk.)

En effet, il avait pennis h des chirurgiens français de venir penser les malades de Soult et de pénétrer dans le camp des alliés avec un sauf-conduit.

Les Français, touchés de ces procédés chevaleresques, voulorent payer de retour ; c'est ainsi que le maréchal Victor fit distribuer des vivres aux Anglais trouvés dans t'hdpltal de Talavera, quand ses propres soldats mourraient de faim[(). Orice à cet échange de bons procédés, la guerre, poursuivie avec tant de barbarie entre les Français et les habitants de la Péninsule, ne perdit jamais son caractère de lutte civilisée entre les Anglais et les Français. A Talavera, un peu avant la rafHÎse de la bataille, on vit les soldats des deux armées descendre vers un petit misseau qui serpentait au milieu de la plaine, se désaltéra* et se congratuler mutuellement sur la bravoure qu'ils avaient déployée dans la matinée.

Les Espagnols, toujours vindicatifs, donnèrent ce jour-)ii rai spectacle bien différmt : il fallut, après la bataille, que les Anglais en vinssent aux mains avec les soldats de Goesta pour «npècfaer ceux-ci de tuer ou de mutiler les blessés français (a).

Voici un autre trait qui fiiit honneur à l'armeé de Wdlii^bm :

Le 35 juillet 1810, le maréchal Ney, après avoir battn le général <>awfurt, résolut de le poursuivre au delà de la Coa ;

(■1 • LMoacl«n|«n<riuirriDc*l«teMnten|éa<nlidiiilnMeiii«ntMiiddlU«atenlai ■ Mtltn et le* loldiU intlala tombât entre lenn milnii I* inlte de nbindoa deTalitera

- Mrl^rmteeipisniile.ADBUiltd'wAt dcnikr, lli «at rsarol de l'vstnt lai oOclen daoi

- IMiilean occuhH». > Leilrt dt Ifilllnilon, IT décembre IMS, a> eomU Llvtrpeol. IwtMr.iialaeeiliwTiliTeraiprtlTlclor.caDtfnaaldonner leimCme* wlai aniMetidi

Oticn dmrcnle fui ■■ CDDdulted

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il essaya, à deux reprises différentes, de passer le pont établi sur cette rivière ; chaque fois il fut repoussé. A la seconde tentative, et quand la fusillade durait encore, un chirui^en français, agitant son mouchoir, se mit à panser les blessés sous une grêle de projectiles : son humanité courageuse fut respectée. Tous les mousquets se détournèrent de lui, quoique ses compatriotes, dont rien ne pouvait abattre le courage, se préparassent à une troisième attaque (i).

H. deChâteaubriant arévéléun trait d'humanité tout aussi honorable dans la lettre suivante, adressée en 1815 au Jma^ nat de Paris :

«... Nous sommes trop sensibles à la gloire pour ne pas admirer lord. Wellington ; ne se sent-on pas touché jusqu'aux larmes, quand on voit ce vénérable ^nd homme promettre, lors de notre retraite en Portugal, deux guinées pour chaque prisonnier qu'on lui amènerait vivant (s) ! ... »

Ces procédés devaient être compris par les Français, fiioit6t, en effet, il s'établit entre les deux armées un échange de bons procédés, qui honore l'humanité jusque dans les scènes de carnage où elle est le plus cruellement outragée.

A peine arrivé à Torrès-Vedras, le prince d'EssIing voulut reconnaître les lignes anglaises. « Il se trouvait, dit M. Tbiers, sous l'une des batteries ennemies qu'il obsNvait avec une lunette appuyée sur un petit mur de jardin. Les officiers anglais, qui apercevaient distinctement Tillustre maréchal, éprouvèrent à son aspect un sentiment digne des nations civilisées, quand elles sont réduites au malheur de se faire la guerre. Ils pouvaient, en faisant feu de toutes leurs pièces, cribler de boulets t'état-major du général en chef, et probablement l'atteindre lui-même : ils tirèrent un seul coup pour

Dunzoa^yGoOl^lc

l'avertir du péril, et avec tant de justesse, qu'ils renversèrent le mur qui servait d'appui à sa lunette. Masséna comprit le courtois avertissement, salua la batterie et, remontant à cheval, se mit hors de portée (i). »

Dans une rencontre de cavalerie, après le eombat d'Ëlbodon, en 1811, un officier français, sur le point de frapper le capitaine Felton Harvey, ^'aperçut que ce brave soldat n'avait plus qu'un bras; il changea aussitôt le mouvement de son cbeval, salua son adversaire du sabre et passa outre (i).

La même année , le général Hill avait mis en déroute à Aroyo de Molinos la division Girard du corps de Drouet : pendant le combat un ofGcier autrichien, appelé Sternowitz, autrefois employé dans les rangs de l'armée française, était tombé au pouvoir de Girard; il allait être jugé et fusillé sans aucun doute, quand Hill, se fiant k la générosité de son adversaire, fît réclamer cet officier à titre de service personnel. Dronet , malgré le douloureux échec que venaient d'essuyer ses troupes, accéda à ce désir et renvoya te prisonnier, qui du reste était un brave soldat.

Dans la nuit du 9 au 10 juin 1811, les Anglais donnent l'assaut au fort San-Cristoval (de Badajoz), commandé par le capitaine Jondion : l'assaut est repoussé, et le fossé comblé de morts. « Au milieu de ce désordre, quelques officiers anglais implorent la généreuse pitié de leurs adversaires; le vaillant Jondion, qui est à la tète des siens sur les remparts, crie à ces officiers de redresser une des échelles et de monter dans le fort où on leur prodiguera les secours qu'ils réclament. Ce conseil est suivi, et les soldats français aident euxmêmes leurs ennemis à gravir la brèche (5). »

Le même fait se reproduisit dans les mêmes conditions.

W aiiMn tlu Conialal et de l'Empire, l. m, »■ *t^• n]rMeint II «anqu4lee, t. XX, p. m.

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après l'assaut ipfnicUieux de Saint-Sébastien, le 25 juillet 1815.(Voirt.U,p.l25.)

Un peu avant la bataille de Satanianque (en juillet 18iS), les Anglais et les Français , passant en ^upes le Douro, causaient amicalement entre eux des combats qui allaient avoir lieu, k Les camps des bords du fleuve, dit le colonel Napier, semblaient, par moments, appartenir à une ratoie furmée, tant il est difficile d'obtenir que de braves s<^dat8 se haïssent (i). »

V^s la même époque, il n'était pas rare de voir les officiers français et anglais se saluer amicalement da t'^ée, dans les marches où tes troupes se côtoyaient, par exem|^ du» la marche du duc de Raguse sur la Guarena, en juillet

Le général français Ferrey, blessé pendant la retraite de la Corogne, était mort à Olmedo des suites de ses blessures. La 27 juillet, les Anglais, eu entrant dans la place, virent les Espagnols occupés à déterrer le cadavre de ce général dans l'intention de le mutiler. Les soldats de la division légère, eaux-là même qui avaient si souvent combattu la brave division Ferrey, intervinrent aussitôt et arrachèrent le cadavrt aux mains des profanateurs ; ils te déposant ensuite avec respect dans une nouvelle tombe, sur laquelle ils amoncelèrent des débris de rochers afin de te soustraire à d'indignes représailles.

Non moins honorable est l'action du maréchal Ney qui, après avoir contribué à ta déroute de l'armée de John Mowe. Kt ériger un monument à ce brave général dans le bastion de la Corogne, où son corps avait été enseveli.

On peut cita* aussi la bonté d'âme de ce vieux soldat «n-

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glaîs du célèbre 45* de ligne, qui, le 9 décembre 1815, a« ■DomeDtde l'attaque, alla prévenir une sentÎDelle perdue de l'année françaige et l'aida même à mettre son sac. — Dans la malinde du même jour, les Français eurent pareille attention ppur une sentinelle du i5" (i).

Le colonel Napier, dans son Histoire des guerres de la Pé- VMsule, cite un trait analogue qui mérite d'être rapporté : « Un jour, dit-il, le duc de Wellington avait prescrit à un détachement de carabiniers de s'emparer d'une collipe ^irdée par un petit nombre de soldats français. Voyant que les carabiniers marchaient très-vite et ne tiraient pas, il leur envoya dire de commencer le feu> — « C'est inutile, répond un vieux soldat qui s'emiH^se de lever la crosse en l'air et qui promène ses doigts sur son fusil, comme s'il jouait d'un instrumrat à vent. » Ce soldat, au lieu de faire feu, transmettait à la seotioelle française une véritable dépèche télégraphique, dont le seas était à peu près celui-ci : « Nous avons besoin de ce poste pour un quart d'heure. Voue n'êtes pas en force suffisante; retirez-vous, à charge de revanche- » Et, en effet, la dépèche fat trè»-bteo comprise, et il ne se tira pas un coup de fusil.

Uo témoin oculaire, le lieutenant-colonel Leith-Hay, r^pwte que, lorsque le vieux général Rey sortit de la citadelle de Saint^ébastien avec une poignée de braves, restes muti- Us d'une garnison de 4,000 hommes , les officiers anglais, spcctateqrsde cette scène imposante, se découvrirent en signe de respect; le général Rey, vivement ému, baissa son épée fvat répondre à la civilité de ses loyaux adversaires.

Wellington encourageait par son exemple ces sortes de manifestations, qui ôtent à la guerre son cachet de barbarie et rehaussent le soldat dans sa propre estime et dans l'estime du Dtoode. Toutes les fois que le duc pouvait obliger un général

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français, il ne manquait pas de le faire; ainsi, le 20 octobre i809, il écrivit k Kelleimann : k Votre aide de camp « M. de Turenne a été fait prisonnier en Castille par l'armée R espagnole; j'ai de ses nouvelles, et je suis chargé de voas « apprendre qu'il se porte très-bi«i. J'ai demandé qu'il fût « échangé contre le lieutenant Cameron. Tout ce qu'il est en « mon pouvoir de faire pour que M. de Turenne vous soit « rendu, je le ferai; si, malheureusement, je ne réussissais « pas, croyez que je ne négligerai rien pour adoucir sa situa- « tion. »

Un autre fait de ce genre nous a été révélé par le roi Josqth écrivant, le 1" septembre 1812, à sa femme : « Wellington « a eu la courtoisie de m'adresser tes lettres prises par les n ennemis. »

On aime à rappeler ces traits d'humanité et ces procédés chevaleresques, parce qu'ils forment un constraste heureux avec les scènes d'horreur et de carnage dont la guerre d'Espagne oSre, hélas! tant d'exemples.

En 181S, la généreuse intervention de trois officiers anglais sauva la vie au général Lavalelte. Quoique réprébensible au point de vue légal, ce fait atteste d'une manière honorable les sentiments qu'éprouvaient à l'égard des Français les militaires formés à l'école de Wellington.

Quand le sort de la guerre faisait tomber entre les mains du duc quelque officier de marque, il avait accoutumé de le traiter en camarade et de l'admettre à sa tahle.

