‹ Histoire du duc de Wellington (volume 3)Chapitre 7 sur 23 · SI · texte numérisé non relu

SI

dâD8 toute TËspagoe^ et principalement dans la Biscaye ^t la Navarre. Les guérillas étaient plus fortes, plus audacieuses, mieux organisées et plus disciplinées qu^elles n'avaient jamais été. Leurs bandes, grossies, méritaient presque le nom d'ar*mées. Elles interceptaient 1^ communications 4es troupes françaises (i) et s'^nparaient de tous les approvisionnements. Pour avoir des vivres, il fallait disséminer les corps et livrer des c(Hnbats incessants. Enfin , les lettres de Paris destinées au roi n'arrivaient souvent qu'après deux mois d'attente (s).

Informé par Caffarelli de cet état de choses, l'empereur éorività son frère (3) : ce Gardez Madrid seulement comme poiot « d'observation ; fixez vos quartiers à Valladolid, non cogime « roi , mais comme général des forces françaises; concen- « trez les armées du Sud, du Centre et de Portugal autour « de vous. Les alliés ne veulent et ne peuvent faire aucun a mouvement sérieux d'ici à plusieurs mois ; c'est pourquoi a vous devez profiter de leur idactivité forcée pour réprimer « l'insurrection dans les provinces du Nord, rouvrir les coma munications avec la France et rétablir une bonne base <c d'opérations , avant le commencement d'une*«autre cama pagne, de sorte que l'armée française soit en état de com- « battre les alliés, si ceux-ci s'avançaient sur la France... »

Ces instructions, marquées au coin du génie et de la prévoyance, Joseph ne sut ni les comprendre ni les exécuter à temps. Il dédaigna l'insurrection des provinces du Nord, si habilement entretenue par les Anglais, et qui s'étendit bientôt

(I) u communleailoD de Jacca à sarraf otse était la aenle qui reitât libre ta eemmeiice- ■neat de I8IS.

(S) Pour n^M citer qnHm exemple, le général Clarke aecuia réception, à la date da 22 Juin lait» dniae lettre écrite par le roi le 16 mal.

(S) La première Inatructlon dans ce sens fut adretsée au roi par le duc de Feltre . le 4 Janvier 1813; on la renouvela le U et le 29 janvier ; lea 3, 12 et 25 février, et les !«, 11, 12 et 18 man. A la fin, le duc de Feltre fut obligé d*écrlre directement i leille et à ciausel pour l«nr donner IV>rdre de renforcer let troupes chargées de réprimer llnsurreotton delà Iltcêf0f de U Navarre et 4e TAragon.

à TÂragon et à la Catalogne (t); il s'occupa de mesures administratives, quand il aurait dû être tout entier à la guerre; il ne prit aucune décision pour réunir ses troupes dispersées depuis Valence jusqu'au pied des montagnes de Galice (s) ; il soutint même, tant il poussait loin l'aveuglement, que Madrid était un meilleur centre d'opérations que Yalladolid (s).

Wellington aurait pu mettre ces circonstances à profit et battre les Français en détail, en faisant venir Hill par Bejar, en passant la haute Termes et en marchant ensuite sur Àvila ; mais ses troupes n'étaient pas encore suflBsamment remises de leurs fatigues, ni ses mesures assez avancées pour prendre l'initiative à cette époque. Du reste, l'espoir d'obtenir un succès^ prompt et glorieux tentait moins son amour- propre que la. certitude d'arriver à son but par des moyens lents et sûrs. H voulait, une fois lancé, ne plus s'arrêter qu'il n'eût délivré

(1) Cependant le dac de Feltre a?alt écrit au roi le 12 février : « Qne Votre Majesté emploie tous les moyens dont elle dispose pour mettre fln à cette guerre Interne, qui trouble le repos des habitants paisibles, ruine le pays, fatigue nos armées et les prive de tous les avaBtages qu*elles trouTcraienldans lH>ccupatlon tranquille de ces belles contrées...

« Talladolld et Salamanque deviennent aujourd'hui les points essentiels entre lesqaels doivent être réparties des forces prêtes à prendre l'offensive contre les Anglais et à dire échouer leurs projets... »

(2) Suchet était opposé aux alliés à Allcante; Soult, commandant Tarmée du Centre, avait ton quartier générai A Tolède ; Foy surveillait Bejaret la haute Tonnes; et le reste de l^amée de Portugal occupait divers points sur la basse Termes, le Douro et TBsla.

(3) Ce dernier fait est attesté par Ifapier, qui a pu consulter une partie de la correspondance du roi JoaephfpriseA Vlttorla. L*aulenr des 5fém0fr«« conteste formellement cette aisertion en s'appuyant sur la lettre du 23 mars, où le roi dit en propres termes : « J'anralii Mes préféré, puisque le sacrifice de Xadrid était fait, que Ton eût pris le parti de rabandonner entièrement. » Hais nous ferons observer que ces mots, puisque tê titerifteê de MtutrM egt Aa//, sont plutôt d*un homme résigné A une mesure mauvaise quils ne sont l'opinion d>iii général satisfait d'exécuter une mesure qu'il approuve. Au reste, Joseph mit une lenteur extrême A quitter Madrid. L'ordre lui arriva le 16 février, et sa première leUre, datée ûm Talladolld, est du 23 mars. Nous ajouterons que Clarke , dans une dépêche du 30 mars, fait aMasioii A deux lettres des 23 et 24 février, qui ne figurent pas dans la correspondance dn roi, et «ù celui-ci parait avoir élevé des ol^ections contre l'évacuation de la capitale. Enfin nous trouvons, dans une lettre du 30 mars, écrite par le ministre de la guerre au roi, le pasaage solvant : « Qu'a dû penser Pempereur en apprenant que l'armée du Midi , presque tont«atlère, allait être concentrée dans la vallée du Tage, après avoir si positivement déclaré qne Madrid ne devait être oecupé que par l^xtrémlté de la ligne 7 » (Voir encore la iëtiredu 9 avril de Clarke à Joseph.)

H résulte de ces divers documents que l'assertion de Napier se rapproche plua de la vérité que celle de fin Casse, empruntée probablement aux Mémoires inétMsdeJouréam, mis à contribution par cet écrivain.

ia Péninsule, et pour cela il lui fallait une armée dans le meilleur état possible.

