JOUIS
(3) D'aprèt Dubreton, let défenseurs eurent 16 officiers et 607 sous-offlciers et soldais liors de combat, dont 104 tués ou moris des suites de leurs blessures.
(4) BitMAS.
(5) Le général Sarrasin prétend que ce fut par la négligence de Welllngtonrque la plaee ne tomba point entre les mains des Anglais. « SMI avait envoyé un parlementaire pour sonNuer ■ la place de se rendre , le général Bubreton te serait rendu étant décidé, depuis la Journée • du !•» i accepter une capitulation bonorable. » Nout n'avons trouvé nulle part la cooilr- HMtJoa de ee témoignage» qui doit être Ineiact. ^
(6) Ce rut en 1816, pendant le séjour de Wellington en France.
Bberer prétend que le due, pendant le siège de Burgof« paya de m personne tout autant quo le général Bnbreton. « H fut si souvent esposé» dMI,qn*ll n*écbappe que par un ibasard remarquable. • — T.li, p. 203.
strictement les règles de Tart. Vauban lui-même, sans outils, sans canons, sans projectiles et sans sapeurs-mineurs, avec un nombre insuffisant d'officiers du génie et des soldats exécutant les travaux de siège à contre-cœur , n'aurait peut-être pas obtenu de meilleurs résultats.
Le seul tort de Wellington est d'avoir entrepris le siège avec des ressources qu'il jugea lui-même insuffisantes en arrivant sur les lieux.
Faute de bons renseignements, il s'était trompé sur Tétat réel des ouvrages de la place; et lorsqu'il eut reconnu son erreur, il commit la faute de ne pas faire venir des canons de Santander et de ne pas repousser, en attendant, l'armée de Clausel de l'autre côté de l'Èbrc , opération conforme aux principes généraux de la guerre et qui, dans le cas particulier dont il s'agit, aurait eu l'avantage de retarder l'organisation de l'armée française (i).
Quant à l'opération même de la levée du siège, elle était devenue nécessaire après la lettre de Hill, annonçant que Joseph, parti de Requena le 18 octobre, se dirigeait par Cuença sur Tolède , avec 50,000 hommes d'infanterie , 8,000 cavaliers et 84 bouches à feu , dans le but de chasser les alliés du Tage (2). Presque simultanément d'ailleurs, Wellington avait reçu avis que Gaffarelli était à Yittoria avec 8,000 hommes d'infanterie, 1,000 chevaux et 16 bouches à feu, et que l'armée de Portugal, nouvellement renforcée, comptait environ 55,000 combattants (s).
(1) On doit critiquer aaul les détails do l'attaque, et notamment PemploI det galeries de Blae p<»ar flaire brèche; mais cette critique atteint moins le général en chef que les chefs de rarll ierie et du génie.
(2) Sft,000 fantassins, 6,000 csTallers et 73 pièces de canon provenaient de Parmée d'Andakmtie. Vêpres les Mémoires d€ Joseph, rarmée dn roi comptait 50,000 hommes et 84 canons.
(S) ITaprès Belmas, Tarmée du Portugal reçut de France 10,500 hommes d^lnfanterle et 1,300 clMTanx ; elle CM r^olnte par 9,500 hommes , 1 ,900 cheraui et 16 canons de rarmée du nord. 8e trouvant ainsi forte de 41,000 hommes , elle se mit en marche, te 17, vers ■orges. Souit, a la même époque, s'avançait avec 45,000 hommes, et rarmée du Centre avec IS,Ooo.
Toutes ces circonstances devaient nécessairement rengager à battre en retraite, puisque Souham, qui avait succédé à Clausel (i), pouvait d*un moment à Tautre se porter au secours du château y et que les forces alliées ne s'élevaient qu*à 20,000 Anglo-Portugais et 11,000 Galiciens, aussi peu redoutables en ligne que des guérillas. Les forces disponibles en arrière montaient à 3,000 hommes seulement. Ce n'était pas assez pour braver 44,000 Français. Hill, de son côté, ne se trouvait pas en mesure de tenir tète aux armées du roi (s) , d'autant plus que les 30,000 Espagnols chargés de menacer le flanc de l'ennemi et de retarder sa marche sur Madrid étaient restés à Grenade, par suite de l'insubordination de Ballesteros (5).