Voici un trait raconté par le général Lamare, commandant du génie à Badajoz, lors du siège de cette ville :

« En apercevant les prisonniers, le duc sourit et leur dit, avec une noble et généreuse expression : — Fous devex être bien fatigués, messieurs. . . avez-vous déjeuné? ~--fion, répliqua le général Veiland, nous n'en avons pas eu le temps. (Effectivement depuis plus de 18 heures nous n'avions pria aucune nourriture.) — : Eh bien, entrex ià, messieun, et acceptei

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9''elqueÊ rafndchissements. Chacun passa alors sous une '*otefort simple où l'on servît un déjeuner frugal. » U nation espagnole ou plutôt les chefs du parti avancé ""o-fieulement désapprouvaient ces sortes de procédés, mais ^'«ient un crime à Wellington de ce qu'il épai^ât les Francis avec autant de soin. Ces reproches furent publiquement articulés dans un pamphlet écrit dans tes bureaux même du muustr^ de la guerre d'Espagne, en 1815, à propos du sac deSaiiït-Sébastien. Le duc se contenta de rq)ondre : « Jusqu'À ce qu'il soit positivement ordonné que toutes les Il tr(»«x j>es ennemies dans une place prise d'assaut soient passéds au fil de l'épée, il sera difficile d'obtenir des officiers « et des soldats anglais qu'ils maltraitent un ennemi fait « piisonnier (i). »

'^ doit reprocher cependant à Wellington de n'avoir pas fait d*actives démarches pour obtenir l'échange des malheu- *^^ tisonniers français jetés presque nus sur le rocher brû- \ïAl de Cabrera (t). Cet échange avait été proposé par Cuesta açtia la reddition de Tarragone, et le duc s'y était opposé, mus par ordre du gouvernement anglais qui, sur ce point, ne voulut jamais entendre raison. Nous euslons voulu trouver dans la correspondance de Wellington quelque mot de protestation contre cette rigueur excessive, que ni ses sentiments, ni son exemple ne pouvaient absoudre. S'il ne le fit point, c'est que probablement il désespéra de faire revenir les ministres sur une mesure prise dans un but déterminé et à h-

(IIWfraifMS oclobre wn.à flturl/ytlliilv-

|I)<M Hit )<ea qoello b*rb*rle le louieroemcnl anfliu ai iMjiotcr 7.000 priionnlcri Inatdi lar cctu Itai • peuplé* lenicmcat (l'irbaite) uuTigai, • uaoïine dit ToilNO. t.lU,p.IU.

larbaa U owlIK di ce> nulbsoreiii mounirenl. *u téinol(ii*|e d'un hi)lorleaiD(lil* ChHUej), lU (ur«nl rAdnlli I rtiri de* bouta» ikc leiotde leuncMuiridei.eLi teiervlr de laurt crlae» pour vitet. I^joa enlrèreat lu lerTlced'Kipaine. nepoBvialcudunrplai toniieitipicei borrlbleooultnnceii HO, pr««|ue taii(aincler>.fureDI conduJIi taxaitlen«;jtIillDdela|iierre,l1 reMill enuors IMB Fnaçilidani llle.

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quelle ils taiu«it avec rob&tinatioD que l'on met d'ordÎDune à défendre les résolutions ÎDJustes ou violenles. Il eût été cependaot d'un bon citoyen de l'essayer, et de faire même l'impossible pour épargner à sob pays l'opprobre d'avoir inSigé à des ennemis loyaux et malheureux un traiteoMat auqoel il n'y a de comparable dans les annales modernes que l'ignoble captivité où furent retenus les soldats français embarqua sur les pontons de Cadix, et le long supplice de cet adversaire illustre qui, trop confiant dans la générosité de son eDDeoni, « était venu s'asseoir, nouveau ThéQiisloele, au foyer du « peuple anglais. »

A t'^ard de Napoléon du moins, Wellington n'a pas de reproche à se faire. II le combat&t ouvertement, et après la chute de l'empire, il rejeta avec mépris la prop(»îtion ée se débarrasser de lui par un assassinat (i).

La lettre qu'il écrivit ii cette occasion mérite une place dans l'histoire. « Bliicher veut le tuer,dit-il, mais j'ai répondu « que je parlerai et que j'insistovi pour qu'on dispose de « BonapaYle d'un commun accord. Je lui ai dit aussi, qu'é- « tant son amt particulier, je lui conseillais de ne pas se « mêler d'une affaire aussi infâpw ; que lui et moi nous ic avions joué un trop noble rôle dans ces événemeiMs pour u devenir des bourreaux (s) »

Cettetetlrequi rappelle celle du vicomted'OrteàGhartes IX, révèle une âme généreuse, capable de s'élever au-dessus des

(1} I^ ■<D(ral Kuninf, chirt« de D«i<Mtcr cetl* iffalra avec la duc, npporte ilaot ta Mtmoirti, que wnilnglon lui dll : > Va tel icle iWIrlnlt ait* nomi diot l'hUtolra, M M pup ItrtU dirait de OOD) : lit n'étalent pai diinetde lalncre NipoMoB. •

Le teaÈn\ «nelicniu, cependant, ln«lila au nom de un chef, el «erlTlt le 11 Inla • mxXt\n%: I Dirigea lei n«(ocla(lonidB ntiultre que Bonaparte DDuiiall dtllTrt pair «tr« eit- ■ cutC. C-eit ce que reierneile JuMlce demande et que li ddclarillon du 13 nian pcmat d* • Wrc.ilnilleiaDgdenMBoldalttuHoninuintdeilBet Il]u1a>er**eagé I • •eni}«vn aprti, le ni«me g#Dera1 BI tatolr au nCioclMrur qae notentloB de BlllebeTeuitd« (Miller napoléon l ta ménie place oO (Ht la« t« doc d^ngUoit, mila « prapoiltlan n'eut pai de lulie.

(1) Ltttrt A HT Chanu Bluarl, » Juin IBI9.

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haioes et des passions vulgaires. Sous ce rapport, Wellington était supérieur à Napoléon, qui, dans sa conduite envers lediic d'Enghien, envers ta reine de Prusse et la famille royale d'Espagne, oublia ce qu'on doit au malheur, et qui, chose vraiment incroyable, Bt un legs de 10,000 francs au misérable auteur d'une tentative d'assassinat sur le duc de Wellington. Quelques historiens français, tout en flétrissant cette odieuse disposition testamentaire, ont fait un crime au duc de Wellington d'avoir provoqué la déportation de l'empereur à Sainte-Hélène ; d'autres lui ont reproché de n'avoir fait aucune démarche pour sauver le maréchal Ney, bien que sollidté par les supplications «t les larmes de la malheureuse duchesse d'Elchingen.

Nous devons un mot d'explication à ces historiens, moins dans l'intérêt de Wellington que dans l'intérêt de la vérité. Pour ce qui regarde d'abord l'empereur, il est tout naturel qu'on ait cherché à l'éloigner de l'Europe, lui qui avait profité du voisinage de l'Ile d'Elbe pour rentrer en France et troubler une seconde fois la paix du monde. On ne pouvait plus d'ailleurs se lier à sa parole ni à ses engagements, après qu'il eût violé d'une manière éclatante le traité de Fontainebleau déterminant son lieu d'exil. Quant au choix de Sainte-Hélène, ce n'est pas le duc qui l'inspira ; il n'eut même pas à s'occuper de cette question. Dès le mois de mai 1814, en effet, les plénipotendaires au Congrès de Vienne avaient décidé, dans une conférence secrète, que si Napoléon s'échappait de l'île d'Elbe et qu'il tombât au pouvoir des alliés, on le transférerait à Sainte-Hélène ou à Sainte-Lucie (i)- C'est Foucbé qui avait soumis à Louis XVII! l'idée de cette déportation lointaine. Talleyrand la soutint au Congrès, et elle ne rencontra d'opposition que de la part d'Alexandre.

[I) ctruiMi. U» Cmtj9wt, p. i*

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Le plénipotentiaire portugais avait mis en avant une des Açores ; mais Castlereagh fit accepter Sainle-Lucié ou Sainte- Hétène. Si le cabinet de Saint-James donna dans la suite la préférence à Sainte-Hélène, c'est que les navigateurs français eux-mêmes avaient reconnu à cette île un aspect agréable et un climat très-sain (i).

On a beaucoup exagéré les mauvais traitements infligés à Napoléon dans son exil ; cependant, le gouvernement britannique est coupable de n'avoir pas adouci par ses égards et par ses libéralités le restant d'une vie si illustre et les douleurs attachées à la plus grande infortune des temps modernes. De ce chef au moins le duc de Wellington n'a pas de responsabilité à subir, puisqu'il n'entra dans le cabinet qu'après la mort de l'empereur.

Sans doute, il eût été beau de voir le vainqueur de Waterloo protester publiquement contre les tracasseries suscitées par le ministère au prisonnier de Sainte-Hélène. Mais connaissait-il les détails poignants de cette captivité, détails pour la plupart révélés seulement après la mort de l'empereur par ses compagnons d'exil? Ce n'est pas sir Hudson-Lowe, ce n'est pas le gouvernement, complice de cet indigne geôlier, qui lui eussent fait connaître la vérité sur ce point. ]] est donc permis de supposer que le duc ne fut pas exactement renseigné sur les justes griefs de Napoléon. Dans le cas contraire, il serait coupable à nos yeux d'avoir gardé le silence, ou du moins de n'avoir pas fait une démarche auprès du gouvernement pour améliorer le sort de t'illustre victime. S'il nous était permis de faire une supposition à cet ^rd, nous dirions que l'absence de tout document propre à éclairer nos doutes, est une présomption favorable à Wellington.

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Cependant, le contraire aussi est admissible, car le duc n'était pas un de ces hommes expansifs, qui se plaisent aux protestations généreuses, alors même qu'ils ne sont pas sollicités à les faire, ou qu'ils savent d'avance n'avoir chance de succès. Dans sou for intérieur, il condamna bien des actes contre lesquels néanmoins il s'abstint de protester, soit qu'il ne fût pas en position de devoir le faire, soit qu'il n'eût pas l'espoir d'arriver à un bon résultat.

Quant à l'exécution du maréchal Ney, on a tout lieu de croire, à la façon dont Wellington a qualité les fautes de la Restauration , qu'il y fut hostile ; s'il n'est pas intervenu dans le débat, c'est sans doute parce qu'il n'avait rien à y voir. Ceci demande un mot d'explicaton.

Les souverains alliés avaient exigé des poursuites' contre 200 fanteurs de la révolution du 20 mars. Le ministère Talleyrand était parvenu à faire rayer de la liste de proscription 145 noms; parmi les 57 restants se trouvait en première ligne celui de Ney. Au moment où la nouvelle liste parut, les hommes d'Etat français n'élevèrent aucune objection contre la légalité des poursuites annoncées.

L'argument tiré de la convention de Paris ne fut invoqué que pendant les débats de la Chambre des Pairs. Wellington, consulté sur ce point, déclara , avec l'assentiment unanime des ambassadeurs étrangers, alors à Paris, que la convention signée par le prince d'Ekmûhl, Blûcher et lui était exclusivement militaire et ne liait point la politique de Louis XVIII (i). Ce n'est pas lui, du reste, qui devait juger le-prince de la Hoscowa, c'étaient les compatriotes de Ney, les hommes les plus illustres de la nation française, d'anciens camarades, à

<l)«MrleM«i«0r«i<tfiui de weiUnf Ud raliUf *u iBarCckilllar.nr1>,lBaa*«nbrali IIayBeMFuaMld«ml,<|iie raiéenUoD dn ntrAokil riC une TlotitFan nunltetU* "pHiihlhfit d« Parti. AtUon lal-mtme, cit blitorlen al itrén p«ur vtt. e>t QhOté t tn!nait{'nAT Mlit.«f Evort, I.I, v.iM). a. DdpId t CUblI ce fait Jgrldl^Mitient.

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qui la gloire et les sorices de l'intrépide soldat ne pouvûeot être indifférents : or, parmi ces juges, au nombre de 160, pac un seul ne trouva le maréchal innocent. Dix-s^t seulement votèrent pour la transportation et cinq seulement s'abstinrent. Pourquoi Wellington se sarait'il fait le cfioseur de «et arrêt, lui dont l'âhie toute militaire devait Ûétrir au surplus une action qui, de quelque manière qu'on l'explique, ne sera jamais ni loyale, ni chevaleresque? Il pouvait à La vérité de~ mander la grâce de Ney ; mais, en présence de l'unanimité de la condamnation, quelle chancâ aurait eu cette déman^? Vraisemblablement elle n'eût servi qu'à susciter des «ariouras et peut-être même des dangers au gouvernement; or, il ne pouvait convenir au restaurateur de la légitimité m France de fournir des armes à l'opposition contre le premier acte significatif de Louis XVIII.

Ceux qui reprochent à Wellington sa froide r^tiae à la supplique de ta princesse de la Moskowa oublient que pas un des anciens comjîagnons du maréchal n'a eu le oounge de demander au roi, en échange de aon dévouement, la grâce dn brave des braves. Tous, à l'exceptien peulrêtre de Hoeoej, ont baisé la main qui avait signé la sentence de leur camarade, et, témoins de eette lâcheté, la presse et rhietoire n'ont eu de verges que pour le vainqueur de Waterloo. C'est lue flagrante injustice.

