CHAPITRE XVI
Idées de Wellington but le B^>nveniement et les partis. — fitat des eeprits en Europe apr^B IB15. — Ligne de conduite des ^uvenilns alliés. — Politique de Wellington k l'égard de la France. ~ Attentats snr sa personne. —Napoléon récompense l'un dei assuslns— Congrès d'Aix-la-Chapelle. —Geo^e IV visita la chsiap de bataille de Waterloo.— Congràs de Vérone. — WeUington est envoyé à Saint-Pétersboug pour régler les affaires de la Grèce. — Participation du duc k la politique intérieure de la Orrande- Bretagne.— Sa répugnance pour tes institutions démocratiques. — Décadence du torjsme. — Politique de transition. — Wellington, devenu miniatre, personnifie cette politique. — Avènement de Canning. — Wellington et six autoes torys modérés sa retirent du cabinet. — Opposition du duc aa aoavean œînist&re. — DémissioB de Canning. — Lord Oodericb lui succède. — Faiblesse de cette administration. — Elle est obligée de se retirer après la bataille de Navarln.—Wellington nommé président du conseil. — A la suite d'un vote hostile, Huskisson se retire et avec lui quatre autre cannin^stes.— Wellington remanie son admlnlatration dans le sens Uiij modéré. — tl présente et fait voter l'importante question de l'émancipation oatboliqna. — FAefafluae attitude qu'il prend dans la question de la réfonne parlementaire. — Sa mani^ de voir à l'égard de la Orèœ, de la guerre civile du Portugal, des révolutione de Paris et de Bnuelles.— Impopularité momentanée de Wellington. —Chate du ministère de lord Grey. — Avènement de lord Helbonme.— Sir Bobert Peel est chargé de former un nouveau cabinet. — Wellington fait partie de ce cabinet. — Mort de George IV.— Avènement de lareine Victoria. — Wellington contribue à l'établissement du Frte-tratU. — Fin dn ministère
DigilizcdbyGOOgle
Bobert Peel. — ATénement de John Ruseell — Lettre de Wellington sur ladifensede l'Auglaterre. —Émeute des ctiartiBtei;hablleBdiBpOBitioiii du duc. — Sa mort ; regretB universels qu'elle inspire.
Après avoir esquissé à larges traits la vie militaire de Wellington, nous devons jeter un coup d'oeil sur sa vie politique et signaler brièvement les services qu'il a rendus comme homme d'Ëtat, de 1815 à 1852, époque de sa mort.
Dans cette seconde moitié de son existence, nous retroU'< verons encore, sinon la même supériorité , au moins les mêmes qualités solides, le même jugement, le même coup d'œil, la même énergie, le même dévouement aux intérêts du pays et de la couronne.
Si Wellington fut inférieur sous quelques rapports à ses illustres collègues du Parlement, il eut en revanche des avantages que nul d'eux ne posséda au même degré. Ses qualités et ses défauts tenaient en partie aux habiludes de sa vie antérieure : il avait été trop longtemps soldat pour avoir les scrupules et les faiblesses ordinaires aux hommes de parti; mais il avait aussi trop longtemps vécu au milieu de gens façonnés aux idées d'ordre et de discipline pour posséder cette flexibilité d'esprit, ce charme de langage, cette séduction de caractère et cette fécondité de ressources qui captivent, entraînent les masses et donnent de t'influence dans les assemblées délibérantes.
Ses opinions et son caractère le portaient à la résistance. Pendant la première moitié de sa vie, il combattit Napoléon, te représentant de la révolution et de la conquête ; pendant la seconde moitié, il résista à l'esprit de réforme et à la démocratie personnifiés par d'illustres orateurs et des écrivains du premier mérite. Cependant, comme il était avant tout homme de bon sens et dévoué à son pays , il ne poussa jamais la résistance jusqu'aux dernières limites. Alors même qu'il se roidit le plus contre l'opinion publique, il ne fut
DigilizcdbyGOOglC
jamais ni assez absolu, ni assez oppressif pour deveoir un . obstacle. Son système était de renoncer à une opinion dès qu'elle ne pouvait se manifester sans interrompre le cours des affaires, ou sans apporter quelque entrave à l'action du gouvernement. L'ordre pour lui était la loi suprême ; les principes , les partis et les hommes ne venaient qu'en seconde ligne : « Si le monde, disait-il, était gouverné par des prin- « cipes, rien ne serait plus aisé que de conduire les grandes « affaires; mais en toute circonstance, le devoir d'un homme a sage est de choisir la moindre des difficultés qui l'entou- « rent. » Ce fut également la théorie de Robert Peel , avec lequel Wellington eut, comme politique, une grande conformité de vues et de sentiments.
Quoique appartenant à la classe privilégiée, ces deux hommes d'Etat ont porté des coups mortels aux privilèges, et quoique d'un caractère frès-arrêté, ils n'ont jamais hésité à suivre leurs antagonistes, quand les événements avaient modifié leur opinion ou rendu nécessaire le sacrifice de leur personnalité. Battus sur une question de principe, ils acceptaient de bonne grâce le fait accompli. On peut dire qu'ils défendaient leurs idées comme on défend une place, aussi longtemps qu'on ; peut tenir convenablement.
Wellington apportait dans l'exercice de ses devoirs politiques une résignation toute militaire. Il acceptait un portefeuille comme s'il se fût agi d'un commandement : c'était dans toute la force du terme un brave et loyal serviteur; il n'eut même jamais d'autre ambition que de mériter ce titre.
Bien qu'il appartint à l'école politique de 1807, le duc se montra plus libéral que la plupart des hommes d'État qui personnifient cette écofe. Sa politique marque en quelque sorte la transition entre le système déchu, qui avait toutes ses sympathies, et l'école moderne, dont il n'accepta les idées que lorsque les circonstances l'exigèrent impérieusement.
Dans la guerre qui venait de finir, la légitimité avait
DigilizcdbyGOOglC
vaincu la rérolotion ; mais les principe de celle-ci étaieot restés debout. Le deraier coup de canon avait à peine retenti, que les idées libérales surgirent avec plus de force et d'ensemble que jamais. Wellington avait trop de prudence et de sagacité pour méconnaître la portée de oe fait. Aussi, malgré les tendances ultra-réactionnaires de certains représentants de l'absolutisme vainqueur, il 6t de louables efforts pour donner satisfaction à quelques-uns des besoins de l'époque. Il soutint notamment que les Ëtats européens devaient profiter de la paix « pour réduire leurs forces militaires excessivement « accrues, et pour améliorer la condition des peuples en « donnant plus de soins aux affaires intérieures (i). »
Le duc contribua par cette sage conduite à maintenir qudque temps les souverains alliés dans la voie libérale où ils étaient entrés en 1815; mais à mesure que le besoin de popularité se fit moins sentir, ces soavenùns revinrent à leur ancienne politique, soit par la force de l'habitude, soit par l'influence d^ classes privilégiées, soit encore par la crainte du d^oidement des passions anarchiques.
On a vu que si les vainqueurs de 1813 ne donnèrent pas suite à leur projet de démembrement de la France, ce fiit en grande partie parce que Wellington soutint et fit prévaloir dans les conseils des alliés ce principe, d'une vérité frappante tant de fois confirmée depuis, « que le repos de l'Ëu- « rope tient essottiellement k la tranquillité du peuple fran- « çais. »
Cette conduite intelligente et libérale ne fut pas appréciée en France comme elle méritait de l'être. L'amour-propre national, étou0ànt le Bâtiment de la reconnaissance, poursuivit d'injures et de railleries te seul boinme peut-être de la coali-
{l)MtmolrerHit datt of WtlUnttoii, pablM parle Tfmet, p. M. Jniia'lcl l^alsnrdaM ntOwlra. l« JoiitmI le ^n, daUMO d° dn iSfïTiier lu;, doiu apprcad eut nilMlre Kicnlif.
DigilizcdbyGOO^IC
ston qui se soit montré calme et modéré, avant comne après la victoire. Pendant son séjour à Paris, Wellington fut deux fois en butte à des tentatives d'assafisinat. En juin 1816, le due avait réuni i l'Ëlysée-Bourbon un grand nombre de p^sonnages distingués. Pendant le dîner, le valet d'un des convives aperçât de la fumée sortant des caves. Vérification faite, on trouva une mèche allumée près d'un baril de poudre et de plusieurs tonneaux d'huile.
La seconde tentative eut lieu le 11 février 1818. Un ancien sous-officier, nommé Gantillon, déchargea un pistolet sur le duc, au moment où il rentrait chez lui en voiture. Le coup ne porta point, et l'assassin trouva moyen de s'enfuir. On parvint cependant à l'arrêter qudque temps après ; mais traduit en justice, il fut acquitté malgré les charges les plus accablantes.
C'est à raison de cette tentative que Napoléon fit, par codicille, un legs de 10,000 francs à Gantillon (i)-- Jamais peut-être la majesté impériale du prisonnier de Sainte-Hélène ne tomba si bas que dans cette circonstance. Qu'avait donc fait le duc de Wellington k Bonaparte pour que celui-ci récompensât une mauvaise action?
Il l'avait combattu loyalement, et, après la victoire, il s'était opposé à ce que Blûcher tirât une éclatante vengeflnce de la mort du duc d'Enghien. L'empereur sans doute ignorait ce fait, et sans doute encore se croyait autorisé à rendre Wel-
■r (iiBlllliin qal ■ u*usé na yr«ei* owuBe ptAicrb on, ce doDt II 1 tti iteltri Inneccnt. Cintlllon mil ctolliirqua, que celnj-cl àt Bi'nitojrer p«rlr «ir le nelwr JnttOB, qnl i propoïC cet lUcBlal {c'etl una erreur, coobm < qoBi le itmm pliu loin), cUrcUit * le JuiUOcr par IlaUrèl de li ennde->rauine. ■ OBtUlon, «I miment II eût uuuln< Wellln|ton, te teralt couTsrt et «unll eU JiuUBi > pa-taaBêBMBottfi: nBUrtldeUtrueeda •adtMrod'unvéMnlqal, A>leaT*i"'ll . riM il csipItalallM de mil, et par u ■'MaU rasia reapemnMe du eaai daa ■wMl'rt irar. BtdacrliBediT*lrdépaaUidiMaMiMi,aoamMt«MilaaiMlUa. •
DigilizcdbyGOOgle
lington responsable des maux qu'il endurait à Sainte-Hélène. Hais cette double supposition fût-elle vraie, Napoléon n'en serait pas moins coupable, lui si grand, si majestueusement foudroyé par la fortune, d'avoir récompensé une tentative d'assassinat. . . L'histoire cesserait d'être du bon sens et de la morale, si de pareilles actions pouvaient être excusées !
En septembre 1818, Wellington fut chargé avec Castlereagh de représenter l'Angleterre au congrès d'Âix-la-Chapelle.
