JONES
(3) Le revêtement de cette enceinte n'avait que 23 pieds de hauteur.
(4) D'après Jones, l'attaque échoua parce que les tirailleurs négligèrent de soutenir les troupes d'assaut, et parce qu'un bataillon portugais , chargé de faire une démonstration, fut arrêté par le feu d'un corps de garde.
jraprès Wellington (Toir sa Itlirê du 23 novembre 18l3i au eomiê de i4verpaoi)t Tinsuccès
Dans la nuit du 24, les sapes se trouvèrent assez rapprochées de la place pour que Ton pût commencer une galerie de mine destinée à faire brèche à la première enceinte; quarante-huit heures après , on ouvrit une seconde galerie à droite de la première. Malheureusement, on n^avait pas de moyens suffisants pour exécuter ces travaux en temps opportun. Il fallut y employer des hommes sans expérience, et à qui Ton ne pouvait donner pour outils que des pelles et des pioches de terrassiers (i).
Ce fut donc seulement dans la nuit du 29 que Ton fit jouer la première mine. L'escarpe se renversa par Texplosion ; mais les fourneaux ayant été mis trop près du mur, il n*y eut pas de talus, et le parapet resta intact; de sorte que les 500 hommes désignés pour l'assaut durent revenir sur leurs pas (9).
Le 4 octobre, une batterie ouvrant son feu sur le haut de la brèche fit ébouler assez de terre pour former une rampe praticable, de 20 mètres environ de largeur. Le même jour, à 5 heures de l'après-midi , la deuxième mine produisit une trouée de 50 mètres. Plusieurs colonnes assaillirent aussitôt les deux brèches. Après avoir chassé l'ennemi à coups de baïonnette, les Anglais se logèrent sur les rampes au moyen
de celte aiUqve doit dtre attribué k la nésllgence de l\>incler d*état-aia|or cliantd de la condwite des troupes» Cet officier rut tué, et les Prançali trourèrent sur lui lealaslmctiens quil avait reçues ; « de sorte , dit Wcnioglon , que rattaque ne put être renmi- ▼elée. »
Les pertes des alliés s'élevèrent, d'après Curwood, k 59 tués et 280 blessés.
Vaprès Belmas, ils laissèrent dans les fossés une quarantaine de morts et 5 échelles : les français eurent 9 tués et 13 blessés.
(1) Toir JONES, p. 273, et BSLMA8, p. 482.
« ces mineurs Improvisés, dit Jones, mirent 106 heures i faire une salerle de 60 pieds eo bon terrain. »
(2) C'est la version des auteurs français. Jones prétend que levant-garde de la eoleiiae d'assaut ne trouva point la brèche, et qu'elle retourna en annonçant que la mine n'avait produit aucun effet (P. S48.)
Weiltaston (voir sa lêUrê du 5 octobre, au comté de Uverpooi) dit que les treoiMs de iettUen, faute d'officiers du génie peur les conduire (un était tué, un autre Meaeé, le troisième malade et le quatrième chargé de conduire les obemlnenenls), revinrent tmr leurs pst ssM avoir trouvé la brèebe, tant IH>btciirilé était grande.
de quelques travaux de sape (i); mais le lendemain, à 5 heures du soir, une partie de ces travaux furent détruits par une sortie de 300 hommes*
Ce dégât ayant été réparé, les assiégeants se mirent en devoir d'atteindre la seconde enceinte : rien n'eût été plus facile, s'ils avaient eu des sapeurs -mineurs exercés ; mais les hommes de la ligne qui en tenaient lieu ne pouvaient avancer qu'à la sape volante, ne connaissant pas le mécanisme de la sape pleine (s). Aussi les alliés faisaient-ils des pertes considérables et peu de progrès. Les pluies leur donnaient en outre de grands embarras, en délayant les terres et en remplissant les tranchées d'eau vaseuse.
