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maoqîuyre hard^Qi qu'ipdîqu^it la naturo ^i| t^raiq, l«p troupes ennemies, postées à Subijana, auraient été fwof^ 4^ mettre bas les annes. En passant la ij^adora, visrà-vi# flTituno, avec 50,000 hommes , lord Wellington renouv^Uit la bnllantç manœuvre de Marlborpugb à Blenheim» en \10ii {\). 9
Une circonstance heureuse pour Tannée françs^se fut Ténergie avec laquelle Reille se défendit sur la haute Zadora ; I98 positions qu'il prit successivement , afin de couvrir U retraite, furent aussi très-habiles ; rarement on montra, phji# de çoqragç e^ d'intelligencç : vieille enipèçha véritahlemfipt Tarméç française d'être enveloppée comme Iç fut celle de SS^çk à Uim. Joseph put se féliciter de ce résultat; cepen^aiit, epvis^g^ d^Q^ $on ensemble , la bataille de Vittoria fut hu^ miliapte et désastreuse pour le roi : <f Le désprdre le plqif «candaleux, écrit un célèbre çritiquQ (9)1 a flétri dans ç^ttf journée 1^ lauriers de l'armée d'Eapagne, sans autre motif qu'une terreur panique à peu pr^s semblable à celle des IkVr tarichiei^s à Marengo. »
<c Les Français» qui auraient pu s'opposer énergiquen^Qt ai| passage dç la Zadora, reptèrent comm^ engourdis au coin* qieiiceinent de la luttç ; leur cavalerie montra peu d« vigueur ; Içura géoérausi , à l'exoeption de ReiUe, peu d'opipiâtreté^ et
(1) Le général Sarrailo, qui précoolte cette manaufre, n*ett pat cooiéqneot arec lol- ■léaDe qoand 11 dit, un peu plut loin : « Wellington nuisit A tes Inléréta en coupant lei Français de la grande route de Bayonne : Il en aurait eu bien meilleur marché dani cette dlrec- UoB que dam le paya fourré qui conduit à Fampelune. »
Ce Jugement n*e«t pas plut admissible que cet autre du même auteur : « Wellington tê- |4W^ sur If ttfrf Iq, s*en i«p|iiorte trop A at s ileutenaiiu et ne salf pat proii^r de le ^icleire. >F. 338.
(2) fiénéral JOMmi.
Le général Gaian s*exprlme dans le même sens. « Les Français, dlt-ll, perdirent tous « Umn équipefes, tous leurs eanona, tout leur argent, toutes leurs provisions, tous leurs « papiers; de sorto que personne ne pouvait prouver ce qui lui était dû, et que généraux, m eflkfers, tous enfin, étalent réduits A ce quMIs avaient sur le corps; la plupart manquaient de ciianssures. »
aateurs des f^teiotre* ei eonquétet évaluent les pertes des Français A 120 pièces d^ar- Ifltorto, 400 ealsaens, 14,000 gargousses, 2,000,000 de cartoucbes et 1,800 voitures 4e begages, parmi lesquelles se trouvaient les fourgons du trésor e( leui les équipages d« rel.
leur commandant en chef, peu de résolution et encore moins de talent. »
Le roi resta jusqu'au dernier moirfent indécis sur le choix de sa ligne de retraite ; il joignit au tort irréparable d'avoir pris une position défectueuse, la faute grave de replier ses troupes dès qu'il vit leurs flancs en danger. Joseph a essayé de justifier sa conduite , en alléguant d'abord la nécessité où il se trouva de faire des détachements considérables au Nord pour combattre Mina, et ensuite la lenteur avec laquelle le général Glausel s'était mis en mouvement. Mais nous avons vu que la première de ces raisons n'est guère admissible, puisque le roi, tout en suivant les instructions de l'empereur, aurait pu attirer à lui l'armée de Portugal et la diriger de façon à arrêter le corps de Graham : quant à l'autre raison , elle est moins admissible encore , puisque Glausel fit tout ce qui dépendait de lui pour rallier l'armée principale, et que nonobstant les entraves qu'on lui opposa, il serait arrivé à Vittoria le 21 , s'il avait trouvé à Logrono les ordres du roi, expédiés le 19 au soir (i). Pourquoi Joseph en transmettant ces ordres ne dônna-t-il pas suite au projet qu'il eut un moment de les faire escorter par un ou deux régiments de cavalerie (s) ? Ainsi toujours de l'hésitation et des demi-mesures ! Le roi avait souvent d'excellentes idées, mais il ne savait pas en tirer parti : or, à la guerre, le mérite de l'exécution est la première garantie du succès.
En rendant compte de sa victoire à lord Bathurst, Wellington s'exprima dans les termes suivants :
« Nous avons chassé l'ennemi de toutes ses positions;
(I) Mémoim de Joseph , t. IX, p. 380 et 381. (3) Mémoires dêJoteph, t. ix.