La seule question importante à examiner dans ce congrès fut de savoir « s'il convenait de mettre un terme à l'occupation du territoire français. » Le traité de Paris avait fixé à cinq ans la durée possible de cette occupation ; or, la Russie exceptée, toutes les puissances alliées paraissaient vouloir s'en tenir à l'observation rigoureuse de cette clause. Au Parlement, lord Stanhope avait dit que ce serait un acte de folie que d'évacuer la France, et lord Castlereagh, dans sa réponse, s'était montré plein de ménagements pour l'orateur. Parmi les Français un grand nombre de royalistes désiraient la présence des étrangers pour raffermir le trône légitime. Le coup de pistolet tiré sur Wellington, au moment même oii il allait témoigner au congrès de l'état d'ordre et de paix où se trouvait la France, servit de prétexte à cette fraction de légitimistes ardents, qui n'avaient d'ailleurs pour eux ni le roi ni le ministère (i).
Le duc, néanmoins, se plaçant au-dessus de ces considérations, demanda l'évacuation immédiate du territoire avec une
[Il K. d« BcancbKDp. dn> «m But. dt Louii Xrill, t. qnnijMitDiMeoaiplnUaBDnnlMpMrMtTtoer t«rol ii M Mita omtpInUsa Loaiaftli na rat pm l*i>Mia«Bt e«uu
DigmzcdbyGoOgle
persistance d'autant plus honorable qu'il louchait, en sa qualité de commandant des corps d'occupation , un traitement fort élevé (i). Son opinion prévalut, et, malgré les sinistres prédictions de plusieurs de ses collègues, il eut le bonheur de constater qu'il ne s'était point mépris sur le caractère de la nation française.
En 18âl,peudetemps après son couronnement, George IV traversa la Belgique en revenant de Hanovre; il voulut voir le champ de bataille de Waterloo. Sa Majesté se fit expliquer par le duc de Wellington toutes les opérations de cette mémorable journée, et parut vivement touchée de les apprendre de la bouche même de celui qui les avait dirigées avec tant de succès.
L'année suivante, le duc représenta de nouveau l'Angleterre au congrès de Vérone. Lord Londonderry, mort depuis peu, avait été remplacé au forâng-office par Canning. Ce furent donc les idées de ce dernier que le duc se chargea de faire prévaloir.
Le but ostensible du congrès était de mettre un terme à Toccupation de Naples et du Piémont par les Autrichiens ; mais en réalité, des questions plus graves et plus délicates devaient être débattues dans cette assemblée.
11) CuviGiii, t.r, p.NBdeMn Blft.d* Ja AMJaiiraff0>i, prtMDd i|iie le rtle de ¥ llncton m eoa(rtiaSlH:«c«lDldaCiiUcraaib;ll •unra.en <iiitrii,qa'll no répiiJl pli i ■BlMM MM cordUle entra eu dmu iMiBiiom ifttat.
DigilizcdbjGOOgle
Le cabinet des Tatleries avait donné ordre à son ambassadeur de demander catégoriquement aux représentants des puissances alliées si leurs gouveraerneots appuieraient l'intervention armée de la France en Espagne , dans le cas où l'intérêt de sa défense et de sa dignité rendrait cette inter^ vention nécessaire.
La Prusse et l'Autriche promirent leur appui moral, la Russie promit à la fois son appui moral et matériel ; l'Angleterre seule protesta : <.< L'expérience a démontré, dit le duc « de Wellington, que, pendant les révolutions, l'opinion pu- « blique est influencée par des intérêts de parti et de fac- « tion; et ce qui répugne alors le plus au sentiment général, « c'est l'intervention formate et organisée d'une puissance « étrangère. Du reste, le fait d'une pareille intervention est « d'affaiblir et de mettre en danger le parti même en faveur « duquel on agit (i). » En conséquence, le duc refusa, au nom de son gouvernement, de s'associer aux démarches des trois autres puissances, qui se bornèrent en déHnitive à censurer, dans des lettres adressées à leurs représentants à Madrid (i), la conduite des libéraux espagnols et à faire entrevoir à ceux-ci la possibilité d'une guerre avec la France, s'ils ne mettaient le roi en liberté et s'ils ne modifiaient les institutions fondamentales.
En dépit de ces hésitations et de ces attennoiements , le gouvernement de Louis XVIII, entraîné par Châteaubriant, tenait à faire l'expédition « pour replacer la France au rang CI des puissances militaires et réhabiliter la cocarde blanche « dans une guerre courte et presque sans danger, vers laquelle « poussait l'opinion des royalistes et de l'armée (3). »
La cour, d'un autre côté, se montrait enthousiaste du
(0 Conaréidt riront, t, I, p. 111.
(21 lAlIrtt ïcrite» en ooiembre IS12.
(3) Consrit dt rtronti 1. 1. p. I(S.
DigilizcdbyGOOglC
projet de rétablir un Bourbon par les armes d'un autre Bour> bon, et de détruire du même coup un foyer de jacobinisme aux portes de la France.
La conduite des partisans de Mina et les trames bonapartistes ourdies au delà des Pyrénées fournirent un prétexte pour décider l'entrée en campagne. En prenant cette résolution, le gouvemement de Louis WIII assuma une grande responsabilité, car la question de l'intervention armée n'avait pas été nettement résolue au congrès. Les plénipotentiaires, en efTet.s'étaient bornés à déclarer qu'on laisserait àlaFrance le soin d'agir comme elle le jugerait utile, étant plus qu'aucune autre puissance intéressée à obtenir une bonne solution.
Jaloux de profiter de cette latitude, le gouvernement jeta une armée au delà des Pyrénées, lorsqu'on le croyait encore au milieu de ses préparatifs.
Cette intervention violente d'une puissance étrange dans les démêlés de Ferdinand et de son peuple, souleva la juste indignation des libéraux anglais. Ils savaient que les Instructions de Canning n'avaient point autorisé le plénipotentiaire de la Grande-Bretagne à user de menace envers ia nation espagnole; d'un autre côté, ils se défiaient de l'opinion personnelle du duc , qui passait pour être peu favorable à la politique libérale du ministre des affaires étrangères. 11 n'en fallut pas davantage pour que Wellington fut accusé d'avoir trompé le cabinet et favorisé, par son attitude, les prétentions absolutistes des autres puissances.
Le duc ne pouvait rester indifférent à ces accusations. 11 se disculpa à la tribune des lords, en prouvant qu'il s'était littéralement conformé aux instructions du gouvernement (i), et qu'il avait même usé de toute sou influence
DigilizcdbyLjOOQlC
pour détournerde l'Espagne une intervention à main armée(i). L'effet de ce discours fut très-heureux, car il força l'opposition à mettre le duc et le ministère hors de cause.
Les hommes d'État qui ont siégé avec Wellington dans les conférences auxquelles donna lieu la reconstitution de l'Europe, après 1815, sont d'accord que le duc, sans être un orateur brillant, exerça dans ces réunions une grande influence par la sagacité de ses vues, la prudence de ses conseils et la sûreté de son jugement.
Ces qualités, Wellington les manifesta plus encore dans la seconde moitié de sa vie politique, lorsque, sur les instances du roi, il fut obligé de prendre une part directe à l'administration de la Grande-Bretagne.
Hais avant de suivre le duc dans cette voie nouvelle, nous rappellerons encore une circonstance où il fut appelé à rendre des services à l'étranger.
C'était en 1826, au moment où la question de la Grèce fesait surgir de grandes diflîcultés politiques. Canning, redoutant une solution contraire aux intérêts de son pays, jugea utile d'envoyer une ambassade à Saint-Pétersbourg, pour déterminer le czar à prendre de commun accord avec
■ In Ipala. n coDiialnced ire kli Majeitj't goierninCBl or the nieleiineii anil daD|:*r oT
• inj lucli Inlirf erence , M obJecUonablc doei It ippnr lalben In iirlnclple ■•woU u ut-
• ttrtj Impntluble la «icculton (li*t wh«a tb« nccutsltr irliei or (T would ritber aiy)
■ wlieti Ibc opportnnlly cITcri, I im lu inilnict jnur cnce >l once franklr ind p«rcmplo-
■ rllr to daclire th*t to wj iiif h mterrerence cotre Tvhal m*T, hli Hiieitr wlll not be *
■ parly. ■
(1] Cela Bit p*rr>1leinent vril, car, Je 22 novembre iRj, CtiitaaubriinL «crlvilt de Vérone
celte lettrci comme une «Tintuulté pOMlble, Il guerre entre U friace et l'Anglelerre. preuvoque le ducflilt loIndepicMierivecletouTarneinentda LonliXTIll. Le pKnlpoteullilre mniiili dliut encorfi : • Wclllntlonielle loi reu et Bimnte, et CenU i conHlIM *
roni. d-»prti 11 m«me source, que le duc. en piawol pir Urb, ton
l'Angleterre et les autres Ëtats les arrangements nécessités par la fin de la guerredes Grecs. Il confia cette délicate mission au duc de Wellington, qui, par ses services éminents et sa position personnelle, était, plus que tout autre bomme d'État, certain de recevoir un accueil empressé à la cour de Russie. Nicolas, monté depuis peu sur le trône, se montra en effet plein d'égards et de prévenances envers le vieux champion de la légitimité, il lui exprima, dans une lettre autographe, toute son admiration pour ses éclatants services et ses hautes qualités ; il rioforma, en outre, que le régiment d'infanterie de Smolensko, formé par Pierre le Grand (un des meilleurs de l'armée) porterait dorénavant le titre de régiment du due de Wellmgton. Ces marques de satisfaction étaient d'un bon augure pour l'ambassade ; elle obtint tout le succès qu'on pouvait en attendre.
Wellington consacra une grande partie de son existence à défendre les principes de liberté et les droits des peuples foulés aux pieds par Napoléon; cependant il ne fut point, dans l'acception ordinaire du mot, un politique libéral. Son éducation première, sa longue habitude du commandement et de la discipline, qui naturellement éloignent des idées de liberté et d'égalité ; ses relations avec les chefs du parti conservateur ; enfin, le souvenir des folies et des excès qu'il avait vu commettre en Espagne au nom des idées libérales, le rendirent peu favorable aux institutions démocratiques. Il détestait surtout les ambitieux qui cherchent à s'élever en flattant les masses et qui, au besoin, ne craignent pas de se mettre en révolte contre ta loi pour atteindre leur
DigilizcdbyLjOOQlC
but. Tout ce qui avait l'apparence du désordre ou de l'indiscipline trouvait en lui un ennemi implacable. Aussi, le peuple anglais, témoin de son énei^e dans les émeutes, lui doonat-il de bonne heure le surnom de duc de fer (iron duke).
Bien que par principe, par caractère et par expérience, Wellington fût enclin à soutenir les gouvernements forts et les monarchies légitimes, il comprenait cependant que l'ordre et la paix ne sont véritablement assurés que lorsque les vœux des peuples sont satisfaits. C'est ce qui le porta à défendre dans mainte circonstance la cause de la liberté, non pour la liberté elle-même, mais pour le bien qui en devait résulter; par calcul plutôt que par sympathie.
Le moment était venu où le torysme pur, qui pendant six années avait dirigé les affaires du pays, sous la ferme impulsion de lord Liverpool, allait céder la place à une politique moins roide et moins absolue.
Ce parti avait noblement accompli sa mission ; les succès inespérés qu'il obtint rappelleront toujours une des plus grandes époques de'l'histoire d'Angleterre. Il tomba uniquement parce qu'il n'avait plus de raison d'être, et qu'en politique ce qui est inutile presque toujours est dangereux. Au surplus, les komraes qui avaient personnifié ce parti étaient <hi morts, ou sur le point de quitter la scène.