Poiu' comprendre les sentiments que la trahison de Hej devait in^irer au général anglais, il faut se rappeler que nul ne fut jamais plus esclave de ses devoirs ni plus opposé à l'era^doi des moyens que l'honneur et la loyauté réprouvent. Quand on lui proposa de terminer la guerre avec d'Hoondiah Waugh par un coup de poignard, il njeta cette offre avec mépris ; et quand le capitaine d'Argenton lui demanda son appui- pow exploiter le mécontentement qui s'était manifesté dans l'armée de Soult, il refusa tout aussi énergi-

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ifatmml, trouvaM peu digDe «t't^tenir par une rérolte dHlitairece qui devait ëtrele prix de labravoiure et de t'habileté(0.

Fidèle à la parole jurée, il a'a jamais souffert <|Be ses sebordooDés la trabisdenl. Le 90 octobre 1800, il écrirait à IMknnaDn : ■ Quand les dBciers anglais auront dooné leur « parole de ne point s'érader, soyez sur «fu'îls la liendrom. « JevoDs défère qaeje n'hésiterais pas à faire arrêter ceux qui n ' y manqueraient pour vous les renvoyer imraédiatwneDt. »

On a reproché à Napoléon d'avoir violé la capitulation de Madrid, an maréchal Lannes d'avoir ^i de même à l'égard de Saragosse, et au duc d'Albuféra d'avoir condamné à mort plusieurs habitants de Valence, encore qu'il eût promis « de ' ae faire auoioe recliereèe pour le passé centre ceux qai a aaraient pnn une part active à la guerre ou à la révoïtt- « tkm. »

WeUington avait pour ces sortes de traités un respect tel, qu'il refusa de donner des armes à une partie des milices d'Alméida, parée qn'en capitulant, ces milices s'ét^nt engagées à ne pat servir c<wtre ta France (a).

Pendant que Masséna étmt à Santarem, le duc apprit que des ordenatiMu, après avoir fait soumission aux Français, liraient avantage de leur position pour massacrer les traînards et les petits d^cbwi«its de l'ennemi. Cette fourberie d^lut au général en chef, qui enjoignit aux ordemmias de cesser immédiatement un genre de guerre aussi déloyal (s).

Le duc abhorrait la duplicité de certains hommes d'Ëtat anglais, qui par leurs actes ont autorisé les autres nations à

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établir entre Londres et Carthage un parallèle fâcheux pour l'honneur britannique.

Pendant soo séjour dans l'Inde, quoique ayant aRaire à des princes astucieux et corrompus, il s'abstint rigoureusement de toute mesure susceptible de porter atteinte à la renommée de son pays. « Mieux vaut perdre dix provinces, i< disait-il (i), que la réputation de scrupuleuse bonne foi, « et l'honneur que nous avons acquis dans la guerre des a Mahrattes »... « Une stricte justice doit toujours préva- « loir dans les transactions de la Compagnie avec les indïu gènes {«). »

Et à propos des gouvernements de la Péninsule qui ne montraient pas beaucoup de loyauté et de respect pour leurs engagements : « Il serait difficile de dire, écrivait-il à Charles « Stuart (3), ce qui réussira ou ne réussira pas dans ces gou- « vernements d'intrigue ; mais à mon avis la ligne droite est « la meilleure. »

Wellington était très-opposé aussi à la politique envahissante et presque toujours égoïste du Foràng Offiix. Toutefois, pour ne pas entraver le gouvernement ou lui faire perdre son influence sur l'esprit des masses, il se bornait à protester contre cette politique dans sa correspondance intime ou confidentielle ; « J'avoue, écrivait-il au major Malcolm (4), « qu'en réfléchissant au traité de paix avec Scindiah et à ses « conséquences, je crains que la modération du gouveme- « ment anglais dans l'Inde ne paraisse avoir une grande res- « semblance avec l'ambition d'autres gouvernements. »

Dans une lettre à son frère Henri datée du 14 janvier 181 1 , le duc critiquait vivement le rôle que l'Angleterre voulait

(I) t.eUn au majar Mauolm, IT in*r* lt04.

11)1 Juin IMS, au tecrriUlredu isiiTeraenicBt de Bsnbay.

(4)ITjMTleTl«H.

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prendre dans la question des colonies espagnoles : « J'ai tou- B jours été d'avis, dit-il , que dans ses relations avec l'Espagne « la Grande-Bretagne devrait suivre une ligne de politique « libérale et mettre de côté, au moins pendant la durée de la a guerre actuelle, toute considération d'intérêt conuner-

« cial Les folles spéculations des colonies ne peuvent

« être tolérées ; l'autorité de la mère-patrie doit être sooteo nue, et les efforts de nos capitaines de vaisseaux mar- « chauds, pour amener la séparation de l'Espagne d'avec ses n possessions lointaines, doivent être réprimés.

« J'espère que ta régence aura la fermeté de repousser la u liberté du commerce avec les colonies. La Grande-Bre- « tagne, par l'effet de cette même liberté à l'égard du Brésil, R a ruiné le Portugal... Je me bornerai donc à demander s'il « est sage, libéral, juste de détruire le pouvoir et les res- R sources de nos alliés, de les ruiner de fond en comble pour « faire rotrer dans la poche de nos marchands l'or qui entrait « auparavant dans les caisses publiques (t). »

Lorsqn'en 1815, la coalition faisait à Napoléon une guerre déloyale, affectant un libéralisme et des Intentions pacifiques qui n'avaient rien de sérieux, Wellington combattait ouvertement l'empire et levait le drapeau de la légitimité, sans prendre part aux fourberies qui ont marqué les négociations (le cette époque. Au lieu d'effrayer les populations par des actes de représailles, il cherchait à gagner leur confiance, en «'offrant à elles, non comme un ennemi courroucé, mais comme le restaurateur du seul régime capable de leur donner la paix et le bonheur. Au moment de poser le pied sur te territoire français : « /e dm dire, écrivait-il à son gouvernement, que

tDVflnM IftlWHr.n

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a nos succès dépenAf«tU auriout de notre modénUUm et de « notre justice. »

Ce langoge, et plus eneore la conduite du général aaglais, fornaÏMit un eoutraste singulier avec les faiu et gcatesdes alliés au iwrd et à l'est de la Franee. Là furent conmis, en effet, malgré les déclaratious les plue rassurantes, une foule d'excès dont le souvenir n'est pas encore effacé de la ménoire du peuple, et que Wellington eut le coura^ de (^appronver liauteanent.

Le respect du duc pour l'autorité n'altait pas jusqu'il lui fiire accepter par une approbation tacite ou un silence amplaisant la responsabilité d'une mesure injuste ou nnîâte. Peu d'hommes ont mis autant de franchise à défendre leurs opinions; cepoidant, il n'était pas d'humeur chagrine ni enclin à la critique. En règle générale même, il ne se pronoaçait que lorsqu'il était consulté, ou lorsqu'il se croyait obligé de parler dans l'intérêt de la chose publique.

En dehors de ces deux cas, il évitait de faire connaître son opinion , ayant adopté poàr maxime qu'il ne faut pas se mêler des choses qui ne nous regardent point.

Wellington possédait à un haut d^é ce courage moral qui ne craint pas de se heurter à de puissantes inQuenees, lorsqu'il s'agit de l'accomplissement d'un devoir essentiel. Ainsi, quand le duc d'Angoulème le pressa de mettre l'armée anglaise à la disposition de sa famille pour réprimer ta contre-révolution de Bordeaux, il lui écrivit : « C'est contre mon avis et « mamanièredevoirqueLouisXV1IIaé(éproclamé...AucuD « pouvoir sur la terre ne me fera départir de ce que je crois « être mon devoir envers les souverains alliés, et je ne a risquerai pas même une compagnie pour sauver des proi< priétés et des familles mises en danger contre mon avis et « mon opinion. . . Je serais coupable d'une grave infraction à V mes devoirs et d'une grande cruauté envers les habitants

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« éa pajrs, si je les livrais à Votre AltesBc Royale prématarè- « ment, ou contrairement à telir^ toux (i). »

C'est avec la mtaie feimeté qu'il combattit dans la suite les vset des souverains disposés à mutiler la France ; — ^'il prévînt tes efiets de la baioe aveugle de Blûcber; — qu'il défendit au Congrès d'Aix-la-Chsp^le le syslèBie de l'évacuatioa immédiate, dont la plupart des alliés ne voulaient pas, — et que, dans l'administration de son propre pstys, il sut résister tour à tcur aux menaces et aux sé(faictioBs ées tories et des vHga, de ses amis et de ses ennereis, du peuple, d même de la coaroirae (t).

Eo votaat l'éiBaneipation catholique, il se mit à dos la najerilé de la nation, les classes élevées, si puissantes en Angielerre, et les cluses moyennes, si fortement attachées à bar religion ; et, en combattant la réforme parlementaire, il exposa tout aussi résolument sa popularité aux haines du parti araoeé , qui essaya vainement de l'intimider par ses BMaaoes et ses outrages.

Dans toutes les phases de sa vie , il se montra le même : eircetispect et lent à prendre une résolutioD, nais ferme et ne reculant devant aucun ob^acle, ni devant aocun sacrifice personnel, lorsqu'il s'agissait de l'exéeuter: tron dnke sur le champ de bataille, tron duke dans le cabinet, et néanmoins taajours bon, afibble, humain, quand il poavait suivre les inspirations de son cœur.

Wellington avait cette fermeté de conviction et cette grandenr d'âme qui font mépriser l'injure et la calomnie. Il ne répondait ni aux jouniatistes, ni aux pamphlétaires. Canrang signala ce ùit caractéristique dans une séance de la Qiambre

eneoDTat II dlitràc"

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des Communes (26 avril IBII) : « Pendant que notre brave a général, dit-il, était en botte à de fausses appréciations, a jamais il n'a daigné signaler les comptes rendus inexacts a qu'il voyaitpublier.il avait pris le parti de n'y pas répondre *« en paroles ; et de laisser les résultats confondre les catom- « nies et les calomniateurs. »

Une seule fois, Wellington s'écarta de cette ligne de conduite : ce fut pour repousser les allégations d'un pamphlet publié dans le i)ii«n(/e,etbasé surune lettre écrite au ministre de la guerre par le comte de Ville-Fuentès, xefe poiitico de Guipuzcoa.Ce pamphlet était principalement dirigé contre le général Graham, accusé d'avoir ordonné et encouragé le sac de Saint-S^stien. WellingtoD, en sa qualité de chef responsable, prit la défense de son subordonné, et, à la vîvaûté de son langage, on reconnaît qu'il fut cette fois piqué au vif. « Si ce factum, écrivit-il , est publié en Angleterre, je pour- « suivrai l'imprimeur. Je ne sais combien de temps je garde- « rai mon sang-froid {how longer my temper witl lasl) ; mais « jamais je ne fus aussi dégoûté de quelque chose que de ce « pamphlet, et je ne sais ce qui me cause le plus de chagrin, « ou la conduite des soldats qqi ont pillé Saint-Sébastien, ou a le libelle du xefe poiitico et du Duende (i)... »

« J'ai la conviction que ce nouveau libelle est écrit sons « la dictée du plus indigne de tous les goujats {tke greaUat (I ofall blackguards), le ministre de la guerre d'Espagne (i). ■

Excepté dans cette circonstance , Wellington se montra toujours insensible aux attaques de la médisance et de l'envie. « Tout homme, écrivit-il, qui sert le public furoement et fin dèlement a pour ennemis et pour calomniateurs ceux qui

uclldMilépAckei.t. Kl, p.Ill,iiBCialraKlln: éfiICDMDtdolcaUaiBln

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« désirent faire leur profit des besoins publics, des embarras, u des désastres et des malheurs du lemps(i). »

Appréciant les choses à ce point de vue philosophique, il écrivit au comte de Liverpoot, aprèiï les débats violents soulevés par la convention de Cintra : « Je vous assure que ce « qui s'est passé dans le Parlement, à propos de mm, ne m'a a pas affligé un seul instant (s). »

En 1815, à propos des attaques d'un journal d'opposition : e C'est une sorte de privilège des Anglais de ce temps-ci, « dtt-it,de tire dans les Teuilles quotidiennes des mensonges «sur ceux qui les servent, et j'ai été accoutumé, depuis n longtemps, à être traité de cette manière... Je suis paHaia tement indifférent à tout ce qu'on dit de moi dans les jour- <i naux (5). n

Au courage qui fait vaincre sur le champ de bataille et triompher des obstacles de toute espèce, Wellington joignait cet autre courage si précieux et si rare, qui fait dédaigner les vaines satisfactions de l'amour-propre, pour obtenir un résultat solide de préférence à un résultat brillant. Ainsi, au débat de la guerre des Mahrattes, il fît les plus grands efforts pour prévenir une collision que d'autres eussent recherchée avec empressement, comme une source de faveurs et de distinctions. Dans la Péninsule, il laissa plus d'une fois édiapper l'occasion de remporter une victoire, uniquement parce qu'il jugeait cette victoire inutile, ou qu'il pouvait obtenir le même résultat sans exposer la vie de ses soldats. En voici un exemple remarquable. Au commencement de la campagne de 18t0, l'armée et le peuple sollicitèrent unanimement Wellington de venir au secours de Ciudad-Rodrigo. Le duc avait

m»au§t>itr«ICM*e.

u TtùtDteuTùti ce journal. Nrti, U naTenibra tSIB.

