‹ Histoire du duc de Wellington (volume 3)Chapitre 13 sur 23 · I)T.IT, P.5S · texte numérisé non relu

I)T.IT, P.5S

(3) Dans sa lêlire, du 24 octobre 1813, au ministre de la guerre, ce même Kéaénl 4iuli : ■ FouTons-noufl donner le comnundement de notre armée à un étrenger, quelle q«e Mil « d*aillcurs notre situation politique, sans déslionorer la nation? »

ser ses mouvements , tandis que les autorités ioeales, sous pression de la populace de Cadix, déclinaient Imrs ments à peine conclus.

On ne se rend pas compte aujourd'hui des embarras donnèrent au général en chef cette situation des esprits Angleterre et en Espagne. Longtemps il paya de sa sonne sur le champ de bataille avec la eonyiction cpie moindres revers seraient exagérés ou taxés de crimes, tani que ses plus beaux triomphes ne lui procur^ent aucun ai tage solide. Mais cette conviction, toute pénible qu'elle fâ n'agit point sur son caractère ; et jusqu'à la fin de la pagne, il se signala par la même activité, la même rance, le même courage devant l'ennemi, le même froid dans la mauvaise fortune, la même retenue et la modération dans la prospérité. Il ne désespéra jamais du lut de la Péninsule, et cette confiance, première vortn général, lui fit endurer avec une rare philosophie des cl< ceptions et des contrariétés sans nombre. Par la fenneté cSe ses convictions et le succès inespéré de ses entreprises 9 «' parvint à rassurer ses compatriotes et à vaincre la ûéàcfïïmr du gouvernement anglais ; tandis que, par l'aniénité de aoB caractère et les services de plus en plus signifieatifo qaTH rendit à la cause nationale, il finit par obtenir l'estime d^^ Espagnols, le concours loyal et la sympathie dci leurs gén^' raux.

L'armée anglaise, qui même après les rtformes introduites dans son organisation par le duc d'York laissait beaucoup ^ désirer (1), devint, sous l'habile direction de Wellingtoa* t^ machine de guerre la plus parfaite que l'on eût vue jusqu'aloc^ dans le Royaume-Uni (2). Toutefois, l'infériorité n«Biérii|U^

(1) Voir ALISOlf. t. VIII. p. 151.

(S) Son Infinteiie était supérieure ft celle de rarinée miDcalae; BMlt Mr l« cl

ette armée obligea le général en chef à former un continpiHrtugais. L'organisation et Finstruction de ce continfurent si bien dirigées, qu'il put être incorporé dans %ée britannique sans amener aucune perturbation. Â la [e la guerre, les bataillons anglais et portugais, confonlaiis les mêmes divisions, ne formaient plus qu'une seule •«, parfaitement homogène, malgré l'énorme différence ^idstait entre le caractère des recrues des deux nations : tat fort honorable pour le général en chef, et surtout le maréchal Beresford, qui avait été spécialement chargé 9rganisation des troupes portugaises.

C'est en créant ces ressources d'influence morale et de Mnce matérielle, que Wellington éleva progressivement metère de la guerre d'Espagne. Parti avec une poignée de pes, il revint dans sa patrie commandant la plus forte ^.qui eût été mise sur pied jusque-là en Angleterre, et qoem de la plus grande guerre à laquelle eussent pris jusqu'alors les armes de son pays (i). » ésormais l'Angleterre, grâce aux talents de son général, ferait plus au second rang des puissances militaires ! d triomphe surprit tout le monde, excepté peut-être celui *avait préparé. Dans un moment où l'idée de combattre :iléon sur terre semblait une folie à la plupart des hommes dt anglais (2), et alors que toute l'Europe, pour ainsi dire.

kent. Sa cavalerie fut toujours Inférieure, de Tavcu niâme des Anglais. « Il serait UOi ilt lUpler (t. V, p. 327), de ne pas reconnallre que la cavalerlt française remporte « nôtre. «

^émoér af ihe duke ot ff^eiiington, pubilé par lo Times.