nous lui avons pris 151 pièces de canon , ses caissons de munitions, tout son bagage, ses provisions, son bétail, son trésor (i), ainsi qu'un noitabre considérable de prisonniers. »
Les Français n'emportèrent qu'un obusier, et encore leur fut-il pris avant d'arriver à Pampelune. Ils perdirent dans cette journée plusieurs drapeaux, tout le matériel provenant des dépôts de Madrid, de Burgos, de Valladolid ; les archives de l'état-major, une somme d'argent estimée, d'après les états de situation, à cinq millions et demi de dollars, et l'immense butin qu'ils avaient amassé pendant quatre ans dans la Péninsule.Le champ de bataille, jonché d'objets de toute espèce, provenant des 200 voitures de bagages de la cour, des généraux et des particuliers, ressemblait au chanip de bataille d'Issus, décrit par Plutarque. Des actrices, des nonnes, des femmes galantes erraient parmi les fourgons abandonnés, et des paniers de Champagne étaient mêlés aux coffres de munitions. Dans les équipages de cette royauté en déménagement, on trouva des tableaux, de la vaisselle, des décors de théâtre, des bijoux, une foule d'objets de luxe et de fantaisie. Le roi lui-même faillit tomber au pouvoir d'un escadron de hussards, qui surprit et entoura sa voiture sur la route de Pampelune. Il n'eut que le temps d'ouvrir la portière et de sauter sur un cheval de troupe, laissant entre les mains de l'ennemi ses papiers intimes, son épée, un superbe tableau du Gorrége et le bâton du maréchal Jourdan, trophées qu'on peut voir encore aujourd'hui dans le palais d'Âspley-House, à Londres (s).
Le chiffre des pertes s'éleva*, du côté des Français, à
(1) Le trésor fat plUé par les gens à la luitede rarmée et Ici non-combatUntt: « oo tU néine» dit Napler, des officiers lutter avec la populace pour rester maitres de ce honteux bvUo. » (T. X, p. 279.) Outre le numéraire appartenant A la caisse de rarmée, les soldats enlevèrent des sommM considérables aux personnes qui formaient la suite du roi.
(S) A rexception toutefois du bâton du maréchal, dont le duc fit cadeau au prince réfeot. Gciiil-ci, en échange, conféra A Wellington le titre de re:d-maréchal, qui jusque-IA avait été accordé A bien peu d*hommes en Angleterre. Les certes lui donnèrent en toute propriété Je domaine royal de Solo de Roma. ~ TOKÉifO, t. Y, p. 282.
— no —
6,960 homtnés, dont 1,904 prisonilters (i), et, dt daté ée^ alliés, à 3,176 boMfneâ (2]. Depuis k jouMée dé Bléiiheiiîl, là Ff^tttB n'avait pas essuyé uii pareil ëébed. <^ Les tàmpah gtiés de MaHborough, dit Âlison, n'ôffirent plas Féteniple d*un triomphe si mémorable. Celles de Grécy et d'Arinconlt ^ont, éfl comparaison, des campagnes sltériles (s), ny
La bataille de Vittoria dissipa les doutes et vainqttH lés dernières répugnances de l'Autriche; elle aînena là drssoltttion dû congrèfs de Prague , disposé à traiter avec l'etiôrpéfter, et prépara la journée de Leipzig, à laquelle se râttac^ là dfélivrstnee de l'Allemagne et la chute de l'empire français.
Pitfsieurs écrivains militaires ont attribué lé triomphe èe Wellington au hasard et aux mauvaises dispositionsi prises par le foi : mais l'histoire impartiale n'acceptera point ce ju^ nMnt. Le maréchal Soult se montra pins juste, en dttryîiiaût le succès des alHés au mérite de leur général en chef. Dâm sa proclamation du i5 juillet 1815, où il traita si mal le roi et Jourdan, il dit : « Ne privons pas l'ennemi de l'élofe qot tt hii est dû. Les dispositions et les arrangements du générti
(1) Mémoiret de Joteph, t. IX, p. 166. iioui ferou* observer, loniel'olt, que cette éTalaaiioa éém.Wa CtMtreêien o|ii|K»iltlon avec un éM qu^ll d«Me, t fl, p. MH, et «TM fl féàMë qtté rarmée du roi ne perdit, do 27 mal au l«r Juillet, que 214 ofDclert et 8,746 loldats.
^rrailn porte les pertes des h^toçafs A 6,600 hoAinclï, éint 9,060 pt'KotrtilérA.
(2) D*a|irèt la •ttuatleo eOlcielle, les aHiéa eurent 501 iLaglals, 180 rortukaU et 88 BiiMigMia tués; 2,807 Anglais, 899 Portugais et 464 Espagnols blessés, ainsi que 266 manquante.
On trénta ënCM antres sur le diamp de baianie: ISl eanoni«n brontc, 415 oaisaMifl, 14,240gar* •gousses, 1,973,400 cartouches, 40,668 livres de poudre â canon, 44 forges, 56 voitures de fioarrage, etc.
Belmas évalue le nombre des voitures de bagage perdues à 1,500.
•"après Toréno, les Francsis eurent 6/100 morts et blessés, et les alliés un peu umiIbs de 8/MNI, dent 8,800 anglais, 1 jOOO Portugais et 600 Espagnols. On ne At, d'après lui, que l/Xù prlfOBBleri.
Let aaieurs des ytetotret ei conquêtes estiment les pertes des Français â ^fiOù, ei ceWet des alliés, A 4,000 booMnea.
Belnat évalve A 4^860 hommes» dontOOO prisonniers, la perte des Français, et A 5,088 iMMsaMa eene des ailMs. Obérer prétend que les Français eurent 8,080 hommei hors de eondMt, dliMil lj888prlsuuBlen ; ealHi welliBgton, dans son ilappori à krrd Batkurtt, et tine let pertcg d88 Français A 4,688 blessés et 800 tués.
C8)T.yilI,p.247.
a anglais ont été prompts , habiles et suivis. Là tàleor et la a fermeté de ses troupes ont été dignes de louanges (i). »
Le 23, Tannée française continua sa retraite sous la protection d'une forte masse de cavalerie. Le 24, elle atteignit Pampelune, mais dans un tel état de désordre, que le gouverneur de cette place ne voulut admettre que les troupes absolument nécessaires à la défense. Le 25, toute l'armée s'engagea dans la vallée de Roncevaux, sans rencontrer de difficultés sérieuses.