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(i'excelleDtes raisuis pour ne pas le faire. Il n^usa donc, laissa prendre la ville et se livra da pleis gré à toutes les colères que cette action qualifiée de « hontaise » souleva autour de lui.

Avec le même stoïcisme, il brava les sarcasmes de Hasséna qui , dans ses proclamations, attribuait « s la peur » riuaetion calculée de son illustre adversaire.

Signalons encore la patience avec laquelle le duc attoidit la retraite du prince d'Essling, opération prévue depuis loagtemps et qu'il aurait pu hâter, mais sans avantage réel, par une attaque sur Santarem.

Les olfieiers anglais dans cette circonstance, comme duia beaDCOUp d'autres, poussèrent leur ^néral k livrer des combats et à prendre l'offiensive; mais Wellington refusa invariablement de faire tuer ses soldats lorsqu'il ne devait en résulter que de la gloire pour lui. Ce respect de la vie de l'homme, et ce mépris de la renommée l'élèvmt bien an dessus des généraux qui ne voient dans la guerre qu'un moyen d'obtenir de granda avantages ou une brillante renommée. « Le gonvera nement s'est trompé, écrivit-il à Charles Stuart (i), a'iia « cru qu'un désir intéressé d'acquérir de la réputation ait « inâué ou iitiluera jamais sur ma conduite. Je suis vma ici u pour l'acquit de mon devoir ; la seule chose qui doive ou u {Misse me satisfaire, est l'accomplissement de ce que je « dois à mon pays. »

Ce même sentiment d'abnégation faisait accepter à Wellington tontes les positions qu'il plaisait au gouvernement de

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loi àoane^. Eo 1800, il fat «ivoyé à HastingB poar s'occuper de la discipline, de l'instruction et des menus détails d'une brigade d'infanterie. It s'acquitta de cette mission avec la plus scrupuleuse exactitude. Un de ses amis, étonné de lut de résignation, lui demanda comment il pouvait se contenter d'une brigade, lui qui avait commandé à des armées de 40,000 hommes sur le champ de bataille, et mérité plusieurs fois les félidtations du Parlement. ~- « La chose est « bien simple, répondit sir Arthur : Je suis nim mukwallah ri comme nous disions en Orient, c'est-à-dire j'ai mangé le « sel du roi. Pour cela je comprends qu'il est de mon devoir « de servir sans hésitation, avec zèle et gaieté partout où le ' roi et son gouvernement trouvent convenable de m'em- ' ployer (i). »

Dans une autre occasion, un colonel ayant trouvé mauvais qi'on lui rendit son réfpment, après qu'il eut commandé une brigade, Wellington écrivit à ce coloDel (i) : « Tout ce que fjepuifidire, c'est que, pendant ma carrière militaire, j'ai • passé du commandement d'une brigade à celui d'un régi- « ment , et du commandement d'une armée à celui d'une H brigade ou d'une division, selon que j'en ai reçu l'ordre, « et sans que jamais je me sois senti humilié de ces muta-

« tioDS. a

On sait avec quelle abnégation sir Arthur Wellesley mnit à Baird le commandement de l'expédition d'Egypte, lorsque déjà il avait réglé tous les détails de cette expédition. Le même fait se produisit au début de la guerre de Portugal.

En a|qpr«nant, dans la baie de Hondégo, que le ministère avait nommé Burrard au commandement de l'expédition dont il devait se croire te chef, à en juger d'après ses in-

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structioDs, il écrivit à Ca&tlereagh(i}: « Toat ce que je puis « dire à cet égard, c'est que je ferai de mon mieux pour « assurer le succès, soit que j'aie ou Don le commandement; « que je reste à l'armée, ou que je la quitte, vous pouvez « compter que je ne précipiterai pas les opérations, et que « je ne les commencerai pas un moment plus tôt, dans le « but d'acquérir de la gloire. Le gouvernement décidera « ultérieurement à quoi je dois être employé, soit ici, soit '< ailleurs. »

Huit jours après (s), sir Arthur écrivit au même ministre : u ... Je serai le plus jeune des lieutenants généraux; cela ne « m'empêchera pas de servir le gouvernement partout et comme « il lui plaira, a

La règle de conduite de Wellington à cet ^ard se trouve clairement tracée dans tes lignes suivantes écrites, au général Mackenzie (3) : « La seule place convenable pour un militaire « est celle où il a Tordre de se rendre. »

En parcourant la volumineuse correspondance du duc, on trouve vingt fois ces mots stéréotypés : Donnez-moi des ordres, et vous serez obéi {t).

: Cette soumission cependant n'empêcha pas le duc de donner ses avis et de combattre les idées de ses chefs; mais, lorsque ses observations respectueuses n'étaient pas agréées, il se soumettait de bonne grâce, et s'appliquait à exécuter loyalement ce qu'on lui avait prescrit.

Au début de la guerre des Mahrattes, le gouverneur de Bombay, H. Dunkan, ayant désapprouvé le plan de sir Arthur pour l'organisation des troupes et la défense du Guzerat, le jeune ofRcier écrivit à ce fonctionnaire (s) : « J'apprends par

O) te « H)*!.

|3)UJalDl«M.

(41 Talr l.TI. p. B^ t. V, p. IM; 1. Il, p. K; (. X, p. 1S et TS, et I. XI

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« votre lettre, que vous désapprouvez mon ptan et que vous a me reodez responsable de sou exécution.

" Je suis certainement prêt et disposé à accepter ta respon- > sabilUé de diaque mesure que j'adopte, et à encourir tout a risque personnel pour le service public ; mais je serais prête somptueux si, après votre opinion , je persistais dans la * mienne. »

En 1810, à propos de l'évacuation du Portugal, qu'il avait vivement combattue, Wellington écrivit (i) : « Tout ce que « je demande, c'est que si je dois être responsable, on me o laisse agir d'après mon propre jugement. Si le gouveme- « mrat accepte les opinions d'autrui et doute de l'efficacité M des mesures que je propose, il n'a qu'à me donner des in- « structions détaillées ; je les suivrai strictement. »

En 1815, après avoir protesté contre le rappel des bataillons provisoires (i), le duc écrivit à lord Bathurst, « que « les ordres m'arrivent de la part de ceux qui doivent les « donn^, tisseront exécutés avec promptitude, et vous n'ente tendrez aucune plainte sur le mauvais effet qu'ils auront « produit (s). M

Cette déférence pour l'autorité fut si grande, que lorsqu'il arrivait à Wellington de recevoir un ordre inexécutable ou nnisible, il demandait' de nouvelles instructions, plutôt que de commettre un acte de désobéissance. C'est ce qu'il fît, par exemple, en 1809, à propos des instructions relatives à l'évacuation du Portugal. Il ne se mettait jamais en opposition avec un ordre formel, mais il prenait quelquefois sur lui, comme en 1808, de profiter du vague de ses instructions pour agir à sa volonté. Écrivant à M. Cot^e («), sous^secré-

(I] i<f(r«diilivrll, vo)rBV>woo>,l.Tl, p. »,

(I)Cytt leducd'Tgrk qui loulilt r>ppel«r c«> baUllloni ci

II) i«Hn du S min.

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taire d'Ëtat : « Vous autres, dit-il, en Angleterre, tous alkz a gand train et vous croyez que tout doit «lier au gré de vos

(c désire mais vous oubliez quelquefois que vm géeé-

« raux ont des instructions fort précises, et que [Kmr bien (t servir leur pays ils doivent se oonformer à ces instructiMis, « quelque pm de crtinte qu'ils aient d'assumer «ir eux une « grande responsabilité. »

Veut-on une preuve «icore de la parfaite soumission du dne à des personnes qui lui étaient infi^ieures en mérite, mais supérieures par le grade on les attributions? Nous rappellerons sa déposition devant la cour d'enquête, instituée à propos de l'arrangement de Cintra. 11 avoua dans cette iéfO' siticm qu'il ne fut pas.d'aocord avec le général Dalrymple sur plusieurs articles de la convention, et quenémmoim il l'avait signée par déférence pour son efaef : « Je pensai, dit-il, qn'il R était de mon devoir d'accéder au désir du oommundutt en « chef, d'aprta la loi que je me suis faite, et qui m'a toujours a dirigé dans mes actes, de me conformer ami ordres et aux a intoitimis de mes supérieurs , quelque différence ^'il ; « eût entre nos opinions. »

C'est ainsi qu'après avoir exposé tonte l'absurdité (fai plan qui consistait à employer, vers 181 5, l'aimée de la Péninsnle an Nord, Wellington finit sa lettre en disant : n Je sais aax « ordres du prince régent, et je ferai tout ce que liù et son « gouv6raement)ugerontcoDV8nable(i). »

En 1815, le duo trouva que les alliés avùcnt un fnmt d'opérations beaneoup trop étendu. Le prinœ de SchvaiMaberg lui ayant demandé son avis sur ce point ainà que aut l'ensemble des dispositions arrêtées, il rédigea un mémoire dont le paragraphe final était ainsi conçu : « Voilà mes idées K générales, basées sur notre force, notre position et la force

(1) ItffrtdD I3|atncl l«3,«lenl Baihuril.

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« de l'enDomî ; cependuit, je mis prit à faire ce qu'on tou-

• dra, si l'on n'ai^troore pus ee que je propose. »

Chez Unrt autre )i(»nme que chez le duc de Wellington, cette condescendance eàt passé pour un manque d'énergie et de eoBTietkm.

Nm nains eatraordioaire est le respect du duc pour la légalité; ee respect, si rare chez les conquérants, l'honore à l'égal de ses plus brillants succès. « Chaque chose que nous « ordonnons, écriTit-il su comte de l'Abisbal (i), doit être « oonrorme à la loi et au règlement... Si nous ne donnons « pas nous-mêmes l'exemple d'une stricte obéissance aux " ordres de nos supérieurs, nous ne pouvons pas nous at-

• tmdre à ce que nos inférieurs obéissent aux nôtres. »

En Portugal comme en France, Wellington exigea que ses toMtts se eonfonrawseat à la juridiction du pays, dérivant à Grawfurd (s) : « Je désire, dit-il, vous apprendre que ■ ni UMÎ ni aoeun c^citr de l'armée anglaise, nous n'avons « le pouTOff d'arrêter on de punir les magistrats ni les autres « personnes revËtnes de l'autorité civile. »

Leduc poussa la rigueur si loin, qu'il défendit à ses officiers ^ ebasser d^ tes parcs réservés, aux environs de leurs canlennerae&ts, sus l'autorisation des propriétaires ; qu'il leur wdonoB de se soumettre aux visites des préposés de l'octroi à l'eitrée des villes de France, et qu'il punit sévèremeot les moindres contraventions aox règlements de la police locale. Oa a Tu qu'en Espagne, alors que son armée svait le [dus à souffrir de l'indifférence et de l'hostilité des nationaux, il dé- Tendit à ses soldats d'arracher des légumes dans les champs, on de prendre quoi que ce fût sans indemniser les propriétaires.