Avantqae la campagne de la Péninsule n^eùt prouvé rescellenco du système militaire Grande-Bretagne dans les dlfTérenlcs branches de Part de la guerre, Parmée anglaise « la manière la plus absolue, mal appréciée ches rétranger et méprisée dans son pvo- 9S. Il était raisonnable de supposer qu'elle n*avalt pas cette facilité d^exécuter les ^MemrenienU que les Français avaient acquise par une longue pratique; mais le aol- ^Slais était (et est encore) très-faussement considéré comme manquant d*intelilgeBce Hlvtté.LN>Acler était ridiculisé ; et indée que même, pendant la durée dHine seule sne, une armée anglaise pût se mesurer avec une armée française, était considérée ^Qiiechfmère.— IIAPIRR : ffisiotres des guerres de la Péninsule, t. I«%llv. I,cbap.l«r.

se courbait résignée sous le joug impérial; en 1808, peu après Tillsit, Wellington avait remarqué les défauts du système de Toccupation française, et conçu Fespoir de délivrer la Péninsule de ses hôtes importuns. Cet espoir, il eut le talent de le faire partager à ses troupes et à ses concitoyens.

L'Angleterre , convertie par Topiniâtreté de son général et la grandeur du résultat obtenu, finit par se rendre compte de la nature de la guerre, de son importance européenne, et de rétendue des devoirs qu'elle lui imposait.

Les princes alliés, non moins incrédules dans les premiers moments, et l'empereur Napoléon lui-même, si dédaigneux quand il parlait des troupes anglaises, comprirent enfin que la lutte engagée dans un coin de la Péninsule pouvait conduire au dénoûment de la guerre, et changer complètement la face du monde.

Voilà ce que Pitt avait prévu dès 1805, et ce que Wellington eut le mérite de saisir après lui, de rendre évident par ses victoires, de plus en plus décisives.

Que de prudence, que de résolution, que de génie, il a fallu pour arriver à ce résultat !

En butte à l'hostilité des partis, à l'ombrageuse susceptibilité du peuple espagnol, mal secondé par le cabinet de Londres, quelquefois même injustement accusé , il devait, chose plus difficile que de vaincre, résister aux excitations de la démocratie espagnole, aux sarcasmes de l'opposition anglaise, aux clameurs du peuple, que cette opposition avait subjugué en le flattant, aux intrigues plus dangereuses des cours, aux entraînements de l'amour-propre, au découragement que fait naître l'ingratitude, et à l'irritation que provoque, même dans les âmes au-dessus du vulgaire, les déceptions et les calomnies réitérées. Selon nous, il serait di£Bcile de dire si la gjuerre d'Espagne fait plus d'honneur aux talents militaires de Wellington qu'à la fermeté de son caractère et à sa perspicacité politique.

Quelques écrivains, jaloux de la gloire des armées anglaises, ou intéressés à faire une trop large part à Tinfluence des masses insurrectionnelles, ont attribué le succès final de la guerre au patriotisme des Espagnols. Certainement on doit reconnaître que sans la persévérance et Thostilité résolue du peuple espagnol, les Anglais n'auraient pas expulsé de la Péninsule des forces trois et quatre fois plus considérables que les leurs; mais, d'un autre côté, il est certain aussi que, sans les secours en hommes et en argent de l'Angleterre, et sans le génie de Wellington, la guerre eût fini après révacuation de la Corogne.

Les Espagnols montrèrent pendant la lutte plus de cruauté que de véritable bravoure. Trop souvent la ténacité de la vengeance leur tint lieu de cette intrépidité calme et persévérante, sans laquelle on ne fait rien de durable à la guerre. Il semble même qu'ils eurent plus de haine pour les Français que d'enthousiasme pour leur propre cause.

(c Dans leur fol orgueil, dit M. Thiers, ils étaient incapables d'apprécier ce que valait l'armée française, et leur ignorance les sauvait du découragement. S'enfuyant presque sans se battre, ils souffraient peu,^ car il n'y a que les défaites fortement disputées qui soient profondément senties ; et ils étaient prêts à recommencer indéfiniment une guerre qui ne coûtait de désastres qu'aux villes , qui plaisait à leur activité, qui répondait à tous leurs sentiments religieux et patriotiques. »

Dans la guerre de la Péninsule, il y eut plusieurs époques où l'enthousiasme fit place au découragement, et la haine contre l'étranger à un commencement d'entente avec le roi Joseph. Des témoignages irrécusables prouvent que la perte de la bataille de Rio-Seco, la détresse de Saragosse, les préparatifs de Moncey pour une seconde attaque contre Valence, le désordre des affaires, et par-dessus tout la terreur et le dégoût inspirés par les excès de la populace avaient produit un

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