Comme toujours, la poursuite des alliés fut lente et molle. Noos avons déjà fait observer que ce défaut tenait à la nature physique et aux habitudes du soldat anglais, bien plus qu'à un manque d'énergie ou de résolution de la part du général en chef.
Le roi avait envoyé lettres sur lettres à Clause! et à Foy pour les appeler à Vittoria ; mais, trop éloignés, ces généraux n'avaient pu lui obéir à temps, de sorte que Joseph s'était vu d^ligé de livrer bataille sans le concours de 27,000 hommes, d<mt l'arrivée opportune eût exercé une grande influencé sur les opérations (2).
Le 21, Foy était encore à Bergara et Clausel à Logrono (s). La perte de la bataille les mit l'un et l'autre dans une trèsfausse position ; ils en sortirent néanmoins avec honneur.
Apr^ avoir détaché Hill pour faire le blocus de Pampe-
(1) CéUlt auul lV>piiilon de aarke, mlulstre de la guerre, écrlfantan roi, le 2 Juillet i%fi: m II fera pénible à Temperenr de penser, dit-Il, que rennemi ne doit nnlleraent tes suceéa à
• laaapérlorlté de tes forces, mais plutôt à la manière dont eues ont été dirigées de pari et
• d^aatre. >
(2) Diaprés les Vietoirtt ei conquêtes, Foy avait 12,000 hommes et Clausel 15,000.
(S) Clausel avait reçu, le 16 Juin, la première lettre du roi, et anssUét 11 s*écalt arrêté dans m nwBfium de Mina p&ur ûHmdr^ eu ardrt potitifi. Ces ontrea se Ûrent itléMlre éu nlrrtftrart poittt , car le général clausel aiftrme que, dans la JiMmée do 30,11 n^vtlt reçu •vom détail eMTrtert eûroféu par Joiépli. (Toirla Mf/ivdtt OJamet, adrNaéépër lerof i
lune (i), Wellington se porta de sa personne sur Taffala et Olite, à Teffet de détruire Glausel, qu'il croyait à Tudela, et qui en réalité était retourné de Vittoria (2) à Logrono, où il se trouvait encore le 25 au soir (s). En ce moment, Sanchez et Mina se portaient vigoureusement sur les derrières du corps français. Glausel se tira de ce mauvais pas en faisant une marche forcée de vingt lieues en quarante heures sur Tudela, et en gagnant ensuite Saragosse (4). Wellington, qui aurait pu l'intercepter par la route de Jacca, mais en le rejetant sur Suchet, se contenta de le faire serrer de près par Mina, qui déploya dans cette circonstance une grande habileté.
Les détracteurs du général anglais prétendent que s'il avait montré plus d'audace et de résolution, les troupes de Glausel auraient dû mettre bas les armes. Il est certain que le duc fut informé assez à temps de la marche de ces troupes pour intercepter leur ligne de communication (5); mais le colonel Murray, quartier-maitre général de l'armée anglaise, fait observer que le mauvais état des routes et les fortes pluies tombées les 24 et 25 retardèrent la marche des alliés (e); c'est une circonstance dont il faut tenir compte, bien qu'elle n'excuse pas entièrement Wellington. La pluie et le mauvais état des routes, en
(1) Place défeuduc par 4,000 hommes et 200 pièces de canon : trop forte pour être asclégfe avec le* moyens dont Wellington pouvait disposer. Dalhousio continua le blocus avec les 2«, 6«et7' divisions; quand II eut achev6 les redoutes et les ouvrages de la ligne dUnveatls» •ement. Il partit, laissant les Espagnols seuls devant la place, anus les ordres du sénéral O'Oonnei.
(2) Il s'éUit approché de Ylltoria le 22 au soir.
(S) Ce même Jour, Wellington apprit la véritable position dcClausel.
(4) Il arriva à Tudela le 27 au soir ; de là 11 voulut se rendre A OUte et A Taffala ; mais, prévenu A temps que Wellington Vy attendait , il repassa l*tbre et marcha en tonte hâte aur Saragotae.
(5) On lui atalt cntoyé le btUet tuttant de Glausel, écrit en chiffres, et dont le porteur était tombé entre les mains des Espagnols.
2S Juin.
Sire
• Je me tult porté , hier 22, A une deml-IIeue de vittoria, par la route de la Guardia. 81 j^apprenda que Votre Majesté se trouve vers 8aIvaUerra,ou dans la vallée d'AraquU, Je oa^ rendrai en traveraant les montagnes; dans le cas contraire, Je me i>orteral sur Fampelooe. m
{•) Mêmoin ofthê war, p. 105.
effet, exerçant la même influence sur la marche des deux armées, ne peuvent être invoqués par l'une d'elles comme un empêchement absolu à la poursuite de l'autre. Plus admissible, à coup sûr, serait une explication basée sur la différence que présentaient les soldats anglais et français , au point de vue de l'aptitude physique, des ressources en vivres, habits, chaussures, etc.
Quoi qu'il en soit, le général Clausel parvint à se retirer sain et sauf du mauvais pas où il se trouvait; et Wellington, à partir de ce moment, s'adonna exclusivement aux soins que réclamaient les sièges de Pampelune et de Saint-Sébastien.
Ainsi finit la mémorable campagne de 1815, qui porta les alliés au sommet des Pyrénées, et renversa définitivement le trône mal étayé de Joseph. En moins de six semaines, les Anglais avaient fait deux cents lieues dans un pays accidenté, traversé six grandes rivières, investi deux places et repoussé de TEspagne 120,000 Français : résultat immense, qu'ils n'auraient pas obtenu si Joseph avait suivi les instructions de Tempereur, ou s'il s'était arrêté sur le Garion et la Pisuerga assez longtemps pour donner à Foy et Clausel le temps de le rejoindre.