Lord Londonderry avait mis fin à ses jours, lord Sidmoud) l'avait suivi de près dans la tombe, lord Eldon était sur le déclin, et lord Liverpool avait besoin de repos. Avec ces noms illustres devait disparaître la politique d^uis si longtemps attaquée par les wbigs, et dont la ruine prochaine exdtait toute lew convoitise.
Le libéralisme avait alors pour chef Canning, et la réfonne, Huskisson, le père du free-trade.
Canning, fils d'un avocat et d'une mère ayant épousé en secondes noces un acteur de province, avait aux yeux de l'aristocratie le tort d'être un paivetiu. Bien qu'il fût à cette
DigmzcdbyGoOgle
époque l'orateur le plus po[Hilaire de la Chambre des Communes, son lib^alisme ne datait pas de fort loin. En 1808, il s'étMt opposé aux justes prétentions des catholiques, dont il devint pltu tard l'éloquent défenseur. Il ne fut même jamais un libéral dans l'acception mûdeme du mot; ainsi jusqu'à sa mort, il combattit la réforme parlementaire, le rapport des actes du Test et des corporations, il appartenait donc à une nuance politique intennédiaire entre les tories et les whigs actuels.
Désigné par ses rares talents et sa popalaritâ croissante au cho^ de lord Liverpool, Canning obtint, en 1833, la saecessùm de lord Castlereagh, qui avait mis fin à ses jours en se coupant la gorge. Le duc de Wellington fut le principal auteur de ce petit coup d'État ministériel. l£ torysooc protestant, se livra à toutes sort» de manœuvres pour interdire l'accès du pouvoir à celui qui, dq)nis 1812, s'étùt fait l'avocat des prétentions catholiques. Oewge IV n'était pas moins hostile à ce candidat, à cause du rôle qu'il avait joué dans le procès de la reine Caroline. « Lord Iiverpo<d, jugeant que le cabinet ne pourrait se passer du talent et de l'influence de l'illustre orateur, s'était efforcé, mais ea vain, de le faire agréer au monarque. « Je m'en charge, » dît le duc de WelliogUm, accoutumé i traiter George IV avec un respect in- Qexibte et rude, auquel le roi intimidé finissait toujours par céder. Il céda en effet, et Canning entra dans le cabinet imposé aux torys par la nécessité, et au roi par le chef des tories au nom de la nécessité (i). »
Admis dans de pareilles conditions, le nouveau minisUc libéral dut rencwatrer nécessairement de grands obstades, et subir même de fréquentes humiliations. Suspect à ses cotl^sgues, qui n'eurent jamais pour lui qu'une froide défé-
(I) M. einiOT.Sfr Jlotoi-l pm-
rence, et mal vu par le roi, qui se vengeait de l'avoir subi en le tenant éloigné de sa cour et en le recevant le plus rarement possible,. Canning se trouva à son début dans un isolement qui donna peu d'espoir au parti dont il était le représentant. Le duc de Wellington lui-même, quoique ayant travaillé à son élévation , ne lui témoigna qu'une estime et une confiance très-limitées. Cette situation exerça une influence fâcheuse sur le caractère et la santé de Canning, qui bientôt subirent une altération profonde.
Deux grandes questions : la réforme parlementaire et l'émancipation des catholiques, divisaient à cette époque le Parlement et le peuple anglais. La première ne réclamait pas de solution immédiate, mais la seconde était arrivée à maturité complète. ' >
L'émancipation éfait pendante depuis le commencement du siècle. Soumise au Parlement en 1808, elle avait été repoussée par une majorité imposante. Depuis, elle s'était représentée sous diverses formes, toujours sans succès, mais plus fortement soutenue à chaque épreuve. Encouragés par ce résultat et voulant précipiter la solution, les Irlandais se livrèrent, en 1819, à des manifestations inquiétantes. Une agitation générale s'ensuivit, d'abord contenue, mais bientôt si violente qu'elle menaça de troubler sérieusement l'ordre et la paix intérieure. La politique répressive du cabinet Liverpool, l'immense besoin de réformes qui tourmentait le peuple, l'impopularité de George IV, sa préférence marquée pour les tories, son caractère égoïste et morose, enfin les désordres de sa vie misantfaropique et retirée, contribuèrent singulièrement au progrès de cette agitation. Elle atteignit enfin aux dernières limites qui séparent l'agitation de la révolte (i). Séduit par d'habiles discours, le peuple méconnut ouvertement l'autorité
DigilizcdbyGOOgle
des lois et formula les propositions les plus extravagantes. l>es complots furent même tramés contre la vie des ministres (i).
Le gouvernement, provoqué si ouvertement, dut recourir à des mesures extrêmes. Il dispersa les meetings par la force des armes et fît pendre les émeutiers h côté des voleurs de* grand chemin {«).
Le duc de Wellington, en sa qualité de commandant général de l'artillerie, avait droit de siéger dans les conseils de cabinet; il se prononça en faveur de la résistance avec une énei^e et dans des termes qui blessèrent profondément les chefs de l'opposition. On l'accusa ouvertement de fouler aux pieds les libertés anglaises et de travailler à l'établissement d'une monarchie militaire. Ses services antérieurs, loinde le mettre à l'abri de pareils soupçons, furent un titre de plus à l'exécration des agitateurs, qui ne voyaient dans l'armée qu'un instrument la tyrannie, et dans la gloire des armes qn'un éclat fugitif, propre seulement à éblouir les peuples.
Les élections qui suivirent la dissolution du Parlement, en 1826, eurent lieu sous l'influence exclusive de la question de l'émancipation catholique. Adversaires ou partisans de la mesure, tous s'y portèrent comme à une lutte décisive. Dans les attaques dont les Irlandais et le clergé catholique furent l'objet, l'insulte se mêla à la violence : sir John Copley, depuis lord Lyndhurst, appela les prêtres : Des étrangers de tangage, de religion et de race; et le Times, moins réservé, leur appliqua l'épithète de bandits en surptis (s). *
(1) AU eonaaneoneol de tSM, ob déeadYrtt dm enupIriUon dni l« cMf «tilt TlibtlawiNd. La i^B dei cauplriUnr* dtall d'iiuuiner lei mlDlitrei peDdanl nn dloer chei le ciMMD ■irrvwbj, d'iBcjcnitler li eiMme da eiTilerta, d« «oglerer le penpia et de prendre cDidIteU >iiiqBeetli tour. Ce i>l*a fuldlmliné iut nddeicoaJanli.Lecbef ■oMllipelM rapllale «l tel conpllcef rurenl tnniportdi.
(I) BnlSlS, t a*ncheiter. Ut liiiwardi dUperrtreDt, i caupi de libre, un meetlnf de M.OOD MuB«*. Iljeut cinq boDIDiri tuda el beiucoup de tilc*i«>.
(Ij a. Cdizot. Sir Koberl Pitl.
T. ni. 1
DigilizcdbyGoOgle
Néanmoins les catholiques gagnaient du terrain. Leur cause provoqua dans certaines régions un mouvement de sympathie dont la cour fut alarmée. Le duc d'York, très-maUde, écrivit au roi pour le conjurer de résista au torrent et de nommer un cabinet exclusivement attaché à la religion pro- « testante. Lord Liverpool et le duc de Wellington, à qui te roi communiqua la lettre de son frère, ne se laissèrent point influencer, et, tout en se montrant résolus à combattre l'émancipation, ils remirent à leur tour au roi un mémoire pour le détourner de tout cabinet exclusif et de tout engagement irrévocable (i).
Au commencement de 1827, lord Liverpool, le dernier chef du vieux parti tory, perdit tout à coup l'usage de ses facultés ; après quelques semaines d'attente , il fallut lui chercher un
Le cabinet, à cette époque, se composait de libéraux et de partisans de l'ancien r^ime. Les premiers avaient pour représentants Canning «t Peel (a).
Canning, soutenu par la faveur du peuple, semblait désigné comme chef de la nouvelle administration ; mais sa politique était vivement combattu^ par les ultra-conservateurs et par les cours étrangères, qui voyaient avec inquiétude l'espèce de révolution qui s'optait dans l'esprit public en Angleterre.
On tâtonna pendant six semaines. Les tories auraient voulu que le duc de Wellington succédât à lord Liverpool ; mais les habitudes constitutionnelles s'opposaient à ce que le commandant eu chef de l'armée devînt premier ministre.
« ËnBn, le roi appela séparément pour les consulter le duc de Wellington, H. Peel et M. Canning. Au fond, il dé-
[I) Od luar* Ditae que M* cette époqM, H. raaliMclira I lord LlTarpool, • qui Mm aitlic'<UltDn nin cffSKde prolonïtr enoor* k Ivtle, et q«1l lui «rrilt de i« retirer, Jiuqu'i ce que, pir une conceiMHi plu* ou nwliii McBdue, li quMttoD edl «té Milée. •
(IJ ■. Peel mil ipcccde * lord Stdmoutb lu dtpirtement de llDldrlear, en ISU,
DigilizcdbyGOOgle
testait Wellingtoa comme on déteste un booime de qui on se sent méprisé et avec qui l'on est forcé de compter. H. Peel, qu'il estimait, lui plaisait peu t il le trouvait dépourvu des manières de ta cour. Canniog avait beaucoup gagné dans sa faveur. Aucun des trois ne tira le roi d'embarras. On proposa de laisser les ministres choisir eux-mêmes, et entre eux, leur chef, comme cela s'était pratiqué ou à peu près pour lord Liverpool ; mais George IV ne goûta point cet expédient ; Canning et Peel n'en voulurent pas davantage. Forcé de se prononcer, le roi se résolut enfin à suivre l'impulsion du public, et chargea H. Canning de reconstituer le cabinet (i). »
Bien que Wellington n'éprouvât aucune sympathie ni pour les idées ni pour la personne de Canning, par patriotisme, il s'était rangé dans le cabinet du côté des libéraux, acceptant comme une nécessité la réforme du système commercial et l'émancipation des catholiques.
Toutefois, il ne crut pas qu'il fût nécessaire de proposer ces deux mesures immédiatem^t. Sûr Robert Peel, lord Batburst, lord Ëldon et plusieurs autres nûnistres exprimèrent la même opinion. Sur ce point, il y eut scission complète entre eux et leurs collègues libéraux, qui voulaient aborder tout de suite la discussion des réformes. Le cabinet cependant ne subit aucune modification , jusqu'au moment oh George IV donna à Canning la succession de lord Liverpool. Froissés de cette préférence accordée au chef de la minorité, le diw de Wellington, le chancelier lord Eldon, les lords Bathurst, Westmoreland, Melville et H. Peel donnèrent leur démission. Parmi les tories, lord Bexley seul consentit à rester, sur les vives instances de Canning (s).
(l)MnilliltoM[ei irialilrMriBt iVtilÉBlrc1lr«i,d[HBt .^H c-<Uleii(Bui parKurMMrt • M BOB M qui iTilant donnC 11 prf poodcruce t Cinn[B|. •JalrSlrtoàin PtiCi Utmoiri, 1. 1. p xn.