Pour faire face à cette situation, le général en chef ordonna à Hill d'abandonner la défense du Tage, pour se joindre à l'armée principale sur rAdaja.
Le général Souham était convaincu que son adversaire avait plus de 60,000 hommes et attendait encore trois divisions de Madrid ; il ne songeait donc pas à attaquer, et craignait au contraire de l'être. Sa situation, du reste, commandait beaucoup de réserve, car la défaite de l'armée de Portugal eût ouvert aux alliés les portes de la France. Plus tard, informé de l'état véritable des forces de Wellington par la voie des journaux anglais (dont l'indiscrétion habituelle rendait les plus grands services aux armées françaises), il rappela de Yittoria les troupes de Caffarelli , concentra les siennes à Briviesca , et se disposa à faire lever le siège àe Burgos.
(1) Claoïel était toujours souffmiit de la grave bleMure qu*il avait reçue au comlMt cTarrlère-garde, livré le lendemain de la bataille de Salamanque.
(2) U brigade Skeret , venue de Cadix , avait porté son armée à 40,000 hommes , 7 compris les troupes espagnoles Irrégulières. Une multitude de guérillas occupaient les environs.
(3) BaUesteros devait se porter entre Alcaraz et le fort de Cbinchtlla, <iu11 avait mission de protéger .Soult enleva ce fort sans difficulté, le 9 octobre. (Yolr la dépêche de Wêiiingttm du 90 octobre, à lord Bathurst.)
que aussitôt par une brigade de la garde , débarquée récemment à la Corogne, sous les ordres de Daihousie.
Le 25, Wellington se disposa à recevoir la bataille : c était un acte de vigueur digne d'éloges ; malheureusement on négligea de rompre les ponts de Palencia et de Tariego (i), et cette circonstance permit à Foy de tourner la gauche des alliés. Presque en même temps , la cavalerie française passa le pont de Banos et menaça leur droite (2).
La position n*étant plus dès lors assez forte , et la retraite pouvant être compromise par un plus long séjour, Wellington se replia, le 26 de grand matin, sur Cabezon. Il donna en même temps Tordre de garder les ponts de Tudela, de Yalladolid, de Simancas, de Tordesillas, qui assuraient sa marche au delà du Douro. Afin de gagner du temps, il se proposa de garder le plus longtemps possible sa position de Cabezon ; mais Soubam, qui avait ordre d'éviter la bataille (s), s'étendit de plus en plus à droite, et tâcha de le déloger en surprenant les ponts de Yalladolid, de Simancas et de Tordesillas : heureusement pour le duc, le premier de ces ponts résista et les autres furent rompus à temps; cependant, à Tordesillas , il se forma tout à coup , dans les rangs des Français déconcertés , une troupe d'élite composée de 60 officiers et sous- officiers. Ces braves, conduits par l'intrépide capitaine Guingret, construisirent un radeau sur lequel ils déposèrent leurs effets et leurs armes; se jetant ensuite dans les eaux froides du Douro, en ce moment débordé, et tenant leurs épées entre les dents, ils poussèrent le radeau devant eux à la nage. Sous la protection de Tartil-
(1) Cet ponts dcYalent être détru lu comme ceux de VilU-luriel et de Ouenat; malelei rraoçalt y arrivèrent avant que les travaux de mine fustcut achevéa.
(3) U mine préparée pour démolir ce pont manqua son effet. Ici encore lea ordres <lo Wellington forent mal exécutés.