En quittant Madrid et en concentrant toutes ses forces à Burgos, le roi ne fit que se conformer aux principes de la stratégie; mais en acceptant la bataille sans Foy et Clausel, dans le bassin de Vittoria , après avoir abandonné d'excellentes et fortes positions , il commit une faute impardonnable. L'armée française eut mieux fait de se retirer franchement sur Bayonne et de se baser sur cette ville , ainsi que Tavait conseillé Jourdan, ou de marcher parallèlement à rÈbre jusqu'à Saragosse , pour donner la main à Suchet et
tomber sur les alliés, aussitôt qu'ils auraient été à 150 lieues de leurs dépôts. Ce dernier plan fut préconisé par les officiera^ les plus distingués de Tétat-major de Joseph. Tous étaient con vaincus que Wellington n'oserait pas s'avancer dans les Pyré^â^ nées en laissant des forces aussi considérables derrière lui; de fait, l'importance qu'il mit à éloigner Foy et Clausel sei ble justifier cette opinion. Mais le roi et Jourdan ne croyaiei pas un mouvement de retraite sur Saragosse exécutable daii=3S$ les circonstances où ils se trouvaient ; ils craignaient en outi^-9? de perdre leur grande communication avec la France , ^ &e laisser Foy abandonné à lui-même dans les provinces insurgées du Nord. Cette crainte était fondée, et cependant le roi eût bien fait de n'en pas tenir compte, puisque le plan suivi donna des résultats si désastreux. Au reste, l'incapacité militaire de Joseph se révéla plus encore dans l'exécution que dans la combinaison des mouvements.
Bien différente sous ce rapport fut la conduite de Wellington : sa marche de concentration sur le Douro, les mouvements à l'aide desquels il tourna TÈbre et le soin qu'il prit de former une nouvelle base d'opération sur la côte d'Espagne I doivent être loués comme de belles applications des principes de la stratégie (1). On lui a reproché cependant d'avoir fait un mouvement rétrograde pour éloigner de ses flancs Clausel et Foy, au lieu de marcher sur Bayonne, <)ui n'était pas en état de se défendre (2) ; mais cette critique
(1) « les mouvenenu de lord Wellloston, dans le conmenccment de cette ctmpague, Mt le général Sarraziiu MBt u« cbcT-d'CNivre de ftiratésloi U n'ambitlonae point le triom^lie éphémère d'^entrer à Madrid; il prend des positions solides qui forcent les Français A évacoer cette capitale: Il meneoe tout leur Hsbc droit, depuis Santandur Josqe'* Taleace ; lirsupproche defiursos»où était un dépôt Immense de munitioDS; Il a même la hardiesse de peusser la §aiiche de son armée jusque sur la Ugne d\>pératlou des Français» ete. •*- P. SSt.
■ la aurche du eteéral anglal9| sur la rive droite du Douro, fut saYammont calculée, mais ses manœuvres dans la Journée de YIttorla ne méritent pas tout à fan les néraes éloges. Les ffrautti* furent nal atlsqués et encore plus mal poursuiTts. » Viiot, eteanç.,i. XXII, p. SI.
(2) Les auteurs franctU assurent que Bsyonne n'était pas tenahle, mais WellIofUm peaTUtt lingrtr oette drconittiioe.
tombe devant la considération que Tarmée alliée était hors Tétat de continuer la campagne, surtout dans les Pyrénées, où elle aurait éprouvé beaucoup de fatigues, de dangers et de privations, ce Mes soldats, écrivait Wellington, au lieu de pré- (c parer leur nourriture et de se reposer après la bataille de « Yittoria, se dispersèrent pendant la nuit pour se livrer tt ao pillage ; ils se fatiguèrent tant , qu'il leur fut impostf aible de soutenir une marche difficile; il en résulta que K rarmée victorieuse compta plus de traînards que l'armée K vaincue. Dix-huit jours après la bataille, 12,500 hommes K (presque tous Anglais) étaient encore absents, la plupart K maraudant dans les montagnes... »
D'un autre côté, le système de guerre de Wellington ne comportait pas une opération aussi hardie que l'invasion de la France, dans Tétat d'incertitude où se trouvaient les affaires i'AUemagne (i). Un armistice venait d'être conclu, et il n'était pas impossible que cet armistice fût suivi d'une paix à laquelle l'Angleterre n'eût point adhéré; or, dans ce cas, l'empereur inrait pu diriger toutes ses forces contre l'armée de la Pédinaiile. Il était donc prudent d'établir solidement l'armée mglaise dans les Pyrénées , et de lui assurer un bon port. Dndle n'eût pas été, en effet, la situation de Wellington au lelà des frontières, si le roi se fût retiré par Jacca sur l'armée le Suchet, et si Foy et Glausel se fussent emparés des tro- >hées de Yittoria, gardés par une seule division anglaise ! Même vec toute la sagacité qu'il montra dans la suite, Wellington ût été battu, si le duc d'Albuféra et Glausel s'étaient portés e concert sur son flanc droit, quand Soult l'attaqua de ront : or, en envahissant la France , au lieu de Soult avec armée de Joseph, c'était peut-être l'empereur avec l'armée
(1) Toir IM Utirêidê If^êUingion, 4m 8 JuUi«t 1811, «m générM BmUneIt, tt du 12 JulIlaC H tomi9 Bathuftt.
de Bautzen qu'il aurait eu sur les bras (i); cette considération suffit pour justifier la lenteur du duc après le combat du 22. Il ne s'était pas attendu, d'ailleurs, à ce que les Français, par leurs fautes, lui permissent d'aller si loin; ses préparatifs n'avaient été faits qu'en vue du siège de Burgos.