DigilizcdbyGOOgle
Le duc de Wellington ; en se retirant, déclara qu'il n'était pas préparé à un pareil changement de direction ; et comme ses fonctions de commandant général de l'artillerie et de commandant en chef de l'armée (i), sans être politiques, exigeaient qu'il entretint de bons rapports avec le chef du cabinet, il se démit de l'une et de l'autre charge.
« Canning, disait-il, est le partisan le plus zélé, le plus « actif et le plus capable des innovations qui menacent ac- « tuellement notre pays. Les principes de lord Liverpool « étaient des principes fixes et dans lesquels on pouvait « avoir confiance ; ceux de son successeur varient tous les « jours (s). »
Paroles sévères, imprudentes même de la part de celui qui, deux ans après, devait soumettre et faire voter à la Chambre les idées dont Canning avait été le promoteur.
Sir Robert Peel, au reste, s'exposa au même reproche, en déclarant « que le maintien des lois restrictives qui empê- « chaient les catholiques d'arriver au pouvoir, était néces- « saire pour la sûreté de la constitution et dans l'intérêt de « la religion de l'État. »
En Angleterre, ces contradictions n'ont rien d'étrange. L.es grands politiques en ont donné tant d'exemples que l'opinion les accueille avec plus d'indulgence qu'elle ne fait dans d'autres pays. Un homme d'Ëtat anglais n'est pas déshonoré ni même discrédité, parce qu'il reconnaît son erreur ou modifie ses convictions d'après la marche des choses. On ne peut qu'applaudir à cet usage. Combien de réformes, en effet, ju-
clpilenlton deu relralle, qM ■ lei ne*urei propo(<ci parle ooateiu ciblncL, »u>li dirccllondaCiDnlng, tenleiit iccucinietaTec dédiDce par lu touICcoi ordlDilr» du (onlerncment. • -~ Vnlr Stocouiilu. 1. il, p. IM.
DigilizcdbyLjOOQlC
gées dangereuses dans une situation, cessent de l'être après un événement politique ou social qui a fait surgir une situation nouvelle et des besoins nouveaux ! . . . .
Peu de temps après la retraite des tories (en mai 1827), Canning et Huskisson présentèrent le corn-bill (i). Cette mesure avait été préparée à l'époque où Wellington faisait partie du gouvernement ; il ne s'y était point opposé, et l'on devait, par co|iséquent, le croire favorable à son adoption; néanmoins il présenta un amendement qui détruisit tout l'effet de la loi (a). Une grande agitation suivit ce vote. Les partisans du bil) prêtèrent au duc le projet d'entraver la marche du gouvernement pour se venger decequ'il n'avait pas obtenu la présidence du conseil. Ils attribuèrent au dépit de cet échec l'offre de sa démission, et soutinrent même qu'en se démettant de ses emplois militaires, après la nomination de Canning, il avait porté atteinte à l'indépendance de la couronne.
Wellington, ému de ces reproches, se défendit à la tribune et déclara hautement « que loin de chercher à conduire les « affaires de son pays, il se sentait incapable de remplir les « fonctions de chef de cabinet, et qu'il eût été fou et plus que « fou d'y songer (s). »
Paroles célèbres, dont l'opposition se fît plus tard une arme, quand Wellington accepta, malgré sa prétendue incapacité, la présidence du conseil.
Les explications du duc furent assez bien accueillies ;
(1) ■«!!, «D l«U , la leglilatnre (iill tilt un premier pu ditii li vole de I* llliertt du conmerc* an anUrlianl l'enlrée. atarennuit nn droit ds 30 p. c, dei «olerlei tlranitrei, inpan- TaDtrrippteid'niieproliIbltlaa coBpItte.
(2) Le bill Btiul d<a|ar< (par 13J TOti cnntre ISÎ dODQÎei aa mlnliltrc] tut rtainjé aoi ' commune), et rejeté par ellei.
(i) • KnowliiE mj' IncipicUr ror nillng Ihc poil ol Ont mlDliler, I ibould Iutc bteo nad.
■ and norie Ibun mid, ir I nad eien cntcrtalDid Ihelnodc projecl wblch CGrlalu lodlvl-
■ duala, tôt Ucir owD baae purpoiei bave imputed to nie. ■■
DiBilizcdbjGoOglC'
néanmoins, elles laissèrent subsister de nombreux doutes, parce que l'antipathie de Wellington pour Canning n'était ignorée de personne.
Le premier ministre se montra excessivement blessé de l'édite qu'avait essuyé le com-bill, et dans une séance de nuit de la Chambre des Communes, il déclara qu'après l'examen de la correspondance échangée entre Huskisson et le duc, il n'était pas convaincu que ce dernier eût agi en dehors de toute considération d'intérêt personnel. « Je ne puis me M persuader, dit-il, que même un aussi graifQ homme que « le duc de Wellington n'a pas servi dans cette circonstance it d'instrument à d'autres (i). »
Wellington était te dernier homme que Ton dût croire susceptible de se prêter au rôle de marchepied politique. C'est ce que Robert Peel 6t ressortir dans une vigoureuse réplique aux insinuations malveillantes du premier ministre.
Canning, malgré son incontestable mérite, ne fut pas heureux au pouvoir : « La place dont il s'empara, dit un écrivain « anglais, avait été depuis douze ans un lit de repos; elle K tomba aux mains d'un homme qui n'y trouva que d'amers d soucis, qu'une agitatira fébrile: George Canning, le plus « adroit des tacticiens, le plus brillant des orateurs, fut le « plus malheureux, le plus désappointé des ministres («). »
Quatre mois après la formation de son cabinet, l'éloquent homme d'Ëtat, vaincu par la maladie et mécontent de tout le monde, se retira dans le beau domaine du duc de Devonsbire; ce fut là que s'éteignit, au bout de quelques semaines, cette
(1) I MU nol aiclad« rram mj coMldentlim ait «rta lo |re*t, mta u Uia duke of w«I- UaitMl bid boen mtd m Itutramanl Im tlia biDdiarolbcnoD thitocDUlOD, ,
!■} DMtmr CKAT. SUUtrt dt Gtorf» Ir.
DigilizcdbyGOOgtC
belle intelligence, consacrée tout entière à la défense des intérêts publics et des libertés anglaises (i).
Les débris du cabinet Canning se rallièrent autour de lord Goderich, homme intègre et honoré, mais dépourvu de l'énergie et des talents nécessaires pour maintenir ensemble les éléments d'une vaste administration. Dans Tespoir de se concilier l'appui des tories, il offrit le commandement de l'armée au duc de Wellington, qui l'accepta malgré l'éclat de sa récente démission.
La politiqae du cabinet ainsi recomposé ne différait point de celle de Canning ; aussi rencontra-t-elle les mêmes adversaires, plos redoutables encore, parce qu'elle n'avait pas à son service le même talent ni ta même énergie.
Le 8 janvier 1838, lord Goderich, découragé par la retraite de M. Herries (qu'il regardait comme la pierre angulaire de son administration), et ne se croyant pas de force à Intter contre les difficultés qui l'entouraient, déposa sa démission entre les mains du roi.
Un fait extérieur contribua à rendre ce dénoAment inévitable. Le 20 octobre 1827, les escadres combinées d'Angleterre , de France et de Russie avaient écrasé à Navarin la flotte turco-égyptienne. Cette victoire répandit l'allégresse dans une grande partie de la chrétienté ; mais en Angleterre, on ne tarda pas à voir que le gouvernement avait joué un r61e dont la Rnsne devait seule profiter. La division se mit dans le cabinet, et le roi se vit obligé de pourvoir an remplacement d'une administration incapable de faire face aux atta- ' qnes annoncées par les tories pour le début de la session.
La situation politique apr^ la chute des Canmngiêtes dé-
fi) CauDlDi BMani( la B toAt IB31. Le pablic, qui ii mrt préontorte «ai dugrln* iinc lui inlt nuMil'oii^oittton di ''DDionr qnfe la 1* ' - - -
DiBiiizcdbjGoogle
vint très-difficile. Le temps des tories était passé, et cdui des whigs n'était pas encore venu.
, Le roi, fort embarrassé, manda te duc de Wellington et le chargea de former un cabinet, lui donnant carte blanche sous la seule condition de ne pas choisir lord Grey (i).
On fut extrêmement surpris de voir le duc accepter cette mission huit mois après sa fameuse déclaration à la Chambre des Lords. Interpellé sur ce fait dans la séance du 29 janvier, Wellington répondit qu'il n'avait accepté la présidence du conseil que pour être agréable au roi et à ses nouveaux collègues ; — que ceux-ci, dans le cours des négociations entamées pour la reconstitution du cabinet, avaient reconnu l'impossibilité de trouver quelqu'un de plus convenable pour présider le conseil ; -^ et que, du reste, il n'avait ni désiré, ni sollicité cette position (s).
Le chef du nouveau ministère, faisant la part des circonstances et des nécessités du moment, s'adjoignit Huskisson et quatre canningistes.
Sir Robert Peel devint l'âme de ce cabinet, où les tories cependant étaient en majorité. On peut dire que sa mission fut de préparer l'avènement des whigs, sans trop irriter. la susceptibilité des conservateurs. Ministère de conciliation et non de parti , il fit de grandes choses, uniquement parce qu'il s'appuya sur les hommes politiques intermédiaires, qui sont généralement les vrais représentants de l'opinion publique. Jamais gouvernement exclusif, s'appuyant sur les partis extrêmes, n'a réussi dans les temps ordinaires. La nécessité de soutenir le pouvoir quel qu'il soit ne se fait sentir que dans les occasions oii un grand péril détourne momentanément les esprits des questions intérieures. C'est ainsi que
DigilizcdbyGOOglC
le torysroe pur accomplit de si grandes choses de 180S à 1815, et qu'après cette période il fut, malgré ses litres à la reconnaissance publique, dans l'impossibilité de gouverner convenablement le pays.
On doit attribuer à l'influence de ces faits la résolution de Wellington de recommander à la couronne et de servir de préférence les ministères de transaction. Il est prouvé, du r^te, que toutes les grandes choses accomplies en Angleterre depuis la chute de l'empire ont été conçues et menées à bonne fin par des ministères de cette espèce. Celui de lord Wellington a spécialement l'honneur d'avoir fait triompher l'importante question de la liberté des cpltes. Peut-être qu'au fond le duc eût désiré n'avoir pas à résoudre cette question, non plus que celle des céréales et d'autres encore réclamées par l'opinion publique ; cet amour des lois existantes parait d'autant plus naturel chez le vieux tory, qu'à l'époque oii il accepta les fonctions de -premier ministre, le parti whig luimême était profondément divisé sur la réforme parlementaire, la libre entrée des céréales et l'émancipation catholique. On doit donc lui savoir gré de ce que, sans égard à ses sentiments intimes, il prit la ferme résolution de satisfaire dans certaines limites les vœux de la nation. Les gens absolus, qui n'admettent aucune composition avec les principes, lui ont fait un reproche de cette condescendance. A leurs yeux, le héros de l'Angleterre n'était qu'un homme faible et sans convictions. Pour mériter l'estime de ces puritains, il aurait dû refuser tout service à la couronne, sous prétexte de conserver intacts la dignité de son caractère et le prestige de ses doctrines politiques. Mais Wellington avait trop de bon sens et de patriotisme pour accepter ce rôle égoïste, conduisantà la popularité par le chemin le plus direct et le plus facile. Il ne craignait pas de s'amoindrir quand il s'agissait d'être utile à son pays. De tels dévouements sont peu compris et cependant bien méritoires quand on sait se renfermer dans de justes limites.