Le 8 , à deux heures du matin , 400 hommes sortis de la place surprirent la garde de tranchée , enlevèrent tous les outils et rasèrent complètement les travaux de sape entre les deux enceintes. Â partir de ce moment, les alliés n'avancèrent presque plus (s). Cependant Wellington parvint à faire brèche avec Tune des batteries du mont Saint-Michel , à une partie de la seconde enceinte imparfaitement couverte. Cette brèche fut praticable dès le 8 au soir ; mais, faute de cartouches d'infanterie (4), on ne put y donner l'assaut dans le moment même. Ce contretemps permit aux assiégés d'escarper la brèche, en déblayant les décombres qui se trouvaient au pied du mur«
Le 9, Wellington fit tirer à boulets rouges pour mettre le feu au couvent de la Blanca ; toutefois cette tentative, renou-
(I) ce quatrième assaut, diaprés Gurwood, coûta aux alliés 399 bouimes, dont 76 tués. Les rrançais d*après Belmas, eurent seulement 37 tués et 42 blessés.
(3) voir Jouit, p. 284.
(3) m Le l$t Ils essayèrent de construire un caTalier de tranchée, mais Ils ne purent réMilr, taat les hommes étaient peu an courant de ces sortes de travaux. » Jonks.
(4) JOMItt.
Belmas est dans rerreur quand 11 attribue le retard de rasuntà la timidité des Anglais et i •• loBfueiir du cbemin qnlis eurent i parcourir. La Téritable raison, c*est que wellinston cralfanit, eu usant set dernières munitions , d'être pris au dépounru par i*armée françtlte qui se réunistait à Brtviesca.
velée à diverses reprises, n'eut aucun succès. Dans la même journée , les mineurs débouchant d'une maison voisine de Téglise de San-Roman , entrèr€;nt en galerie de mine pour faire sauter cet édifice (i) et prendre Fennemi à revers.
Le 14, arriva de Santander le convoi de munitions qu'on attendait depuis plusieurs jours. Wellington fit aussitôt contrebattre les pièces du donjon ; mais telle fut la supériorité de ces dernières qu'elles réduisirent au silence, en moins d'une heure, les bouches à feu des alliés. On se borna dès lors à rendre la brèche de la seconde enceinte de nouveau praticable , et à dégrader les talus de la troisième enceinte de manière à pouvoir les franchir sans trop de difficulté (s).
Le 18, Wellington dicta l'ordre de l'assaut sur le terrain même des attaques (3). À quatre heures et demie du soir, on mit le feu à la mine sous l'église de San-Roman. L'explosion fit une brèche considérable dans le mur crénelé servant de t^lôture; à ce signal, huit bataillons, divisés en trois colonnes, s'élancèrent au pas de course. La première gravit la brèche de la deuxième enceinte, força les défenseurs à se retirer, s'élança ensuite sur le talus dégradé de la troisième enceinte et pénétra jusque sur le terre-plein du réduit , où elle fut attaquée de front en même temps que prise en flanc par les défenseurs des redans n""* 14, 15 et 16 de la deuxième enceinte : cette double attaque rejeta les assaillants au delà des brèches avec une perte considérable (4).
(1) Belmss fait observer que les assiégés n^sTSlent pis le moyen de faire des contremines.
(2) Belmas parle d*une brèche faite A la courtine 1-2, brècbe dont Jones ne fait aoeane mention. Peut-être ce dernier n*a-t-ll pas considéré comme brèche les dé^ts que noua venons de m«'nilonner.
(3j Cette Instruction, en Tlngt articles, était basée sur le principe de remploi des troupes par détachements de 30 a M hommes. Le colonel Jones, ei après lui le colonel Held {Papêrs of Sngtneers) ont critiqué ce principe, qui. «-n effet, est condamné par Texpérlence.