(3) Le !•«, Joseph lui avait écrit d'éviter une action générale et d« combiner ses mouvements avec les siens. Cette lettre n'arriva que le 20 au matin, c'est-i-dire le Jour méMO oA avait résolu de livrer bataille. (Voir plus loin.)
lerie, ils gagnèrent ainsi le pied d'une vieille tour défendue par un poste ennemi. Attaquer ce poste dans Tétat de nudité où ils se trouvaient, s*en rendre maîtres et rétablir le passage fut Taffaire d'uil instant. Quand Wellington qui, dans ces entrefaites, avait détruit les ponts deValladolid et de Cabezon (le 28), et passé le Douro à Tudela et Puente de Douro (le 29) , apprit ce beau fait d*armes , il changea soudain de résolution , marcha par sa gauche et concentra son armée à Rueda, en arrière de Tordestllas, où il fut, dès le 30, en mesure de disputer le passage de la rivière (i). Cette prompte décision et la destruction des ponts de Toro et de Zamora assurèrent enfin la jonction de ses troupes avec celles du général Hill {%).
En annonçant ce résultat à lord Bathurst (le 51 octobre), Wellington écrivit : « Si je considère la force de Tennemi , a Fétat des troupes espagnoles, le grand nombre d'étrangers « qui se trouvaient dans mes divisions d'infanterie et la a faiblesse de ma cavalerie , je pense que jai échappé à la a plus mauvaise situation militaire qui fût jamais. »
Le duc garda sa position jusqu'au 6 novembre. Les ponts de Toro et de Tordesillas ayant été rétablis ce jour-là, il put gagner le 7 Torrecilla de la Orden , et, le lendemain, son ancienne position de San-Christoval, près de Salamanque. Le même jour, sir Rowland Hill, qui dès le 5 avait été en communication avec Wellington et dont la jonction s'était effectuée le 5, passa la Termes , laissant à Alba un corps anglais et une division portugaise (s).
(1)4 oellt daie, le pont était réparé, mais le groa de l*armée de SovImbi ne le troufall pas sacere tar les Heux.
(2) »a 22 au 2» Inclutlvemeiit, Tarmée alliée cul 127 hommes lues, &22 blessés et 243 mautuaBla.-JOiiM.
Les auteurs des y Moires et canquêHi se trompent donc eu allirmant que la retraite de. Burfie coûu aui alUés plus de 3,000 kommet, dont 1,800 prisonniers. Le pont de Xamora éUlt le enilème détruit par ordre de Wellington depuis le commencement de la retraite.
C3) tnuiB.
On a vu que ce général avait été menacé par les forces réunies du roi et de Soult (i), en marche vers le Tage pour opérer contre Wellington, s'il continuait le siège de Burgos, ou, s'il abandonnait ce siège et Madrid en même temps, le refouler en Portugal, de concert avec Tarmée de Souham. Hill, avec beaucoup de discernement, avait préféré la retraite par la Guadarrama à celle par la vallée du Tage, qui cependant offrait l'avantage de couvrir Lisbonne (2). Après avoir détruit ses munitions et brûlé ses pontons, il avait traversé Madrid (s) et réuni ses troupes à Majadahonda (le 31 octobre) ; Soult s'était mis à sa poursuite dans la direction d'Ârevalo, mais avec une prudence qui annonçait la crainte de livrer bataille (4).
Pendant ce temps, Joseph était entré à Madrid. Son séjour dans cette ville toutefois ne fut pas long.
Le 4 novembre, il opéra sa jonction avec le maréchal Soult sur la Guadarrama.
Hill continua son mouvement avec assez de bonheur. Il était presque hors de danger, quand Wellington apprit que Souham avait rétabli, dans la journée du 4, le pont de Toro. Cette circonstance ne lui permettait pas, sans compromettre ses derrières, de rester plus longtemps sur TAdaja. Il envoya donc à Hill l'ordre de se diriger sur Alba de Tormes, pendant que lui-même se replierait de Tordesillas sur San-Christoval.
Joseph, n'espérant plus dès lors séparer les deux généraux, marcha de Ségovie sur Arevalo. Le 8, il rencontra les éclai-
(1) cet forces réanls t'élevalent à 70,000 hommei.