DigilizcdbyGOOgle
Peu de temps après la formation du nouveau ministère (t), lord Russell présenta à la législature une motion tendant à rapporter les actes du Test et des corporanotiSy introduits dans la législation anglaise par Charles II, en haine des sectes qui avaient contribué à la mort de son père. C'était le premi^ pas que tentait le parti de l'émancipation catholique dans la voie de la liberté religieuse.
Le gouvernement combattit la mesure, mais les réformateurs l'emportèrent de 44 voix dans la Chambre des Communes (i).
Ce résultat et la division du cabinet embarrassèrent le duc de Wellington. Toutefois, comme à cette' époque de transition politique, l'unanimité était difficile à obtenir au sein du pouvoir, il accepta le vote de bonne grâce et s'employa activement à le faire sanctionner par la Chambre des Lords. Là, il eut à combattre, entre autres, son vieil ami lord Ëldon, qui qnalitîa le bitl de mesure perfide et révolutionnaire (mischievous and revotutionary bil[).
Dans la séance du 17 avril, Wellington résuma son opinion dans les termes suivants : « Il n'est pas admissible que le rap- « pel des actes du Test puisse troubler la parfaite sécurité de « î'Ëglise et son union permanente avec l'Ëtat. Ces actes <( non-seulement ne répondent plus à leur but, mais ils sont ff encore une anomalie et une absurdité : une anomalie par « leur ongine, une absurdité par leur résultat. »
Et dans la séance du 21 , répondant à l'argument capital des tories, « que le respect des anciennes lois faisait la force de l'Angleterre, » le duc, avec son bon sens pratique, répondit: « Je ne suis pas. de ceux qui pensent que te meilleur « moyen de préserver la constitution de ce pays consiste dans
t m rejeté, CD 1T80, i
DigilizcdbyGOOgle
« le inaiDti«n rigide de mesures prises en vue de circon- «< staoces particulières, il y a plus de deux siècles : ce laps « de temps doit justifier au contraire leur modification, sin non leor suppression complète. J'admets queces actes aient « assuré la paix religieuse à ce pays, il y a deux cents ans; « mais quand le Parlement discute les meilleurs moyens de ff préserver la constitution anglaise, il doit être certainement M permis de rechercher si quelque modification ne peut être « apportée aux lois existantes pour concilier toutes les par- . tis (,). »
A ces vues libérales , les vieux tories opposèrent les anciennes maximes d'Ëtat, et, faute de mieux, d'impitoyables railleries sur les évolutions politiques de Sa Grâce :
« J'ai beaucoup entendu parler de ta marche de l'esprit a humain, dit ironiquement lord Eldou, mais je ne me se- « rais jamais attendu à le voir marcher dans cette Chambre, M le duc de Wellington et les évéques en tête. »
Cependant le bill favorable aux dissidents passa. L'opposition ne se méprit pas sur la portée de cet acte : « Plus tôt ou plus tard, dit lord Etdon, peut-être cette année même, t%rtainement l'an prochain, la concession aux dissidents sera suivie des mêmes concessions aux catholiques... »
Un mois après le rapport des actes du Te»t, Huskisson représenta son bill sur les céréales. Cetl« fois, le chef du cabinet se fit le défmseur de la mesure, malgré la défiance qu'elle lui inspirait, — et le bill fut voté.
Dans le cours de la session, on présenta deux motions ayant pour but de retirer'la franchise électorale aux bourgs
(I] (HMltina la ulidc croire qiialedt coatnirs t calle qa« bmi» T«B«ai d< npporIM'.
DigilizcdbyGOOglC
pourris de Penrhyn et d'EasiRctford. Les Communes s'occupèrent d'abord de PenrhyD, et un bill transférant les privilèges de ce bourg à la ville de Manchester fut envoyé par elles à la Chambre des Lords, Quant à East-Retford, la décision fut provisoirement ajournée jusqu'à ce qu'on connût celle des lords sur la première question.
Le 19 mai, lorsque l'affaire d'East-Retford se présenta, le rejet du bill de Penrhyji par les lords paraissait tellement certain , que les ministres, qui s'étaient engagés à donner )a franchise électorale à une ville dans le cas seulement où deux bourgs seraient annulés, se considérèrent comme n'ayant en effet qu'un bourg disponible : ils votèrent donc tous, à l'exception d'un seul , contre le transfert des privilèges d'East- Retford à Birmingham.
Huskisson ayant déclaré antérieurement qu'il accepterait dans tous les cas ce transfert , se crut lié par sa parole et vota contre ses collègues. De retour chez lui, il écrivit au duc de Wellington « qu'il croyait convenable, après ce qui s'était « passé, de mettre son portefeuille à la disposition du chef du « cabinet (i). »
Le duc soumit aussitôt cette lettre au roi, comme l'équivalent d'une démission en règle. Cette précipitation ne fut pas du goût de Huskisson, qui s'attendait à une entrevue préalable avec le chef du cabinet. Il s'en plaignit dans une série de lettres où perce le vif désir qu'il avait de garder son portefeuille; mais Wellington n'aimait pas ce canniogiste; aussi, quand Palmerston, Dudley et Ward s'interposèrent pour obtenir le retrait de sa démission, qui, d'après eux, était le résultat d'un malentendu. Je vieux général répondit avec emphase : « Ce n'est pas une erreur, ce ne peut être une er-
DigilizcdbyGOOglc
reur, ce ne sera pas une erreur ! (It was not mistake, coulé be nomistake,and sboutd be no mistake!) »
Eo présence de cet arrêt, Huskisson, ses trois amis et ' Chartes Graot se retirèrent du cabinet assez visiblement contrariés. Un remaniement eut lieu, et l'homogénéité se rétablit dans le sens tory modéré par l'adjonction de lord Abertleen, de sir Henri Hardinge, de sir George Murray et de Vesey-Fitzgerald. Deux de ces ministres, Hardinge et Murray, étaient d'anciens compagnons d'armes du duc : à la tête du gouvernement d'Irlande se trouvait un autre général, le marquis d'Ânglesey, qui s'était illustré en Espagne, sous te nom de Paget. Les libéraux se plaignirent de cette préférence accordée à l'élément militaire, en général peu sympathique au peuple anglais ; mais le duc laissa dire, ayant ses raisons pour agir de la sorte. Ce n'était pas d'ailleurs un homme à s'émouvoir d'un discours ou d'un article de journal.
Quand le cabinet fut tout entier tory, et que le premier ministre se crut en mesure de présenter l'émancipation des catholiques non comme une concession arrachée par l'opposition, mais comme un acte nécessaire, conunandé par la paix publique, il résolut de faire voter cette importante mesure, agitée depuis vingt-cinq ans.
L'illustre Pitt fut le premier homme d'État anglais qui*appuya tes prétentions des catholiques. Après avoir réuni, en 1800, les royaumes d'Angleterre et d'Irlande, it conçut un plan qui devait, d'après lui, contribuer à rendre l'union complète et fructueuse. Ce plan embrassait les points suivants : l'émancipation des catholiques, — un traitement fixe allouéau clergé irlandais, — des établissements d'instruction publique pour donner à ce ctei^ l'éducation et l'instruction nécessaires (i).
(I) Le coll«(e de ■ijiMlh, lniUtD« pir Pilt en \TK, éult un ■cbetnlncmenl
DigilizcdbyGOOgle
L'Irlande, fctrte de l'appui que donnait à ses prétentions l'autorité d'un si grand nom, commença de bonne heure à s'agiter pour obtenir ce qui lui semblait équitable, et ce qui l'était en effet. Mais il fallait compter avec les idées et les passions régnantes. Quand la question de TémaDcipation surgit pour la première fois au Parlement, elle fut rejetée par une majorité de i50 Toix. Cette majorité diminua d'année en année; en i8i3 elle n'était plus que de 50, et en 1818 de 2 voix.
En 1S21, la mesure passa à 19 voix de majorité, mais les tords la rejetèrent : même résultat en 1822 et en 1825, avec cette particularité, que chaque fois la majorité des Ckimmunes augmenta et celle des Pairs diminua(i).
Bien que les élections de 1826 eussent donné ud avantage marqué aux tories, la Chambre des Communes se prononça, en 1828, en faveur de l'émancipation k une majorité de 272 contre 266 (s).
Lorsqu'un principe se manifeste ainsi à diverges reprises et dans toutes espèces de conditions, gagnant du terrain à' chaque épreuve, il est évident qu'il doit finir par triompher. Wellington avait trop d'intelligence pour méconnaître cette vérité. Aussi, malgré les nombreux obstacles qui s'opposaient à. une solution complète (s) et immédiate de la question irlandaise, prit-il la résolution courageuse de faire violence à son parti et à ses sentiments personnels dans l'intérêt de la paix publique.
AniWMr«liira>e. tael U WaUlivlon rtitMrHt,U prMnlMv ca 18M. Li itCMd* sM ■dcctb A Itlal de pnlct «loi «dé.
(■) DM CIkUmm ■«■«r^MivjlaRtmitkUBnlWT. IMl, IBIR, IKOHIBn.Ckwwnd* fm FirlemenU *'iult prononcé bih du pLiuleur* fol) *ar li queillon de l'CmincIpitlon.
(!] ainf la mikiB prCcMtntc, eaa l'étilt, m coDtnlrt, pranoncMcontn à Li ntJnrlM de
(3) 11 riul renuTqucT qug )« lolci précéilenli n'inlcnt polDl porl# lur li qucatkin de ■'«■nuicIplUon compltlc dei cilhollqtin. niiJi >ur dpt qucitloni lacldCDlci, qui n'CUICBl. 1 praprfment parler, qur dct tenUllv«id'£inincrpit[DO.UD premier pu veri le hutoaWellln|ton cl reci Toiilileil irrlrer d'un muI bood.
piBiiizcdbjGoogle
L'agitation entretenue par O'Gonnell, Hoore et les prêtres catholiques rendait cette résolution nécessaire. Le peuple irlandais nétait plus gouvernable. L'association, fondée en i8%,, constituait une sorte de pouvoir révolutionnaire qui menaçait l'Irlande d'une guerre civile. Les clvbs de Brunswick {*), opposés à l'association, préparaient leurs armes et se disposaient k entrer en lutte contre le nouvel ordre des libérateurs. 11 fallait un prompt remède : satisfaire le peuple ou le combattre. Dans ces graves conjonctures, Wellington n'hésita point à venir en aide au gouvernement, et à compromettre sa popularité en se séparant de l'aristocratie et de la classe moyenne d'Angleterre. 11 fut appuyé du reste par sir Robert Peel, nouvellement converti à la liberté religieuse, ou plutôt cédant, comme le duc, à l'irrésistible argument de la nécessité.