Pour assurer sa nouvelle base, Wellington résolut de s'emparer de Saint-Sébastien (2); et, pour garantir son flanc droit, il envoya O'Donnel, avec des troupes espagnoles et portugaises, bloquer Pampelune. Les corps des partisans non employés furent mis en observation pour couvrir ce blocus et empêcher la jonction du duc d'Àlbuféra et de Clause! à Saragosse. Enfin, sir John Murray fut chargé de tenir Suchet en haleine par des opérations en Catalogne (3).
Murray était parti le 21 mai d'Àlicante pour assiéger Tarragone; mais, soit faiblesse, soit incapacité, à l'approche de l'armée du duc d'Àlbuféra, il avait abandonné son équipage de siège et rembarqué ses troupes dans le plus grand désordre (le 12 juin), mettant par cette retraite le général Copons dans une situation fâcheuse (4). William Bentinck, qui lui succéda dans le commandement de l'armée anglo-sicilienne, montra sinon plus d'intelligence, au moins plus de résolution et d'énergie. Il investit Tortose, força le
(1) Wellington avait écrit le 20 Juillet au génâral lord Bentinck : • Si la guerre te ralluma dam le Iford Je ferai très-bien de in^avancer en France, et Je pourrai san* doute m> établir. Si elle ne «e rallume point. Je niraU en France que pour ni*en faire chauer... Dans ce cas. Je me propose de me rendre maître de tontes les garnisons de rAragon,de manière â me Joindre plut étroitement à vous, en maintenant toutefois le blocus de Pampelune. » — yolr autti sa têtirt du 22 novembre IS13 au générai Dumouriez,
(2) Cette place était alors bloquée par Hendlaabal.
(3) Wellington lui avait donné, le U avril 1813, des Instructions trèt-précltes et fort Men conçues, mais qui furent mal eiécutées.
(4) Murray fut, pour ce double fait, traduit devant une cour martiale, qui, tout en le déclarant non coupable, blâma sa conduite comme Imprudente et peu Jodlcieuse. Wellliigtoa énuméra, dans sa lettre du 8 aoAt 1813 au colonet Torrent, tontes les fautes commises par Murray, et montra combien ce général s^étalt écarté de ses instructions. Consultée également sa lettre du l** Juillet <l JûhnMurrof, et celle écrite, le 19 août, par Suehei au due de Fettre. -BSLMAS, 1. 1, p. 899.
duc d'Àlbuféra à détruire les ouvrages de Tarragone, et parvint à tenir l'armée d'Aragon éloignée de la Navarre. Avant son arrivée, le duc del Parque, contrairement aux ordres de Wellington , avait fait un mouvement offensif de concert avec Elio, et s'était fait écraser par le général Harispe à Alcira, sur le Xucar (9 juin 1815). Suchet aurait complété cet avantage si la nouvelle de la bataille de Yittoria n'était venue déranger ses plans. 11 abandonna Valence le 5 juillet (i), et marcha avec 20,000 hommes d'excellentes troupes sur Saragosse pour se réunir à Glausel (2). Mais, avant d'atteindre cette ville, il apprit que Glausel s'était porté sans nécessité (3) sur Jacca, et que les partisans de Mina assiégeaient le château de Saragosse. Au lieu de dégager immédiatement ce point et de faire une démonstration sur le flanc droit de Wellington (4), Suchet concentra toutes ses forces entre €aspe et Tortose (le 12 juillet); faute grave, dont les conséquences ne tardèrent point à se faire sentir. Le château se rendit le 30, et le fort Daroca le 11 du mois suivant. Dès lors il fallut renoncer au projet de jonction avec Glausel et à toutes les espérances que ce projet avait fait naître. L'armée d'Aragon passa rËbre les 14 et 15 août à Tortose et alla s'établir aux environs de Tarragone. « On s'étonne, dit Napier, qu'un général jouissant d'une si haute réputation ait, dans des circonstances critiques, laissé sans emploi des forces aussi imposantes. »
Il est vrai que Suchet avait plus de 27,000 hommes dans
(1) U»rd Beniiock y entra le 9-
(2) L'année d'Aragon avait alon 12 â 13,000 hommei dans lei places. Suchet voulait conserver le royaume de Valence pour faciliter les négociations générales, en trompant les alliés sur la force réelle des Français en Espagne, il affaiblit en conséquence son armée ac* Cive, meaure qui Influa d'une nuinlère ficbeuse sur Pensemble des opérations-
(3) 11 n*étalt alors poursuivi que par les troupes de Mina.
(4)8es30j000 liommes,Jolntaàla division Paris et aux troupes de Qausel, lui auraient pcmls de Jeter une armée de 40,000 combattanu sur le flanc des alliés , au moment oft Ooult les attaquait de front, tvlderoroent le général anglais n^ùt pat résisté à ce coup.
— il8 —
les places fortes (i) ; mais il lui en restait encore SS^OOO dis ponibles (s) quand la guerre se décida en Navarre. Si don avant la fin de juillet il avait marché sur cette province pa l'Aragon, Tarmée anglo-portugaise eût été infailliblemen écrasée (s).
A cette époque , les alliés firent transporter à Bilbao, Santander et à la Gorogne les établissements militaires et 1 approvisionnements du Portugal (4). Saint-Sébastien compléter leur ligne de dépôts ^ et c'est ce qui engagea Wel^ lington à en faire le siège immédiatement.