Joseph» après une assez longue hésitation (i), quitta Madrid le 18 mars. L*armée du Centre (comte d'Erlon) alla s'établir Si BurgoSy et Tarmée du Sud (Conroux et Gazan), entre la Tonnés, le Douro et rÂdajo (s) ; Tarmée de Portugal (Reille) était à Médina del Rio Seco et sur TEsIa, et celle du Nord (Gaffarelli) observait la Navarre et la Biscaye (s).

Dans cet état de concentration , les embarras de vivres deirenaient de plus en plus sérieux (4); néanmoins, le roi ne £t rien pour prendre l'offensive» ni pour éteindre l'insurrection des provinces du Nord, qui s'organisait sur ses derrières depuis plus de six mois, sous la protection des juntes et de la ilotte anglaise (5). Entourée par cette insurrection menaçante,

(1) Bu» M lettre da 2 mal, ioieph Indlqae les motlfl qui rempéchèrent d^arrlver plus tôt à "^•lladolld ; Us sont en général peu concluanU.

(S) Saur )0,000 bommet soua lea ordres de Lefal, qui restèrent à Madrid.

(S) Vue partie de Tannée de Portugal, sous les ordres de Clausel, était employée au même «MTviee.

(4) Lea moissons n'étalent pas mûres, et le temps permettait ayi flottes anglaises de garder 9a eôle et dintercepter tout secours venant de France par vole de mer. — If apibji.

(5) Woy* Sarrut, Palombinl et Clausel firent cependant asseï de mal aux partisans; mais ces «éBénux avalent trop peu de monde et s'étaient mis trop tard en campagne pour étouffer

VhMwreeilon du Nord. Clausel s'était engagé à le faire en quelques semaines avec une .armée de 40,000 bommes: or iosepb ne put jamais se résoudre 4 tenter cet effort.

ici se présente naturellement la question de savoir si l'empereur fit bien de tenir tant 4 la iNtelicailon des provinces du Nord. Le roi iosepb lui donna tort et agit en consé- <<|ttence. Ce fut presque malgré lui que la guerre contre les bandes fut soutenue par dawelet leine: « Je nie, dlsalt-ll après la baUllle de VIttorla (teitrt du 39 Juin à Ctarke), ^ue ron ait en aucun succès véritable contre Mina, et que cette guerre pouvait se terminer , qn^n chassant les A.nglais... Or, pour battre les Anglais, II fallait que les trois ardevant lesquelles ils avalent opéré leur retraite, la campagne passée, restassent ou prêtes 4 Tétrc au premier signal. Biles devaient être reposées, complétées : au Um décela, les poursuites contre Mina et lea bandes les ont épuisées, et réduit les divisions 4 S et même 4 2,000 hommes. »

Le feaéral Clarke flt 4 cette lettre la réponse suivante : m VotreiHaJesté parait ignorer abso-

lOMBt les succès remportés par le général Clausel en Navarre ; Il ne leur a manqué, pour

le résultat le plus complet, que d'avoir commencé un mois ou six semaines plus tôt,

I l'empereur l'avait ordonné. Ainsi, de queltfue manière qu'on veuille Justifier ces longs

retards, il n'en est pas moins vrai qu'Us ont seuls causé tout le mal, et que les 15,000 hommes

qui sent encore avec Clausel auraient pu renforcer l'armée avant les premières opérations

des Ajiflals » {Uiire du 9 Juillet au roi : voir aussi celle du 7 Juin). U vérité est que Joseph

aurait pu exécuter les ordres de l'empereur sans perdre l'avantage de concentrer ses forces

N aenent dédsir ; mala pour cela il fallait agir avec promptitude et commander avec éncr-

|is ; tr, fui ce que le roi ne savait pas faire.

Tarmée française dut abandonner successivement toas les points qu'elle occupait sur la côte.

Au moment où les choses avaient pris cette tourniuie fâcheuse pour Joseph, les alliés étaient pleins de confianee dans leur général et dans Tissue de la campagne. La discipline et Toi^nisation laissaient peu à désirer, et Wellington a^ait profité de la saison d'hiver pour introduire dans son armée plusieurs changements heurenx. Ainsi le train des pontoas avait été complété; des charrettes, appropriées au terrain difficile que l'armée devait traverser , avaient été construites pour l'usage des divisions ; de légères marmites de campem^it avaient remplacé les lourds diaudrons en fer , et les mules qui portaient ces chaudrons allaient être eipployées au transport de trois tentes de douze hommes psur compagnie , amélioration notable, au point de vue de la santé du soldat. Enfin, les hôpitaux et les ambulances avait été mis sur un meilleur pied, grâce aux idées pratiques que le maréchal Marmont avait fait prévaloir dans son commandement, idées que le général anglais appliqua dans la mesure de ses pouvoirs et de ses moyens limités.

Les Français ne se trouvaient pas à beaucoup près dans la même situation. Leur général inspirait peu de confiance et d'autorité ; les discussions entre les chefs continuaient de plus belle (i), et le moral des soldats était influencé par les désastres de la campagne de Russie, par la défection de la Prusse et par les récentes victoires des Anglais dans la Péninsule.

En mars 1815 , la force totale des armées d'Espagne ne s'élevait qu'à 251,000 hommes et à 29,000 chemin : 187,000 hommes seulement, y compris la réserve de Bayonne,

(1) Voir ta oorraipoRdaace du roi Joiepb, et noUmoiMt m l»Urê eu l** «trillSll àCÊtM», miiilftretft ta guerre.

étaient présents sous les drapeaux (i). Du côté des alliés, ^00,000 soldats étaient prêts à entrer en campagne (s), et cette année avait sur chacun de ses flancs uneescadrepouvant agir avec d'autantplus d*eflBcacité, que les lignes deretraite de rennemi étaient parallèles à la mer et voisines du littoral (s).

Diverses considérations avaient engagé Wellington k diriger son attaque contre les provinces du Nord. En envahissant celles du Centre pour gagner Madrid par Tune des deux routes de Salamanque ou de Talavera , il eût eu plus de difficultés à nourrir ses troupes , se fût éloigné davantage de la flotte, aurait empêché les (jaliciens et les partisans du Nord de le soutenir efficacement, et serait arrivé, somme toute, à nn résultat moins décisif qu*en agissant sur la grande ligne de communication avec la France. Il avait (tarfaitement reconnu que le moindre avantage de ce côté suffirait pour nienaGer la retraite de Joseph, et qu'une victoire comme eeHe de Salamanque rejetterait infailliblement les Français sur les Pyrénées.