(3) HUl tavalt que Wellington était pressé dans le Nord par des forces supérieures, et que les Français, à cause de la saison avancée, ne trouveraient pas de vivres dans IsYallée du Tage.
(S) Dans les premiers Jours d*octobre, le corps de HUl avait pris position sur le Tage, entre ▲ranjues et Tolède. Trois divisions étalent restées S Madrid.
(4) Gonune Soult avait seulement 35,000 hommes, et qu*ll croyait Ballesteros avec lUi, son devoir lui commandait d^agir ainsi. Four les Français, la perte d'une bataille eût amené l^vacuatlon de la Péninsule. Les alliés risquaient moins.
jreurs de Souham à Médina del Campo. Les forées réunies ^es Français s'élevaient en ce moment à 90,000 hommes, ^ont 12,000 de cavalerie, soutenus par 120 pièces de
L*armée alliée comptait seulement 64,000 hommes d*inanterie, 4,000 cavaliers et 70 bouches à feu (2) ; elle avait 'ailleurs besoin de repos et de soins : « Les hommes man- ^quaient de souliers , leur équipement était délabré, la cavaerie avait perdu de sa consistance, les chevaux pouvaient à ine faire le service, et la discipline était partout relâchée (5).» ^fïonobstant ces difficultés , Wellington désirait être attaqué ^sur la rive droite de la Tormès , parce que sa position était ^Krès-forte et rappelait à ses soldats de glorieux souvenirs (4). Le roi, de son côté, jugea Foccasion favorable pour livrer ne bataille et venger le désastre de Salamanque. Toutefois, *ayant pas assez de confiance dans ses capacités militaires, 1 donna le commandement des troupes à Soult, malgré les ustes et nombreux sujets de plainte qu'il avait contre ce aréchal (5).
On fut quelque temps indécis sur le choix du point d'at-
(I ) TlitlMaiieau estime les forces françaUes à 90,000 hommes, dont 10,000 cavaliers. Sherer
I 78«000 fantassins et 13,000 chevaui; Belmas à 95,000 bommes en loui; Pauteur des Mémoire»
19 Joteph à 80,000 hommes, dont 10,000 de cavalerie, et à 130 canons; le générai Sarrasin à
0,000 hommes seulement; Toréno à hO,000 fantassins et 12,000 cavaliers; Jones k 80,000 hom-
et 10,000 chevaux.
(2) Sur ces 68,000 hommes. Il y avait 52,000 Anglo-Portugais. Wellington , dans sa lettre du
0 novembre à tord Balhurtl^ prétend que son armée de la Tormès comptait 52,000 Anglo^Por- ■leals, dont 4,000 hommes de cavalerie, et 12 à 16,000 Ispagnols.
•'après Toréno, Il y avait 18,000 Ispagnols, non compris les guérillas et les troupes de l*£s- BMdore amenées par Hlil. Jones porte Teffectlf des alliés à 50,000 hommes; Belmas à 60,000,
1 raateur des Mémotrtt de Jotepiif à 70 ou 75,000.
(3) HAFisa, U IX, p. 898, et Wellington, fttre du 8 novembre au comte BeUhurtt,
(4) WditogtOD ne risquait rien : battu, H se retirait en Portugal ; yalnqueur, Il retour- It à Madrid.
(5) L« 12 septembre , un caplUlne de navire. Jeté à la côte près de Valence , remit nu roi , «Sans cette Tille, diverses lettres que Soult l'avait chargé de porter en France. Joseph , qui ^Uit sans nouvelles de son lieutenant, ouvrit ces lettres (écrites le 12 août), et vit, à son grand ^tonnensent, que le duc de Balmatie le dénonçait au ministre de la guerre comme un traître <^Bn correspondance avec renneml. (Yolr les Mémoires de Joteph, t. Tlli, p. 235 et 287; t. IX,
11 et 88.)
