‹ Histoire du duc de Wellington (volume 2)Chapitre 9 sur 14 · LIGNES DE TORRÈS-VEDRAS · texte numérisé non relu

LIGNES DE TORRÈS-VEDRAS

(Notes extraites du M^uoibk du colonel John Jonea.)

Lescôtesdu Portugal, hérissées de rochers, offrent peu de points favorables pour une communication avec la mer ; et, dans tout l'espace que devaient couvrir les lignes projetées, on n'en put trouver qu'un seul qui fût convenable; c'est une petite baie qui n'a pas 180 mètres de profondeur, et qui n'est qu'en partie abritée contre les tempêtes de l'Océan par le fort Saint-Julien, situé à l'embouchure du Tage. La mer y est tellement agitée par intervalles , que , durant des jours entiers, une barque ne pourrait s'en approcher sans danger.

Les retranchements destinés à couvrir le point d'embarquement devaient remplir (rois objets :

1* Former une position d'une étendue telle que l'armée tout entière pût y trouver place, et y mettre en sûreté son arlill^ie et ses

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magasins, dans le cas oii le mauvais temps retarderait l'^nbarquement;

2* Conleoir ua ouvrage fermé, servant de réduit à la ligue principak, d'une étendue et d'une force telles qu'il pôt être défendu par un petit nombre de troupes , si un coup de vent veuùt contrarier l'opération après qu'une partie des troupes aurait déjà été embarquée, ou même dans l'hypothèse où l'année ferait, pendant son mouvement de retraite, avant de parvenir au lieu d'embarcation, des pertes assez graves pour lui 6ter la possibilité d'occuper l'enceinte eitérieurei

3° Enfin, fournir sur te rivage un petit poste d'une force suffisante pour protéger l'arrière-garde de l'année, et assurer soa embarquement.

Cto remplît le premier objet au moyen d'une ligne de redoiUes détadiées et d'ouvrages intermédiaires, dont la droite était appuyée au Tage, près du fort das Haias, et la gauche sur l'Océan, en arrière du canal, à la tour ou petit fOTl de la Junquiéra. Les ouvrages de celte ligne extérieure commandaient la ville d'Oeiras, et comprenaient en dedans de leur tracé, dont le développement était de 3,000 yards (3,700 mètres), tout le promontoire, à l'extrémité duquel est le fort Saint-Julien. On atteignit le second objet de la défense en construisant un grand ouvrage irrégulier et fermé, sur le sommet de la hauteur démesurée de ses escarpes et l'extrême profondeur de ses fossés, qui le mettent à l'abri de toute attaque de vive force; si les défenseurs opposent la moindre résistance.

Dans l'hypothèse d'une série d'opérations conduites sur la rive gauche du Tage, on avait établi à Sétuval, comme pmnl secondaire d'embarquement, une ligne d'ouvrages destinés à couvrir la rive droite de ce port et à assurer sa communication avec la mer. Ces ouvrages, composés en partie d'une ligne continue, et eu partie de redoutes détachées, avaient leur droite défradue, à petite distance, par le fort Saint-Hiilippe, et leur gauche appuyée à un escarpement Le développement de leur front était nu plus de 1 ,500 yards (1,300 mètres); et, comme ils occupaient les points les plus favorables à la construction de batteries qui auraient incommodé les transports , Hs formaient, avec le fort Saint-Philippe, un poste très-imposant, dans lequel une division pouvait se maintenir pendant rembarquement du principal corps d'armée, et ensuite effectuer sa relnile en sao^ant une foible arrière-garde dans le fort- La principale ligne de défense, qui prit dans la suite le nom de

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MCOBde ligne, avait élé établie d'après les cooditioos suivantes:

4* Qu'il n'y a qae quatre grandes routes tpii -ctHiduisenl à Lisbouw, estre la mer et le Tage, au-dessous du ■paaal où ce Seuve, ayant acquis une largeur et une profondeur considérables, devieni, miiitairemuit parlant, une barrière insurmontable pour une armée;

a» Que trois de ces roules, à des points presque eu ligne droite, passent sur des cols ou entre des hauteurs qui offrent de grands moyens de défense , savoir : dans les défilés de Hafr», de Hontecfaique et de Buoellas ;

3° Que la quatrièine, qui borde le Tage, où le lerrais présente moins de ressources pour la défense, passeà Alhaodra, au (ried d'une fbrle chaîne de montagnes qui se trouvent à environ deux lieues en avant de la droite de la ligne des défilés dont on vient de parier;

4° Enfin, que le pays situé entre ces roules élant raonlueux et accidenté, une armée ne pouvait, sans éprouver les plus grands retards et d'extrêmes difficultés, le traverser sur aucun point avec soo artillerie.

On proposa de fermer les passages entre les montagnes par des ouvrages très-forts, et d'élever sur les diSéreotes chaînes de monlagnes qui s'étendent d'un passage à l'autre une ligne de retranchements présentant une barrière continue à travers la Péninsule; de sorte qu'une année d'invasion se trouv&t dans la nécessité de forcer cette ligne par une allaqae de front, avant de pouvoir se porter sur Lisbdane.

La nature avait beaucoup fait pour l'exécution de ce projet.

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