Cependant Joseph crut d'abord que le but objectif du général anglais était If adrid , et c'est ce qui l'engagea à établir son corps principal sur la rive septentrionale du Douro (4), et à prendre des mesures pour d^>oucher par les têtes de pont de Toro et de Zamora, dans le cas où l'ennemi se dirigerait sur Salamanque.

(1) TcOBpri» IM MMs4»eilef WMiiMt d'Aras«p, 4e Gafaiofiie et4le¥tl6Bee,«'MeviiiiA 68^001 honmet.

« n cti pnMie, dit Hapltr, ^e le chiffre réel dei tabres et baifoiiMllet, an nolt île Jute, ne s*éleTalitm*à 160,000, dont 110,000 sur la ligne dlnvaslon du Nord. »

(2) BJÊfê UfMgMit ioaa Oopona étalent en Catalogne ; 20,000 sous Bllo en Hurcie ; 10,000 An< Slo-êlcUlena sevi John Harray, pr^a d'AUcante ; 12,000 Bapagnols aouf del Parque, dtna la ■erena; IS/MkommeiSoaa le comte de l*AbIsbal, en Andalousie, et 40,000 sous Castanoa, f»iueh«x, <Uron, Porlier» MUia, elc, on latranadurc, en «allée, en Asturie, dana la SMarfe et en Biscaye.

l'armée anglo-portugaise proprement dite s'élevait ft 70,000 combattants avec 90 bouches â feu. Maxwell porte la force de celte armée ft 45,000 Anglais et 28,000 Portugais, et Jonlni, A an total de 75/MM) hommes.

(S) HAFiBB« t.X, p. 205.

(4) Toir la lêUrt de Clarke au rot, 30 mars 1813.

Wellington se montra fort habile à profiter de cette faute, et à mettre de son côté les chances de la fortune. Tandis que t par la disposition de ses troupes dans leurs quartiers d'hiver, par de faux rapports et de faux mouvements, il fai* sait croire aux Français que son intention était de tourner leur gauche , en traversant la haute Termes et en côtoyante les montagnes vers le haut Douro , il fit en secret ses dis —

positions pour attaquer et déborder leur droite, en pas

sant le Tras-os-Montès. Son plan était de franchir le Doun^»-' avec une partie de Tarmée , en dedans de la frontière portu — gaise, de s'avancer par la rive droite vers Zamora, et traver — sant l'Esla, de s'unir ensuite aux forces galiciennes, pendanK que le reste de l'armée, venant de l'Àgueda, forcerait le pas— sage de la Termes. Par ce grand mouvement, qu'il espérait effectuer avant que le roi eût concentré les armées françaises, le Douro et la Pisuerga devaient être tournés et l'ennemi repoussé en désordre au delà du Carion. Dès lors, ayant toute son armée sous la main , il pouvait s'avancer avec d'autant plusdesécurité, que des corps de troupes irrégulières devaient le rejoindre , et qu'en donnant la main aux insurgés de la Biscaye, il était sûr de trouver dans chaque port un dépôt et des magasins (i). Les principales difficultés dans l'exécution de ce plan étaient de faire gagner quelques marches au corps du centre , à travers le terrain abrupt du Tras-os-Montès , et de tenir les Français assez longtemps dispersés et occupés par des combinaisons secondaires, afin de les mettre dans l'impossibilité de se concentrer à temps et de profiter de leur position centrale. Il fallait empêcher le duc d'Àlbuféra de réunir ainsi ses troupes aux armées françaises sur l'Èbre.

Wellington atteignit le premier but par une série de mesures habiles que nous allons exposer, et le second en jetant

(1) IIAPIM, t. X, p. 209.

sur le flanc droit et les derrières de Tarmée de Catalogne les troupes anglo-siciliennes , renforcées par celles de Copons, d'Elio, de del Parque et d'autres partisans, en tout 50,000 hommes environ (i).

La campagne eût été ouverte dans les premiers jours de mai, si de fortes pluies n'avaient défoncé les chemins au point de les rendre impraticables à la cavalerie, et même à Tinfanterie. Cette situation ayant changé vers la fin du mois, 70,000 Anglo-Portugais, 8,000 Espagnols de l'Estramadure et 12,000 Galiciens (2) se portèrent en avant (s). Ils étaient pleins de confiance (4) , et I*on rapporte que leur chef, pressentant que le sort de la guerre ne le ramènerait plus en arrière, 8*écria avec émotion, en passant le ruisseau qui marque la frontière d'Espagne : Ac/îeu, Portugal, adieu! (5)

Tandis que Wellington opérait avec tant d'habileté cette concentration de forces sur le Douro, l'armée de Joseph était encore éparpillée (e). Dédaignant les conseils et les ordres formels de l'empereur, le roi avait laissé l'insurrection des provinces du Nord s'étendre — oublié d'ouvrir avec Suchet une ligne de communication plus courte que celle de Saragosse— ^

(1) Toir les liMtrucUons si claires et si précises adressées parWelllngion au général Xurray,

• le 14 avril 1813. Le bat des opérations sar la côte orientale de rsspagne, dit le duc, est en

• premier lieu de s*emparer du royaume de Valence, en second lieu, des^lablir sur la côle, « aa nord de l*tbre, et d'ourrlr une communication avec Tannée de i:atalottne (Copuns); en - troisième lieu, d'obliger rennemi * se retirer de rÈbre Inférieur. »

(2) iraprès Toréno, Wellington avait 48,000 Anglo-Portugais et 26,000 Espagnols (y compris les divlslont ipii occupaient le Vieno et les Âsturles).

Slierer évalue la force des Anglo-Portugais d 65,000 hommes dUnfanterie et 6,500 de cavalerie ; les Fidotret et conquêtes A 65/100 hommes dMnfanterie et 6,000 de cavelerle (non compris les Espagnols).