taque. Jourdan, faisant observer que la position de Wellington s*étendait sur une longueur de 5 lieues, depuis Âlba jusqu'à San-Christoval, proposait de passer nuitamment la Tormès à gué , et de tomber sur le centre à Calvariza de Âriba, pour forcer le général anglais à recevoir la bataille. Soult, au contraire, jugeant la position trop forte, était d'ayis de tourner la droite des alliés en passant la rivière à deux lieues au-dessus d*Alba (i), opération analogue à celle que Marmont avait tentée précédemment sur le même théâtre» mais moins dangereuse , à cause du grand rayon sur lequel elle devait avoir lieu (s). Ce plan devait avoir pour résultat de forcer Wellington d'accepter la bataille sur un terrain moins avantageux ; c'est ce qui engagea le roi à lui donner la préférence, bien qu'il eût l'inconvénient de laisser aux alliés le moyen de prévenir l'armée française sur la ligne de communication de Ciudad-Rodrigo (s).
Le 14 de grand matin, le duc de Dalmatie commença l'opération par le passage de laTormès, au gué deGalisancho, en amont d'Âlba. La trop grande confiance de Wellington (4) rendit ce passage moins difficile qu'il eût dû l'être. Les « postes d'observation de l'armée anglaise furent enlevés, et ^ les défenseurs d'Âlba de Tormès (5) débordés sur la droite, ce t qui les mit dans une situation fâcheuse. Quand le général en j
(1) Eq dirigeant un corps sur Tamamès , Soult aurait pu devancer Wellington à ten-Maooflw^ ^ où la route de Cludad traverse la Huebra, qui, bordée de marais sur les deui rives, forme un^ défilé extrêmement dangereux; mais, cralKoant que les chemins ne fussent mauvais. Il fera tenir ses troupes réunies et se rapprocher de Salamanque.
(2) Soolt suivit une chaîne de hauteurs enveloppant celle sur laquelle larmont avait fait son évolution à la bataille de Salamanque, et par conséquent hors de portée d^ne laque subite.
(3) On peut lire au t. YIII, p. 263, des Mémoiret de Joseph, les raisons qui engagèrent le rot « et Jourdan à ne pas rejeter le plan de Soult , dont lis avalent cependant reconnu le danfer- ^ (Voir t. IX, p. 99 et sulv., et p. 1 13 et sulv.)
Dans le même ouvrage , t. viii, p. 270, se trouve une note intéressante du eomte de Hé^^ ilto, indiquant les causes de rinsuccès de l*attaque projetée par Soult.
(4) II était à Salamanque, et 11 semblait si sûr de pouvoir empêcher le passage 9 qu*n lalm . pendant toute la Journée du U, le gros de ses troupes à San-Christoval sur la gavche de s^v position.
(5) Il y avait sur ce point 8,000 hommes.
chef arriva sur les lieux, le mal était sans remède. Il retira en conséquence la garnison d'Âlba et fit occuper pendant la nuit la position des Arapiles.
Wellington comptait être attaqué dans cette position le lendemain ; mais Soult ne se laissa point tenter par le désir de prendre la revanche de Salamanque ; il fortifia sa position de Mozarbes et étendit sa gauche jusque près de la route de Ciudad-Rodrigo.
En voyant ce mouvement, Wellington prit la résolution hardie de faire filer en plein jour (à 2 heures) son armée sur trois colonnes, parallèlement à la ligne de bataille de Soult, et pour ainsi dire à portée de canon. Cette opération, qui aurait pu avoir des suites désastreuses, réussit complètement, parce qu*on ne chercha point à la contrarier, et qu'il tomba subitement un brouillard épais et de fortes pluies qui rendirent les sentiers et les champs presque impraticables (i).
On doit reprocher à Wellington d'être resté aux Arapiles assez longtemps pour qu'un pareil mouvement devint nécessaire au salut de son armée.
Les alliés campèrent la nuit sur la Yalmusa , derrière la fauche de l'armée française, qui, peu d'heures auparavant, les ^^ait menacés en front ; ils gagnèrent ensuite, sans être inquié-
<1) Le roi Joseph, dans une lettre, da 23 décembre ISXl^ au général Ciarkg, dit : «Trois ont contribué à fayorlser la retraite de lord Wellington dans la Journée du 15 : la ^^«le» In trop grande circonspection da dnc de Dalmatie et le man4ue d^un bon officier K^a cavalerie.