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I) fit également un ordre du jour pour défendre aux militaires anglais les réunions et les cérémonies franc-maçonniques. Cet ordre, daté du 5 janvier 1810, est ainsi conçu : « L'institution delà franc-maçonnerie étant contraire à la loi u en Portugal, le commandant en chef ordonne de suspendre, « pendant tout le temps que les troupes anglaises seront <( dans ce pays, les réunions de loges qui ont lieu dans les « différents corps, l'usage des signes et des emblèmes consa- « crés, ainsi que les promenades des ofBciers et des soldats « en processions franc-maçonniques. Les officiers et les solu data sentiront la nécessité d'obéir aux lois du pays qu'ils « ont reçu mission de protéger. »

On sait combien Wellington eut à se plaindre des extravagances et de l'hostilité des Cortès. Il ne manquait certes pas de raisons pour mépriser les ordres de cette assemblée ; néanmoins k it »e fit un devoir de se sottmettre toujours à son autorité (i). »

Hais ce qui atteste mieux encore la parfaite soumission du duc aux lois existantes, c'est qu'il observa rigoureusaneot, jusqu'à la fin delà guerre, un code pénal dont les dispositions videuses donnaient lieu aux plus graves inconvénients. Lorsqu'une cour martiale avait rendu un arrêt absurde , il s'en plaignait, mais toujours respectait la chose jugée. Le 6 juin 1800, écrivant au lieutenant-colonel Close : « Je ne pais, a dit-il, approuver les jugements rendus par la cour martiale, M et cependant je tes ai ratifiés (s). »

En 1809, un soldat convaincu d'avoir frappé son officier.

(I) Voir II itUrt adreudi ixr wailln|ion, la zl MpMnbre \M, au ml fStpùgnê.

Il) Buu pIQilenn de «tilMIrcKt.V.p. iM.SiTi t-*II,p. M{I.X,|i.»,SIl:l.ll,p. IM «M,»}, welIfnjLon leplilnl do pende téittlU do coan miTUiM et de nilMardn«di Imrt JUfenHnU.

DuMd lu KnleDcn conucnlnl nn principe laiqDe OD rlcMai pour 1 llWea lei ronToiill ordlniIrepHnl »»ec pr[«re de procéder t Qn Deatel ne conMile qalr *]| Jmali retuié dlppronver aae MalcDca ■prta cette

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t acquitté. En apprenaDt ce fait, Wellington écrivit au général Mackeozie (i) : « Je suis inquiet au dernier poiot de « savoir si la cour martiale générale ne reviendra pas sur la « sentence qu'elle a portée dans cette affaire ; car je suis dé- « sole de TOUS apprendre qu'il y a eu dans ces derniers temps « plusieurs exemples de soldats ayant battu des officiers « commissiounés et Don-commissionnés, dans l'exercice de « leurs fonctions. »

Observateur rigoureux des règles et des formes de la justice, le duc n'a jamais commis sciemment un acte contraire à la loi ou à l'équité. S'il lui arrivait de se tromper, il reconnaissait loyalement ses torts (t). On peut voir (t. V. p. 154 de ses Dépêches), qu'au besoin il savait rendre justice aux ioférieurs et condamner les chefs qui faisaient abus de leur autorité.

Un officier lui ayant écrit en tenues inconvenants, au lieu àe sévir immédiatement, comme d'autres eussent fait, il écri- ^'t au lieutenant-colonel Close {3} : a Personne n'est juge com- " pètent dans sa propre cause ; c'est pourquoi je vous serais " obligé de me donner votre opinion sur cette affaire. »

Dans une autre occasion, il fut d'avis que <• décider sans " 'Wive une enquête sorait de sa part une injustice (*). »

Va homme si scrupuleux à l'endroit de l'équité ne devait pas être enclin au favoritisme. Ses plus grands détracteurs,

ilj /;'/Anada ISinUet IMS.

0} yotr- enusiulre*l<Ordr«duItd«cenbr«INMelceiulda ItM. ' te* «Ok-t^r, dE l'arméa u rappelleront qae Don-tealemant 11 t!j ■ pat de d<ilMno«ar> * *■!• 4*a'*n f ■ da mérite 1 reconniltre un (ort et 1 le rCpinr. ■ 1>| E**rr» dB 1 Jnin IMO- (4) <•'<•-« aM|/n,»iHMl-«0«>IMt (TIMI, IBiDlnia».

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oDt reconnu, en eAet, qu'il n'eut pas de préféranc^B injustes, et que tous les officiers trouvèrent en lui une égde pratoctioD.

Ëcrivint à lord Castlerea^ (i) : « Si je me plains, dit-il, « de n'avoir pas le pouvoir de donner de l'aviiiceBieBt aux t officiers ou de les patroner, ce n'est pas qae je dénre avana tager mes favoris. Je déclare, au contraire formellement <( que si j'avais demain ce pouvoir, il n'y a pas an seul « militaire que je voulusse avancer autronent que pow ses « services. »

Déjà, en 1603, ArthurWellesle; avait toiule même langage k son ami le lieutenant'Colonel Oose, au sujet d'un candidat à l'emploi de chinirgiea-major : « La pereonae que vous me « recommandez est nne de cdles qoe j'estime le pins; stm « avancement et son bien-être m'intéressent particalière- « ment, car elle m'a été sonveat reconunudée, dans les « termes les [dus pressants, par son parent le général Hac' « kenzie, un de mes vieux amis. Hais vous et moi, mon cher o colonel, noua devons écouter tes recommandations d'un « ordre supérieur à celles dont je viens de parler, et les pré- « férer aux suggestions qui viennent de nos sentimeats par- « ticuliers d'araitié ou de bienveillance. Ces recommandations « sont celles fondées sur les services rendus {*). »

Joignant l'exemple au précepte, Wellington appliqua ces principes aux officiers qu'il avait le plus d'intérêt à favoriser. « Tous mes aides de camp, écrivit-il, ont été promus à leur R few dans les régiments dont ils font partie, ou peur avoir <( apporté en Ai^terre la nouvelle d'une victwe (v). » Ken peu degénéraux ayant commandé en chef pourraient en dire autant.

(1] L*17iulBlMn.

(I) Lallr» do 3 inUIct IK». «u UtiUmtaittolonti Clott.

(S) DiêftclM, L VI, p,3M,

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CaUe rare inpartiaUté était usie chez le duc à une franelÙBe toute iniJit«ire, qui le i«w«it aimer de ses subordonnés. L«rsqa'il avait à se plaindre de quelqu'un , il formulait ses refiroches en termes précis. « J'ai ordonné, écrivit-il « eu 1811 à un coouoie«aire général député (i], qu'on vous w otét votre emploi, dans la conviction intime que j'avais, « et qui depuis a été reconnue fondée, que le service ne fe- « rait que péricliter de plus en plus si vous continuiez à le « di^er. »

Dans une lettre adressée le 3 décembre IBli à un général espagnol, Wellington dit avec la même franchise ; te Je ne X vetw ai pas recommandé au roi d'Espagne pour t'avanoe- ■ lomt, non que j'aie quelque doute sur votre zèle et votre « courage à défendre la cause du roi, mais parce que je sais * que vous n'avez pas fait d'études militaires, et qae vous « accordes peu d'attention à' la discipline ainsi qu'au bon ' Ordre das troupes. »

Ce langage est celui d'un homme qui a la oonscience d'être

Le même sentiment d'éqoilé se révèle, dans la façon dont Wellington a^réeiait les services de ses subordonnés (s). ^n phiB grmà bonheur était de les mettre en reli^. et ja- '*>Qi8 l'envie n'a dicté ses jugements sur leur conduite. On ^Uv« même que ses rapports ont en général un caract^ ^P kudatif: reproche hooorable et vraiment eitraordinaire l'^Ur* on officier qui parlaitsi peu de lui qu'on pourrait croire, ^ Is^unt ses bulletins, qu'il fut simple speetateordes batailles "t il rend compte.

„ rt IuiUm iDui ■QKcarpiâtrtPscnqulaitlcntKrTlwutiMiir-

' '^^sul.cn lui, pronoDtitil on dlicoan en rivenr di l« loi lur la infllca.lldlten plela ^^ ^» Bt ; ■>!.«> «rmCci dt runglelerre qui onl >l bJiin leril le ptji. De Furent jamalt com- J^^» de plBf d'un tien de •njeli brltuiDlquci. Vojei Im Ind», TOfu llipifiw. vtjtt ^'^v'ioo, DÛ nom tftmw il admlraUement Mcaodâi pir tu Jeniiei trvupei teoanlïBnM *■ tf'jutre» corpi dlnngcn..i •

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On sait à quelles violentes attaques le géoéral Graham fut exposé après l'affaire de Barrosa. Wellington ne se laissa point influencer par ces clameurs et adressa des félicitations chaleureuses à sou camarade. Il fit sur lai le rapport le plus favorable, et dans une lettre à lord Liverpool, datée du 27 mars 1811, il te recommanda vivement au prince r^ent pour « son combat glorieux de Barrosa. »

Nous avons vu que le maréchal Beresford commit plus d'une faute à Albuera, et que sa conduite , dans le commencement de l'action surtout, ne mérita rien moins que des éloges. Malgré cette circonstance, et bien que le g^iéral en chef pût ressentir quelque envie du beau succès remporté par son collègue, le duc fit l'éloge du maréchal dans les termes les plus chaleureux. Écrivant à l'amiral Berkeley, le 20 mai 1811 : a ...Je pense, dit-il, que cette affaire est « une des plus glorieuses et des plus honorables qui aient « été livrées dans le cours de la guerre, n Et dans une lettre écrite deux jours après (i) à lord Liverpool, il ne peut assez se louer « de t'kabiteté, de la fermeté et de ta bravoure du (I marédtal. »

Après la bataille de Vittoria, Wellington déclarait que Beresford « l'avait aidé par ses conseils d'amitié et par son assistance dans lesdernièresopérations. »Âce propos même, un général français croit devoir adresser de sévères reproches au duc : « Il est pitoyable, dit-il, d'entendre le vainqueur de R Salamauque et de Vittoria nous affirmer qu'il est reden vable de ses lauriers au général qui, le jour de la bataille « d'AIhuera, fut obligé de se boxer avec un lancier polo- « nais (a). »

Après Graham et Beresford, les oHîciefs dont la réputa-

(t] Le nnal.yiaTésMatentnUllre,damimtlour,augtHtratifiu»r. (3) BAMtzrn, p. SU Cl »S. ca mime stoém dit, p. Mt : < WellInEtoa poaHi n ta coHibontinn. >

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lion pouvait donner le plus d'ombrage à Wellington, éUient sam contredit Hill, Hope et Blùcher. Or, voici comment le duc apprécia les services de ces trois généraux. Après l'affaire d'Arroyo-Molinos, où Hlll avait suq>ris et battu la division de Girard, il écrivit au ministre de la guerre (i) : « Il me serait « singnli^ment agréable de voir accorder quelque marque « de faveur par Son Altesse Royale le prince régent au lieua t«iant général Hill : ses services, dans ce pays, ont tou- « jours été excellents et très-distingués ; il est chéri de toute « l'armée. »

Et quand ce même général, par un audacieux coup de main, eut détruit les ouvrages de la tète de pont d'Àlmaraz, Wellington s'empressa de rendre compte à lord Liverpool de cette opération, qu'il appela « un brillant exploit (s). >>

A la bataille de Saint-Pierre, Hill soutint avec 14,000 bommes, le choc de 35,000 Français. Quand Wellington déboucha sur le terrain avec les troupes de secours, la position de Soult était mauvaise et sa retraite imminente. L'intervention du duc acheva promptement l'œuvre de Hill ; et l'année alliée compta une victoire de plus. En parcourant le théâtre du combat, où gisaient plus de 5,000 Anglais, le duc rencontra son brave lieutenant; il lui serra la main, et avec une expression de joie indicible : « Mon cher camarade, dit-il, ce jour est votre œuvre! » (Hill the day is ail your own) (3).