La forteresse de Saint*Sébastien est bâtie sur une presqu*il au pied du mont Orgulio, sur lequel se trouve le château de 1 Mota, servant de réduit. La partie nord était couverte pas rUruméa et le côté sud par la mer. Les fortifications étaien composées d'une double enceinte avec contrescarpe, chemi couvert et glacis , excepté dans le sens de la longueur de 1 presqu'île, oii elles ne présentaient qu'une seule enoeint^ rendue inaccessible par les eaux. Dans cette partie, l'escarp^^ était découverte jusqu'au pied et vue entièrement d'une chain»de hauteurs situées sur la rive droite de l'Uruméa, à 4a di tance de 6 ou 700 verges. Le défaut de terre pour couvri cette portion de l'enceinte avait d'autant plus d'inconvénieni que rUruméa était guéable pendant plusieurs heures à chaq marée, et que les eaux en se retirant laissaient à sec, sur rive gauche de la rivière, un espace considérable, par oii l troupes pouvaient monter à l'assaut (s)*
(1) Dans ce chiffre ei^t comprit rcffectlfde la division Paris.
(2) L*armée d'Aragon avait â ceitc époque 32,362 homme* et 4,919 clievauv reffeciff; l'armée de Catalogne 29,010 hommes et 1,989 chevaux.
Éimi ttt situation, iumet 1813.
(S) Il ftat noter cependant que 8ucbct*à cette époque. Ignorait que Soutt avili commandement de i^rmée d'Espagne et faisait des préparatifs pour secearir Il n*en aurait pas molus dû marcher en avant , pour empêcher Wellington de Urer pii la taUllIe de vittorla.
(4| Les Prauçals occupaient encore Santoiu, et lean corselres Interotptalmit Ifff nlcatlons le long de la cète d'Itpagnc.
(Ji) JORUf p. 289.
garnison, forte d'abord de 2,500 hommes, fut portée à ^^ 9 OOO hommes , le 27 juin, par un détachement de la dmsi^z^wm. Foy. Il lui manquait des abris pour les malades, des a|>;f»K-ovisionnements, du bois pour palissades et de Teau pota Jb> M ^. L*aquedue servant à Talimentation des réservoirs publ i. <:^ ^ avait été coupé dès le premier jour par les alliés, et les pvM m ^ d qui auraient pu y suppléer étaient envasés, ou ne fourni ^ ^^ient qu'une eau saumâtre. La plus grande confusion régrm .^^mt dans la ville; et tant de fuyards s'y étaient retirés, que le ^^ouverneur (général Rey) fut obligé d'expulser toutes les bc^ iBJK <!he8 inutiles. Les fortifications étaient en mauvais état (i), le^s. approvisionnements de siège et le matériel insufisants; le p^M^dsonnel était plus insuffisant encore, puisqu'il ne comportât m & 4{ue 100 artilleurs pour le service de 76 bouches à feu (s^ pa^ 'ar- compensation , les habitants étaient bien disposés, ails montra î^nt un dévouement sans bornes pour les Français (s). » S-^e 28, la place fut bloquée du côté de terre par 7 à 8,000 Ës(^>agnols, sous Mendizabal, que suivaient à petite distance 9 a. 10,000 Ànglo- Portugais, commandés par le général Grr£i.Iiam.
n ce moment, Tartillerie destinée au siège se trouvait
sur les vaisseaux dans le port du Passage ; elle con-
sisfLait en 54 bouches à feu (4), pourvues d'un approvisionne-
t limité entre 300 et 1,500 coups par pièce.
général Rey mit un bataillon dans le couvent Saint-
(h 'V^oir le Rapport du chef do batainon du génie Plnol, au mifiiîire dé fct guerre étiî^ ' *^ > «lS)t et celui du §6ii6ral Hey au uièine (29 fuin). D^aprèf Bei«MMp^ 6(0), ta pleœ
it »•<* 1 >^i^e pouvoir Unir 8 ou 10 Jouri eoniro des mojrent d'attaque ordinaires. ^' ^^^m. "TClKHielMa à Heu, 19 oecupftieiil les batteries du noDiorgullo. ^^ ' '^'* J billet, il Arriva encore une cinquantaine de canonniers par ner. /J ***^«-iM8,p. 994.
^^^^ '^ ^k4ivoir : 20 i>lèces do C4, approvisionnées à 1,500 coups, 6 obusiers de 8 ponees, ^ ^^ *^*onnés â 1,000 coups, et 8 mortiers approrhionnés i 900 coups. 1^ ^ ^ •. Jùwrmaux det êiêffiÊS, p. 268. f,^^ ^**ifclégés avaient,' dans ie commencement, 76 pièces en batterie. Us en reçurent d^u- — ; «prêt iHniverture <ie la tranchée*
Bartholomé, à rentrée de là presqu'île; 40 hommes dans la tête de pont de Santa-Catalina et dans le couvent de San- FranciscOy sur la droite de TUruméa , et 25 hommes dans nie Santa-Glara, dont la chapelle fut convertie en blockhaus. Le 28» il fit brûler les deux faubourgs de Saint-Martin et de Sainte-Catherine, qu'on n'avait pas eu le temps de démolir. Enfin, tous les bras disponibles furent requis pour fortifier les ouvrages du château de la Mota et d'autres points de la place.
Le 29, à 7 heures du soir, les assiégeants firent une tentative infructueuse pour enlever de vive force le couvent de Saint-Bartholomé.
Le 5 juillet, la marine anglaise vint bloquer le port, mais< •lie n'avait pas assez de bâtiments pour empêcher les marins^ j de Saint-Jean-de-Luz de s'introduire de temps en temps dam la place à la faveur de l'obscurité.
Le 7 , les Espagnols démasquèrent une batterie qui tin sans résultat à boulets rouges sur le couvent Saint-Bartho — lomé.