«> Le duc de Dalmatie a perdu deux heures snr les baoteurs en arrière de Nuestra-Sefiora t^^ Yalaena, sous prétexte quni ne pouYalt s^ngager avant que Tannée de Portugal fût en ^Hk^More de le soutenir...
« Le ioir, les moindres ruisseaux étalent Impraticables. »
mes auteurs des y/ciotres et conquête* n*ont pas on mot de blâme pour le duc de Dalmatie, » ^. Belaaas fait preuve de la même Indulgence , en disant : • La brome qol régnait depuis le t aontln se convertit en on orage affreux , tel qu*on n'en vit Jamais de semblable. La pluie, i m^nl tombait par torrents, ne fit bientôt du champ de bataille qu'un bourbier Inextricable. B. X.\>bscurilé toujours crolsunte ne tarda pas à augmenter rhorreur de cette scène. •
tés, la place de Ciudad-Rodrigo(i). Cette retraite, comme celle de Burgos y fut signalée par de graves désordres et des actes d*indiscipline(2)« dont les meilleures troupes offrent malheureusement le triste exemple quand elles sont privées du nécessaire. Après Salamanque, l'armée française ne se trouva pas, sous ce rapport, dans de meilleures conditions. C'est ce qui résulte de l'extrait suivant d'une lettre écrite par le général Clausel au ministre de la guerre (s), a II est ordinaire de voir, après (c un échec, des armées découragées : il est difficile d'en voir <c une dont le découragement soit plus grand , et je ne puis c( ni ne dois taire à Votre Excellence qu'il règne dans cellec( ci, depuis longtemps, un bien mauvais esprit; les désorc( dres, les excès les plus révoltants ont marqué partout (c notre retraite. J'emploierai tous les moyens que me donne
(1) « ravant-garde française ne s'arrêta qu^â une lieue de Cludad ; elle ramassa une grande quantité de bagages et de voitures abandonnées et 4,000 prisonniers, au nombre desquels se trouvait lord Paget. » — Bblmas.
Vêlai officiel des Anglais réduit de beaucoup ce nombre de prisonniers, puisqu'il fixe les pertes du 15 au 19 Inclusivement S 50 tués, 139 blessés et 178 manquants, évaluation qui correspond du reste à celle de Jones. {Journaux det siège*, etc., p. 286.)
(2) Wellington • dans un ordre du Jour du 16 novembre, attribua ces désordres à ta nigtigence de* officier* à faire ob*erver ce qui e*t du devoir du *oidai. « Ce document, dit Sberer (t. II, p. 210), rempli d'amers reprocbes, fut accueilli par Tarmée avec dépit fpexaiton)^ car plusieurs corps avalent maintenu une sévère discipline. » Quoique Maxwell et Soutbey confirment cette opinion, nous tenons pour plus exacte celle du général en cbef, qui n'avait aucun Intérêt à dénigrer ou A vexer ses troupes.
Depuis Salanaanque, les soldats, en. cinq Jours, n'avaient reçu que deux rations; aussi, ayant rencontré des troupeaux de porcs. Us s'étalent débandés pour leur donner la chasse, malgré la présence de l'ennemi. En vain, Wellington ût pendre deux coupables : les soldats affamés continuèrent leurs désordres, pillant et buvant avec tant d'intempérance, qu*iui jour on en trouva 12,000 ivres â la fols (Stocqueler). Les pillards et les Ivrognes furent pour la plupart pris par renneml ou tués par les habitants.
Des scènes analogues avaient eu Heu après Talavera. (Voir If apiib, t. IX, p. 419.)