Cet homme d'Ëtat célèbre avait été élu en 1817 représentant de l'uttivo^ité d'Oxford, en concurrence avec Geoige Canning, qui défendait à cette époque avec autant de véhémence que de logique la thèse de l'émancipation . Depuis lors, tàr Robert Peel s'était signalé dans toutes les circonstances par une opposition vigoureuse aux demandes des catholiques irlandais. Même dan» le courant de la dernière session (le 8 mai 1828), il avait voté avec ta minorité de 266 voix, tontraire à la motion de Francis Burdett. Mais dès ce jour, Robert Peel avait reconnu, ainsi qu'il le dit lui-même dans ses Mémoires « que la prépondérance du talent et de l'influence n'était plus du côté des opposants (i). «Quelque temps après, l'élection de Clare (qui donna à O'Gonnell une grande majorité, malgré toutes les influences qui soutinrent son concurrent, M. Fitzgerald, le candidat du parti protestant) (s)
(1) Cm eJDhi
Il auieuK pirlle t
■PitfiMtmol
(» Cmm Am
tiuUttlIKS.
DiBiiizcdbjGoogle
ébranla complètement les convictions de M. Peel sur l'opportunité d'une plus longue résistance. « Ne rien concéder à l'agitation, dit'il, c'est le cri de tous ceux qui ne sont pas responsables oii qui ne connaissent pas le vMtable état des
affaires Il est facile de dire : On doit conserver intacts
les droits de i'Ëglise protestante, mais comment gouverner l'Irlande et maintenir debout la constitution protestante dans ce pays? On n'y parviendra qu'en faisant des concessions (i). »
Le Parlement fut prorogé le 2Ç juillet 4828. Immédiatement après, le duc de Wellington entra en communication avec sir Robert Peel au sujet de l'Irlande et de la question catholique. Le duc, à la demande de son collègue, rédigea un mémoire sur cette question (i). Dans tes remarques de sir Robert Peel (3}, on voit que le représentant de l'université d'Oxford éprouvait une grande répugnance à faire des concessions, et qu'il cédait uniquement à la nécessité de pacifier ■ l'Irlande. Entre deux maux, l'agitation et l'émancipation, il choisit le moindre (4).
Il paraît que le duc de Wellington voulait aller plus loin que son collègue, puisque celui-ci réfute longuement l'idée de faire rétribuer le clergé catholique par l'Ëtat (s).
Pendant que les deux ministres préparaient ainsi le terrain de la discussion , les meetings redoublaient d'énergie et de violence.
« L'association catholique, écrivit lord Angisey, est orga-
(1) sir Bobeil Peefi .VemolTt,p.l]6.
tl) Ccinémslre parle 11 ilitc duB août. 9<r Roberl Fec] nn l^pii reprodaU dini lea Jif-
13) Cctlor^paniceitilii 11 la Cit. — vo\r Sir Kaberl Peiri Mtmoirt, p. 181.
queiiluii. lliin in Ipivlog II , » Il li» bei-a left , >n opaD qucttlsn. • — Sir BobM PMI't
(S) U dApeDM nécciuire, d'i|>r«t le* calculi de Peel, le lerill éIctM t MO/Wt ll*re«.
DigilizcdbyGOOgle
nisée d'une manière formidable » (t) « Il est évident que
les meetings ne peuvent être tolérés plus longtemps sans danger pour la paix publique (2). »
Dans une assemblée tenue le 21 septembre à Casbet, les agitateurs avaient réuni 600 cavaliers et 9,000 fantassins, parfaitement armés et commandés (0).
Quelques membres du cabinet s'attendaient à une prise d'armes immédiate ; lord Anglesey toutefois les rassura en écrivant:a La lutte ne commencera qu'au printemps, car il est tout à fait invraisemblable que les rebelles se mettent en campagne et bivaquent pendant les fortes gelées {*). »
Le vice-roi d'Irlande fondait aussi beaucoup d'espoir sur la patience et le courage peu déterminé (the forbearance and thenot very determined courage) d'O'Connell, qui, du reste, comptait obtenir gain de cause .sans en venir aux mains, par voie d'agitation et d'intimidation (s).
Sir Robert Peel, convaincu par les dissertations des autorités judiciaires que les meetings étaient des réunions illégales (s), songea un moment à les disperser et à traduire les principaux moteurs devant ta justice (7). Mais lord Anglesey, dans sa correspondance, le dissuada de ce projet. L'avisd'un vieux soldat qui se prononce contre l'usage de la force est chose rare, et qui mérite d'être écouté. Le vice-roi donnait entre autres pour raisons, que les menées des catholiques
ll)UIIT*daliitm«tlÈK,àlordGoittr.
(1) Ltllrt éaVttafUmbn,* K. Mtl. Sir Kottrl Pufi tttmalri. p.TX.
•3) ttr tt)**n Pnn MtmiHrt, p. m.
(t) teplembn ina. /jr/nd «. fMf.
(SJ Ullrtiu l\aU\iLX, i lord Gewtr. — Sir Mttbtri Pttri Mtatatr; p. UT.
'tif*Uiii»tutmimatr*i, p. Hï el 9MI. de» eDiitqltalIanidaraHiirvr ctda tolMIar ftntral d'ïB(lel«m, c( p. UT, una couullillon de Vatlorntjr el du mlltilar f*ntrml d'irliDdc-
(T) Bciu UBC Itlln du IT oelebre inS, Ur toitH PM «crlrll ■ lord Mwer : • Pour prtn-
• nlrlai cMllilon* cl l'ctfoilaii do uni m Irliade, la vole lafiut lùrt ttl de r«tiri>rcrr li
• hil eMirc Ici acte* iddlttnii, 1ki dItcMin •tdlllniK et )■ «édition, uni quelqiK tarwe
DigilizcdbyGoOglc
avaient exercé « une influence fâcheuse sur la discipline, « l'harmonie et la fidélité des troupes (i). » 11 .fit obsOTver aussi qu'il n'y avait alors dans le Royaume-Uni que 30,000 hommes d'infanterie, dont une partie seulement aurait pu être employée en Irlande (s). Cette considération et une étude parfaite des besoins et de la situation des Irlandais en^gèreut lord Anglesey à conseiller l'émancipation, « bien qu'il eût « horreur de l'association, des agitateurs, des prêtres et de « leur religion » (s)... . « Chaque heure de retard, écrivit-il àsir « RobertPeel,augmentera les difficultésetles dangers (t). »
Ainsi poussés par les circonstances, Wellington et Robert Peel résolurent de soumettre le plus tôt possible au Parlement la solution de la question irlandaise. En prenant ce parti, ils firent preuve de courage et d'abn^tion, puisqu'ils avaient contre eux non-seulement une puissante opposition , mais encore leurs propres antécédents (s). Ils devaient donc se résigner à subir tout à la fois les reproches de vieux amis, devenus tout à coup des adversaires implacables , et les sarcasmes d'anciens ennemis, dont ils servaient la cause sans pouvoir gagner leur estime («). Ils savaient en outre que l'émancipation, quoique soutenue par une fraction importante
(1) VairSIrSebtri fttri Mtmotri, p. W3.
0) Ltlln da 2Ju11let, d lord Gowtr.
[t)I«ffr( du 28 Juillet.
(S) Le 28 ivrll IIÏB, We]lln(loii avilt dit t ti Chambra dM Lardi : • Tbere 11 no parun In Ikli houM nha*e fedlnit lad KDllownt», »ntT taoç coMidantlSD, tn norc decMcd Ikia mina ira, nithrcipacl ta tbe labJectofUie roman catlBlle olalmit and I niiilur ibM nn- 111 1 lae I verj grett cbtptc In tbat qnarter, I iball conUaaa ta oppata Ihe rntincipaitoB oT the cathallci. •
StOchidelui. t. tl,p.136,donnqBB ciInlld'uDitiacaun qneiirArtburtValletleT pronanta ■iirle mfneiuiel an rarlamanld'IrlaDdaan ITtl. Ca diKOun fut pIntAI OTOrtUe qife dMalarahla aux praianUonl dai cilhollquei.
(S) Lard lldon ayant prêtant!) l la ckanbrc ût» Lardi une peilUon de* lallkun de Alaico* contre ramaocipallon :• Qu'ont! faire es ceci loi lallIeanT» demanda lord Kln|. — • lien de plni (laple. rapril Isrd Bidon :i>ou( ne pouvM p» pr^lcodrequa Ut lalileunalnMnllea (enaqulrelauraentleurliabll ! •
DiBiiizcdbjGoogle
des deux Chambres, était peu sympathique à la masse du peuple, et que George IV, après l'avènement de Canning, avait déclaré r qu'il était aussi fermement opposé que l'avait « été son père aux prétentions des papistes. »
Sir Robert Peel affirme (i) que dans tous ses rapports avee le roi, il put constater une grande détermination k maintenir les droits de l'Ëglise protestante. Comme preuve, il cite le billet suivant, qui lui fut adressé par George IV, le 19 novembre 1824 : CI Les sentiments du roi sur l'émancipation c catholique sont ceux de son excellent et vénéré père ; de « ces sentiments, le rot jamais ne peut dévier et jamais ne « déviera (never can and never will deviate). »
Malgré cette opposition vigoureuse, Wellington et Peel poursuivirent leur but avec une inébranlable fermeté. A leurs yeux, l'émancipation était moins une question de principe qu'une question de gouvernement et d'ordre public. Hésiter à la résoudre leur eût semblé i tous deux, mais surtout à Wellington, l'homme du devoir et de l'ordre par excellence, une faiblesse et même une lâcheté. Des politiques à courte vue n'auraient pas montré ce patriotique désintéressement. La crainte d'être accusés de trahison on d'inconséquence, leur eût fait suivre une ligne de conduite moins utile au pays, mais plus facile et plus conforme à leur intérêt personnel.
Une fois sa résolution prise, Wellington mit tout en oeuvre pour la faire h-iompher. Il dut employer les plus grands ménagemmts et recourir pendant plusieurs mois aux sollicitations les plus pressantes pour obtenir le consentement de George IV, sur qui tes partisans de l'intolérance religieuse fondaient leur dernier espoir. « C'était, dit H. Guiiot, une tradition à la fois royale et populaire, que la sûreté de la maison de Hanovre tenait à celle de l'établissement protes-
(I) Jtir tttMémoIrti, l
DigilizcdbyGOOgle
tant. Le roi était d'ailleurs grand comédien et prenait plaisir à cacher sou3 des démonstrations emphatiques son insouciance ou sa faiblesse. Quand ses ministres insistaient péremptoirement, il s'emportait ou pleurait pour bien constater qu'ils lui forçaient la main. Aussi peu émns de ses larmes que de ses colères et se fîant peu à ses paroles, ils lui demandèrent pour la présentation du bill son autorisation écrite. »
Au commencement de janvier, le roi n'avait pas encore donné cette autorisation. Il s'était même plaint, en termes énergiques, à lord Eldon.de la conduite des ministres, disant « qu'il était misérable etsasituation affreuse; que s'il donnait « son consentement au bilt, il se rendrait aux bains et de là « à Hanovre ; qu'il ne reviendrait plus en Angleterre, et que « ses sujets pourraient faire un roi catholique du duc de Cla- « rence{)). »
A cette époque, le duc de Wellington eut deux entrevues avec l'archevêque de Canterbury, lesévêques de Londres et de Durham. il s'efforça de faire comprendre à ces hauts dignitaires la nécessité d'accorder, dans l'intérêt de l'Ëtat et même de l'Ëgbse protestante, quelques concessions aux catholiques Irlandais ; mais cet appel au bon sens et au patriotisme des évêques n'eut aucun résultat; le duc reçut au contraire l'assurance d'une opposition énergique à toute mesure ayant pour but de favoriser les catholiques (s).