(S) CTest le 18 mai que Joseph reçut les premières indications de la prochaine entrée de Wellington en campagne. — (Mémoirei He Joseph, t. X, p. 145.) Le 24, il apprit d*une manière certaine que Tenneml avait passé PAgueda et marchait sur Salamanquc.

(4) Cependant au moment d'entrer en campagne, plusieurs régiments portugais dont le temps de service était eipiré et que le gouvernement avait laissés depuis un an sans aolde, demandèrent avec Instance A rentrer dans leurs foyers : Wellington, heureusement, parvint ft conjurer ce danger.

(5) If APIKI et ALISOlf .

(6) Le 31, Wellington écrivit do Carvajalcs k lord Bathurst : « Les troupes de rennemi u étaient encore le 22 courant A Madrid et sur le Tage. »

emmené avec lui ses services, ses bagages, ses provisions et ses autres impedimenta, au lieu de les faire filer sur Burgos, Vittoria, Pampelune» Tolasa et Saint-Sébastien ; — il avait négligé enfin de tenir ses troupes concentrées du côté de la Tormès, dans une position ofiensive, menaçant les communications de Tennemi. Aussi, quand les hostilités eomm^icèrent, Joseph se trouva-t-il dans Timpossibilité de réunir plus de 55,000 hommes d'infanterie, 9,000 de cavalerie et 100 pièces de canon.

Le centre de cette armée incomplète était protégé par le Douro, la gauche par la Tormès et la droite par TElsla.

Le mouvement des alliés commença par leur gauche. Le 15 mai, cette aile, forte de 40,000 hommes, sous les ordres de Graham, passa le Douro entre Lamego et Tembouchure de l'Àgueda ; elle se dirigea ensuite par le Tras-os-Montès sur la basse Esla. Le ^^ Wellington la trouva suffisamneat avancée pour lever son quartier généi*al de Freneda et metUv son aile droite, forte de 28,000 hommes, en mouveiaent vers la Tormès, dans la direction d'Àlba et de Salainanque. Cette rivière, défendue par le général Villatte, ayant été forcée,, les troupes alliées poussèrent, le 27 et le 28, sur Miranda,Zamora et Toro : leur droite couvrait ainsi la communication avec Giudad-Rodrigo , tandis que leur gauche était en mesure de jeter un pont à l'embouchure de TEsla pour donner la main au corps de Graham.

Wellington, inquiet sur le sort de ce général, donna le commandement de Taile droite à Hill; et dans la journée du 29, il passa le Douro à Miranda au moyen d'un panier et d'une corde tendue entre deux rochers (i). Il trouva les forces de Graham le 50 entre Carvajales et Tabara : leur marche avait

(I) Méthode employée par les Péruviens quand les eaux des rivières sont gonlléef,et que les moyens ordinaires offrent des dangers.

ïpraaTé quelque retard, par suite des obstacles de toute nature |ue présente le terrain si accidenté du Tras-os-Montès (i).

Le passage à gué de TËsla offrait de grandes difficultés. I se fit néanmoins avec assez de succès dans la journée du i« Le lendemain Tavant-garde des alliés entra dans Zamora; es ce moment, la jonction des deux ailes sur le Douro se *ouya complètement assurée {9).

Cette opération délicate fut conduite avec autant de prueooe que de célérité (3).

Les colonnes françaises ayant été réunies dans ces entreïiteSj Wellington fit halte le 3, à Toro, pour donner aux oliciens le temps d'arriver sur la gauche par Benavente, et e tejoîirire son arrière-garde, retardée par la difficulté du assage de l'Esla. Le lendemain, il reprit sa marche avec une [itière confiance dans le résultat de la campagne. Ses forces élevaient alors à 70,000 Anglo-Portugais, 20,000 Espanolset plus de 100 pièces de canon (4).

Les ailes de cette armée étaient couvertes par des corps de tHipes irrégulières.

Le roi, dont toutes les dispositions avaient été mal prises, e pouvait opposer à ce torrent que 55,000 hommes d'inuiterie,9 à 10,000 chevaux et 100 pièces d'artillerie. Il est lème probable que si Graham avait éprouvé moins de reirds dans le Tras-os-Montès, — ou si Wellington, au lieu de lire halte à Toro, s'était porté rapidement sur Placencia et

(1) le pasMfe du Douro en- deçà de la fronllère poringaise et la marebc de flanc â tniTcrs Tnt-oa-Hontès étalent des opérations Jugées ImprHlcaMes et auxquelles on n*avalt pas èoie aoDgé. — Shriki, t. il, p. 221.

m LeBoaro était gnéable, et d'ailleurs Wellington, dans la crainte d*écliooer sur quelques' is des points de pAssage, avait fait préparer un poni de bateaux au-dessus du confluent !i*Isla. il aurait pu à la rigueur Jeter ses pontons * Toro. et même en aval deoette Tille. Voir Havixb, t. X, p. 228.

(3) Les Français crurent Jusqu'au dernier moment que Wellington attaquerait la iMUlt oraiès. Ije roi ne fut Informé que le 26, A Valiadolld, du départ des alliés pour la baste kli.

(4) Cette armée comptait 12,000 chevaux. Sarraitn estlmt sa force A 80,ono boames.

Valladolid, pendant que Hill se fût dirigé sur Rueda, l'année française aurait été complètement surprise et détruite (i).

Wellington marcha en ordre serré sur le Carion, laissant les Galiciens à Textrème gauche, Morillo et Sanchez à Textrème droite. Comme l'ennemi était déjà en pleine retraite sur Burgos, le passage de ce cours d'eau ne présenta aucune difficulté.

Cependant Joseph ayant rassemblé 55,000 hommes (2), et supposant les forces alliées inférieures à ce qu'elles étaient réellement, crut devoir accepter la bataille derrière laPisuerga. Il prescrivit en conséquence à Foy et à Sarrut (s) de marcher incontinent sur Burgos, et à Suchet de se porter dans la direction de Saragosse (4). Mais ces ordres arrivèrent trop tard, et d'ailleurs le duc d'Àlbuféra était si fortement occupé dans la Catalogne, qu'il n'aurait pu les exécuter.

En ce moment, le roi fut informé par Jourdan que le château de Burgos n'était pas tenable (5). Cette nouvelle inattendue engagea Joseph à se retirer derrière l'Èbre, quoique le terrain fût extrêmement favorable à une guerre défensive.