Stocqueler prétend que le nombre des soldats pris de boisson qui périrent ou tombèrent entre les mains de l'ennemi s'éleva à 7,000; mais ce chiffre doit être exagéré, puisque Joncs affirme que Wellington, dans la retraite de 50 lieues qui suivit la levée du siège de Bnrfos ne perdit que 850 hommes. {iH*t. de la guerre d'S*pagne.)
Le fait suivant donnera une Idée de l'indiscipline qui régnait dans l'armée anglaise : à la suite du combat livré sur la Huebra le 19 novembre , Wellington assigna à son armée ano ligne de retraite qui parut défectueuse à quelques-uns de ses généraux. En conséquence , ces officiers prirent sur eux de faire filer les troupes par le chemin direct que le duc avait reconnu et qui était tout à Cslt Impraticable. Cet acte d'insubordination aurait eu les conséquences les plus graves t si Wellington n'avait pris immédiatement des mesures pour en arrêter l'effet.
(S)Le//Mdu6«oùtl8l2.
« Tautorité pour changer les dispositions du soldat et mettre c< un terme aux déplorables actions commises journellement « sous les yeux mêmes des officiers de tout grade, actions a que ceux-ci ne cherchent point à réprimer. »
Il n'est pas étonnant que des faits identiques se soient produits dans Tarmée de Wellington. Cette armée, du reste, eut de grandes difficultés à surmonter par suite de la nature du terrain, de la continuité des pluies, du manque de vivres (i) «t de rinsuffisance des moyens de transport. Sur certains points, les troupes durent passer les cours d'eau homme par liomme sur des troncs d'arbres. Soult, heureusement, ne montra pas une grande vigueur dans la poursuite; il fut même obligé de s'arrêter sur l'Huebra, faute de vivres. Sans cette circonstance, Wellington serait arrivé à Giudad dans un pire ^tat que celui où se trouva John Moore quand il soutint le glorieux combat de la Gorogne. Ces deux retraites mémora- Ibles offirent plusieurs traits de ressemblance, et nul doute ^e l'envie n'en eût fait une arme contre le vainqueur de Salamanque, s'il eût eu le malheur d'être tué, comme son illustre collègue, à la fin de la désastreuse et cependant ho- :norable expédition de 1809.
L'armée française s'établit entre Yalladolid et Tolède ; Wellington prit ses quartiers d'hiver sur l'Âguada, et Hill se dirigea vers le Tage, avec ordre d'occuper Coria, Palencia et Bejar.
Ni Wellington , ni le roi ne désiraient continuer la campagne : l'un, parce que le tiers de ses troupes était à l'hôpital et que la situation morale des régiments était aussi peu satisfaisante que leur équipement et leur organisation (t) ;
(1) 4 cause de cette iotufllsance de moyent de transport, rarmée alliée fut obllfée de ■ibeer en arrière ane partie de tes blettes, qui tuccombèrent à d^borrlblet tonffranoet. (3) Toir RAPiuu t. IZ. p. 420, et ff^êlUngtOH, Mif du 2S noTeobre 1812, à tord Bathurti-
— l'autre, parce qu'il manquait de vivres et qu'il avait perdu son artillerie et ses magasins de Séville, Grenade, Madrid, Almaraz, Salamanque et Yalladolid.
Si la campagne de 1812 n'eut pas les résultats que Wellington avait espérés, c'est-à-dire si les circonstances l'obligèrent à rester au Nord, au lieu de terminer les opérations par une grande bataille sur le Guadalquivir, cette campagne n'en fut pas moins utile pour la cause espagnole, glorieuse pour l'armée alliée, honorable pour le général qui la commandait.
En effet, l'ennemi avait levé le siège de Cadix, évacué l'Andalousie, perdu ses places de dépôt du Nord, de l'Ouest et du Sud. Il avait abandonné aux alliés, depuis le mois de janvier, 20,000 hommes (i) et près de 3,000 bouches à feu. Enfin, son armée se trouvait comme investie au milieu de l'Espagne, ayant les Anglo-Portugais sur son front, leurs escadres sur ses flancs, l'insurrection et des nuées de guérillas sur ses derrières, depuis les Pyrénées jusqu'à Gibraltar.