(4) Jones dit que ce furent seulement quelques Allemands qui franchirent la troisième enceinte: mais nous croyons la version de Belmas, appuyée sur It Journal dp la diftn*^, plet exacte cette fois que la version de rauteur anglais ■
La seconde colonne , après avoir tenté Tescalade de la deuxième enceinte, en arrière de la première brèche ouverte à la mine (i), fut également obligée de se retirer sous le feu meurtrier de l'ennemi (2).
Pendant ce temps, la 5^ colonne, sous les ordres du lieutenant-colonel Brown, s'était avancée contre Téglise de San-Roman, par la brèche du mur crénelé, et avait fait replier les dé-* fenseurs de ce poste derrière la seconde enceinte. Mais à peine eut-elle pénétré dans l'édifice, pour se mettre à couvert d'un feu très-vif, que le chef de bataillon du génie Pinot mit le feu aux mines, préparées à cet effet, et ensevelit sous un amas de décombres plus de 500 hommes : le reste de la colonne s'enfuit épouvanté (3).
Le 19, les assiégés reprirent l'église, mais les alliés y rentrèrent le même jour.
Le lendemain , on apprit que l'armée française avait fait, dans la journée du 18, un mouvement offensif sur Monasterio, ce qui annonçait le dessein bien arrêté de faire lever le siège de Burgos. Toutefois , Wellington ne fit ses préparatifs de départ que lorsque déjà les coureurs de l'ennemi étaient en vue de la place (4). Le 21 (5), il donna l'ordre formel de commencer la retraite le lendemain à la pointe du jour (e).
Pendant ce siège, les Anglais avaient fait jouer 4 mines et tiré 4,062 coups de canon, dont 905 avec des projectiles français; ils avaient ouvert 5 brèches et livré 5 assauts, dont
(1) CMt-A-dire reicalade des redina 12, 13 et 14.
(t) Elle «ut lariout beaucoup à fouffrir du retnoohement D, conitrult pendant le ttége. (Voir, pour les détails de cette attaque, la iêttre écrite par WeUiuston i lord JkUhurtU\» 28 octobre 1812.
(3) D'après Belmas. Le colonel Jones ne parle pas de ces 300 bommes ensorells : le f:alt cependant est Indubitable.
(4) Journée du 20.
(5) Ce Jour, au matin , Wellington avait reçu une lettre de HUI^ annonçant le projet de l^enneml de se diriger vers le Tage, déj* guéable en plusieurs endroits.
(6) Ottbreton dit que Wellington, avant de partir, mit le feu à Parsenal de la ville, où II était resté beaucoup d\>liijets lors de la retraite de Tannée française. (Tolr son Bappori du 22 octobre 1812.)
un seul couronné de succès (i). Leur perte s'élevait à 24 officiers et 485 soldats tués, 68 officiers et 1,487 soldats blessés (s).
La garnison avait fait cinq sorties, toutes heureuses ; elle comptait 195 hommes tués et 445 blessés (s). Au moment de la levée du siège , elle avait encore 1 ,200 hommes sous les armes (4).
La belle défense de Burgos fit perdre à Wellington une partie des résultats que lui avait assurés la bataille de Salamanque ; elle produisit en Angleterre une émotion qui se révéla bientôt par des attaques violentes contre Tarmée de la Péninsule (5).
Le général Dubreton reçut de grands éloges pour ce beau fait d'armes, et Wellington lui-même trouva plus tard une occasion de le féliciter (s).
Les circonstances que nous venons d'exposer avec une scrupuleuse bonne foi servent de réponse aux attaques qui ont été dirigées contre Wellington et contre les ingénieurs anglais, à propos de ce malheureux siège.
Dans les conditions où se trouvaient les alliés, il eût été difficile de faire mieux, et en tout cas impossible d'observer
(I) Belhas. • l4iperU<l6t»lllét,<IItleKéoéral5arraiintrut certalMement trèt-coi»id€rable, malt elle n^ett pat le quart de ce qu'aurait coûté une bataille contre Soult i>our obtenir dant le Sud ce que lord welllnston tut lui arracher i»ar tet mouTements stratégiques dans le Nord. » P. 317.