Le général Hope fut tout aussi bien traité, il existe entre autres une lettre du 15 déconbre 1815, où Wellington écrit au colonel Torrens, secrétaire du duc d'York : « Depuis long- « temps j'ai conçu la plus haute opinion de sir John Hope, « et je crois que tout le monde partage cette opinion ; t'expé-

(I) Lsttr4 dD 6

m Mizwn.1, t- :

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« rience de chaque jour me convainc de plas en plus da « mérite de ce général. »

Quant à Blûcber, Toici comment le duc de Wellington s'exprima sur son compte dans le rapport officid de la bataille de Waterioo : « Je serais injuste envers mes propres R sentiments, envers le maréchal Blûeher et l'armée pnissienne, si je n'attribuais pas le résultat heureux de cette n journée à l'assistance (»rdiale et opportnae que j'ai reçue « de ces braves alliés. »

Une preuve qu'il n'y avait rien d'affecté dans cette mode»tie, c'est qu'on la retrouve jusque dans les épanoheroents de la correspondance intime du dur. Ainsi, le lendemain de ta bataille de Waterloo, il écrivait à sa mère : « Je n'exalte pas « mon adversaire par un adroit calcul de vanité, car ce n'est « pas moi qui ai vaincu , c'est la vigueur des troupes anglaises « et leur constance invincible (i). >

Nous avons exposé toutes les mesures prises par Wellington pour organiser et discipliner les troupes anglaises et las corps auxiliaires de la Péninsule. Il est prouvé que la plupart des résultats obtenus doivent lui être attribué*. Peraofioe ne l'a contesté ; Wellington seul fut d'un anî» contrai». Écrivant & lord Liverpool , le 8 septembre 18i0 : < Je serais « injuste envers l'armée, dit-il, et je feraU violffiioe i mes «[ propres sentiments, si je ne saisissais cette oocaaion d'ap- <t pelâr l'attention de Votre Seigneurie sur le mérite du ina- « réebal Beresford ; c'est à /ut exclumtmettt qu'est dû te « «un d'avoir levé, formé, discipliné et équipé l'armée porte tugaise, qui vient de se montrer capable d'attaquer et de V battre l'ennemi. Il m'a donné en outre toute l'aide que son

11] Uaneltteftrit

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« expnieace, son habita et sa oonnaissanoe du pays le « muaient à même de m'apporter (t). >

Cilras mcore la lettre suivante, écrite le i" mars 1814, à lord Bstlnust : « Il m'est impossible d'txprivaer combien je u niîs pénétré de leurs mérites {ceux de Beresford, de Hill, « de Hope et de Cottou) et combien le pays est redevable à •1 leur zèle et à leur habiteti pour l'état dans lequel l'armée « se trouve «i ce moment. ■

Rieu ne prouTe mieux que ces dirers témoignages le déàalénssament et la grandeur d'ime du duc. Jusqu'à la fin de sa carrière, il a suivi constamment la même ligne de conduite. Après chaque victoire remportée par l'armée anglaise, dans l'Inde ou ulleurs, il prenait 1 la Chambre des Lords l'initiative des demandes de remerciement, et profitait avec bonheur de ces occanoDs pour élever jusqu'aux noes le mérite de ses camarades.

Napoléon ne jugeait pas toujours ses généraux avec autant de bienveillance et de désintéressement. I( rapportait tout i loi, et, lorsque l'an de ses subordonnés acquérait une réputation brillante, l'envie éclatait en reproches amers. Les Mémotnu de Smnte-Hélène donnent sous ce rapport une triste idée di carect^ de ce grand homme, qui, avec un génie immense avait dans crains moments les défauts d'une Ame vulgHPe. Ses mémoires, en efiiet, fourmillent d'aperçus injustes «t de réflexions désoUigeantes sur les hommes les plus iHusbvs de l'onfùre.

Phu grasd que Napc^on, sous ce rapport, le prince de

(IJ IprM ■ne *lclalK, Welllaium n'tiproavi t^mili h tnKt d«t riMtl» et de l'eiperlBMce diginclcn d'ua gridc k OMVMprfiaa baurd. Biuwa rapport lor 1b bitailledc Tlmdlra: • ■ dH-S, n Jaienmt M k ftipérlene* da uijor iteént «peaoer, penr l

• irlHttrétMddDDeiBlmdgtroDpei utigaé t elutine peint de dMM

• «NiMI'aUeqDtlWadeenéi paDdMiltoMat-ifMre.liu Mi cjmpiRnude liDde, Il *T>lt InlU de U m

moMlHtt«BWB.(votrH*«apforMHirii IhUiim d'Alan et lurl'MHDt de sewOtbar.)

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Condé joignait aux qualités brillantes du soldat, cette magnanimité de l'homme bien né et bien élevé qui, au lieu de s'attribuer tout l'bonneur du succès, le répand sur ceux qui ont bien servi : il se complut notamment à célébrer Gassion etSirot, après Rocroy, — Turenne, après Fribourg etNordlingen , — et Châtillon après Lens (i). Pendant sa retraite à Chantilly , quelques amis l'engagèrent à écrire ses mémoires ; il s'y refusa, disant qu'il serait obligé de blâmer des généraux estimables et de dire du bien de lui-même. Sans égoïsme et sans envie, il rendait justice à tous et à chacun, dédaignant pour lui-même les éloges qu'il prodiguait aux autres.

Par ce côté du caractère Turenne était semblable à Gondé, et Wellington semblable & Turenne.

Wellington refusa d'écrire ses mémoires pour les mêmes raisons qu'avait alléguées le vainqueur de Rocroy, et il ne fournit jamais aucun renseignement aux écrivains qui lui demandèrent des explications sur certains points de sa vie militaire. On assure même que, pour n'avoir pas à critiqua des personnes qui lui étaient chères, il refusa de lire n'importe quel ouvrage traitant de ses campagnes (s). Dans sa volumineuse correspondance, il y a des centaines de lettres où des noms d'ofiicient et de soldats se trouvent mêlés à des faits regrettables. Ces lettres ont été publiées, mais, par ordre du duc, les noms sont restés en blanc. « Il lui eût été trop pénible, disait-il, de faire du tort par ces révélations, ou de causer du chagrin à des familles honorables, et d'ajouter i la

|l) ■ teat ooDoali rien de plui noble que lei dCpécheide Condé l It cour iDsincanl diBirMtMTl«olre*.llrP*rfe peu lie lai st bsiucoup dumtm,... t cet«(ird, Tnrei MaltMmMiMetCoiidd.ce qal me file un peu le* mémoire* de ceur. etl eetlcardeau oootlnuelto préoccapttlsn de u perionna, qui pirtoot M' Toll que ni, npporU toal * i

crei, nbêltMi lei mérile* émlnenU, eto. • Couiim. BtcfrmphltilMpiince»ltComdé,imM

fl) LMd ■iLUMMi. Lifë and «haraetir oflHtaiik» et wmn^lm, p. 4t.

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rigueur du châtiment par une publicité à laquelle ses ordres n'étaient primilivement pas destinés. »

Sous une apparence froide et réservée, Wellington cachait une âme chevaleresque ; nous avons vu avec quel soin il évita (le signaler les fautes commises par Crawfurd au début de la campagne de i8IO et le silence magnanime qu'il garda sur ta conduite de Campbell pendant le siège d'Alméida. Quoique vivement contrarié de l'épisode qui termina ce siège, et des railleries sanglantes de la presse, il dédaigna de se justifier m découvrant un de ses subordonnés (i). Cette bonté d'âme se révèle encore dans les explications que fournit le duc à la cour martiale, instituée en 1815, pour juger la conduite de John Hurray pendant le si^e de Tarragone. Il poussa la pitié pour ce malheureux général jusqu'à insinuer « que peut être le défaut de précision ou de clarté de ses instructions avait induit Murray à commettre les fautes qu'on lui reprochait (i). »

Après la bataille d'Assye, un officier chargé du département des bœufs, et qui avait trouvé la mort sur le champ de bataille, Ait accusé de malversation. Wellington n'aimait pas

(t) Voir M IMtn du li att un, a lard Llvtrpool.

Mtoléan Inltill latrctMnt ut téninni lortqa'lli éulenl coupiblci oa nillieareat. Hwl n» tn ■■M«ln)|iM( conlre Beroidoile (prtt Un*, contre Dupont tprt) Baflea, contra ■■rmDe iprtili prl>e de ciudarj-noiIrUo, contra aimoDl iprti lilininque, contre Jour- <» «t iHCpb «prÈt chique rereri ilei *rDi«ei d'Up>cne-

Il corrMpondtncc du duc de taguM avec le prince de !(eufcbllel noni ■ méine pronrtf qne l^aperenr. qutnd lerâiuluf ne rtfpondiil poJnl 1 ion iltcnte, ne le [iluit lucmiacrD- Pn<<dedéii[nrer Ici ordrea ïmaoïnt de ]ul pour tilre tninbtr li reapana«blllM mr Kl ■l<almott.(VDlr(.lTdeijnm[irr<(tttjViipman',let lellretdeils et M Mvrlcr et du IS "rllltlîda prince de H(

Pi cnaratttrMIei, p. I

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cet officier; eepeadant le croyant honnête hoAlne, il éenvit à ses détracteurs : « Pour autant que je puisse répondre de « quelqu'un, je dirai avec assurance que les dépositions faites (I contre le capitaine Mackay ne contiennent pas un mot de « vrai. »

Nous avons vu que sir George Graham, en butte à la colère des Espagnols depuis le siège de Saint-Sébastien , trouva dans son cbef un appui éne^ique. Wellington réfuta les calonuiies, et accepta pour son compte la respmisabilité des faits.

C'est avec la même vigueur qu'il défendit plus tard le général Harry Smith, attaqué d'une manière excessivemait violente pour avoir traîné la guerre des Caflres en longueur : a J'approuve, dit le duc, dans ta Chambre des Lords, tontes « les opérations du général Smith, Les ordres qu'il a donnés « à ses troupes et les arrangements qu'il a peiê pour asswer <> leur succès (i). u

Personne, après cette déclaration n'osa prendre la parole pour soutenir la culpabilité, — et Smith fut absous

Dans une autre occasion, ayant à s'eipliquer sur le mérite de John Hoore, à propos de la désastreuse expédition de b Corogne,Wellington ne trouva qu'une petite faute à signaler, et encore fit-il observer « que c'était le résultat d'une opinion, « formée après l'événement, que peut-être il n'aurait pas eue « sur les lieux, et dans les circonstances où s'était trouvé son « malheureux camarade. »

Quand tout le monde accablait Wellington de reproches, d'injures et de railleries à propos de sa retraite de Talavem, le duc pour dégager les ministres que l'on accusait d'avoir rendu ce résultat inévitable par leur expédition de Walcberen, écrivit à lord-Liverpool, « que la campagne aurait eu tes

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mêmes résultats si l'expéditioii avait été remise ou mpfnmée. »

De mine, après Burgoa, il accepta, dans une lettre officielle, toute la responsabilité de l'insuccès, alors qu'il lui eât été si facile de prouver que les ministres seuls m étaient eanse.

Quand Foucbé, tombé en disgrâce, dut prendra le cbemio de l'exil, pour éviter une chute éclatante et peut-Mre pis, Wellington eut le courage d'écrire au roi : a Je suis bien fâché s de ce qui arrive au due d'Otrante; à lui seul vous devez

■ d'être rentré dans votre capitale et remonté sur le trône. a Blttcber ni moi n'étions capables de vous rendre la coua nmie. Nous avions affaire à une année de 80,000 enragés " qui nous auraient écrasés. Nous ne pouvions éviter une « bataille si on nous l'ait oSerte, ou nous étions obligés de « battre en retraite pour attendre la coopération des autres « puissances ; et Votre Majesté sait quêtes étaient alnv leurs s dispositions. Le duc d'Otrante a empêché que la bataille > n'eât lien, et c'est bien à liû que vous devez d'être re-

■ monté sur le troue de vos pères (i). »

Assoréoient cette lettre écrite dans un pareil moment et es faveur d'tui bomme mal vu de tous les partis, n'est pas l'œuvre d'un égoïste, d'un courtisan ou d'un ambitieux, il semble même étrange que le vainqueur de Waterioo ait pu dire au roi de France: « C'est à Foat^ seul que vous devez votre restauration, m Mats cet étrange disparaît pour ceux fp» Bsneat combien le duc était modeste et peu infetué de sa persoune.