Ce résultat inespéré était l'œuvre de l'Angleterre. Elle l'avait obtenu par son expédition de Popham sur les côtes de la Biscaye, par la descente de Maitland en Catalogne, par l'appui généreux prêté aux défenseurs de Cadix, et surtout par la bravoure de son armée de terre^ l'énergie persévérante et la haute capacité de son général en chef.
Si Wellington commit des fautes, et si sa retraite fut moins
(1) L9Uré du 33 aoTenbre au eomiedê Uvêrpooi» Cet 20,000 prlMnalen iTtlt élé «afvfét en Angleterre»
remarquable peut-être que celle de John Moore, néanmoins
il se distingua dans cette campagne par une rare sagacité,
beaucoup de sang-froid et une grande aptitude à tirer parti
des circonstances les plus diverses. « Waterloo, dit un auteur
anglais, peut paraître un exploit plus glorieux à cause de
l'homme extraordinaire qui fut vaincu dans cette journée ;
Assye peut être estimé une action plus étonnante ; mais la
l>ataille de Salamanque sera toujours citée comme celle où
Wellington déploya le plus de talent et d'habileté. »
Plusieurs écrivains militaires de France se sont élevés contre ce jugement (i); mais dans des termes qui font douter de leur impartialité» Moins exclusif et plus juste, l'auteur du Précis de l'art de la guerre est convenu que la camjpagne de 1812 a délivré le midi de l'Espagne et donné un ^ascendant marqué à l'armée anglaise sur celles des maréchaux «le l'empire. « Bien que lente et compassée, dit-il, cette cam- 3pagne fait honneur à Wellington. Le choix de sa direction tratégique était sage , ses dispositions de combat étaient hailes. » Toutefois, M. Jomini blâme le général anglais d'avoir ^gperdu 50 jours à Burgos, et donné à Glausel le temps de :srefaire son armée battue à Salamanque (2).
Sans la grande faute commise par l'empereur de déclarer la guerre à la Russie, dans un moment où les hostilités étaient encore flagrantes au delà des Pyrénées , l'Espagne :n'eât pas été si promptement délivrée.
On a prétendu que Napoléon ne se dissimula point les avantages que donnait à Wellington l'occupation du Portu-
(1) Ifous citeront notammeiit Ict généraux auteurs des Fictoiret eteonguêlet des armées Jfançais9s, et le compilateur des Mémoires de Joseph. Ce derDler, après avoir fait à sa gulsc on résumé de la campagne de 1812t s^écrle : « De ce résumé, nous tirons la conséquence que lord Wellington ne lutta Jamais dans celte campagne contre des forces supérieures ; quYl obtint des succès et évita des revers, par des causes autres que la supériorité de son génie et celle de la valeur de ses troupes... » T. vin, p. 474.
H. Da Casse oublie qu*U n'est donné qu'aux hommes supérieurs de savoir profiter des fautes d'autruL
U) Jfapoiéan au tribunal dé Cétar,
gai y de Ciudad-Rodrigo et de Badajoz sur le flanc d*une ligne d'opérations de 200 lieues de profondeur, et que son premier plan fut de concentrer derrière l'Èbre, pendant la campagne de Russie, tout ce qui lui restait de forces en Espagne ; mais on ajoute , qu*à la suite des succès du duc d*Albuféra, dans le royaume de Valence, et après la destruction de Tarmée de Blake, l'empereur changea d*avis et résolut de garder toute la Péninsule avec 231,000 hommes, dont 178,000 présents sous les armes. Ce n'était pas le moyen de frapper des coups décisifs, mais du moins on pouvait ainsi faire subsister plus facilement les troupes, et Napoléon se préoccupait plus de cet avantage que des^ dangers d'une trop grande dissémination, sans doute parce qu'il n'avait pas une haute opinion de Wellington, qui passait alors dans les conseils de l'armée française pour un général propre seulement à la guerre défensive.
CHAPUBEXI.