(1) cette halte, en effet, permit A quelques déUichemeiits, et notamment an corpa «le Levai, sorti le 37 «le Madrid, de rejoindre Parmée de Joseph avec rartiUerie, les ministres, les personnes attachées A la cour et un immense conYOl de bagages.

(S) Non compris la division espagnole qui escortait le convoi dirigé sur Burgos.

(3) Leurs divisions appartenaient au corps du général Clausel. Joseph donna (le 27 mal} * ce général rordrc dubitatif, et le 90 mai seulement Tordre formel de le rejelndre. CtaHMl reçut ces ordres a Pampelune le 30 Juin. Le lendemain ,-li Informa le ministre de la guerre «fuMI serait le 20 avec toutes ses forces dis|)onlbles A Logrono. 11 aralt écrit la veille au roi : ■ Je vais Interrompre la chasse qu*on donne de toutes parts auK Insurgés, et porter les M troupes de l^rméede Portugal vers Burgos... •>

Conformément A ces promesses , Clausel se trouva le 20 A Logrono. Le roi, qui a clierclié A rendre ce générai responsable de la perie de la bauilie de Vittoria, prétend qu*U aurait 4t être plus tôt A Logrono; mais CUusel , dans aon Rapport du 90 Juin (t. IX, p. 453, des Mémutt- Têt de Joteph)t prouve clairement que sMI n^avalt pas pris ses mesures devance. Il a^auralt pu être le 30 A Logrono. Au reste, le ministre Clarke et Napoléon ont reconnu depuis que, aeut cerapport,il uy avait aucun reproche A Mre A Clausel. (Voir le t. IX deê Mémoirts de Jotepiu)

(4) Voir les Utirét de Joseph, en date du 6, du 13 et 14 Juin.

(5) U n^avaii pas de magasins de vivres , et les nouveaui ouvrages, encore laactefét, commandaient les anciens.

Napoléon cependant avait ordonné que ce point fût approvisionné et fortlflé avec le «tes grand soin. Clarke reproche au roi, dans sa lettre du 21 Juin 1812 {Mimoiree deJotepk, l. IX), de n*avoir pas eiéenté cet ordre.)

«t que le moral des troupes eût été ranimé par l'annonce de la victoire de Bautzen.

Wellington suivit de près Tarmée française , en dirigeant les Galiciens et son aile gauche par les chemins de traverse. Il franchit la haute Pisuerga le 8, le 9 et le 10. Par ce mouvement, la rivière se trouva tournée et lleille débordé. Une simple escarmouche le rendit maître ensuite de Burgos (i).

Les Français , en se retirant , firent sauter le château de cette ville; mais Texplosion des mines ayant eu lieu trop tôt, et le feu ayant pris à un amas de bombes et d'obus, plusieurs centaines de soldats de Tarrière-garde furent atteints par des éclats de pierres et de projectiles (2). Si toutes les mines avaient joué, la ville entière eût été détruite, résultat qui certainement n'entrait pas dans les prévisions des oflBciers du génie français.

Parvenu derrière l'Èbre , le roi s'arrêta pour attendre des renforts, et il prolongea sa ligne de cantonnements afin de faire vivre plus facilement ses troupes.

L'état- major espérait que Wellington déboucherait sur le front de la forte position qu'occupait en ce moment l'armée française ;, mais le duc, par une marche des plus hardies, trompa cet espoir.

Ayant reconnu combien il serait difficile de franchir la passe de Pancorbo et de forcer le passage de l'Èbre en face de l'ennemi, il porta subitement sa gauche et puis toute son armée (par une route non fréquentée et que l'on avait jusqu'alors cm impraticable pour les voitures), vers les ponts de San-Martin Rocamade et Puento de Ârenas, non loin des

(1) Tel est rinflucQce d'une opération stratégique bien conçue et bien exécutée, qu*il sufflt d« quelques démonslratlons sur la droite de l'armée française pour obliger le roi A quitter précipitamment une ville qui , dans la campagne précédente , avait arrêté toute l*armée de Wellington.

(2) D*après quelques auteurs « 300 Français furent tués ; d'après Belmai, le nombre des morts et dea blessés ne s'éleva qu'à 120.

sources du fleuve. Les Ânglo - Portugais firandiirent ces ponts avec leur artillerie et leurs voitures, dans les journées du 14 et du 15, sans rencontrer un seul poste français. Cette marche , toutefois , présenta autant de difficultés que celle du Tras-os-Montès. Son premier résultat fut d*întercqpter les communications des Français avec la côte (i), et de les forcer à évacua tous les ports, à l'exception de Santona et de Bilbao. La flotte anglaise entra dans Santander^et le commissariat établit aussitôt dans cette ville un dépôt et un hôpital militaires. À partir de ce moment, la libre communication des alliés avec le Portugal n'était plus nécessaire. Aaesfé d'une nouvelle base , Wellington pouvait continotr ses opérations et déployer une grande énergie sans rien compro*mettre. Son plan était de tourner la droite de Joseph, d'entrer dans Guipuscoa, puis d'établir l'armée sur la grande communication avec la France, tandis que la flotte, naviguant de concert, formerait de nouveaux dépôts à Bilbao et d'autres points. Il exécuta ce plan avec une précision et vigueur d'autant plus remarquables, que des torrents encaissés^ des ravins profonds, des escarpements dangereux, et une foule d'obstacles naturels entravaient la marcl^ de ses colonnes dans cette âpre et sauvage contrée de la Péninside. Pendant six jours, ses soldats firent les pins gnmds efforts pour se frayer un passage à travers les défilés et les gorges des montagnes* Il fallut quelquefois eent hommes poor tnl* ner une seule pièce de canon (s).

Le 18 au soir, on apprit^ au quartier général frao^siSr que Wellington avait passé l'Èbre et mardiait sur té flanc de l'armée du roi. « L'état-major, dit Sherer (s), fut frappé d'é-

U) Bn effet, elle pleçe Parmée alHée entre lee tourcei de TÈbre et lee BeyDOM.

