‹ Histoire du duc de Wellington (volume 4)Chapitre 4 sur 22 · ConnM · texte numérisé non relu

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nit UQ sujet de plus à l'émotion du peuple. Avec George lY s'évanouirent les dernières espérances des tories. Son successeur, Guillaume IV, souverain afTabie et- généralement aimé, passait pour avoir des idées libérales. Cependant il conserva le cabinet Wellington. Ce fut une faute, car l'opinion publique, surexcitée par les événements extérieurs et les manœuvres des whigs qui reprochaient au ministère de les avoir exclus de la collation des places (i), s'éloignait de plus en plus de la politique ministérielle.

Les élections se ressentirent de cette double influence et donnèrent une majorité favorable aux idées de réforme (s). Le duc malheureusement était peu disposé à calmer, par des concessions opportunes, une effervescence qu'il croyait factice et momentanée. On peut dire qu'il se méprit sur le caractère du mouvement qui s'était opéré dans les esprits, et sur les devoirs que cette situation imposait au gouvernement. Au lieu d'agir comme il avait fait à l'égard des catholiques d'Irlande, il opina pour la résistance, et prit même à l'égard de la presse une attitude qui n'étant pas sans analogie avec celle de Polignac, accrédita l'opinion déjà dénoncée par la rumeur publique qu'il avait eu des rapports avec ce ministre et s'était employé secrètement pour le soutenir. On lui fit aussi un grief de la sévérité avec laquelle, daus le discours d'ouverture, de la session, il avait qualifié la révolution belge, langage qui autorisait à penser qu'il était disposé à intervenir en faveur de la maison d'Orange. Enfin ses liaisons personnelles avec les souverains absolus du continent achevaient de le rendre suspect à la nation. On le représentait comme le symbole de ta force dévouée à la destruction de la liberté. Ses moindres

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actions étaient dénaturées avec la plus insigne mauvaise foi. Une parade ou un rassemblement de troupes suffisait pour alanner les crédules habitants de Londres et leur faire croire à l'existence d'une vaste conspiration militaire. La popularité du vainqueur de Waterloo ne résista pas longtemps à ce débordement de haines et de passions.

Les mécontents se réunissaient en groupes devant son hôtel, ou l'insultaient dans les meetings. Un jour même, le vainqueur de Waterloo fut hué en traversant Piccadilly pour se rendre à une fête du lord-maire dans la Cité. Soit prudence, soit dans le but de faire honte à ses ennemis, le duc fit placer des volets en fonte aux fenêtres de son hôtel d'Apsley-House. Aucune instance ne put obtenir depuis qu'il fît enlever ces sombres témoignages de l'ingratitude momentanée de ses compatriotes. Ils prouvent encore aux étrangers qui visitent Londres à quels excès déplorables se laissent parfois entraîner les masses.

On doit reconnaître qu'à cette époque Wellington montra plus de roideur qu'il ne fallait. Après avoir sacrifié ses convîcUons et ses sympathies dans la question religieuse, il aurait dû, avec la même grandeur d'âme, faire une concession à la réforme parlementaire. S'écartant pour la première fois de sa ligne de conduite habituelle, et au mépris de sa maxime favorite : « Un homme d'Ëtat doit savoir faire t 'le 'sacrifice de ses opinions à la tranquillité du pays, » il s'opposa systématiquement à la mesure proposée. Voici en quels termes il s'exprima dans la séance du ^novembre 1850, pendant le débat de l'adresse en réponse au discours du trône : n Je ne connais aucun système de représentation « meilleur ni plus satisfaisant que celui dont jouit t'Angle- « terre ; ce système possède et mérite de posséder la pleine « confiance du pays. J'irai plus loin : si le devoir m'était « imposé en ce moment de former une législature pour un « pays quelconque, surtout pour un pays à grandes richesses

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