En présence de l'attitude hostile du roi, du clergé, des lords et de la majorité du peuple anglais, sir Robert Peel commença à perdre tout espoir (s). Il parla même de se retirer, à cause de l'obligation où il serait de défendre le bill de l'émancipation dans une assemblée oîi il l'avait constamment et vivement combattu. En exposant ce scrupule au duc de
II) sir KebtHFi (t) »»., 1. 1, p.
13] Ibid., 1. 1, p.
DigilizcdbyGOOgle
Wellington, M. Peet émit l'opinion que sa retraite faciliterait peut-être la tâche du gouvernement (i). Mais le chef du cabinet lui écrivit cinq jours après (le 29 janvier 1829} : « Je ne vois pas la moindre chance de vaincre ces difficultés si vous vous retirez. » A la suite de cette déclaration, sir Robert Peel se résigna à tenter l'épreuve de la discussion (*).
Cependant il restait toujours le consentement du roi à obtenir, et cet obstacle parut si grave au ministère qu'il fut sur le point de se retirer. Le cabinet toutefois, avant de prendre une détermination, décida qu'on attendrait le résultat d'une démarche décisive que le dnc de Wellington devait faire auprès de Sa Majesté. « Je fus fermement convaincu, dit Robert « Pee), que si le duc ne parvenait pas à obtenir le consenti tement du roi, aucun autre homme ne pourrait l'obtenir, « ni dominer l'opposition de la Chambre des Lords (3). »
Ayant enfin obtenu cette autorisation, Wellington signala son entrée en campagne par toutes les ruses et toutes les précautions usitées à la guerre.
En tacticien consommé, il jugea prudent de garder son plan secret jusqu'au dernier moment. C'était le moyen de prévenir les manifestations violentes que les hommes de parti auraient provoquées sans aucun doute pour intimider les faibles ou entraîner les indécis. Cependant une imprudence du vice-roi d'Irlande faillit compromettre la réussite de ce plan. Le duc avait écrit au docteur Curtis, primat catholique d'Irlande, une lettre où il exprimait l'opinion qu'en laissant reposer quelque temps la question de l'émancipation, on arrive-
()) Itffr* da 11 jiDvtor, nu du« a* WtlUnglon.
(I) ■■> rnSMe lempi, ilr labert FMI, irac la IdtiiiU qnlledlMIogoill, donna de dépaU da ITsirenlU J'OiTord. II pauTiit ntaniiHilui e>p«riir A'tvn rétin- ***"• coup dcmcmbru.eaaDet, le Mutinreiit, maJi, au dtpoallltmcnl du k ru Ud, le 20 M Trier ■nt, >lT Robert Féal n'obUnL que M9 loli contra TU, doanAei 1 Ma conipdUtear Mterl
lUflll.
(1) SiT aefrî PuVt mimolrt, L f , p. MO.
DigmzcdbyGoOgle
rait à un résolut satisfaisaot. A cette lettre, rendue publique, le marquis d'Anglesey répondît par une sorte de manifeste, où il engageait les catholiques à ne pas se désister de l'agitation. Le duc ne pouvant tolérer cet acte d'indépendance, qui engageait le gouvernement plus qn'il ne désirait l'être, destitua le marquis d'Anglesey, et lui donna pour successeur le duc de Northumberland, tory décidé.
Cette excessive rigueur, en poussant au comble l'exaspération des catholiques , servit à tromper les torys sur les véritables sentiments et les projets futurs du ministère. Le secret fut si bien gardé, que les hauts fonctionnaires de la couronne, à l'ouverture de la session, ne savaient pas ce qui avait été résolu. L'attorney général, sir Charles Wetherall, se plaignit amèrement de ce que sa coopération légale n'eût été requise que sept jours avant la réunion du Parlement.
Le 5 février 1839, le gouvernement dévoila enfin son plan de campagne dans le discours de la couronne. Grande fut la surprise, immense la sensation ! On ne peut se dissimuler que par cette conduite ferme, mais pleine de réserve à l'égard des notabilités politiques, et peu conforme aux usages des gouvernements parlementaires, Wellington n'assumât sur sa tète toute la responsabilité de l'importante mesure qui allait s'accomplir. Mais il ne s'embanrassa guère de ce fardeau, et se montra disposé à commencer la lutte sans accorder le moindre délai à l'opposition.
Cependant, peu de jours avant la discussion, il surgitun obstacle qui -faillit renverser le ministère et compromettre le sort du bilt.
Le 5 mars, sir Robert Peel appréhendant de nouveaux retards, ou peut-être informé des obsessions auxquelles le roi était en butte, annonça à la Chambre des Communes, que le surlendemain il appellerait son attention sur le paragraphe du discours du trône relatif à l'état de l'Irlande.
DigilizcdbyGOOgle
Le même jour, dans h soirée, George IV majuda auprès de lui le duc de Wellingtoo, sir Robert Peel et le lord chanceliw. Le roi exprima à ces ministres le désir d'avoir des explications complètes sur la manière dont ils se propo- Biùeai de résoudre la question irlandaise. Sir Robert Peel exposa les vues du cabinet et le thème qu'il avait te projet de développer à la Chamiire des Communes. Le roi l'arrêta sur la question du serment, affecta une grande surprise, ne voulut rien wtendre et Huit par dire : « Quoi qu'il ui soit, je « ne puis consentir i aucune altération à l'ancien serment a de suprématie » (TAaf fre tbat as it might, l coutd not possibty consent ta any atterathn of the anàent Oath of aupremactf).
Sur cette déclaration inattendue, les ministres offrireat au roi leur démission, séance tenante. « Sa Majesté ex- « prima, dit sir Robert Peel, son profond regret de ce que « nous ne pussions rester à son service. L'entrevue avait « duré cinq heures. En prenant congé de nous, le roi, avec « beaucoup de tranquillité et de bonté, nous embrassa sur a les deux joues et accepta notre démission (i). »
A peine les trois ministres furent-ils partis, que George IV dit à lord Eldon, u qu'il n'avait jamais vu le bill de l'émancipation ; qu'il se trouvait dans la position d'un homme ayant un pistolet chai^ sur la poitrine; que ses serviteurs l'avaient trahi, etc. (s). »
Cependant, le 4 au soir, le roi fut obligé d'écrire au duc de Vl^eltiagton qu'il avait rencontré tant de difficultés à former une nouvelle administration, qu'il ne pouvait se passer des services de ses coU^^es. Les ministres exigèrent, pour condition de leur rentrée au pouvoir, que le roi donnât une
Digilizcd.byGOOgle
entière approbation aux mesures qu'ils avaient arrêtées. Cette approbation fut donnée le lendemain matin. De sorte que sir Robert Peel put aborder ta question à la Chambre des Communes le jour qu'il avait lui-même fixé.
Avec cette énergie calme et persévérante qui ne l'a jamais abandonné, H. Peel fit, au milieu d'un profond silence, la déclaration suivante : « Je n'entrerai dans aucune explication K sur les théories du gouvernement. Je me renfermerai dans m l'examen pratique de l'état actuel des affaires, préoccupé, « non de ce qui peut se dire, mais de ce qu'il y a à faire « dans une si pressante difficulté. Pendant bien des années, « je me suis efforcé de maintenir l'exclusion qui éloignait les « catholiques romains du Parlement et des grandes charges (( de l'État, Je ne pense pas que cette conduite fût alors « inique ou déraisonnable. J'y renonce, convaincu qu'on n'y « peut plus persister utilement. A mon avis, les moyens « efficaces manquent aujourd'hui pour une telle lutte. Je « cède à une nécessité morale que je ne puis surmonter. Il « y a pour l'établissement même que je veux défendre plus « de péril dans une résistance obstinée que dans une cou- « cession, accompagnée de certaines précautions. »
Les débats s'ouvrirent avec une grande vivacité. L'opposition rappela au ministre ses opinions d'autrefois. Peel s'y attendait. « Je ne saurais, dit-il, acheter l'appui de mes ho- « norables amis en promettant de persister en tout temps « et à tout risque, comme ministre de la couronne, dans les « opinions et les arguments que j'ai pu soutenir devant « celte chambre. Je me réserve positivement le droit de ré- 1 gler ma conduite selon l'exigence du moment et l'intérêt du « pays O). >.
II) CUttTMliinémetraDChlMquflE'llluilrcCanDlaiioiiteunt en llll une moUon ea lav«ar de r<ai*nclpitiOD (qa'll iriUJaiqu^lon combiltut] dit ; / lat» no thamt lo mjttlt
DigilizcdbyGOOgle
La lult« fut plus vive encore à la Chambre des Lords, Wellington eu soutint le fardeau avec l'énergie qu'il apportait en toute chose.
Il eut à combattre des adversaires redoutables, dont quelques-uns étaient ses amis intimes.
Lord Eldon résuma l'opinion des tories, en s'écriant : « Si jamais on permet aux catholiques romains de siéger « dans une des chambres du Parlement et de faire des lois « dans l'Ëtat, si on leur accorde le privilège de posséder les « grandes fonctions executives de la constitution, de ce jour « le soleil de la Grande-Bretagne se couvrira d'un voile... »
Pendant quelque temps le succès parut incertain. Voulant porter un grand coup et faire cesser toute hésitation, te duc saisit un moment favorable pour déclarer à l'assemblée qu'elle eût à choisir entre la loi et la retraite du cabinet ; entre le rétablissement de l'ordre et la continuation de la crise, avec l'agitation et la guerre civile en perspective. L'histoire conservera les nobles paroles qu'il prononça dans cette circonstance :
« Mylords, depuis mon enfance jusqu'au moment où mes K cheveux ont blanchi, j'ai constamment été livré aux de- « voirs actifs de la profession des annes;ma vies'estpas- « sée au milieu des scènes de mort et de carnage; les cir- « constmces m'ont jeté dans des pays en proie à des luttes « intestines, affreuses; eh bien! plutôt que de voir mon « pays livré aux maux que j'ai vus, en proie à toutes les « horreurs d'une guerre civile, je courrais toutes les chances, a je forais tous les sacrifices, même celui de ma vie(i)! »
Ces sentiments trouvèrent de l'écho dans la Chambre des Lords; la seconde lecture du bill fut votée par 217 voix contre 112. Dans la Chambre des Communes, le ministère
le nâDwIra du Ttma-
DigilizcdbyGOOgle
obtJDt 355 voix sur 435. Ainsi, en moins d« cinq semaines, l'importante question de la liberté religieuse passa de l'état de projet éloigné à l'état de fait accompli, malgré tous les ^orts du parti protestant, assuré cependant de la majorité dans le pays.