(2) lASWILL, t. UI, p. 126.

tdnneinent, et^ ddns la nuit même, il porta Tarmée en arrière par une marché forcée, qui jeta dans les rangs des Français Futerme et là coÉrfiiÉrion. »

Lé 19, \ëÉ alliés atteignirent le village de Bayas, situé stlr ta thfitfte de ce nom. S*ils avaient pu forcer immédiatement le pdMflgé db cette rivière, les armées du Centre et du Sud auraiéM été coupéeiSf, probablement détruites.

Reille prévint ce désastre en occupant, de l'autre côté de Hr Bttyas, tiHé belle et forte position. Les lettres du roi nous appreiltiéilt tfit ce ttiéme général lui proposa, le 18, de rap- ^i^ér Palrifiéé française de la Navarre, en marchant par la rivé àiftAîè de l'Èbre, plan que Joseph refusa de suivre, dans it éMîÉÏëdé Ihn^r mtt Anglais tout son matériel et Timmensle côiitoi d'EèjImgAoléMeiMiàYittûria. Le roi objecta aussi qu'en se i^tiMnt siir là îf avaria, il abandonnerait sa grande com- MAnicSÉfiér* «Nréc \A France, et exposerait Chusel, en marche Mff Yittoïlif^ à trouver dalns cette ville les Anglais au lieti dé êèi èéfh|>Mr!otés. En conséquence, Joseph résolût de litrer batëltle dtitis ta position où il se trouvait, convaincu d'ailleurs ^'H f «érait rejoint à temps par Tarmée de Portugal , dont klé cétofitfiés é'avattçaient à marches forcées sur Lôgrono.

VàÉtë là nttit dtt 19 au 20, Tarmée française se déploya

êéiNi^é là Zàdora, petite rivière, à lit étroit et à bords

AifBcireë^ qtii coule au fond du bassin de Vittori^a. Soii centre

iftUitîèsAt te long de la rive gauche ; sa droite était portée

m* FMitfé rîvé, en avant du village d'Abechucho, et sa gauche

^ Wévhfàit entre Arinez et la Pùebla de Arganzon, ayant un

petit corps détaché dans les hautes montagnes de ta Poebla

tfMH^ k ptéh) (<). Aitfsi pfostée, rarméé française couvrait cha-

des trois routes aboutissant à Vittoria : celle de Logrono

sa gauche, celle de Madrid avec son centre, et celle de

^O ^^^^^^tMêêttaHquêtêt,XXXntP.Vn,

Bilbao avec sa droite ; elle couvrait en outre par Tenseinble de sa position la grande route de Bayonne, qui, après avoir quitté Vittoria, se prolonge sur une certaine longueur, dans une direction parallèle au cours de la rivière. Il y avait sur cette route d^immenses convois en marche vers la France : d'autrctii convois, réunis autour de la ville, où ils produisaient un fâcheux encombrement , étaient prêts à suivre la même direction (i).

Il serait difficile d'imaginer une plus mauvaise position que celle où le roi se décida à recevoir Tattaque de Wellington. En effet, le front de sa ligne de bataille s'étendait sur une longueur de deux lieues et demie, parallèlement à la chaussée de Rayonne, la seule par laquelle une armée aussi encombrée que la sienne pût convenablement opérer sa retraite (s); or, comme les alliés occupaient une position analogue, mais moins étendue, derrière les montagnes qui limitent le bassin sur la rive droite de la Zadora, il leur suffisait de faire un mouvement par la gauche pour couper les Français de Bayonne : opération d'autant plus facile, que la droite de Joseph était trop éloignée du centre pour être soutenue efficacement, et que Yittoria est entourée d*une ceinture de hautes montagnes, dont le prolongement se trouvait précisément dans la direction de la gauche des Anglais, et du côté par où ils devaient arriver (5). Ajoutons que le roi avait commis l'énorme faute d'entasser derrière la ville ses bagages, ses convois et ses parcs, toutes choses qui obstruaient le terrain , barraient les routes et gênaient les mouvements des diverses armes.

Joseph demeura plusieurs jours dans cette position défec-

U) voIrJoifU, t.ll,p. 112.

(2) Les antres routes, et Dotamment celle de Pampelnne, étalent praticables, mit dUSdles etforteocombrées.

(3) JOHiNit Napoléon au tribunal de Cétar, etc.

^^^euse, sans prendre aucun parti. Quelques-uns de ses gênéux lui proposèrent de renoncer à la route de Bayonne, et « se retirer parallèlement à l'Èbre jusque près de Saragosse, ^ur rallier Suchet, et tomber sur Wellington quand il auit été à 150 lieues de ses vaisseaux et de ses magasins. ^)ardan conseilla de baser les opérations sur Bayonne, 'éviter une bataille, ou du moins de la recevoir sur les hau- ^urs de Salinas. D'autres projets encore furent mis en vant, mais rien ne put tirer le roi de sa désolante inertie. u 19 au 21, il envoya 4,000 hommes (i) escorter des concis dirigés sur la France ; et , par suite de cette nouvelle aute y son armée , a^i moment de la bataille , se trouva réuite à 55,000 fantassins et cavaliers présents sous les dra-

Wellington comptait 80,000 hommes, dont 20,000 auxi-

aires espagnols (s). U fit halte, le 20, pour railleries colon-

es éparpillées de son arrière-garde et reconnaître la position

e l'ennemi. Toréno (4) prétend que le duc hésitait encore en

moment à livrer bataille , mais qu'il se décida prompte-

ent, lorsque, sur la hauteur de Nanclares de la Oca, il reçut Tis de l'alcade de San-Yincente que le général Clausel était

(I) Mémoires dâ Joseph, i. IX.

(^) G*«ft refltoclir, déduction faite des offictert, des arlilleurs» des sapeurs-nineiirt et des -cm coBilMttantt, que les rrancats ont rhabitude de porter surlei rôlea.

■i^prêe Maiwen, les alliés avalent 80,000 hommes , dont 20,000 Espagnols, et 90 canons ; les :araBçaiab90y00O iMwamet et 150 canons.

Vtprèê Belnws, l^année française avait 55,000 liommes , et Tenneml 90,000, dont 40,000 Anlala, SSkiOOO fertufals et 25,000 BapagnoU (non compris les guérillas).

•*aprèf fliierer, les Français avalent 70,000 hommes et 100 canons, et les alliés 74 à iimet. en comptant les trois divisions espagnoles de Giron, Longa et ■ortllo.