Wellington avait pour maxime « de se défier de son propre jugement dans les affaires qu'il désirait (s). » Ainsi, après la

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bataille d'Assye, il ne dédaigna pas de soumettre l'examen de sa conduite au Ueutenant-coloDei Hunro : « Vous étés, lui « écrivit-il , un juge compétent en fait d'opérations militaires, « et je serais jaloux d'avoir votre approbation (t). » Son amour-propre ne le faisait pas reculer devant des aveux que d'autres eussent rougi de faire. Ayant reçu en 1808 l'ordre de se rendre dans les Asturies pour étudier ce pays et en faire une description , il écrivit à lord Castlereagh : (i) « Je . u dois vous avouer que je ne suis pas un géomètre, et que je « ne sais pas faire une description.... En conséquence, j'ai (f informé sir Hew Dalrymple que je ne puis me cbarger du « service auquel vous désirez que je sois employé; je ne suis n point un ingénieur topograpbe et je n'ai point la prétention « de décrire un pays comme les Asturies. »

« ... Je me délierais de mon propre jugement, écrivit-il « encore (i), s'il se trouvait en opposition avec celui de John « Hoore, dans un cas qu'il aurait eu occasion de connaitre u et d'examiner. »

«... Don Forjas a plus d'I^abileté que moi et connaît mieux « les localités («)... »

a ... Si vous avez une opinion différente de la mienne sur (1 quelque partie de cet aperçu général, je suis convaincu que « vous avez raison, etc. (s). »

Au milieu de ses plus grands triomphes, cette simplicité modeste ne l'abandonna point. Après Vittoria, il reçut du prince régent d'Angleterre le billet suivant (e) : « Votre glo ■■ K rieuse conduite est au-dessus de tout éloge humain et de « toutes les récompenses Je sens que je n'ai plua rien à

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a faire ^e d'ofinr avec la plus grande dévotion ma prière « de reconnaissance à Dieu pour avoir, dans sa bonté toute- 8 puissante, accordé à mon pays et à moi un général tel B que VOUS. »

Wellington fut si peu ébloui de cet éloge, qu'il écrivit quelques jours plus tard au gouvernement : « Dites au prince régent que si on m'envoie commander une armée en Aile- « magne, je ne ferai pas mieux qu'un autre; dans la Pénin- « sole, au contraire, j'ai cet avantage quechacun est persuadé « que je fais tout ce qu'il est possible de faire (i). »

La modestie n'est pas d'ordinaire l'apanage de la jeunesse, et nos premiers triomphes sont en général ceux qui nous inspirent le plus d'oi^eil. Le jeune conquérant des Mahrattes fit exception à cette règle. Dans le bulletin de sa première victoire, celle d'Assye, il oublia de mentionner qu'il avait conduit en personne la chaîne finale, et qu'il avait eu deux chevaux tués sous lui.

Au moment de quitter l'Inde, Wellesley reçut des habitants de Bombay et de fort Saint-George des adresses où sa ^oire était portée aux nues. Il répondit à ces adresses, en attribuant tont l'honneur du succès à l'habile politique du gouverneur et en faisant l'éloge du général Blake, ne parlant pas plus de lui que s'il eût répondu au nom d'un autre (s).

En 4812, complimenté par la municipalité de Madrid, le duc ne dit pas un mot de ses victoires ; pour expliquer sa présence dans la capitale de l'Espagne, il se contenta de cette simple réflexion : « Les événements de la guerre sont dans les mains de la Providence. »

Qu'il y a loin de ce langage modeste à la forfanterie de certains généraux, infatués de leur mérite ! Junot, par exemple,

rtân a inWtl.t lard BathuHl.

'SOIWCKWil. III, p. W.

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entré à Lisbonne sans coup férir, écrivit au ministre de la guerre : « Les dieux se déclarent en notre faveur i on tr«n- « blement de terre le prophétise, en attestant leur toule^puis- « sauce, et sans nous avoir fait aucun mat. »

Ces déclamations répugnaient à ta nature de Wellington : toujours simple et vrai, il évitait de se poser d'une manière théâtrale. Sa suite était plus modeste que celle du dernier général espagnol. On rapporte que le brigadier Hiranda en i809 (avant la réforme introduite dans l'état-major parBeres* ford) avait 43 aides de camp (t); et quand le duc de Wellington 6t son entrée à Cadix, il n'était accompagné que d'un seul oiBcier, le major Somerset ! Vainement on chercherait dans ses douze volumes de dépêches une seule phrase à efiét, une seule lettre écrite dans le but d'exalter son mérite ou de ravaler celui des autres. On y trouve au contraire une foule d'aperçus et de renseignements qui tendent à diminuer l'importance de ses succès. Au rebours de certains généraux toujours enclins à exagérer la force de l'ennemi pour augmenter l'importance de leurs succès, il représente l'armée française dans la situation la moins propre à donner une haute idée de sa force et de sa supériorité relative : « Il est impossible, <c écrivait-il, à lord Liverpool (s), d'exprimer à Votre Seîgneu- M rie la pénurie d'ai^ent et de toutes choses oii se tronvent tt les armées françaises dans la Péninsule (s). Cette situation K a fort affaibli et en grande partie détruit la discipline des « troupes. Toutes les lettres interceptées ne parient que de <c faits de malversation , de corruption et de détournement K d'effets commis par des personnes attachées à Tannée. »

(S) • Lci Tnn«iili, dit CDcora WelltaRlon, iirlrent ptn» d' nllloiu V" >« bouteti llrti lur eux par l'ennanl, e( lli ■' lUf *nr ta mojeD d'ipprattolanncment. •

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« Les corps français, éfiiÎTaitril encore (i), n'ont jamais « eu de communications assurées au delà du terrain qu'elles < occupent.... »

n J'attribue en grande partie les succès que nous avons « obtenus jusqu'à présent à ce que les généraux de l'ennemi a manquaient de renseignements. En ce moment, quoique a toute l'armée se trouve à quelques milles d'eux, ils ne « savent pas où nous sommes (3) »

K Nous jouissons d'avantages que n'ont pas les Français. « Noos tenons toutes les rivières navigables, et nous nous en a servons pour transporter nos vivres aussi loin que posu sible; d'un autre côté, la puissance navale de la Grandea Bretagne protège l'arrivage de ces vivres et l'établîssea ment de nos magasins sur les côtes (s). »

Tacite a fait le portrait de Wellington dans les lignes suivantes, consacrées à son parent Âgricola.

d Agricola ne déroba jamais à son profit la gloire acquise « par les autres. Centurions ou préfets, tous avaient en lui B m témoin fidèle de leurs actions. Certaines gens lui « r^ro^ûent d'être sévère à l'excès dans ses réprimandes ; a mais de même qu'il était affable pour les bons, il était « rade pour ceux qui s'écartaient du devoir. Sa colère « d'ailleurs ne laissait aucune trace, et on n'avait rien à redouter de sa réserve ou de son silence : il croyait plus « loyal d'offenser que de haïr

« Dans ses dépêches, il rendait compte des événements

« sans les exagérer par des mots oi^eilleux Simple

« dans ses vêtements, aSable dans ses discours, sans autre « cortège qu'un ou deux amis : de telle sorte que la muttia tnde, qui juge les grands hommes à leur faste , en le

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«. voyant et en l'examiDant, cherchait sa gloire, et que peu de « gens la devinaient. »

Les fautes commises par Wellington se trouvent consignées dans ses rapports ; il y en a même qu'on n'aurait jamais connues sans son témoignage.

Ainsi, après Talavera, il écrivit à Castlereagh : « L'armée « n'a tant souffert, que parce que je n'ai pas stipulé, avant « mon entrée en EÎspagne, qu'on me fournirait tous les K moyensde transport nécessaires. »

A propos du siège des forts de Salamanque, ... « Je m'étais « trompé, écrivit-il (a), dans l'évaluation des moyens qu'exi- « geait la prise de ces forts, et je fus obligé d'envoyer chérit cher, sur les derrières, un supplément de munitions : cette « nécessité occasionna un retard de 6 jours. »

Et à propos du siège de Bui^os : « La faute, dit-il, que j'ai « commise n'est pas d'avoir entrepris cette opération avec « des moyens insuffisants, mais d'y avoir employé des soldats « inaguerris, au lieu des meilleures troupes (s), n

Wellington dans ses rapports était simple, véridique. S'il ui arrivait d'avancer un fait inexact, il s'empressait de le rec-

(I) ùtUniaKiMiù WM.à lord UBtrpool.

(1) Ltlln do S nDTCmbre du c(7fn(( da LlvtrpOOI.—1ait vau\ (etnpporbde WtOlotMi rarlMbiUllleid'AurB>l<l'*rg*um. dm* le pnndir, U HfuM la Hâte toamim tu*» T«>rA(loieol*aclivi<anttra|i tAt,etd*D* leKcood U pirle d'HM foMW NMMViipr* KIW pir ria[in[cii« d« M propn dlTUlan.

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tîBer. Peu d'hommes oot poussé aussi loin que lui l'horreur da meusonge. Il n'y a pas une li^e dans sa volumineuse correspondance qui ne témoigne de ce sentiment, et qui ne soit une protestation contre la déloyauté, contre la morale facile, contre toute espèce de charlatanisme. Plaçant la vérité au-dessus de tout, il ne trouva rien de plus honorable à dire à la Chambre des Lords en faveur de son ami Rober tPéel, que ces simples paroles :

a Dans tout le cours de mes relations avec lui, je n'ai pas H surpris une occasion où il ne montrât le plus ferme atta- « chôment à la vérité ; et jamais je n'ai eu la moindre raison « de suspecter qu'il avançât la moindre chose qu'il ne crût « pas vraie (t).

Un biographe de Wellington rapporte ce trait caractéristique. Quelqu'un ayant demandé au duc comment il avait pu fournir des notes et des éclaircissements à un historien tel que Napier, dont les opinions radicales étaient si manife^ement contraires aux siennes, il répondit : Parce que cettà^là au moins dira ta vérâé.

Cet amour du vrai et cette bonne foi incontestable donnent aux rapports de Wellington une valeur historique que n'ont pas au même degré tous les documents de ce genre.

Les généraux français, et surtout Napoléon, rédigeaient leurs bulletins avec beaucoup moins de conscience. Les succès y sont exagérés, les défaites adoucies ; l'empereur ne se faisait pas même scrupule d'altérer notablement (2) les rapports déjà très-inexacts de ses lieutenants, et de faire publier dans les journaux des faits entièrement controuvés (3).

(1) • Inllit wA0(« couru of nv communication alilt hlm, Ititvtr knaota inilaaet In itÀIth Hé 4ld noi iSoiv tlu iirortçtil atlaelimtnt le Irullt ; and / ntutr latB, In Iht «ikala eairnofmrUtitlkaimalIttlnatonfornàiptetlngHialMÊlalemrlklnfwlilelillillUHOl Hrmtrttumit to M M* faet ■ Dtieourt pnmoae» tn l«M>.

m tipraHlwi de X. Iblert, t. il, p. 973.

(l)laTolcl tue pnmia Duaireile. Le 13 d

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C'est un de ces documents, ainsi revu et corrigé dans le Moniteur, qui fît dire à Wellington : « il est impossible que Marti mont ou Dorsenne aient écrit des absurdités pareilles à « celles qui ont paru avec leurs noms au bas. »

La simplicité qui règne dans les dépêches du duc se retrouve dans ses ordres du jour et dans ses prociamations. Le soldat anglais ne se nourrit pas de grandes phrases, et ne meurt pas pour des rimes. Il faut lui parler le langue de la raison dans ornements et sans bourgouftnre ; l'exclamation de Bonaparte à la vue des Pyramides, tonte sablîme qu'elle soit, n'eût pas produit le moindre effet sur lui.