Ce succès exaspéra les associations protestantes, et mit le cabinet en froid avec le monarque et les tories. Il ne procura pas même k ceux qui l'avaient si chèrement acheté la satisfaction de mettre un terme aux déchiremenlA de l'Irlande. Sur ce point, du reste, le ministère ne s'était pas fait illusion. Il savait que l'émancipation, de quelque manière qu'elle eût été votée, n'aurait point satisfait entièrement les catholiques irlandais. L'adoption de cette mesure pouvait tout au plus tempérer la vivacité de leurs ressentiments : le mal était ailleurs, et plus grand qu'on ne le supposait.
Victime de plusieurs siècles de tyrannie et d'une longue suite d'iniquités, l'Irlande éprouvait des misères et des douleurs qu'il n'était au pouvoir de personne de soulager immédiatement. On ne régénère pas un peuple en quelques jours, avec des bis et des règlements. Ce que le temps a produit graduellement, le temps seul peut l'effacer. Voilà ce que ne voulurent pas comprendre O'Connell et ses adhérents. En ouvrant aux enfants de la verte Erin des perspectives qu'ils ne pouvaient atteindre, ces imprudents agitateurs exposèrent leurs compatriotes à de nouvelles tortures. Rien n'est plus dangereux, plus impolitique, plus cruel même que de surexciter les espérances de ceux qui souffrent. Pendant des années, on avait annoncé que l'émancipation des catholiques ferait cesser tous les maux dont se plaignait l'Irlande. C'était un leurre manifeste; et en effet, à peine l'émancipation étaitelle votée, que les espérances déçues et les misères aigries par la déception donnèrent lieu à un nouveau besoin d'agitation, qui, cette fois, se manifesta sous une forme moins inquiétante pour le gouvernement, en demandant le rappel de
DigilizcdbyGOOgle
l'mnon, ou U destruction d« l'deuvre glorieuM de William Pitt.
Il survint, k cette époque, un incident qui mérite d'être signalé. Le duc avait été nommé protecteur d'une nouvelle école protestante {King's Collège), destinée à lutter contre le séminaire rival de Gower-street, i Londres. Lorg de la présentation de la loi sur l'émancipation catholique, lord Winchilsea, écrivant à l'un des fonctionnaires du nouvel établissement, s'exprima sur le patronage du duc dans les termes suivants : « Les derniers événements politiques m'ont cod- « vaincu que ce patronage n'avait pour but que d'endormir " le parti du protestantisme et de la haute Ëglise. Le noble duc qui avait décidé, peu auparavant, de rompre avec la « constitution de 1688, a pensé sans doute qu'en donnant w quelque preuve extérieure de zèle à la religion protestante, « il réussirait plus facilement à faire passer ses insidieux « projets d'empiétement sur nos libertés en introduisant le « papisme dans toutes les dépendances del'Ëtat. »
Ce soupçon de mauvaise foi et de duplicité irrita vivement le duc. Il exigea une rétractation formelle; n'ayant pu l'obtonir, il provoqua son adversaire, et se rendit le ^1 mars, c'est-à-dire en pleine session, sur le terrain de Battersea- Fielda. Son témoin fut Henri Hardinge, et celui de lord Winchilsea, lord Falmouth. Lord Winchilsea, après avoir essuyé te feu de Wellington, tira en l'air et lui offrit spontanément Icfl excuses qu'il avait refusées au début de l'affaire.
C'est la seule fois, croyons-nous, que le duc vida en combat singulier une querelle particulière. Quelque opinion que l'on ait sur ces sortes de jugements, on conviendra que, dans une société où le point d'honneur n'est pas un vain mot, l'homme qui se respecte est parfois obligé de demander aux armes une réparation plus prompte, sinon plus équitable que celle de la justice ordinaire.
DigilizcdbyGOOgle
L'éfflaocipalion des catholiques est uu des plus beaux titres politiques de Wellington. Ce succès ne pouvait être obtenu par aucun libéral opposé aux tories, ni par aucun tory autre que celui dont le tact et la fermeté inébranlable s'alliaient au prestige du plus grand nom qu'il y eut en Angleterre. L'influence personnelle du chef du cabinet (t) et la nécessité de rétablir l'ordre expliquent seules l'adoption d'une mesure qui rencontrait alors plus d'opposition que n'en rencontre aujourd'hui la question, encore non résolue, de l'émancipatioD des juifs. Néanmoins, ce succès merveilleux porta quelque atteinte au caractère public de Wellington. Les classes moyennes lui reprochèrent d'avoir porté un coup mortel au protestantisme, et les classes élevées d'avoir méconnu les traditions politiques dn gouvernement de parti. Les wighs voyaient en lui un ami suspect à plus d'un titre, tandis que les tories lui faisaient un grief d'avoir, par sa défection, compromis leur influence morale et leur force matérielle dans les élections.
Le duc s'était en outre fait beaucoup d'ennemis par la sévérité qu'il apportait dans ses relations, et par l'exactitude militaire qu'il voulait introduire dans les divers départements. Il n'y eut pas jusqu'à ses services militaires, qui n'éveillassent de fortes susceptibilités. « Personne, disait, en 1828, lord Brougham, n'apprécie plus que moi les services et le génie militaire du noble duc; mais je n'aime pas le voir à la tète des finances du pays, en possessîon-de toute la confiance du souverain, et réunissant dans ses mains l'autorité civile, ecclésiastique et militaire. Un pareil état de cboses me frappe comme étant tout à fait inconstitutionnel.
lIlCcllalnBueacGderiU être bien iriDde pour forcer li Cliiiabre dei Til ri t h dAlnccr, «lleqDl,dtu liuxlim prtcCdtnLe, iviLl dtclird, 1 lamiJOTltC ds U vntx.qDe Itmin- • clpMkm ISnltlrap minKei temenl une br^clie * la CouUtuUon paurttre J»ulidl>- ■ CBt«a. •
DigilizcdbyGOOgle
Ces nombreuses résistances et les attaques incessantes de de la presse (i) usèrent bientôt les ressorts affaiblis du cabinet. La lâche de celui-ci était du reste terminée ; il pouvait donc et devait mêoie se retirer. Wellington eut le tort de ne pas comprendre cette nécessité (s).
Cependant, quoique fortement ébranlé, le ministère, soutenu par le génie politique de sir Robert Peel, eut encore assez de force pour accomplir deux réformes importantes. Il Gt substitua à la prohibition absolue des blés étrangers le système de l'échelle mobile, c'est-à-dire un droit variable sur les grains importés du dehors, s'élevant ou s'abaissant selon le prix des grains à l'intérieur. Il établit ensuite à Londres le régime de surveillance et de police municipale en vigueur aujourd'hui dans toutes les villes d'Angleterre. Cette dernière réforme, malgré son incontestable utilité, rencontra cependant une opposition formidable. Ijes partisans des vieilles coutumes accusèrent le cabinet de vouloir introduire en Angleterre la police despotique des Ëtats du continent, avec son espionnage domestique et ses vexations quotidiennes. « Des personnes accréditées, dit un célèbre écrivain (s), se lamentent de voir l'ancien régime des hommes du guet (Watchmen) impitoyablementaboli.Une adresse fut présentée à George IV pour le conjurer d'ouvrir les yeux, d'invoquer le nom de t'Ëternel, et de rallier autour de lui son peuple, car un eomplot était formé pour renverser la maison de Hanovre et port&r au trône te duc de Wellington , à l'aide des catholiques irlandais qui s'enrôleraient dans la nouvelle police. Les peu-
{■] W«IIIb|Uiii (Ult luMlnditrermittcu itUqneii Q M CMlcttliltd^pptitr li pr«M mtmllj, Uttntlaiu, etc..., iBJnm que ccll«4l Inl reodittavec prodlfalilA gd l'appeliBt vuia IraUrtttvfetlM moml*.— Tolrftracguuu ,t. II, p. 1S1.
(!) MMrtrevI, dioi nna litotlton inuoti». nonlra bien plu*d< licl. iprH Hoir oblenu le rappal dM IdIi tat IM c4rtijct , U o'héilU point * quIKcr le iKinnilr, oA u potltloii CUII d**mMlnp dlBelle. Pcul-dtre le wuTEnlrdacaqnl lui tttll irrlTéen IBVi, hbi la pr^tldfneednduedcWclllniton, ■■ rut patdtranierl cette r<MMullon.
(IJ H.eciIOT.
DigilizcdbyGOOgle
pies ont tour à tour des terreurs et des espérances également puériles et folles. »
Pendant plusieurs années , les policemen ne pouvaient se montrer dans les rues sans être suivis d'une foule qui les huait et les assaillait de sobriquets injurieux. En 1835, une collision eut lieu entre ces fonctionnaires et la populace dans Coldbatb-Fields. Trois policemen furent blessés, dont un mortelleinent. Le jury, appelé à juger les auteurs de ces méfaits, rradit un verdict A' homicide justifiable, indice significatif des sentiments dont était animée, à l'égard de la force nouvelle, la classe à laquelle appartenait le jury (i).
A l'occasion de cette utile réforme, nous rappellerons que le duc de Wellington, étant secrétaire du vice-roi d'Irlande, avait fait établir à Dublin un système de police qui peut être regardé comme l'origine de celui dont on fait honneur à sir Robert Pe^ (a).
Des trois grandes questions pendantes depuis un quart de siècle, deux étaient résolues. En fait de liberté commerciale, te pays avait obtenu toutes tes concessions demandées ; et en fait de liberté religieuse, le cabinet était allé au delà des vœux delà nation.Restait la réforme parlementaire, contre laquelle devait enfin échouer l'habileté et la prudence du duc de Wellington.
On était alors au commencement de 1850. L'état calme et
DigilizcdbyGOOgle
paisible du pays faisait espérer aux ministres qu'ils pourraient reculer longtemps encore l'épineuse question de la réforme. Les partisans de cette mesure étaient d'ailleurs peu nombreux, même dans la Chambre des Communes , puisque la proposition si modérée des canningistes de transférer à Birmingham la franchise particulière de Ëast-Retford (i) avait été rejetée par une majorité de 27 voix, et qu'une autre motion, faite par John Russell au commencement de 1830, motion qui avait pour objet d'accorder le privilège électoral, indépendamment de toute autre considération, aux villes de Leeds, Birmingham et Manchester, ne rallia que IM voix sur 528 votants (a). Telle était la disposition des esprits, que le ministère se crut certain d'affaiblir le parti de la réforme en recourant à une dissolution du Parlement (s). Mais la révolution de juillet vint modiâer profondément ceit« situation. « Au premier bruit qui en parvint à Londres, quand on n'; savait encore que les ordonnances de juillet : « Que faut-il penser de ceci? demanda quelqu'un au duc de Wellington. — C'est une nouvelle dynastie, répondit le duc. — Et quel parti preodrez-vous? — D'abord un long silence, pais nous nous concerterons avec nos alliés pour agir. Le duc pressentait bien l'avenir de la France, et mal le rôle qui lui était réserve dans son propre pays (i). »
En effet, le contre-coup de la chute des Bourt)ons aines se Ht sentir immédiatement dans toute l'Europe, et particulièrement en Angleterre, oii ta transmission de la couronne four-
[:'«UllCRe)Tc(pr£»nt«rl.