B*après Joseph (voir sa lettre du 6 Juillet à Ctarke\ Parrnée française n^avait à Tlttoria que

gOQO Iwmmei. Hais Clarke, dans sa lettre du 9 Juillet, prouve que ce chiffre est Ineuct. cooTlent, au furplus, qu'il y avait le 20 Juin * YIttoria 55,000 Français.

flarrailn porte Pelfectif des Français à 60,000 hommes, et les Victoires et conquêtes k environ.

Avec on peu d*liahlleté, Joseph aurait pu réunir * VIttorla des forces que Sarrailn estime aOOySMkaoïBCf, les Victoires et conquêtes * 75 ou 80,000.

<3) wellbiflon avait 90 boaches â feu : le roi ep avait nn plus ^rand nombre.

<4| T.T,p.S7fl.

arrivé dans cette localité, et semblait vouloir s'y reposer tonte la journée.

L'armée alliée fut divisée en trois colonnes :

Celle de gauche, sous les ordres de Gr^bam^deviait attaqudir Reille qui, défeqdapt la haute Zadpra, pouvait $$iul empêcliar la droitç de Josçph d'être tourné^ et coupée du centre ;

La colonnç de droite, comm^dée par Hill, devait attaquer les hauteurs de la Puebla, sur lesquelles so trouvait l'ambre aile;

Enfin la colonne du centre, sous WeUiQgtoq m persQnne^ devait enfoncer le centre ennemi, au moment où )e/9 deux colonnes extrêmes déboucheraient sur la position.

Malgré l'étendue de la ligne de bataille, le centre de/o^^b était défendu par tant de troupes et de si redoutables fa^tt#r ries , qu'il fallait un e^prt ei^traprdipaire pour le cDll^iiter. Aussi Wellington composa-t-il cette attaque ds quatre divi* sions d'élite.

Le terrain était si coupé et les con^muni.catioiii9 «Qtrq les différentes colonnes si difficiles, que, ne pouvant ç^péi^r un ensemble parfait, on devait laisser cloaque gén^r^l m quelque sorte maître de ses mouvements.

Les troupes franchirent cependant les défilés abrupts qui séparaient les camps de la Bayas du bassin de Vittoria avec assez d'ordre, pour que la gauche et la droite des alliés pussent faire leur attaque simultanément. Il est vrai que Joseph facilita beaucoup leur tâche , en ne démolissant aucu^ d^ sept ponts de la Zadora, situés à portée de l'ennemi. Le bon sens indique qu'il aurait dû rompre quelques-uns de ees ponts , et mettre à profit les journées des 19 et 90 pour couvrir les autres par des ouvrages de campagne propres à favoriser les mouvements offensifs. Il aurait du aussi retrancher le défilé de la Puebla et occuper solidement les hau« teurs voisines. Ainsi protégée, sa position eût ^ nptaUement améliorée, bien que toujours défectueuse, à (^uçe ^es

hauteurs à portée de canon qui la dominaient, et de la direction que suivait la ligne de retraite (i).

Le général Hill, ayant sous ses ordres la ^ division anglaise, la division portugaise du comte d'Amaranthe, la brigade espagnole Morille , la brigade légère de Victor Âlten et la cavalerie non employée aux attaques du centre et de la gauche (s), se mit en marche à Theure convenue; bientôt après il engagea le combat avec les défenseurs des postes avancés de la Puebla. Ces postes furent aisément chassés des montagnes , mais quelques renforts étant arrivés à leur secours, le combat reprit avec acharnement : il se termina toutefois à l'avantage des alliés, qui traversèrent la Zadora, et se rendirent ensuite maîtres du village de Subijana de Alba.

Le général Gazan, chef de l'armée du Sud et commandant de l'aile gauche de Joseph, rapporte (s) que cette vigoureuse initiative de Hill, précédant les autres attaques, lui donna la conviction que Wellington cherchait à attirer de ce côté les forces du roi, pour dégarnir la droite des Français, où le véritable ooup allait être porté. Il communiqua cette opinion à Joseph^ qui ne la goûta point, le maréchal Jourdan ayant annoncé hautement que les mouvements de l'ennemi, sur la droite de l'armée française, étaient de fausses démonstrations dontil nefallaitpas s'inquiéter. En conséquence, Gazan reçut Tordre de se maintenir avec toutes ses forces, le plus longtemps possible, sur la montagne à gauche de Subijana, et de

(1) Ifapfer te trompe en dlsanl. t. X , p. 291 , que les travaux détaillés cî-deMus auraient reodn la poiltloii de Jotepli formidable. Une position mal choisie ne peut Jamais être rendue fomldabla par des travaux d'art.

(2) Voir, pour la composltioB des colonnes aillées, Tordre du quartlor-inaltre fénéral H«rrajr* daté de SiiliUana-Hurilios , ao juin, veille de la l>atallle. iMemoirt of thë wart , ete.» p. 97.)

d) Toir son âapport turiabaiaiile, rapport extrait de son livre de correspondaneé pris par les alliés •avec le iMgajie, aux «avirons de ftaspelnne, et reproduit par Kurrey daas •es Mémoire 0f ih€ wart, p. 101.

tenter les plus grands efforts pour reprendre le village de ce nom, tombé aux mains de Hill.

La perte de Subijana affaiblit le centre de Tannée française et facilita le mouvement offensif du centre des alliés (i). La division Cole passa la première sur les ponts restés intacts et assaillit vigoureusement Tennemi. La division de lord Dalbousie, qui la suivait de près, se mêla au combat et força le centre de Joseph à se replier sur Yittoria (2). Derrière ces deux divisions marchaient celles de Picton et ia division légère d'Alten.

Pendant ce temps, Viliatte, du corps de Gazan, avait repris Subijana^ position qui devait, au dire de Jourdan et de son état-major, assurer le gain de ia bataille. Mais à peine cet avantage eut-il été obtenu, que Joseph, averti du passage de la Zadora à Trespuentes et à Yiilados, ordonna à Tannée du Midi c( de se porter en arrière. » Gazan, d'après cet ordre vague, se replia sur Àrinez, dans le but de contenir la colonne ennemie qui suivait la grande route, ainsi que celle qui allait déboucher par le pont de Yiilados. Mais bientôt, voyant sa droite menacée par les troupes qui avaient passé la Zadora, il prit position en arrière de Margarita, village occupé par les troupes de Tarmée du Centre, alors fortement engagées avec Tennemi.