La patrie et le devmr, sont ses seuls maîtres. H y consacre sa vie entière et ne demande, en retour de ce dévouement, ni place dans les bulletins, ni (nention sur les colonnes triomphales. S'il est bien payé, bien nourri, bien commandé, il regarde l'état comme libéré envers lui, et ne songe point à marchander le prix de son sang. Nelson connaissait biea ses braves et modestes compagnons lorsqu'il leur dit à Trafalgar: « L'Angleterre attend de vous que chaeun fasse son devoir. » Wellington ne tint jamais à ses soldats un autre langage. Il se bornait à les féliciter de leur conduite, et à leur rappeler de temps en temps les avantage d'une bonne disoii^ïne. L'ordre du jour suivant, publié après la victoire de Salamanque, donne une idée exacte de l'esprit et du style de ces sortes de communications ; c Le commandant en chef adresse ses re- * mercîments aux généraux, officiers. et soldats, pour lear « conduite dans l'afTaire du 22 courant. Il ne manquera pas « d'en faire rapport à Son Altesse Royale le prince régent u avec les éloges qu'ils méritent. Il espère que les événe- « ments d'hier auront donné k tous la conviction que les

«t succès militaires dépendeot de l'obéissance des troupes et o de leur exactitude à maintenir un ordre de bataille, que, n sous aucun prétexte, elles ne doivent se permettre de quit- ■ ter un instant (i). »

On pourrait croire que cette simplicité et cette concision dans Ira rapports et dans la correspondance sont naturelles aux généraux anglais. Pour avoir la preuve du contraire, il suffit de lire la rdation de la bataille d'Âlbuera, par Beresford, — celle de la prise des ouvrages d'Almaraz, par Hill, et celle de l'assaut de Saint-Sébastien, par Graham : toutes beaucoup plus longues et plus prétentieuses que les rapports de Wellington sur les victoires décisives de Salamanque, de Vittoria et de Waterloo...

L'exagération et le charlatanisme répugnaient tellement au caractère du duc, qu'il en condamna l'usage même dans les proclamations adressées par les gouvernements de la Péninsule aux peuples naturellement hyperboliques de ces contrées. Nous en voyons la preuve dans l'extrait suivant d'une lettre écrite h Charles Stuart, au sujet d'un projet d'adresse rédigé par le gouvernement portugais : « Tout cela, dit-il, « doit être traité dans un style simple, sans enQure, et para dessus tout bref. Ces mots Coriz sobre os nonnos inimieos a (courir sus à nos ennemis) ne feront qu'accroître le mal <i actuel. Tout le monde en Portugal est suffisamment pré- « venu du danger et empressé de l'éviter : il y a de l'enthoue à foison ; on n'entend que de cris de Viva ; ce sont

(OTgrdeim»,tl Juillet. LMonlnxIiiloardooati aprè» VEtIorl*elWilerI<M,MiitMntwdiTu Ict mt«M tanMt.

HoecboH fnppe d>a> la correlpoDdincedG Welllniton, c'ett l'ibHnce de Unit £lo(e MwaoM. LBw>iaBi>tmniHmnU«pnt,ct, t la bgwi dont le dno parla d* certilM talti, n pourrait croire qu'il Fat ipeetileur ptutAt qu'acleur dau la lutte. Cette abn^tloD tut mine quelqaefola mal luterprétde, * en Juger par l'eitrall aalrant d'nue lettre telle a lord Batkural.le 12 tïTrler 1SI4. > Quand Jeiui* priaenl, qaolqne Je T*iillle bien • dire qu'au antre commaBde.c'eat mol qui loli le chef rAel. • neetlflcatlon que iirobable- Mnl Walllnitou n'aurait pa* tu obtlié de faire tl le* |Ai«rani artlent été aaMl modcile*

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« des illuminations, des chants patriotiques et des fêtes paru tuut ; mais ce qui manque , c'est que chacun, suivant sa « position, s'acquitte franchement et simplement de son de- « voir et obéisse aux ordres de l'autorité. »

Henri Wellesley ayant soumis à fion frère plusieurs articles qu'il se proposait de (aire insérer dans les journaux de Cadix, pour combattre l'influence croissante de la démocratie, « quelque chose que vous jugiez à propos de publier, dit <( le duc, il faut vous borner à un exposé de faits et de dates, « en style simple, avec les raisonnements faciles à saisir qui « en découlent (i). »

Wellington montra toujours une parfaite convenance dans ses rapports avec les généraux français, et une grande dignité de langage dans ses jugements sur les opérations de l'année ennemie.

Napoléon disait en entrant dans la Péninsule : « Je plan- « terai mes aigles sur les tours de Lisbonne..., je balayerai « les Anglais dans la mer, etc. » On ne trouve rien de semblable dans tes proclamations du duc. Il s'opposa même à ce que les agents de l'Angleterre prêtassent les mains à ces sortes d'exagérations. Ainsi, Charles Stuart l'ayant consulté sur une proclamation que se proposait de faire le gouvernement espagnol, il lui écrivit : « En premier lieu, les injures H contre les Français sont inconvenantes dans une proclama- « tion émanant d'une autorité régulière telle que la Ré- •( gence. .. . La pièce entière est trop imitée des proclamations « de la Junte. »

Wellington appréciait à leur juste valeur tes généraux et tes soldats français. L'injure ou le dénigrement ne furent jamais la consolation de son amour-propre humilié.

« L'armée française, écrivait-il le 26 janvier i81i, au mar-

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quis Wdiesley, est sans contredit une merveilleuse mgcbine. >....« La France, dit-il encore, n'a pas d'ennemis que je sache, et n'en mérite pas (i). » Dans plusieurs de ses lettres, il parle avec respect du talent de ses adversaires (s). Jamais il ne permit qu'on les maltraitât en sa présence. Un jour lord Aberdeen accusa, dans la Chambre des Lords, te maréchal Soult d'avoir livré la bataille de Toulouse connaissant l'abdication de l'empereur; Wellington prit aussitôt la parole pour réfuter cette accusation. Dans une autre circonstance, il félicita publiquement le général Dubreton sur la belle défense de Burgos, bien que ce fait lui rappelât l'échec le plus grave essuyé par ses troupes dans la Péninsule (s).

Quelle différence entre cette conduite et celle de l'empereur, qui reprocha à Joseph d'avoir bien parlé des défenseurs de Saragosse, « pour lesquels, disait-il, on ne peut avoir que k plus grand mépris {t) » et qui, dans le 55' bulletin de l'armée d'Espagne, inOigea ce blâme immérité à leur illustre chef : « Palafox était l'objet du mépris de toute l'armée enne-

(l)L*4JUiDiaiS.

Il r ■ Mo de co laniige t l'eAféntloi) odleuH de certiloi bommcid'lUI, qui iprèi IN>. rcprCtenttrCDl rirmCe rriaçilH caniDics bdg binde de loleari et d'iuiutoi. TAmnl'a

iTicr Itld: ■ L'onde) demlen icle* de Boaipirts tut d'onlanner mui pr«(eU deluleaiorer

• detUiUt deicriplln* d(i remmei, de lenri rorlunei. etciyanl évidemment rinlïDIlau

• deletucrllerli 11 luxure et lia cupidité decette arutée iTec laquelle, en lai dognani

• ceitMMw. Il etpéralt Talnement M maintenir aur M trénede mure et peKar la déwla-

NipoMim rattall appeler Weltloitoa, dai» le tlamUtur, un aBlGler fneapaWa, Itmtmrt,rrtiBmptutax et <f ntfranl.* Hou* dareiu wubalter, «criilt-ll en isil.qne le ttntn\ ■ «eniBiten commande lonjonniea année* anglaltei. Du canctire dont It eti, Il euaren

• de iruidei cataatnphe). > [Cité par ■•Dret. p. ¥).)

toehet. qnIn'aTalt eut combattre danila Péniniule qnede>(«Dérauietde* Ironpei mélaciw, •■ montra dénuement Injaite enrera >e* cimandea et enTan lei tnwpea eaDemlet aécrlnintl SoDltenlSU :■ ...llorton réduira tu Juste Tilenr la répntilloaqae lei ar-

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|(1 Ullrt dn 1 1 man 1MB (Xémolrtr de Jtutph.)

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« mie, qui l'accusait d'arrogance et de bassesse. Jamais on K ne le voyait ob il y avait du danger. »

C'était de la passion k la manière de Nelson, qui ne pouvait voir un Français ou entendre faire l'éloge de la France sans avoir des crispations nerveuses. Wellington, au contraire, eut toujours une grande admiration et une estime sincère pour l'armée et la nation dont il fut l'antagoniste.

La seule chose qu'on puisse lui reprocher, c'est d'avoir employé quelquefois des termes peu convenables en parlant de Napoléon. Il mettait une certaine affectation à lui refuser le titre d'empereur, pour le désigner sous le nom cf ennemi prononcé du genre humain (i). On regrette aussi de voir dans sa lettre du 25 juin 1815, au lieutenant-général comte d'Uxbridge, cette phrase peu généreuse : « Je suis d'avis « que Napoléon ne peut nous tenir tète, et qu'il n'a qu'à se • pendre. »

Les Français accusent Wellington d'avoir manqué de tact et de modestie en plaçant la statue de Napoléon au bas de l'escalier de son palais d'Apsley-House (i). Le fait est vrai, mais l'intention qu'on y attache est tellement en opposition avec les idées et le caractère habituel du duc, qu'il nous répugne de l'admettre. Le vainqueur de Waterloo avait trop de bon sens et trop de goût pour chercher à ravaler, par de semblables moyens, l'homme extraordinaire que ses com* patriotes eux-mêmes avaient proclamé le plus grand génie des temps anciens et modernes (s). Sa volumineuse correspondance ne renferme pas une seule lettre oii il mette en doute la supériorité militaire de l'empereur; dans plusieurs.

(I) FMCliBillBD 4y njBln IBIS. DtDI ccllc du 21 loAt IltO, H np

{DCeua lUtoe rnidoniée m uaUimt raprlkM T<aral,qaleB M êwtttm i

(»ii*nu,t.xi,p.i».

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au contraire, il exalte le génie incomparable du héros franfsis : <i Les plus chauds admirateurs de Napoléon, dit lord Ellesmere, n'avaient pas une plus haute opinion que lui de sa capacité militaire. Je lui ai entendu dire mainte fois qu'il était plus dangereux de faire une faute devant l'empereur ^ae devant tout autre homme, et je pense qu'il était entièrement de l'avis des Français, qui évaluaient la présence de l'empereur sur le champ de bataille, à un renfort de 40,000 hommes (i). » Cependant, il ne le croyait pas supérieur aux hommes de guerre de l'antiquité : a Je lui demandai un jour, dit lord Ëllesmere (s), quel était, d'après lui, le plus grand géoéral du monde; il me répondit : «Annibal. » D'autres personnes lui ayant fait la même question, en obtinrent la même r^Dse. » Mais entre cette opinion et la pensée mesquine qu'on prèle au duc, la distance est énorme, et nous persistons à croire que l'emplacement très-malheureux, il est vrai, donné à la statue de l'empereur, n'a pas de signification, à moins qu'il n'en ait une favorable aux deux généraux, ce qui D'est pas du tout impossible.

Nous pourrions terminer ici notre appréciation des travaux et du caractère de Wellington; mais, pour faire connaître d'une manière complète cet illustre guerrier, il nous reste à parier de sa vie intime et à signaler quelques traits, d'une importan<;e secondaire au point de vue de l'histoire, et que néanmoins le biographe n'a pas le droit de dédaigner. Souvent une anecdote, une particularité, un détail vulgaire peint mieux le caractère d'un homme que les actes les plus soten-

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nels de sa vie. Le héros et l'homnie politique ne doivent pas seulement être jugés sur le théâtre de leurs exploits; il faut encore les suivre dans l'intimité et jusque dans le sein de la famille. Là, simples et vrais, ils apparaissent tels qu'ils sont, tels que la postérité veut les connaître.

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