Le 9, l'arrivée des troupes de Graham permit de resserrer les lignes d'investissement. Aussitôt Wellington quitta Eruani pour faire la reconnaissance de la place et déterminer le choix du front d'attaque. Il adopta, sur l'avis du major Smith, le plan qu'avait suivi le maréchal Berwick au siège de 1719, plan basé sur la possibilité d'approcher à marée basse de la partie nord-est de l'enceinte, et de battre en brèche l'escarpe d'une chaîne de hauteurs située sur la rive droite de l'Uruméa.
Napier trouve ce plan extrêmement défectueux. Il est certain qu'une attaque régulière dans la presqu'île aurait conduit plus sûreittent au but; mais, — nous ne saurions trop le répéter — les ingénieurs anglais n'avaient pas le moyen de réduire une place par la méthode de Yauban. Ils devaient donc forcément donner beaucoup au hasard et préférer les attaques promptes, toujours meurtrières, aux attaques mé-
odiques, possibles seulement avec un matériel et un pernneî convenables.
Dès que les Anglais eurent dévoilé leur plan, la garnison un retranchement en arrière de la muraille et pratiqua des éneaux dans toutes les maisons ayant vue sur Templaceent présumé de la brèche.
Le 14, Wellington reprit le chemin d'Ërnani, confiant la rection des travaux à Graham, qui, le même jour, par un feu utenu, parvint à faire brèche au couvent de Saint-Barthomé. Le lendemain, à une heure, trois colonnes essayèrent mlever ce couvent ainsi que les petits postes qui le souteient; mais, attaquées avec une extrême vigueur, ces cornes ne tardèrent point à rebrousser chemin. Une sortie de garnison compléta cet échec , qui coûta aux alliés plus de 0 hommes (i).
Le 16, les batteries d'attaque parvinrent à mettre le feu au ivent; Tincendie se propagea si rapidement, que le soir il restait plus qu'une moitié de Tédifice, et que la garnison . sur le point de l'abandonner.
Le 17, on fit une nouvelle tentative avec trois colonnes, js les ordres des généraux Oswald,Hay et Bradford (2). La onne de droite attaqua la lunette du cimetière, celle du itre le couvent, et celle de gauche les petites maisons crélées. Les Français présentèrent une résistance vigoureuse; inmoins ils furent obligés de battre en retraite avant même lYoir fait jouer les fougasses préparées sous les murs du ivent. Cette lutte dura quatre heures ; elle fut secondée de rt et d'autre par l'action de 60 bouches à feu (3).
I B*aprèt Belmas, les allléf laissèrent 150 morts sur le terrain, tandis que les Français
irent que S tués et S9 blessés.
) Lettre de Graham au duc de fTelUngton, 18 Juillet 1813.
) Bile coAta aux Français 40 hommes tués et 200 blessés. Les Anglais» qui avalent mis en
>e6j000 hommes, Orentdes pertes plus considérables; Ils laissèrent, en outre, U hommes
re les main» de l'ennemi.
Après renlëvement de Saint-Bartholomé, Grahamfit battre le front en terre de la place , tout en continuant l'attaque principale sur la riye droite de TUruméa.
Le 20 au matin, 50 pièces ouvrirent le feu contre le mur non terrassé.
Le lendemain 9 la place fut sommée de se rendre; mais, fidèle à son devoir , le gouverneur repoussa énergiquement cette sommation.
Le 22 au soir, le mur était battu en brèche et renversé sur une étendue de 50 mètres.
Wellington, dans ces entrefaites, était revenu d'Ernani, et avait visité les travaux en détail.
D'après ses ordres, une nouvelle brèche de 10 mètres de largeur fut ouverte le 23, entre la tour Los-Hornos et le bastion Saint-Ëlme. Presque au même instant, le feu prit aux maisons crénelées en arrière de la grande brèche. Comme on n'avait pas assez d'eau dans la place, l'incendie se propagea rapidement : ce fut une circonstance fâcheuse pour les défenseurs; ils comptaient occuper ces maisons pendant l'assaut (i).
Les ingénieurs avaient profité d'un aqueduc pour établir une mine sous le terre-plein du chemin couvert. Cette mine fit explosion le 25 de grand matin ; elle renversa la contrescarpe dans le fossé. Les colonnes anglaises débouchèrent aussitôt de la parallèle et se portèrent vivement à l'attaque des brèches (s). Pour y atteindre, elles devaient traverser un espace de plus de 200 mètres, coupé de flaques d'eau, et parsemé de rochers couverts de plantes marines qui les rendaient fort glissants. Elles devaient en outre longer la fausse-braîe
(1) Après riDCCBdie des nalcoof crénelées, les défenseurs allèrent occuper des posieieo arrière, dont lis ne purent tirer aucun parti.
(2) D'après Belmas« celle atUque fut combinée avec une escalade contre l\>uYra80â conet. « Les échelles, dlt-ll, furent renversées, et le plus grand désordre se mit dans la cslOMe. •> qui fut obligée de se reilrer, après avoir essuyé une perte énorme. »
Le colonel Ingénieur Jones ne fait aucune mention de cette attaque.
ie la branche gauche de i*ouvrage à cornes ^ d'où Ton pouvait lancer sur les assaillants une grêle de projectiles.