Quarante-cinq pièces disposées en batterie contenaient sur ce point les masses anglaises du centre et de la droite, quand une division française, au lieu de s*arrèter dans la position qui lui avait été assignée , continua son mouvement et laissa un vide qui mit à découvert le flanc des troupes

(1) It centre des «Illét se composait : !• Du centre droit, dont faisaient i>artle la dlTMoa légère et la 4* dltlslon anglaise, les 10«, 15* et 18* hussards, la brigade de cavalerie de Poasonby, une brigade de caralerle portugaise , sous d^Vrban , et une brigade de caTalerfe espagnole;

2» Du centre gauche, formé des 8« et 7« divisions, sous Balbonsle.

(2) ToirJoiVM,tlI, p. 114.

d'Elirlon (i). Le général Hill profita de cette faute pour culbim t^^r Taile gauche des Français et la pousser dans la directi o-acM. 3e Yittoria .

sittaque de Graham ne fut pas moins heureuse. Ce éral, avec les l'*' et Si" divisions anglaises, les brigades poK-^ugaises de Pack et Bradford, les brigades de cavalerie d^ l^ock et d'Ànson et les guérillas de Longa (2), s'était porté d^ IkfXurguia sur Yittoria par la route de Bilbao, et avait chassé Ts^îl^ droite de Joseph des hauteurs au-dessus d'Àbechuco. nt sa communication avec Bayonne gravement menacée mouvement, le roi envoya une partie de ses troupes, droite, prendre possession de Gamara-Mayor et de -Minor. L^appui de ces postes était nécessaire en effet ciisputer le passage de la Zadora et couvrir la retraite des es et des troupes sur Bayonne ; mais à peine les Frany furent-ils établis que Graham, par une attaque vigoules obligea de lâcher prise. En vain le roi massa des ior*<^4^^ considérables derrière Gamara-Mayor ; le seul résultat ^I^ ^1 obtint fut de contenir Taiie gauche des Anglais jusqu'à e leur centre eût pénétré dans Yittoria (3). si la route de Bayonne se trouva interceptée dans le même où Wellington dépassait Yittoria, à la pour- ^^^*^ du centre et de la gauche de l'armée française (4).

*^ ï>ès lors, dit le général Jomini, l'alarme se répandit dans ^^ *^^pie, et chacun s'empressa de prendre en désordre le

in de Pampelune, le seul qui restât pour atteindre les

Mit eIrcootUiiGe est rapportée dans les Vtctotnt et conquête* , t. XXII, p. 240; malt le ^ <fK fênérat Gazan établit que Palle gauche ne regut aucune Indication sur la contenir et sur les positions A occuper après Téracuatlon de Subijana. corps espagnol de Giron, subordonné à Grabam, lulvalt ce général de loin comme ^ {Ordre de Murraj^ du 20 J uin .)

prétend que ce fut la nouvelle de la perte de Yittoria qui décida les troupes de ite à battre en retraite (Napoléon au tribunal de CtfMr, etc.) «et Jones confirme IrtniOB, en disant que Bellle ne se relira que dans la crainte d*étre pris en queue colonies maltresses de Tlttorla.

Ift Mllff tfe wmtngtan, 23 JuOlet 181S» à lord Baihunf,

Pyréoéctf (i). La colonna entière d*équipage8, encombrée au* tour de Vittoriai n'ayant aucune issue, devint la proie du vainqueur (2) : canons, bagages, caissons, tout eo un oiat fut abandonné, et Joseph arriva à Bayonne en aussi mauvais état que Napoléon devant la Bérésina. »

La nature du terrain n*avait pas permis à la cavalerie anglo-portugaise de prendre part à la bataille ; elle ne fut utile que dans la poursuite (5). Cependant, on a fait observer avec raison que Wellington eût obtenu un résultat plus dé* ciaif s*il avait lancé une partie de cette cavalerie sur Taile gauche de Joseph, au moment où les brigades Picton et Kempt venaient de prradre le village d'Àrinez, de rompre le centre dea Français et de gagner la grande route de Bayonne. Cette aile, attaquée en ce moment de front par Hill et par Cole, se trou* vait, en effet, plus éloignée de Vittoria que ne Tétait Pioton, de sorte que la retraite de Tennemi sur ce point eût été faoi-* lement interceptée.

On a prétendu aussi que Wellington aurait dû éviter les combats de Subijana et de Gamara-Mayor, son véritable objet étant la destruction de Taile gauche : « Pour attein* dre ee but, il suffisait de faire de fausses attaques sur les deux ailes, tandis que l'élite de l'armée aurait franchi la Zadora sur les ponts de Villodas et de Trespuntès, et eût pria position entre la gauche et le centre français. Par cette

(1) « Par la plot falale iropréfoyance, le grand parc de réacr? e de Parmée, où se Uroavaleat plut de 80 pièces d'artillerie de différents calibres et toutes les munitions, avait été placé près d*on marais... Lorsque vers 4 heures, on envoya Tordre au directeur de ce parc de oom- ■•Mer son movTement sur FampcUine, un chariot fut calbaté et renversé de maalèœ à empéelier le convoi d'avancer. • {rteiotres #/ conquêtes, t. XXII, p- 249.) Voir aosal MémaUm de Joseph, t. IX, p. 166b

Joseph» dans sa Miré do 27 Juin d Napoléon, prétend qoe le maréchal Jonrdan avait dOABé A rarmée du Midi rordre de faire évacuer le parc A la pointe du Jour.

(S) « Ce chemin n'avait pas été reconnu : Il en résulta quelque désordre au commeacMMst 4é la retraite » Mémoiru de Joseph, i. IX* p. 473 et 166.

(3) WeUlagton diricea lui-même oette poursuite A la tète de ravant-^arde; ouila aes troupes étaient si fatiguées qu'elles dorent s'arrêter pendant la nolt ^iles avaieot été MlM heures soos les armes, et avaient fait tfo|a l|f«ti poor arriver sor le clMoip de btlalllo.

Tir, r..^ ,...

.™.yt,y™

Ww*v*

fcvy^rf, *

Page 1