Les Français laissèrent avancer la colonne , forte de i,000 hommes, jusqu'à ce que sa tête eût atteint le pied de a brèche; puis, à un signal donné, ils dirigèrent sur son roDt et sur ses flancs une quantité innombrable de bombes, l'obus et de grenades, dont l'effet meurtrier se combina avec lelui de la mitraille, vomie par un bastion, deux tours et m cavalier. Surprise, écrasée par cette tempête, la colonne l'arrête, se divise, se trouble; les plus braves montent à la crèche, où ils trouvent la mort; les autres hésitent et fuient. Jà désordre alors devient si grand, qu'il est impossible à ]rraham de faire avancer les colonnes tenues en réserve. \m morts , les mourants , les blessés et les fuyards roulent lonfondus sur les pierres glissantes que la mer vient à peine le quitter. Un grand nombre d'Anglais se précipitent dans les lotB pour échapper à la mitraille , et trouvent ainsi la mort n voulant l'éviter. Enfin, Graham ayant perdu l'élite de ses roupes, se décide à battre en retraite; le carnage cesse...
Bientôt les scènes de destruction font place à un spectacle ouveau, touchant, admirable! Les soldats de la garnison se récîpitent à Tenvi du haut des brèches et de la fausse-braie >ur aller porter secours aux blessés : amis et ennemis sont [alement relevés et accueillis. Ces mêmes Anglais qui peu instants auparavant étaient repoussés avec toute l'intrépité du désespoir, sont maintenant soignés par leurs vainleiirs avec la sollicitude que l'on témoignerait à des comignons d'armes. On s'empresse de les retirer d'entre les orts ; un premier pansement est appliqué sur leurs blésires, et, par un rapprochement bizarre, on les transporte ir ces mêmes échelles qu'ils avaient préparées pour donner ftssaut à la place. Le général Rey, sur la brèche, dirige et Qcourage cet élan d'humanité, tandis que le général anglais, vec plusieurs de ses officiers , placé sur l'épaulement d'une
tranchée, exprime hautement sa surprise et son admiratii d*une pareille conduite (i).
Cette affaire coûta aux Anglais 400 blessés et 100 tués ( parmi lesquels le chef ingénieur colonel Fletcher. Les Fra çais n'eurent que 18 tués et 49 blessés (s).
Le général Rey accorda aux assiégeants un armistice quelques heures pour enlever leurs blessés et enterrer leu morts que la marée montante eût engloutis.
Napier attribue Téchec de Graham aux mauvaises dispos tiens prises pour Tattaque : « Ni les instructions de Wellin ton, dit-il, ni le plan du major Smith ne furent suivis. Vei cution manqua de vigueur et d'ensemble, et le commandemc d'intelligence. Les officiers du génie se firent tuer ; mais a cun général, aucun officier d'état-major ne sortit des tranché pour se mettre à la tête des colonnes. La plupart condai naient d'ailleurs le mode d'attaque irrégulier que l'on avi adopté, et cette opinion, connue des soldats, exerça quelq influence sur leur moral. »
Lord Wellington , arrivé de Lazaca le 26 à deux heui du matin , aurait renouvelé l'attaque , si le manque de m nitions ne l'avait obligé d'attendre un approvisionnemc supplémentaire de poudre et d'artillerie, demandé au go vernement anglais depuis un mois (4); le lendemain, ( reste, on l'informa que Soult, après avoir chassé devant I l'armée d'observation, avait franchi les Pyrénées et se di geait sur Saint-Jean-Pied-de-Port. Cette nouvelle oblig Wellington à convertir immédiatement le siège en bloci
(1) ytetoiret et eonguéieSt t. XXII, p. 272.
(2J D'après Jones. Le major Belmat évalue les porlea à 2,000 hommes, dont 118 farmt I prisonniers; ce chiffre est exagéré.
Le comlc Toréno estime les pertes à 40 officiers et 520 hommes tués, blessés ou pi les ytetotrê* et conquêtes, à W)0 lues et blessés, non compris plusieurs centalnet de ; sonnicrs.
r3) D'après Belmas. Quelques auteurs estiment les pertes des Français à 2S0 bommos.
(4) Voir sa lettre au comte Baihurtt, l«r août 1813.
pour rendre disponible une partie des forces de Graham (i).
Les assiégés profitèrent de ce délai pour éteindre Tincendie qui s'était déclaré dans la ville , améliorer la défense de la brèche et des remparts contigus , réparer le matériel , construire des barricades, etc. Â l'exception d'une sortie qui eut pour résultat la prise de 189 soldats alliés, et la destruction d'une partie des travaux d'approche (2] , il ne se fit rien de remarquable pendant trois semaines.
De temps à autre seulement, il arrivait des navires de Saint-Jean-de-Luz qui apportaient aux assiégés des outils, des provisions et des renforts.
Le 15 août, on célébra dans la place la Saint-Napoléon avec un éclat extraordinaire. Pendant toute la journée, le son des cloches se mêla aux cris joyeux de la garnison ; à la nuit tombante le château fut illuminé, et du camp des alliés on vit briller sur les remparts, en grandes lettres flamboyantes, les mots : Vive r Empereur !
Graham crut le moment favorable pour tendre une surprise, mais cette opération ne réussit pas mieux que les précédentes (3) .
(1) JODCS ne signale pas ce départ d'une fraction de Parmée de siège ; Il dit que ce fut Craliam et non Wellington qui, le 28, apprenant Pattaque de Soult contre les alliés (attaque dont 11 Ignorait encore le résultat), fit embarquer les bouches A feu et le parc, et convertir le siège en blocns.
(2) CeUe sortie eut lieu le 27 JuUlet.
(S) Les alliés sTalent perdu Jusqne-ll, devant Saint-Sébastlen, 1,300 hommes, non compris cens tués pendant le blocus (sous Mendliabal).
raprès un êtai des pertes elle par Gurwood, le nombre des tués, du 7 au 27 juillet, s'éleva â 304, celui des blessés ft 774, et celui des manquants ft 300.